Tendances 2014 : Monde

Des élections de mi-mandat aux États-Unis au retour d’al-Qaida, en passant par le référendum en Écosse, voici ce qu’il faudra surveiller de près cette année sur la planète monde. Attention, chaud devant !

Rien n’assure Barack Obama de retrouver une majorité au Congrès le 4 novembre. – Photo : Rex / La Presse Canadienne

ÉLECTIONS DE MI-MANDAT AUX ÉTATS-UNIS
Vous croyez que les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, écoperont pour avoir « fermé » le gouvernement pendant 16 jours en octobre dernier ? Et qu’Obama retrouvera ainsi une majorité au Congrès ? Pas si vite. Lorsque les Américains choisiront leurs 435 représentants et le tiers des sénateurs (sur 100) aux élections de mi-mandat du 4 novembre, ils auront aussi en tête les ratés entourant le lancement de l’Obamacare, auquel plus de la moitié de la population s’oppose toujours : le site où souscrire une assurance maladie a subi de nombreuses pannes à ses débuts.

INDE : LES PLUS GRANDES ÉLECTIONS DU MONDE
Avec son 1,2 milliard d’habitants, l’Inde sera le théâtre du plus vaste processus démocratique au monde en mai, lorsque les citoyens iront aux urnes. Pire croissance en 10 ans, chute de la roupie, fuite des capitaux, corruption… Tous ces motifs minent la popularité du parti sortant, le Congrès national indien, qui devrait faire de l’héritier de la dynastie Nehru-Gandhi, Rahul Gandhi, 43 ans, son candidat au poste de premier ministre. Le leader du Parti du peuple indien, Narendra Modi, a pour sa part le vent dans les voiles.

AFGHANISTAN : L’ANNÉE DE TOUS LES DANGERS
Les troupes étrangères plient bagage. Les 49 nations qui participent à la mission de l’OTAN auront rapatrié leurs forces d’ici le 31 décembre — le Canada, lui, doit quitter les lieux en mars. Les 185 000 militaires et 172 000 policiers afghans formés à grands frais seront alors seuls — hormis peut-être une poignée de troupes étrangères — pour contrer les assauts des talibans.

Pour ajouter à l’instabilité, les Afghans devront choisir le 5 avril un successeur à Hamid Karzaï. L’élu devra assurer la délicate transition politique dans ce pays dépendant de l’aide étrangère et écartelé entre de multiples tribus et groupes ethniques.

VAGUE EUROSCEPTIQUE EN VUE À STRASBOURG
Dans la foulée de la crise dans la zone euro, la confiance envers les institutions est au plus bas et la popularité des partis anti-Europe au plus haut. Du 22 au 25 mai, les citoyens des 28 pays de l’Union européenne pourraient bien faire déferler une vague eurosceptique sans précédent sur les 751 sièges du Parlement de Strasbourg et voter pour des partis anti-Union.

LE RETOUR D’AL-QAIDA ET CONSORTS
Le réseau terroriste al-Qaida et ses groupes contrôlent plus de territoire et enrôlent plus de combattants que jamais depuis sa fondation, il y a un quart de siècle. Profitant du vide sécuritaire créé par les turbulences du printemps arabe, al-Qaida est présente au Maghreb islamique (AQMI), dans la péninsule arabique (AQPA), en Irak (ISI), en Syrie (avec le Front al-Nosra)… Sans oublier ses proches alliés, comme les shebabs somaliens et le Lashkar-e-Toiba, basé au Pakistan mais actif dans toute l’Asie du Sud.

SYRIE : L’INTERMINABLE GUERRE CIVILE
Le régime de Bachar al-Assad refuse de céder, après bientôt trois ans de guerre civile et plus de 120 000 morts. Et les puissances étrangères refusent d’intervenir. Peu d’observateurs voient une issue… Al-Assad a même déclaré qu’il pourrait être candidat à sa réélection en 2014 !

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Indépendances

BELGIQUE
C’est pour ainsi dire le démantèlement de l’État fédéral que propose la Nouvelle Alliance flamande, parti indépendantiste de la Flandre, en vue des législatives fédérales prévues le 25 mai. La formation du populaire Bart De Wever, qui dispose de la plus forte députation à la Chambre basse du Parlement belge, recommande de ne laisser que la défense, l’immigration et la gestion de la dette à l’État fédéral. Tout le reste serait géré par la Wallonie et la Flandre, y compris les questions budgétaires et les affaires extérieures.

CATALOGNE
Le président de la Catalogne, Artur Mas, a promis de tenir un référendum sur l’indépendance en 2014. Mais le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, à qui la Constitution donne le dernier mot, s’y oppose. Le sentiment indépendantiste ne cesse de gagner du terrain depuis quelques années, notamment en raison de la relative prospérité de la Catalogne par rapport au reste du pays et des mesures d’austérité draconiennes imposées par Madrid. Environ la moitié des 7,5 millions de Catalans se disent aujourd’hui en faveur du oui.

ÉCOSSE
« L’Écosse devrait-elle être indépendante ? » Les électeurs de cette nation constitutive du Royaume-Uni devront répondre à cette question le 18 septembre. Pour l’heure, 40 % des Écossais se disent en faveur du projet d’indépendance de leur premier ministre, Alex Salmond. Mais les revenus tirés de l’exploitation pétrolière aujourd’hui engrangés par Londres, qui deviendraient un pilier de l’économie du nouvel État indépendant, sont une carte que les indépendantistes n’hésitent pas à jouer.

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Sports à risque

Photo : Sasha Mordovets / Getty
Vladimir Poutine – Photo : Sasha Mordovets / Getty

 

 

 

 

 

 

 

JEUX D’HIVER DE SOTCHI
Le président de la Russie, Vladimir Poutine, a signé un décret interdisant les manifestations pendant les Jeux d’hiver de Sotchi, du 7 au 23 février. Il ne pourra toutefois pas empêcher un boycottage ou tout autre geste politique de la part des athlètes. En effet, la loi qui interdit la « propagande » homosexuelle depuis juin en Russie suscite un réel malaise dans le milieu olympique.

COUPE DU MONDE AU BRÉSIL
Les Brésiliens sont sortis par millions dans les rues l’été dernier pour crier leur ras-le-bol envers la corruption, la vie chère, les mauvais services et l’« indécence » du gouvernement, qui investit des milliards de dollars dans la construction de 12 stades pour accueillir la Coupe du monde de soccer, du 12 juin au 13 juillet. À six mois du tournoi, la Fédération internationale de football association (FIFA) ne cache pas ses craintes de voir des foules incontrôlables gagner les rues aux quatre coins du pays pendant la manifestation.