Tigres Tamoul : une sale guerre qui n’en finit plus

Le gouvernement du Sri Lanka a lancé cet hiver un assaut pour mater les derniers rebelles tamouls et mettre fin à 25 ans de guerre civile. Voici les clés pour comprendre ce conflit qui déchire le pays de 20 millions d’habitants.

Qui se bat contre qui ?

L’armée sri-lankaise lutte contre la rébellion des Tigres de libération de l’Eelam tamoul. Le conflit a fait plus de 75 000 morts depuis 1983. C’est une « sale guerre ». Crimes et exactions existent des deux côtés. Les Tigres se spécialisent dans les attentats-suicides et recrutent des enfants soldats. L’armée se distingue par des violations des droits de la personne.

Pourquoi parle-t-on de guerre ethnique ?

Deux groupes linguistiques s’opposent : les Tamouls hindous et chrétiens, qui forment 15 % de la population et vivent au nord et à l’est, et les bouddhistes cinghalais, qui dirigent le gouvernement de Colombo. Le tamoul et le cinghalais sont les deux langues officielles du pays.

Que veulent les Tigres ?

L’indépendance, voire l’autonomie des terres tamoules dans le cadre d’une fédération. Ils accusent les autorités de commettre un « génocide » contre les Tamouls par une longue histoire de discrimination, notamment dans le système d’éducation et sur le marché de l’emploi. Des dizaines de milliers de réfugiés tamouls sont présentement cantonnés dans des camps sous contrôle militaire.

Pourquoi les combats sont-ils si intenses ?

Après deux ans de reconquête de terres contrôlées par les rebelles, l’armée a lancé son assaut final contre les dernières poches de résistance. Mais ni l’armée ni les Tigres ne protègent les civils tamouls piégés dans la zone des combats. Résultat : des centaines de morts et une catastrophe humanitaire.