Un chocolatier en mission

Le Québécois Laurier Dubeau vit à Pékin depuis 10 ans. Il s’est donné une mission : faire connaître le « vrai » chocolat à toute la Chine.

Laurier Dubeau veut faire connaître le « vrai » chocolat à toute la Chine
Photo : Jordan Pouille


Au pied de la Cité interdite

Laurier Dubeau est Montréalais. Mais c’est à Pékin, où il habite depuis 10 ans, qu’il a trouvé sa vocation : chocolatier. Depuis cinq ans, son entreprise artisanale, La Place Collection, se forge une réputation enviable sur le marché du chocolat haut de gamme. Ses clients sont des Chinois aisés, des entreprises et des expatriés gourmands.



Une commande, vite !

Un appel urgent vient interrompre notre séance photo devant la Cité interdite. C’est une commande de dernière minute d’une société qui sera présente à l’Exposition universelle de Shanghai. Elle veut offrir des chocolats spéciaux à ses visiteurs importants. Laurier doit se creuser la tête pour trouver une idée originale, à quelques jours de l’événement.



Un atelier dans les gratte-ciels de Guomao

Sa chocolaterie a beau être artisanale, elle se trouve dans un lieu on ne peut plus sophistiqué ! La riche et célèbre promotrice immobilière Zhang Xin a complètement redessiné ce quartier de Pékin pour y faire construire des tours à bureaux. Au plus grand bonheur des spéculateurs : ici, le coût de location du mètre carré est comparable à celui de Montréal.



Bienvenue à La Place

Laurier s’est installé dans ce quartier en catastrophe quand son ancienne chocolaterie a été démolie à la faveur d’un nouveau projet immobilier. Perdue au troisième étage de la tour neuf, éclairée au néon, sa boutique ne paie pas de mine. « Nous sommes plutôt à l’étroit ici, mais très bien situés. Les sièges sociaux des grosses sociétés sont tous à proximité, et ce sont nos clients. » Heureusement, Laurier stocke beaucoup de friandises chez lui.



Laurier a formé deux artisans

« C’est un perfectionniste », reconnaît Polly Lo, la cofondatrice de La Place Collection, en parlant de son patron. Il passe au crible chaque chocolat et importe sa matière première de France, de Suisse et de Belgique. L’équipe de Laurier est constituée de quatre personnes, toutes chinoises : deux l’aident aux cuisines, et les deux autres s’occupent des ventes.



Dans sa cuisine parfumée

Le chocolat artisanal est peu connu en Chine et souvent associé au luxe, comme le serait une bonne bouteille de Cognac. Chez les commerçants, il est encore difficile de trouver autre chose que des barres chocolatées. Qu’à cela ne tienne, Laurier est bien déterminé à faire connaître le « vrai » chocolat au plus large public possible.



Les médias chinois s’en emparent

Le chocolatier et sa mission ne passent pas inaperçus. Plusieurs médias chinois s’y sont intéressés. Il faut dire que l’engouement du public pour le chocolat ne cesse de croître. On a même inauguré à Pékin un parc thématique entièrement dédié à cette douceur. Pour l’occasion, les organisateurs ont érigé une réplique de la Grande Muraille de Chine représentant 80 tonnes de chocolat !



La propagande du chocolat

L’artisan anime aussi régulièrement des ateliers. Ce jour-là, il s’adressait aux enfants d’expatriés de la Western Academy of Beijing, près de l’aéroport international. Les élèves ont pu décorer des œufs. Pour faire fondre le chocolat ? Un sèche-cheveux fait très bien l’affaire. « Ne jamais ajouter d’eau ou c’est la catastrophe ! » avertit l’expert.



Accent sur l’emballage

Les Chinois sont très sensibles à l’emballage. Pour faire honneur au client, il faut une belle boîte, dorée si possible, avec de gros rubans de soie. Les coffrets « duo » rassemblant une bouteille de côtes-du-Rhône et des truffes ont beaucoup de succès. « Le plus difficile, c’est de trouver des emballages parfaitement inodores », confie Laurier, qui veille aussi à présenter ses chocolats directement dans la boîte, sans film plastique superflu.



Balade romantique sur Jianguomen

La quarantaine passée, le Québécois a rencontré sa compagne sur une piste de danse latino du quartier branché de Sanlitun. La charmante Pékinoise est professeure de danse et fait attention à sa ligne, mais elle raffole aussi des chocolats de Laurier, sans sucre ni additifs.


Laurier

Laurier n’a pas la licence lui permettant de vendre des chocolats à l’effigie de Haibao, la drôle de mascotte bleue de l’Exposition universelle (dont le nom signifie « trésor des quatre coins du monde »). Mais rien ne l’empêche de les offrir…


Chocolat clin d’œil à L’actualité

… et de faire un clin d’œil à L’actualité ! Cette création pèse 91 grammes, soit la quantité moyenne de chocolat consommée annuellement par chaque Chinois.

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