Vent de révolte dans le monde arabe

Corruption, chômage, coût élevé de la vie… Le cocktail explosif qui a abouti au soulèvement des peuples tunisien et égyptien gagne peu à peu les pays du Maghreb et du Proche-Orient.

Carte interactive : vent de révolte dans le monde arabe
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Yémen

Au pouvoir depuis 32 ans, Ali Abdallah Saleh doit faire face à une fronde populaire de plus en plus violente. Pour calmer les esprits, le président a déjà annoncé qu’il renoncerait à un nouveau mandat, l’actuel venant à échéance en 2013. Des mesures économiques et sociales ont suivi : augmentation des salaires, création d’un fonds pour l’emploi des diplômés de l’université, extension de la couverture sociale, etc. Cela n’a pas suffi aux Yéménites, qui continuent à se masser par milliers sur une place à proximité de l’Université de Sanaa rebaptisée « place de la Libération », en référence au square du même nom au Caire. Un peu partout au pays se produisent de violents affrontements entre manifestants (souvent des étudiants) et partisans du régime. La situation est particulièrement tendue à Aden, dans le sud du pays, où l’on parle de 13 morts.

Iran

L’Iran aussi a été touché par le vent de révolte qui souffle chez ses voisins arabes.

Des milliers d’Iraniens se sont réunis le 14 février dans les rues de Téhéran pour protester contre le régime iranien. Organisée officiellement en soutien aux peuples tunisien et égyptien, ce mouvement a viré à l’affrontement – ce qui n’était pas sans rappeler les troubles qui ont suivi l’élection contestée de Mahmoud Ahmadinejad aux présidentielles de 2009. Ce sont d’ailleurs deux des candidats défaits lors de ce scrutin, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, qui ont eu l’initiative de cette marche. Celle-ci, devenue une manifestation antigouvernementale, a fait deux morts et une dizaine de blessés. Le régime a contre-attaqué en mobilisant ses partisans pour une manifestation « de haine et de colère » contre les dirigeants de l’opposition.

Irak

La révolte a gagné l’Irak, où la corruption et les mauvaises conditions économiques sont aussi pointées du doigt. Au Kurdistan irakien, des milliers de personnes manifestent chaque jour depuis le 17 février contre les deux principaux partis politiques. La contestation a déjà fait quatre morts à Souleimaniyeh et un dans la ville voisine de Halabja, où l’on dénombre également une quarantaine de blessés. En Irak, les premières manifestations ont vu le jour au début de février dans la province de Diwaniya, à 150 km au sud de Bagdad, où un adolescent a perdu la vie.

Bahreïn

À Manama, la capitale du royaume de Bahreïn, la protestation a pris un tour sanglant, le 23 février, sur la place de la Perle. Les blindés de l’armée ont fait leur apparition, dispersant par la force la foule rassemblée et faisant trois morts. La répression avait déjà fait sept victimes la semaine précédente.

Le pays, à majorité chiite, réclame un changement de régime, la dynastie des Al-Khalifa, de confession sunnite, régnant sur le royaume depuis plus de 200 ans. Devant la demande de réformes, le roi Hamad Bin Issa Al-Khalifa a décidé de distribuer 1 000 dinars (2 650 dollars) à chaque famille bahreïnie, avant d’ordonner la libération de détenus chiites.

L’opposition chiite, qui détient 18 sièges sur 40 au Parlement, a décidé de se retirer de celui-ci.

Jordanie

Après avoir organisé des manifestations en soutien au peuple égyptien en janvier, puis à la population libyenne dernièrement, les Jordaniens s’apprêtent à vivre leur première « journée de colère » à Amman, le 25 février. L’opposition islamiste avait obtenu des assurances sur des réformes de la part du roi Abdallah II, mais devant l’absence de dialogue, elle a appelé à la manifestation. Le 18 février, des partisans du régime avaient fait huit blessés dans les rangs des protestataires.

Le 1er février, le roi Abdallah II avait limogé le premier ministre Samir Rifaï pour calmer la grogne du peuple, qui réclamait sa tête. Problème : le choix du nouveau chef du gouvernement, Maarouf Bakhit, n’est pas non plus très populaire.

La reine Rania a quant à elle été rangée au même rang que Leila Trabelsi, la femme du président tunisien, dans un communiqué émis par 36 chefs de tribus bédouines (considérées comme les piliers du régime). Celles-ci ont demandé au roi d’écarter la reine, accusée de corruption, des activités politiques. « Nous continuons à être loyaux au trône hachémite, mais nous estimons que le roi Abdallah II doit mettre fin aux abus de son épouse et de sa famille, écrivent-ils. Sinon le trône sera en danger. »

Égypte

Pendant 18 jours, les événements de la place Tahrir, au Caire, ont retenu l’attention du monde entier. Le 11 février, les Égyptiens ont finalement obtenu le départ de celui qui présidait leurs destinées depuis près de 30 ans. Les violences auront fait plus de 300 morts et des milliers de blessés.

Aujourd’hui, c’est le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, en sa qualité de chef du Conseil suprême des forces armées, qui est le dirigeant par intérim de l’État et qui assure la transition démocratique. Des élections anticipées en août sont à l’étude. Omar Souleimane, qui aura occupé le poste de vice-président l’espace de quelques jours avant le départ de Moubarak, et Ahmed Chafik, l’actuel premier ministre, font partie des noms les plus cités pour devenir le nouvel homme fort de l’Égypte. Les Frères musulmans se sont positionnés comme une force de l’opposition.

Le 22 février, plusieurs nouveaux ministres ont été nommés lors d’un remaniement ministériel.

L’armée a déjà dû faire face à sa première crise, quand des mouvements de grève se sont formés pour réclamer des augmentations de salaires. En Égypte, environ 40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (deux dollars par jour, par personne).

Libye

Depuis le départ du président égyptien Hosni Moubarak, l’épicentre de la révolte s’est déplacé en Lybie. Les violences auraient fait au moins 6000 morts, dont 3000 dans la capitale Tripoli, indiquait mercredi le porte-parole de la Ligue libyenne des droits de l’Homme, Ali Zeidan. La répression inquiète beaucoup l’ONU, qui craint que des crimes contre l’humanité aient été commis.

Le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, n’a pas du tout l’intention de partir. D’ailleurs, le « guide de la révolution » (son titre officiel) a fait remarquer que comme il n’est pas président, il ne peut pas démissionner. Au contraire, il a menacé les manifestants armés de peine de mort pour s’être « attaqués à la Lybie ». Pire, il a évoqué pour les protestataires un massacre « similaire à [ceux de] Tiananmen (en Chine) et Fallouja (en Irak) ». Quant à lui, il se battra « jusqu’à la dernière goutte de [son] sang ». Ces menaces n’ont toutefois pas arrêté les manifestants, qui ont pris le contrôle de l’est du pays et notamment des villes de Tobrouk et de Benghazi.

Les premières secousses en haut lieu se sont fait sentir le 21 février, quand le ministre de la Justice a démissionné pour « protester contre le recours excessif à la violence ». Il a en outre affirmé détenir la preuve que Kadhafi avait ordonné l’attentat de Lockerbie, en 1988, lors duquel un avion avait tué 270 personnes en explosant au-dessus de cette ville écossaise.

Le 22 février, alors que le représentant libyen à l’UNESCO quittait ses fonctions, Kadhafi s’est retrouvé encore un peu plus isolé par la défection des deux derniers membres du groupe des « officiers libres » libyens, artisans du renversement de la monarchie en 1969.

Tunisie

Plus d’un mois après le départ de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, la Tunisie se retrouve en pleine reconstruction politique. L’« épuration » en haut lieu a fait de nombreuses victimes parmi les proches de Ben Ali : l’ancien parti au pouvoir (RCD) s’est autodissous, et les gouverneurs des 24 provinces du pays ont été remplacés. Le gouvernement de transition mené par Mohamed Ghannouchi ne fait pas l’unanimité. Malgré les premières annonces de réformes économiques, les Tunisiens manifestent toujours pour réclamer la dissolution du Parlement et le départ de Ghannouchi, premier ministre de Ben Ali de 1999 jusqu’à sa chute. Le climat reste tendu et l’insécurité règne, comme en témoigne le meurtre d’un prêtre polonais le 18 février. Une commission devrait être constituée sous peu afin que puissent s’organiser des élections transparentes.

Par la voix de son ministère des Affaires étrangères, la Tunisie a demandé l’extradition de Ben Ali, réfugié en Arabie Saoudite depuis le 14 janvier, et réclamé de l’information sur son état de santé – l’ancien président est dans le coma à la suite d’un accident vasculaire cérébral. Au Canada, des Tunisiens demandent aussi au gouvernement Harper l’extradition de Belhassen Trabelsi, le beau-frère du président déchu.

Algérie

Accueillis par un contingent policier très imposant les 12 et 19 février, les manifestants algériens ont promis de se réunir tous les samedis tant que leurs voix ne seraient pas entendues. En Algérie, on comprend mal comment un pays qui vit confortablement de sa rentre pétrolière (97 % des exportations) peut afficher une fracture sociale aussi importante (23 % de la population sous le seuil de pauvreté). Le président algérien s’est finalement engagé à lever l’état d’urgence instauré il y a 19 ans pour lutter contre la guérilla islamiste ainsi qu’à maintenir le prix des produits de première nécessité malgré la hausse des cours mondiaux.

À la suite d’une émeute qui a fait cinq morts et plus de 800 blessés, l’opposition, les syndicats, la société civile et de nombreuses associations se sont regroupés sous la bannière de la Coordination nationale pour le changement démocratique (CNCD), qui organise les manifestations et centralise les demandes.

Maroc

Au Maroc, la monarchie n’est pas contestée, mais le peuple demande des réformes constitutionnelles. Le 20 février, plusieurs milliers de personnes ont manifesté pacifiquement à Rabat, à l’appel d’un groupe Facebook (lien), exigeant que le roi Mohammed VI transfère une partie de ses pouvoirs à un nouveau gouvernement élu. Quelques jours plus tôt, le monarque avait cherché à contenir ce mouvement en doublant les subventions publiques censées pallier la hausse des prix des produits de première nécessité.

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