Vol MH17 : peut-on faire confiance aux boîtes noires ?

Corps déplacés, morceaux de l’avion emportés, et même débris d’autres avions éparpillés pour dérouter les enquêteurs… La crainte d’une falsification des preuves est réelle, même dans le cas des boîtes noires.

Un séparatiste prorusse montre aux médias les boîtes noires du vol MH17 de Malaysia Airlines, lors d'une conférence de presse, le 22 juillet 2014, avant de les remettre aux autorités malaisiennes (Photo © STR / AFP / Getty Images)
Un séparatiste prorusse montre aux médias les boîtes noires du vol MH17 de Malaysia Airlines, lors d’une conférence de presse, le 22 juillet 2014, avant de les remettre aux autorités malaisiennes (Photo © STR / AFP / Getty Images)

Des voix se sont élevées, à Kiev, Washington et Kuala Lumpur, pour dénoncer le manque de sécurité autour du site dans l’est ukrainien où s’est écrasé le vol MH17 de la Malaysia Airlines. Corps déplacés, morceaux de l’avion emportés, et même débris d’autres avions éparpillés pour dérouter les enquêteurs, selon la BBC… Puisque l’intégrité du site a été compromise, la crainte d’une falsification des preuves est réelle. Dès lors, l’analyse des boîtes noires s’accompagne d’un vent de scepticisme.

FouineurLes rebelles prorusses s’étaient emparés des deux boîtes – qui sont de couleur orange, en réalité –, l’une servant à enregistrer les données de vol de l’avion et l’autre à garder une trace des sons et des conversations dans la cabine de pilotage. Ces deux boîtes ont été remises dans la nuit de lundi à mardi aux autorités malaisiennes. Celles-ci les ont ensuite transmises à leurs homologues néerlandaises, qui mènent officiellement l’enquête. Près de 200 des 298 victimes du vol MH17 étaient originaires des Pays-Bas.

L’enregistreur phonique, quoiqu’ayant subi des dommages, contenait des « informations valides sur le vol » et n’a révélé aucune trace d’altération, selon le Bureau néerlandais pour la sécurité, qui a mandaté les experts britanniques de l’Air Accident Investigation Branch (AAIB) pour en faire l’analyse. La deuxième boîte noire est aussi entre les mains de ces enquêteurs, qui n’ont besoin que de 24 heures pour télécharger les données, mais de plusieurs semaines pour en faire l’analyse ― l’enregistreur des données de vol rassemble les informations de douzaines de capteurs, ce qui peut engendrer plusieurs téraoctets de données.

Si l’AAIB est en charge de cette expertise, c’est justement parce qu’elle a la technologie et l’expérience pour déterminer si les données ont pu être altérées par les rebelles prorusses, a expliqué David Deas, l’ancien porte-parole de cet organisme rattaché au ministère britannique des Transports.

« Ils vont être en mesure de dire si ce sont les données originales, ou si elles ont été endommagées d’une manière ou d’une autre; même si elles ont été trafiquées, elles seront utiles pour comparaison avec les autres sources de données, car la plupart des avions ont un système de transmission automatique des données », a-t-il indiqué à l’agence Reuters.

Puisque les cartes mémoires utilisées dans les boîtes noires ont des numéros de séries appariés avec ceux des enregistreurs, elles ne peuvent être remplacées secrètement, ont également expliqué des experts interrogés par The Guardian.

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Je suis maintenant heureux que les boîtes noires/oranges soient entre des mains dignes de confiance. Et aussi qu’au moins pour l’une d’entre elles, jusqu’à preuves du contraire, elle n’aurait subit aucune manipulation pour en falsifier des données.
En ce qui concerne l’autre, il faudra attendre.
Je suis également rassuré que les autorités Malaisiennes les aient remis à des spécialistes dignes de confiance et hors de soupçon malveillant. Ça n’exclut rien, mais inspire tout de même la confiance dans les résultats à venir.

Je ne crois cependant pas que les rebelles avaient la capacité d’intervenir sur les données de ses boîtes. Je pense qu’ils auraient pu les faire disparaître complètement ou « au mieux » détruire les données qu’elles contenaient.
Cependant, des spécialistes russes de Poutine, eux ont pu peut-être intervenir d’une quelconque façon et peut-être même qu’ils l’ont fait et que ce ne soit pas décelable! L’ont-ils fait?
Des conversations semblent laisser entendre que les rebelles auraient remis les boîtes aux Russes avant d’en reprendre possession. L’avenir confirmera peut-être beaucoup de choses… Mais cet avenir peut tarder à s’accomplir.

Une chose est certaine Poutine a le bras long et semble vouloir et pouvoir s’affirmer de plus en plus sans que des actions concrètes et conséquentes viennent lui barrer la route. La communauté internationale semble très faible et fragile ainsi que peu enclin à prendre les moyens nécessaires pour qu’une certaine justice s’accomplisse et soit respecté.
Les êtres humains ont peu de valeur, les intérêts financiers seulement a la parole.
Les États-Unis sont à toute fin pratique les seuls d’ailleurs à intervenir avec force…évidemment lorsque leurs intérêts sont directement en jeu.
Si non, bla, bla, bla, bla, bla… On le voit depuis toujours dans la bande de gaza.
Et puis en bout de ligne, des intérêts immenses possédés par les gros joueurs à l’étendu de la planète, favorisé plus que jamais par la mondialisation, d’un côté ou/et de l’autre d’opposants, spécialement dans les industries reliés à la guerre et à l’armement, au transport et à l’énergie ne font-ils pas que ce qui sera perdu à droite ou à gauche, sera gagné souvent à plus grande échelle de l’autre côté et quelques fois de tout bords tout côtés?