Société

La tentation de fermer les portes

Cela relève du réflexe. Quand ça va mal, c’est d’abord la faute des autres. C’est la même chose en affaires (et en politique…).

Un patron qui sent la soupe chaude sera tenté d’accuser les gouvernements, les banques, les syndicats, les taux d’intérêts, les fournisseurs, les importations (toujours du dumping !) et même les clients avant d’admettre qu’il a aussi ses torts et qu’il doit faire mieux. Quand l’économie va mal, la liste des boucs émissaires s’allonge…

Regardez ce qui se passe aux États-Unis. L’économie américaine chancelle et la balance commerciale est lourdement déficitaire. Qui est le coupable ? La surconsommation et l’endettement des ménages ? Bien sûr que non. Le coupable désigné est le libre-échange.

Un sondage du Wall Street Journal ce matin révèle que 60 % des électeurs du Parti Républicain sont opposés au libre-échange parce qu’il nuirait à l’économie et tuerait des emplois. Les répondants veulent des mesures qui limitent les importations de marchandises provenant des autres pays. Ce chiffre est révélateur et catastrophique parce que le Parti Républicain, pour tous ses défauts, est celui qui est le plus favorable à la liberté des marchés.

Déjà les candidats démocrates aux élections de 2008 tapent constamment sur ce clou. Il se pourrait fort bien que les exportateurs canadiens se retrouvent dans un an avec des législateurs et un gouvernement américains déterminés à mettre des entraves au commerce. Imaginez la crise du bois d’œuvre à la puissance 10 !

Or, la tentation américaine de retourner au protectionnisme ne tient pas la route. La très grande majorité des emplois ne sont pas soumis à la concurrence internationale. Le déficit commercial de nos voisins est gigantesque, mais les importations ne représentent que 16,7% de leur économie. C’est-à-dire que les produits venant du Canada ou de la Chine, les principaux fournisseurs extérieurs de biens, comptent pour environ 2,2% de l’économie américaine.

Et ce serait nous les coupables!