Viol : quand les victimes sont coupables

Le viol, puis la condamnation pour relation sexuelle hors mariage, de la Norvégienne Marte Deborah Dalelv, à Dubaï, en juillet dernier, a alerté l’opinion internationale.

 Marte Deborah Dalelv - Photo : Jumana El-Heloueh / Reuters
Marte Deborah Dalelv – Photo : Jumana El-Heloueh / Reuters

Le viol, puis la condamnation pour relation sexuelle hors mariage, de la Norvégienne Marte Deborah Dalelv, à Dubaï, en juillet dernier, a alerté l’opinion internationale sur le sort encore réservé aux femmes victimes de viol — même les étrangères de passage — dans bien des pays : accusations de fornication et d’adultère, obligation d’épouser son agresseur, peine de prison, etc.

Compte tenu des circonstances, l’histoire de la jeune designer d’intérieur de 24 ans, qui vivait au Qatar depuis 2011, s’est plutôt bien terminée : elle a été graciée et a donc évité de passer les 16 prochains mois en prison.

Son agresseur, un collègue soudanais, a nié le viol, invoquant que la relation sexuelle était consensuelle. Il a été condamné à 13 mois de prison, non pas pour viol, mais pour relation sexuelle hors mariage. Coup d’œil sur le sort qui attend les femmes violées dans trois pays.

Émirats arabes unis

Les femmes violées sont passibles de crime pour adultère ou pour relation sexuelle hors mariage. L’agresseur, lui, ne sera reconnu coupable que s’il confesse son crime. Ou si au moins quatre hommes, témoins du viol, viennent témoigner en faveur de la victime.

Afghanistan

Les victimes peuvent être condamnées pour fornication et adultère, même si la relation sexuelle a été « forcée ». En mai dernier, les législateurs ont bloqué un projet de loi qui aurait mis les personnes violées à l’abri d’une condamnation. Selon un de ses opposants, « une femme pourrait se lancer dans des affaires extraconjugales sachant qu’elle pourrait crier au viol si elle se faisait prendre ».

Inde

Depuis le viol collectif — et la mort — d’une étudiante de New Delhi, en décembre dernier, les lois protégeant les femmes ont été renforcées en Inde. Un agresseur sexuel risque désormais 20 ans de prison et, si sa victime trépasse, la peine de mort. Mais dans ce pays où un viol a lieu toutes les 20 minutes, le Parlement refuse toujours de criminaliser le viol marital.