Yémen, paradis perdu ?

Miné par une insurrection chiite au nord, des tiraillements sécessionnistes au sud et les menaces d’al-Qaida, le pays de la reine de Saba est au bord de l’effondrement. Seule Sanaa, la capitale, résiste encore. Jusqu’à quand ?

Miné par une insurrection chiite au nord, des tiraillements sécessionnistes au s
photo : Istock

« Wilcome ! Wilcome ! » lancent les marchands du souk de Bâb al-Yaman, porte d’entrée de la vieille ville de Sanaa, capitale du Yémen. En cette fin d’après-midi, une lumière ocre dessine des ombres sur les façades des maisons-tours aux couleurs de pain d’épice. Des femmes voilées de leur niqab noir négocient le miel, la myrrhe et le cumin. Allongés sur des tapis, à même le pavé des ruelles, des commerçants au visage buriné mâchent nonchalamment du qat, l’herbe locale. Devant la Grande Mosquée, des fidèles somnolent. Une odeur d’encens flotte, l’appel à la prière retentit, un âne trottine. Le temps semble suspendu, comme au Moyen Âge…

Soudain, trois avions F-16 fendent le ciel bleu en direction du nord.

« Harb » (guerre), dit un vieil homme en levant la tête. Brutal retour à la réalité : le Yémen, patrie de la légendaire reine de Saba, baptisé « l’Arabie heureuse » au temps du commerce des épices, est aussi le berceau de la famille Ben Laden. Et aujour­d’hui la cible de nombreuses menaces.

Déjà considérée comme le pays le plus pauvre du monde arabe, cette terre aride, grande comme le tiers du Québec, est au bord de l’effondrement. Trois conflits secouent simultanément ses 24 millions d’habitants, dont 55 % sont des musulmans sunnites et 42 % des musulmans zaïdites (le zaïdisme est une branche de l’islam chiite). Dans le Nord, des combats opposent l’armée et des rebelles chiites ; dans le Sud, des manifestations sécessionnistes risquent de dégénérer en guerre civile ; et l’ensemble du pays est le théâtre d’opérations militaires contre les sanctuaires d’al-Qaida.

La capitale de deux millions d’habitants, Sanaa, bâtie dans une cuvette sablonneuse entre des montagnes rocheuses, résiste encore au climat de violence. Mais son économie est en lambeaux. Notamment parce que la vieille ville, joyau architectural inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, a vu le tourisme chuter de 80 % dans la dernière année. Et parce qu’une dictature étrangle le pays depuis plus de 30 ans.

« Sanaa est encore loin d’être un nouveau Pakistan, mais le Yémen, lui, l’est déjà », s’inquiète Nadia Sakkaf, 33 ans, rédactrice en chef du bihebdomadaire de langue anglaise Yemen Times , l’une des rares femmes à occuper un poste aussi prestigieux dans le pays. Dans les bureaux encombrés de ce journal indépendant, l’heure de tombée approche. « Le gouvernement n’a plus de crédibilité et a très peu de pouvoir en dehors de la capitale », dit cette battante en replaçant son hidjab sur sa tête. « Ce sont les chefs de clan et les mouvements rebelles qui commandent. »

Écoles coranique ou « camps de djihadistes » ? >>

5 imams seulement

Zaïdisme : Branche de l’islam chiite représentée essentiellement au Yémen. Contrairement à la majorité des chiites dits « duodécimains » (Iran, Irak, Liban), qui considèrent que 12 imams descendant de la famille du Prophète ont existé dans l’histoire, les zaïdites sont partisans de 5 imams. Au Yémen, beaucoup de grandes familles sont zaïdites, dont celle du président, mais toutes ne sont pas pratiquantes.

Clan Houthi : Puissante famille de religion musulmane zaïdite.

Le Yémen regorge d’écoles coraniques qui, selon certains observateurs, sont de véritables « camps de djihadistes ». Déjà, l’attaque contre le bâtiment de guerre américain USS Cole dans le port d’Aden (17 morts), en 2000, et l’attentat contre l’ambassade américaine à Sanaa (19 morts), en 2008, avaient révélé que le pays était un terreau fertile pour les islamistes. Et depuis l’attentat raté sur le vol Amsterdam-Detroit, le 25 décembre dernier, revendiqué par la branche d’al-Qaida retranchée au Yémen, Washington hausse le ton : il exige du président yéménite, Ali Abdallah Saleh, qu’il en fasse davantage pour éradiquer le terrorisme.

Dissimulée derrière un long mur de béton, gardée par des agents de sécurité, l’Université islamique al-Iman (la foi), fondée en 1994, accueille plus de 6 000 étudiants, dont le tiers sont des femmes. L’établissement vit grâce à des fonds de l’État et des donations de pays musulmans, dont l’Arabie saoudite. Son recteur, le cheik Abdelmajid al-Zindani, a combattu en Afghanistan aux côtés des talibans contre les Russes et fut vice-président de la République. Il est aujour­d’hui soupçonné par les Américains de soutenir l’islamisme radical.

Assis sur le trottoir, à l’entrée du campus, des étudiants vêtus de djellabas et de sandales, principalement des Africains et des Arabes, révisent leurs notes ou récitent le Coran sous le soleil. Derrière une porte de métal, les échos d’un cours de religion se font entendre. Mais son accès est interdit aux femmes. Comme dans toute sphère de la vie publique (restaurants, célébrations, éducation), la ségrégation des sexes est appliquée à l’université.

Au Yémen, la lourdeur des traditions tribales et la pauvreté endémique ne favorisent pas l’émancipation des femmes. Seule une minorité a accès au travail et à l’éducation. Dans les villages, l’analphabétisme avoisine les 70 %. Quelques progrès ont toutefois pu être enregistrés : un ministère de la Femme et de l’Enfant a été créé en 2008 et des associations féminines ont vu le jour.

Dans le hall de l’Université al-Iman, Ismael Souheily, responsable du Département de sciences politiques, s’empresse de contester la mauvaise réputation de l’établissement à l’étranger. « Parce que nous enseignons l’islam, nous sommes accusés d’avoir des liens avec al-Qaida », dit-il, une main posée sur sa jambiya, le poignard yéménite traditionnel accroché à la ceinture de sa djellaba. « Si tous les lieux officiels d’enseignement islamique sont montrés du doigt, où va-t-on enseigner les préceptes de cette religion ? Dans des lieux obscurs, interdits ? C’est là que naît l’extrémisme, pas ici ! »

À Sanaa, la crainte des attentats terro­ristes a atteint des proportions telles au début de janvier que les ambassades américaine et britannique ont fermé leurs portes. L’activité diplomatique a repris depuis, mais les résidants du quartier ne sont guère rassurés. « Les ambassades sont toujours les premières cibles des islamistes », dit Anissa, une mère de famille qui vit dans le quartier depuis 25 ans.

« Le plus grand problème n’est pas al-Qaida,
c’est la centralisation du pouvoir et la pauvreté endémique » >>

La famille Saleh au pouvoir

Le président du Yémen,
Ali Abdallah Saleh,

67 ans, a placé plusieurs membres de sa famille aux commandes des forces de sécurité, notamment son fils Ahmed, qu’il voudrait voir lui succéder, et trois de ses neveux.

Ahmed Saleh (fils)
Chef de la garde républicaine et des forces spéciales

Amar Saleh (neveu)
Directeur adjoint de la sécurité nationale

Yahya Saleh (neveu)
Chef des forces de sécurité

Tarek Saleh (neveu)
Chef de la garde présidentielle

Les tribus jouent encore un rôle important au Yémen. Par leur nombre, leur richesse ou la force de leurs armes, elles ont parfois pris le contrôle d’institutions comme l’armée ou l’État. La famille Saleh est de la tribu des Hached, rivaux des Bakil, une tribu du Nord.

Devant les pressions internationales, le gouvernement d’Ali Abdallah Saleh tente de prouver au monde et à son peuple qu’il contrôle encore le pays : des opérations aériennes sont lancées quotidiennement contre des activistes présumés d’al-Qaida dans des villages, bombardements qui ont jusqu’ici causé la mort de dizaines de civils. Dans la capitale, les mesures de sécurité ont été renforcées. Dans les artères principales, des soldats bloquent la circulation et fouillent les voitures. Seules les femmes au volant – une rareté dans ce pays aux coutumes patriarcales – passent sans gêne. Surtout lorsque, comme Eman, mon interprète, elles ne portent qu’un foulard sur leurs cheveux plutôt qu’un niqab qui recouvre le visage et qu’elles offrent un sourire radieux aux soldats épuisés par le soleil et la morsure du vent.

« Le plus grand problème n’est pas al-Qaida, c’est la centralisation du pouvoir et la pauvreté endémique », dit Abdoul-Ghani al-Ryani, consultant politique auprès de plusieurs organisations internationales.

Dans les rues poussiéreuses de la capitale, la misère saute aux yeux. À chaque carrefour, des enfants au regard suppliant se ruent sur les pare-brise des voitures, un linge sale à la main, pour gagner quelques rials. Des femmes aux voiles fripés arpentent le centre-ville animé, des sacs de produits bon marché sur la tête. Des vieillards en guenilles dorment sur le pavé, enveloppés dans des couvertures miteuses. Les poubelles débordent. Les interruptions d’eau et d’électricité sont fréquentes.

Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), plus de 45 % des Yéménites survivent avec moins de deux dollars par jour, et un tiers souffrent de malnutrition. Durement frappés par le chômage (estimé à 40 % dans le pays), les villageois des bourgs environnants envahissent les trottoirs de la capitale. Sur la place al-Qa, des dizaines d’ouvriers attendent, pelle et pioche à la main, qu’un contremaître les embauche, à 2 000 rials (10 dollars) par jour. Tout autour, des marchands ambulants tentent d’écouler leurs marchan­dises à bas prix.

Reconnu pour avoir unifié le pays (Yémen du Nord et Yémen du Sud), en 1990, et maintenu l’équilibre entre factions tribales, le président, Ali Abdallah Saleh, 68 ans, est aujourd’hui critiqué de toutes parts. Taxé d’autoritarisme, de corruption et de mauvaise gestion des ressources, « ce petit Saddam », comme l’appellent certains, n’aurait qu’un objectif, disent-ils : « se maintenir au pouvoir ». Ancien lieutenant-colonel de l’armée, Saleh a pris la tête du Yémen du Nord en 1977 et fut le premier chef d’État élu du pays unifié. À l’élection de 1999, il avait obtenu 96 % des votes, et 77,2 % en 2006. L’opposition l’accuse d’avoir manipulé les groupes islamistes contre les sécessionnistes socialistes du Sud lors de la guerre de 1994 (voir l’encadré « Une grande histoire », ci-contre).

Depuis plus de 30 ans, le raïs yéménite contrôle Sanaa d’une poigne de fer, mais son autorité s’effrite ailleurs dans le pays. « L’économie est totalement paralysée », dit le consultant Abdoul-Ghani al-Ryani, qui habite à al-Hada, seul quartier un brin cossu de la capitale. « Plus de 60 % du budget national sert à acheter des voix et à récompenser ceux qui font preuve de loyauté. Et pendant que le peuple se meurt, que fait le président ? Il construit des mosquées portant son nom ! » dénonce le politologue, allusion directe à la gigantesque mosquée Saleh, édifiée non loin du palais présidentiel pour la somme de 60 millions de dollars américains.

« Le Yémen déborde de ressources, mais où va l’argent, je l’ignore », admet Mohammed al-Cha’er, vice-ministre de l’Information, en énumérant les richesses du pays : pétrole, gaz naturel, textiles, miel… « Je n’ai même pas de quoi vous inviter à déjeuner ! » Une offense dans le monde arabe, reconnu pour ses traditions d’hospitalité.

Difficile de réformer l’économie et la politique alors que l’insurrection dans le Nord sape les ressources de l’État et que la grogne séparatiste dans le Sud apporte chaque jour son lot de victimes.

Dans les provinces septentrionales, le conflit oppose depuis 2004 l’armée yéménite aux tribus proches du clan Houthi. Les rebelles accusent le gouvernement de négliger leur région et de favoriser la famille du président (un zaïdite qui s’allie surtout avec les sunnites). Ils dénoncent l’alliance avec l’Arabie saoudite, qui nourrit, selon eux, le radicalisme sunnite au Yémen. Les plus extrémistes réclament le retour à l’imamat zaïdite d’avant la révolution républicaine ; les autres demandent davantage de soutien de l’État et de liberté de culte.

Pour en finir avec ce « groupe terroriste à la solde de l’Iran », le gouvernement a lancé l’opération Terre brûlée, le 11 août 2009. Pendant des mois, les combats ont fait rage dans la province de Saada, à 250 km au nord de la capitale, près de la frontière avec l’Arabie saoudite. Un cessez- le-feu a pu être obtenu le 12 février dernier entre les rebelles et l’armée, mais pour combien de temps ?

À Sanaa, certains n’osent plus se déclarer zaïdites. « On se sent assiégés, confie une jeune réfugiée. On a peur de parler au téléphone, on change de nom [en Orient, les noms de famille renvoient à une religion], on ment », dit-elle en cachant une mèche de cheveux sous son foulard bariolé.

Il y a quelques mois, son mari a été enlevé par les forces de sécurité alors qu’il étudiait au centre religieux zaïdite de Saada. Depuis, il croupit en prison, « parce qu’on l’accuse d’appartenir au clan Houthi et de soutenir la rébellion », dit sa femme. Des centaines de Yéménites zaïdites seraient détenus de façon arbitraire. Mais l’information reste confuse : la presse étrangère est interdite dans le Nord, seuls de rares travailleurs humanitaires ont pu pénétrer dans les camps, où s’entassent plus de 200 000 réfugiés, et le nombre de victimes demeure inconnu.

Au sud de la péninsule arabique, la situa­tion n’est guère plus calme. Depuis quelques mois, pas un jour ne se déroule sans affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre. Le 25 janvier dernier, à la veille de la conférence de Londres consacrée au Yémen, une grève générale, pour revendiquer l’indépendance du Sud, paralysait une dizaine de provinces.

Des militants de toutes les couches de la société sont en effet mécontents du traitement qui leur est réservé depuis la réunification des deux Yémens, en 1990. Réunis sous le nom de Mouvement du Sud, formé en 2007, ils accusent le Nord d’avoir fait main basse sur les terres, les fonctions et les res­sources du Sud. Le Sud compte 80 % des ressources pétrolières du pays, clament-ils, mais les habitants s’appauvrissent de jour en jour. La région est aussi sous-représentée au gouvernement et a été privée de son armée à l’issue de la guerre civile de 1994.

« C’est une véritable occupation du Sud par le Nord », dit Mohammed al-Saqqaf, doc­teur en droit international, originaire de la vallée de l’Hadramaout, dans le Sud.

D’abord fervent défenseur de la réunification, cet avocat d’âge mûr, diplômé de la Sorbonne, a vite déchanté. La culture du Sud, explique-t-il, n’a rien à voir avec celle du Nord. Fortement influencée par la colonisation britannique (de 1839 à 1967), la région méridionale – qui englobe les deux tiers du territoire yéménite et 25 % de la population – se démarquait auparavant par le respect de l’État de droit et l’ouverture démocratique. Alors que dans le Nord le système a toujours été géré par les lois et les coutumes tribales. « Si on ne se bat pas, on risque de perdre notre identité ! » déclare al-Saqqaf.

Au passage, Mohammed al-Saqqaf dénonce aussi l’islamisation galopante depuis la réunification. Avant, dit-il, sa femme pouvait se balader en t-shirt dans le port d’Aden, tandis qu’aujourd’hui les femmes ne sortent plus sans leur niqab.

Effrayés par toutes ces tempêtes qui soufflent sur le désert yéménite, les touristes boudent le pays. Dans la vieille ville de Sanaa, l’atmosphère est morose. « Avant, je pouvais gagner jusqu’à 3 000 dollars par mois, et maintenant, c’est à peine 100 dollars », se plaint Abdoul Rahman, un charmant boutiquier qui vend des objets traditionnels. « Nous espérons que le gouvernement résoudra le problème. Pas question que le Yémen devienne un autre Afghanistan ! »

Seul secteur qui ne connaît pas la crise : le qat. Chaque jour, à partir de 14 h, le marché, en bordure du souk de Bâb al-Yaman, grouille d’activités. Cultivateurs et consommateurs venus d’un peu partout dans le pays négocient passionnément les prix de ces longs feuillages verts aux effets légèrement euphorisants, pendant que d’autres goûtent les différentes variétés. Les odeurs de transpiration se mêlent aux haleines rances et à la fumée de cigarette. « C’est le whisky yéménite », dit un vieil habitué, du qat dans le creux de la joue. Ces rencontres, où les hommes mastiquent incessamment en refaisant le monde autour d’un thé, rythment le quotidien de nombreux Yéménites. Ça permet d’oublier les soucis, disent-ils. Mais le qat est aussi la malédiction du Yémen.

D’une part, il n’est pas bon marché : environ quatre dollars la tige, alors que le salaire minimum moyen n’est que de 150 dollars par mois. En outre, sa culture draine plus des deux tiers des eaux du Yémen, qui en manque cruellement.

À la mi-janvier, la valeur du rial, la monnaie nationale, est passée en moins d’une semaine de 200 à 220 rials pour un dollar américain, provoquant la panique au sein de la population. Comme de nombreuses routes sont bloquées pour des raisons de sécurité, certains produits de première nécessité, tel le gaz naturel, ne sont plus acheminés en quantité suffisante. Dans la vieille ville, les bonbonnes de gaz vides s’accumulent dans les ruelles. Les résidants doivent débourser trois fois plus d’argent qu’avant pour les remplir (2 000 rials au lieu de 600) au marché noir, alors que le Yémen est l’un des grands exportateurs de gaz de la région.

« Les signes de l’effondrement du régime yéménite sont multiples et déjà bien visibles », croit le consultant Abdoul-Ghani al-Ryani. Selon lui, la situation risque fort de se détériorer dans un proche avenir, surtout dans les régions du Sud. Redoutant cette éventualité, les principaux bailleurs de fonds du Yémen se sont réunis à Riyad, en Arabie saoudite, à la fin de février, pour donner suite à la conférence de Londres. Lors de ce colloque, on a convenu d’un plan pour favoriser les projets de développement, les réformes politiques et la réconciliation nationale. Et surtout, pour aider le gouvernement de Sanaa à dépenser les 5,7 milliards de dollars américains d’aide internationale reçus en 2006, dont la majeure partie… dort toujours dans les caisses de l’État !

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Une grande histoire

Pendant plus de 2 500 ans (de 2000 av. J.-C. au 6 e siècle), les royaumes aux noms mythiques (Saba, Qataban, Hadramaout) se sont succédé au Yémen et ont contrôlé le commerce lucratif des épices.

– Au 7 e siècle, les califes islamiques imposent leur domination sur la région. Le Nord devient un « imamat zaïdite », système monarchique théocratique dominé par le zaïdisme, cette branche minoritaire
de l’islam chiite.

– Du 16 e au 19 e siècle, l’Empire ottoman envahit le Nord et exerce périodiquement son pouvoir sur le Sud.

– En 1839, les Anglais occupent le port d’Aden. Le Sud devient une colonie britannique.

– En 1918, le Nord se libère du joug de l’Empire ottoman et réadopte le système de « l’imamat ».

– En 1962, à la faveur de la révolution républicaine, le Nord devient la République arabe du Yémen (Yémen du Nord).

– En 1967, les Anglais se retirent d’Aden et le Sud devient la République démocratique et populaire du Yémen (Yémen du Sud), dirigée par les socialistes.

– Le 22 mai 1990, les deux pays fusionnent pour former la république du Yémen.

– En 1994, le Yémen du Sud tente en vain de faire sécession.

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