Terres rares : fini les quotas chinois

L’Organisation mondiale du commerce dénonce les restrictions qu’impose la Chine sur l’exportation des métaux de plus en plus stratégiques, utilisés dans toutes les nouvelles technologies.

Bayan Obo Mine
Photo : FlickrVision / Getty Images

Un fossé se creuse entre l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Chine. L’OMC a dénoncé, le 26 mars dernier, les quotas imposés par Pékin sur l’exportation de ses «terres rares», un ensemble de 17 ressources essentielles à la fabrication de nouvelles technologies, comme les téléphones intelligents.

Une victoire pour l’Union européenne, le Japon et les États-Unis, indique le Financial Times. Ces derniers s’étaient plaints auprès de l’OMC en mars 2012 pour dénoncer les pratiques «déloyales» de la Chine, qui fournit 90 % du marché mondial en terres rares.

«Déloyales», notamment, parce que ces restrictions — introduites dès 2009 — avaient provoqué une flambée des prix en 2011, faisant bondir de près de 500 % certaines terres rares, dont le tungstène, le néodyme et le lanthane.

Le comité d’experts mis en place par l’organisation mondiale a donc tranché en leur faveur. Comme eux, il considère que Pékin a utilisé cette politique commerciale pour garder sa mainmise sur les matières premières stratégiques et encourager les industriels étrangers à s’installer en Chine.

«La décision de l’OMC envoie un message fort à la Chine en indiquant que la restriction mercantile du commerce des terres rares n’a pas sa place au XXIe siècle», s’est réjouit Ron Wyden, président démocrate du comité sénatorial américain sur les finances.

L’organisation rejette du même coup l’argument invoqué par Pékin, soit celui de la défense de l’environnement. «Le verdict est clair, les restrictions aux exportations ne peuvent pas être imposées pour des soi-disant raisons de protection de l’environnement», a réagi Bruxelles, dans un communiqué.

De son côté, Pékin a 60 jours pour contester la décision. Ce qu’elle entend bien faire, si l’on se fie à Mei Xinyu, analyste politique au ministère du Commerce, qui a déclaré au Financial Times : «Selon moi, la Chine a tous les droits de limiter ses exportations de ressources stratégiques ou hautement polluantes, ainsi que de produits à forte intensité énergétique, comme les terres rares.»

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