Société

L’arnaque

J’ai fais le test ce matin. Une Honda Accord EX avec un moteur de trois litres de six cylindres est offerte à 27 400 dollars chez un détaillant près de Burlington au Vermont et 34 200 dollars chez un concessionnaire montréalais. Un écart de prix de 25 %, alors que le dollar canadien vient d’atteindre la parité ce matin (10 h 58), pour la première fois depuis novembre 1976.

Voilà un exemple parmi tant d’autres qui montre que les Canadiens n’en ont pas pour leur argent. Les économistes de la Banque TD ont calculé que les prix des importations n’ont diminué que de 6,4% depuis janvier alors que le huard s’est apprécié de 15 %.

Un article du Globe And Mail ce matin apporte néanmoins quelques nuances. Les détaillants profitent de la hausse de la devise canadienne, mais ils auraient absorbé d’importants manques à gagner quand le dollar canadien échouait à 63 cents américains il y a quelques années.

Autre exemple qui montre que nous ne perdons pas tout au change, le prix de l’essence n’a augmenté que de 42 % depuis le début de la remontée du huard en 2003 alors qu’il augmentait de 90 % aux États-Unis. L’appréciation du dollar canadien explique aussi la faible inflation au pays.

Reste que l’écart de prix actuel est injustifiable. Certains prétendent que les coûts de transport et de distribution sont plus élevés au Canada et justifient des prix plus élevés. Expliquez-moi alors pourquoi il est moins coûteux d’approvisionner Burlington, une ville grande comme Sherbrooke et éloignée de tous les grands centres américains, que Montréal, la deuxième ville la plus populeuse au Canada ?