Un petit pas pour l’homme, un faux pas pour le Canada

«Les Canadiens sont reconnus pour leur humilité. Mais il suffit de quitter la surface de la Terre pour trouver trace de leur ego…»

«Un pays ne devrait pas avoir besoin d’utiliser des photos truquées pour obtenir du respect.»

C’est par ces mots que Kenneth Cukier, de The Economist, donne le ton à un court article qui, vous l’aurez compris, n’éclaire pas la feuille d’érable d’une lumière très flatteuse.

«Les Canadiens sont reconnus pour leur humilité. Mais il suffit de quitter la surface de la Terre pour trouver trace de leur ego, quelque part dans la thermosphère.»

Pourquoi tant de ressentiment ?

L’explication se trouve dans le photomontage ci-dessous. La première image, diffusée par la NASA, montre l’Américain Stephen Robinson, en 2005, lors de la troisième sortie dans l’espace de la mission STS 114. Un petit symbole, bien plus facile à trouver que Charlie dans la série de livres Où est Charlie ?, est venu se greffer à l’autre photo, diffusée par plusieurs agences fédérales canadiennes : le logo du gouvernement.

Montage © The Economist
Montage © The Economist

Une manière peu subtile de vanter la contribution du Canada dans le programme de la Station spatiale internationale. D’autant que le logo du gouvernement canadien est bel et bien tatoué sur le bras mécanique en question, le Canadarm2, mais pas à l’endroit stratégique qui lui aurait permis, grâce à cette photo, de passer à l’histoire.

Kenneth Cukier, qui ne mâche décidément pas ses mots, affirme que l’initiative canadienne se rapproche davantage des «affiches de propagandes nord-coréennes» que des «stratégies de relations publiques habituelles des démocraties occidentales».

Mis au courant de ces critiques, l’Agence spatiale canadienne (ASC) a expliqué que la photo n’était pas destinée au public et qu’elle avait été utilisée par erreur. Le cliché a rapidement été retiré des sites du Plan d’action économique, de Citoyenneté et Immigration Canada et du Tumblr de l’ASC.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de The Economist : «Canada’s astronomical boasting»

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