Un tour dans l’abri antibombe

Les sirènes résonnent presque toutes les nuits à Lviv. Mais cette fois-ci, ce n’était pas une fausse alerte, raconte notre collaborateur sur place. 

Un nuage de fumée s’élève dans le ciel de Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine, après une explosion, le vendredi 18 mars, près de l’aéroport. (Photo : AP Photo / La Presse Canadienne)

Il était environ 6 h 10 ce matin lorsque les sirènes d’alerte ont résonné pendant de longues minutes dans les rues de Lviv. Le même son sinistre était relayé par l’une des applications ukrainiennes d’alerte téléchargée la veille sur mon téléphone. 

Je suis descendu dans le stationnement souterrain de l’immeuble où je réside depuis mon arrivée dans cette ville de l’ouest de l’Ukraine, et qui fait office d’abri antibombardement. Quelques familles avec leurs jeunes enfants étaient déjà là, immobiles dans la pénombre. Certains s’étaient installés dans leur auto. Plusieurs fixaient l’écran de leur cellulaire. 

Moins de 20 minutes plus tard, on a entendu le bruit sourd d’au moins deux explosions. En montant par la suite sur le toit de l’immeuble, j’ai vu une épaisse fumée noire s’élever au-dessus de l’ouest de la ville. Les premières informations diffusées sur les réseaux sociaux mentionnaient que c’était un hangar de maintenance d’avions dans le secteur de l’aéroport international, situé à sept kilomètres de Lviv, qui venait d’être touché. 

Des gens se réfugient dans un stationnement souterrain de Lviv vendredi, au moment où la ville est à nouveau victime de frappes de la Russie. (Photo : Fabrice de Pierrebourg)

Selon le maire de la ville, Andriy Sadovy, six missiles de croisière ont été tirés depuis la mer Noire. Deux ont été interceptés par le système de défense antiaérienne, mais quatre ont atteint leur cible. Toujours d’après les autorités, il n’y aurait eu ni blessés ni morts. 

Lviv, qui avait été épargnée jusque-là, s’était presque habituée aux alertes, majoritairement nocturnes. Au point que bon nombre d’habitants, blasés ou résignés, ne descendaient même plus aux abris. 

Une erreur selon Ivana, 35 ans, qui habite dans un petit immeuble de quatre étages à environ 700 m du bâtiment ciblé par les Russes. « On n’ignore jamais les alertes, m’explique-t-elle, encore sous le choc. J’ai deux enfants de deux et neuf ans. On les couche chaque soir tout habillés afin d’être prêts à descendre dans notre abri en deux minutes maximum. »

Même si la guerre a atteint sa ville, Ivana ne compte pas déménager. « Nous allons tous renforcer la protection de notre abri et stocker plus de nourriture », dit-elle, avant de reprendre les propos que le président ukrainien, Volodymyr Zelenski, a tenus cette semaine devant le Parlement canadien et le Congrès américain. « Ce que fait Poutine est horrible. Si la communauté internationale ne ferme pas l’espace aérien, les Russes vont continuer à nous frapper. »

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Malheureusement, les abris ne peuvent pas grand chose contre les nouveaux missiles de plus en plus «performants» pour tuer les civils et le théâtre de Marioupol est un terrible exemple où des centaines de personnes s’étaient réfugiées et où plusieurs ont été tuées.

L’armée russe ne se gêne pas pour cibler les civils, les écoles et les hôpitaux avec des armes de plus en plus sophistiquées et la Tchétchénie ainsi que la Syrie lui ont servi de test pour quelques uns de ces types d’armes et les armes chimiques. L’Ukraine sert de test pour d’autres armes encore pires et ce n’est qu’une question de temps pour que les armes chimiques soient utilisées si la résistance ukrainienne continue à irriter le dictateur Poutine. Il les a utilisées en Syrie malgré l’avertissement d’Obama (on se souviens de la fameuse ligne rouge qui ne voulait rien dire) et ce n’était en fait qu’un écran de fumée.

L’Ukraine est le test final des armes modernes de Poutine et de celui de l’inaction de l’Occident. La suite fait peu de doute: les pays baltes et les ex pays de l’URSS car il aura accumulé assez de force pour encore une fois intimider l’Occident et l’OTAN qui craignent la guerre nucléaire comme la peste. L’OTAN est comme un chien qui jappe mais ne mord pas et Poutine le sait maintenant. Les fanfaronnades des chefs occidentaux et de l’OTAN ne sont que cela, et Poutine est convaincu de l’impunité de ses actions sur le territoire de l’URSS.

Si Poutine avait été arrêté dès les débuts de l’agression en Ukraine avec une interdiction de vol par les pays occidentaux, peut-être cela aurait pu stopper la guerre mais on ne le saura jamais et il est trop tard maintenant pour éviter la tuerie et la destruction de l’Ukraine, un pays qui n’a pas été choyé par l’Histoire.