[Vidéo] 5 choses à savoir sur le Rwanda

Développement, réconciliation, place des femmes, modernité et timide démocratisation, voici un résumé de tout ce qu’il faut savoir sur le Rwanda, 25 ans après le génocide. 

Vingt-cinq ans après, le « pays des mille collines » porte encore les stigmates du génocide. Mais dans le Rwanda de Paul Kagame, arrivé au pouvoir à la faveur de la victoire militaire du Front patriotique rwandais (FPR), en 1994, il n’y a désormais plus d’ethnies, il n’y a que 12 millions de Rwandais.

En une génération, le pays a réussi à réconcilier les ennemis d’antan pour mieux renaître de ses cendres, réalisant des progrès gigantesques dans bien des domaines, au point d’être maintenant montré en exemple sur le continent africain et un peu partout sur la planète.

Ce « miracle rwandais » ne doit toutefois pas faire oublier qu’il reste beaucoup à faire sur le plan du développement comme en matière de démocratisation de l’espace politique.

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1 commentaire
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Pas plus que le génocide en ex-Yougoslavie dont il fut contemporain et avec lequel il offre des ressemblances frappantes, le génocide au Rwanda n’a été complètement élucidé. Je me demande si des experts ex-Yougoslaves sont allés au Rwanda et des experts Rwandais en ex-Yougoslavie, pour étudier la chose.

Pour ma part, je crois que seul le déterminisme biologique peut provoquer une telle hécatombe. Encore faut-il comprendre par quel « isme » il est passé. Et bien sûr, je manque cruellement de savoir. Par exemple, dans le cas de l’ex-Yougoslavie, poètes et scientifiques (notamment des psychiatres et des biologistes ) furent singulièrement actifs soit parmi les perpétrateurs, soit parmi les pousse-au-crime. Est-ce que ce fut la même chose au Rwanda ? Et si oui, quelles « ismes » étaient à la mode parmi les lettrés ? Je suis moins renseigné.

Dans le cas de l’ex-Yougoslavie, la propagande meurtrière s’est profilée sous la forme d’accusations de haine collective, d’accusations de racisme lancées contre les Croates. Sur la base du raisonnement suivant: les Oustachis, collabos enthousiastes des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, étaient Croates et par conséquent être Croate , c’est être raciste. L’expression « nettoyage ethnique », qui remonte au moins à la Deuxième Guerre mondiale et aux Tchetniks, a été réactivée non dans les médias étrangers couvrant le conflit – comme on le croit souvent à tort – mais bien PAR LA PROPAGANDE GRAND-SERBE ELLE-MÊME, qui martelait sans cesse contre les Croates l’accusation d’avoir L’INTENTION de commettre un « nettoyage ethnique » contre les Serbes. En sorte que les plus timbrés des perpétrateurs grands-serbes furent persuadés qu’ils étaient en train de PRÉVENIR un génocide au moment précis où ils le COMMETTAIENT. Il faut avoir la cervelle sacrément déconstruite pour se faire avaler pareille tambouille. Dans mes mots, je résumerais ainsi: « Il faut vite leur faire ce qu’ils ont l’intention secrète de nous faire! ». D’où le nom, fort instructif, d’une des composantes majeures des perpétrateurs grands-serbes du génocide, qui s’intitulait « Armée anti-génocidaire de libération » (rigoureusement sic).

Au Rwanda, le génocide a-t-il été précédé d’un déluge d’accusations de haine et racisme lancées contre la minorité Tutsi ? Autrement dit, s’agit-il du même pattern de pensée circulaire qu’en ex-Yougoslavie, et les perpétrateurs du génocide contre les Tutsis s’imaginaient-ils être en train de PRÉVENIR un génocide que les Tutsis auraient eu soi-disant L’INTENTION de commettre sur les Tutsis ? Est-ce c’est ça qu’on entendait dans la propagande de Radio Mille-collines ?

Je pose la question, car celle-ci nous ramène au nazisme, où se trouve ce même pattern dément. Il existe plusieurs déclarations similaires d’Hitler au Reichstag illustrant cette démence rhétorique. En voici trois :

30 janvier 1939: « Aujourd’hui, je serai encore un prophète : si la finance juive internationale en Europe et hors d’Europe devait parvenir encore une fois à précipiter les peuples dans une guerre mondiale, alors le résultat ne serait pas la Bolchevisation du monde, donc la victoire de la juiverie, au contraire, ce serait l’anéantissement de la race (sic) juive en Europe. »

Et de nouveau le 1er janvier 1942: « Mais le (sic) Juif n’exterminera pas les peuples européens, c’est lui qui sera la victime de sa propre machination.»

Et encore une fois le 30 janvier 1942 (avec une erreur de datation considérée comme volontaire par la plupart des historiens) : « Le 1er septembre 1939 [au lieu du 30 janvier], j’ai déjà dit au Reichstag allemand, et je me garde de toute prophétie précipitée, que cette guerre ne tournera pas comme les Juifs se l’imaginent, à savoir que les peuples européens seront anéantis, mais au contraire, que le résultat de cette guerre sera l’anéantissement des Juifs.»

(Sources et références sur PHDN: http://www.phdn.org/negation/documents/volonte.html#hitler )

Dans le cas de Hitler comme dans le cas de la propagande grand-serbe, c’est une propagande haineuse et meurtrière qui attribuait systématiquement à l’ennemi SES PROPRES INTENTIONS GÉNOCIDAIRES. Comme disait l’écrivain polonais Stanislas Lem, « Manie de la persécution transformée en manie d’agression. » Je veux savoir si la même chose fut lue et entendue au Rwanda.