Une perle dans l’océan Indien

Zanzibar recèle des plages de sable blanc, des récifs de corail et des poissons bariolés. Mais l’archipel ne se contente pas de dépayser le voyageur nordique. Il le fait changer d’ère, en entremêlant les continents et les siècles.

epices zanzibar

L’île aux épices

Des sultans ont fait construire, au 19e siècle, des palais qui dominent Stone Town, la vieille capitale de Zanzibar. Les sultans qui se sont succédé au pouvoir jusqu’à cette époque se sont enrichis grâce à l’exportation du clou de girofle, de la vanille et de la noix de muscade, notamment. Cet archipel tanzanien n’est toutefois plus le premier producteur de clou de girofle, comme il le fut jadis. Le tourisme est désormais sa principale activité économique.

vent zanzibar

Au gré du vent

Des embarcations caractéristiques de la côte orientale de l’Afrique naviguent jusqu’à Zanzibar depuis des millénaires. Pirogues, barques et boutres sont munis d’une voile triangulaire, dite « latine », qu’on retrouve sur la côte orientale de l’Afrique (jusqu’au Golfe). Les dhows sont à cette région ce que les jonques sont à la Chine.

carte postale zanzibar

Des airs de carte postale

Dans le nord de Zanzibar, des villageois participent parfois à des corvées visant à entretenir les plages. Résultat : ces plages de sable blanc sont souvent d’une grande propreté. C’est d’autant plus vrai que le nombre de touristes étrangers a chuté de 10 % pour atteindre 129 000 personnes en 2008. Vu l’ampleur de la récession mondiale, leur nombre devrait continuer à baisser.

lessive zanzibar

Jour de lessive

Dans les rues de Stone Town, les cordes à linge rappellent que des familles habitent encore ces maisons historiques. L’incidence du tourisme est importante. Dans la vieille ville, les restaurants et les hôtels pullulent. Mais il suffit de s’éloigner des rues les plus touristiques pour voir que la vie suit son cours. La plupart des écoles secondaires et de nombreux ministères se trouvent d’ailleurs dans Stone Town.
toits rouges zanzibar 

La ville aux toits rouges

L’humidité fait rouiller la tôle. Et cette ville de bord de mer, que l’Unesco a classée au patrimoine mondial de l’humanité, n’échappe pas aux embruns. L’humidité et la chaleur ambiantes – Stone Town se trouve à 6° au sud de l’équateur – s’attaquent impitoyablement aux toits de tôle ondulée, qui sont régulièrement remplacés.

ville blanche zanzibar

Dans la ville blanche

Des venelles rappellent les origines arabes de Stone Town. Les rues étroites de la capitale font penser aux médinas de nombreuses villes arabes, de Marrakech à Jérusalem. La langue des Zanzibarites (et des Tanzaniens en général) est le swahili, qui emprunte beaucoup à l’arabe mais s’écrit en caractères latins. Le Trust Aga Khan pour la culture finance la restauration de nombreux lieux et immeubles historiques.

maison merveilles zanzibar

La maison des merveilles

Un imposant bâtiment du 19e siècle abrite le Musée de l’histoire et de la culture de Zanzibar. Construit dans les années 1880, ce palais, qui portait jadis le nom arabe de Beit al-Ajaib, a servi de siège à l’administration coloniale britannique jusqu’à l’indépendance, au début des années 1960. Il a aussi abrité une école secondaire avant d’accueillir le musée.

histoire trouble zanzibar

Une histoire trouble

Des statues rappellent que Zanzibar a longtemps été un haut lieu de la traite des Noirs. À Stone Town se trouvait un important marché aux esclaves : 50 000 malheureux y étaient vendus chaque année. Depuis Zanzibar, des Arabes ont lancé des razzias jusqu’à l’intérieur du continent, transformant l’archipel en base de la traite «orientale» (par opposition à la traite «atlantique», organisée par les Européens). L’esclavage n’y a été aboli qu’en 1897.
bagne zanzibar

Au bagne

Prison Island a longtemps été le lieu où les Britanniques incarcéraient leurs prisonniers. Unguja, la principale île de l’archipel (communément appelée Zanzibar), est entourée d’îlots coralliens. Ils permettent aux plongeurs d’admirer un corail encore en bonne santé et des poissons bigarrés. De petites embarcations font la navette depuis le port de Stone Town jusqu’aux îlots.

jaquier zanzibar

Étonnant jaquier

Les artisans utilisent le bois de cet arbre pour sculpter les somptueuses portes des habitations de Stone Town. En parcourant les rues de la capitale, le promeneur ne cesse de remarquer de vielles portes en bois sculpté. Ces quelques 200 portes sont souvent le détail le plus somptueux de maisons qui, elles, tombent parfois en ruine.

histoire zanzibar

Le clou de l’histoire

Zanzibar a longtemps été le premier producteur de clou de girofle au monde. Même si la production est aujourd’hui à la baisse (1,6 million de kilos en 2008, soit deux fois moins qu’au début des années 1960), l’archipel est, encore aujourd’hui, un des premiers producteurs mondiaux. Zanzibar, qui tarde à aménager des systèmes d’irrigation dignes de ce nom, a été devancé par l’Indonésie.

algues zanzibar

Algues là !

La culture de l’algue est une des principales activités économiques. Si les femmes et les enfants récoltent des algues à l’état naturel depuis longtemps sur les îles de Pemba et de Mafia, les agriculteurs ont commencé à cultiver certaines variétés dans les années 1990. Elles sont séchées et exportées au Danemark, en France ou en Asie. La récolte a lieu à la mousson, pendant que les vagues transportent les algues sur la plage. Mais la qualité du produit est aléatoire.

palais marhubi zanzibar

Le palais Marhubi

Le sultan qui fit construire ce palais, dans les années 1880, à quelques kilomètres de Stone Town, ne l’a pas habité très longtemps : un incendie l’a détruit dans les années 1890. Avec son bain turc et ses bassins, il passait pour l’un des plus luxueux de l’archipel. Sultans et commerçants ont fait construire des résidences secondaires en pleine campagne.

port zanzibar

Le port de Zanzibar

Le port de Malindi, le plus important de l’archipel, a été fondé en 1925. La vaste majorité des exportations et des importations transite par ce port, où arrivent en outre des traversiers en provenance de Dar Es Salaam, la capitale de la République unie de Tanzanie, à 35 km de Zanzibar. Dans les années 1990, l’Union européenne a fourni plus de 30 millions d’euros (45 millions de dollars) à sa réfection.

rizieres zanzibar

Des rizières verdoyantes
L’agriculture est peu développée en raison d’un sol corallien peu épais. Les efforts du ministère de l’Agriculture pour favoriser les cultures vivrières, notamment le riz, n’ont guère porté fruit. Les Zanzibarites produisaient l’essentiel de leurs aliments dans les années 1960. Mais cette production, qui représentait 60 % de leur alimentation en 1970, a chuté à 35 % en 1990. Plus de 80 000 tonnes de riz doivent donc être importées chaque année.

Les plus populaires