10 idées sur LeWeb10

Je m’imprègne depuis hier dans l’univers du Web, parmi des dizaines de conférenciers, des développeurs de logiciels et d’applications, des financiers à la recherche du nouveau Facebook, de consultants et même de dirigeants d’entreprises de la vieille économie qui veulent se mettre au goût du jour.

(Photo prise par Bruno Guglielminetti)

Voici 10 idées que je retiens.

1. Le médium est encore une fois le message

C’est l’existence même d’un tel événement réunissant près de 3000 personnes qui prouve l’émergence et l’effervescence de l’industrie du Web. La conférence a été relayée par plus de 50 « blogueurs officiels » et popularisée par des milliers de tweets. Ceux qui sont sur Tweeter ont probablement vu passer  les « hastags » (dièse suivi du sujet) #leweb ou #leweb10 ou encore #leweb 10 des milliers de fois.

Pour ceux qui ne sont pas familliers avec Twitter, sachez que ces hastags – convenus au début de l’événement – permettent de regrouper les contributions de tous les participants. C’est comme si 1000 journalistes relataient en temps réel à tous leurs abonnés ce qui venait de se passer ou de se dire. Probablement plus que 1000 encore, car il y a avait 2500 personnes branchées en même temps sur le réseau sans fil de l’événement. Pour ceux que cela intéresse, les conférences sont diffusées sur le web.

2. Emplacement, emplacement, emplacement

Pas question de tenir un tel événement en plein centre de Paris, dans un endroit chic et clinquant. Les « geeks » se veulent  à l’extérieur des circuits dominants. La cravate est pour eux un artéfact anthropologique. Nous voici donc en banlieue nord de Paris, une zone très pauvre,  dans des anciens entrepôts réaménagés et ultra-modernes. C’est un des paradoxes du Web 2.0 : on se donne des airs de révolutionnaires, mais c’est là où les investisseurs veulent placer leur argent et où les entreprises existantes cherchent une cure de Jouvence.

C’est aussi un beau coup pour Paris parce que c’est la deuxième conférence du genre en importance au monde. Des gens de 60 pays y sont présents et tous les grands joueurs mondiaux y assistent. Cela explique aussi pourquoi les grands noms de l’économie française comme France Télévision, France Telecom (Orange) et Renault font partie des « sponsors ».

(Photo prise par Diane Bourque)

3. Le web est anglais

Parlant de « sponsors » tout y est en anglais, je l’ai déjà écrit. Nous avons assisté à des interviews en anglais de Français par des Français. Yes, we are in Paris. But, comme on le constate, une bonne partie des participants proviennent de partout au monde et leur langue seconde, c’est l’anglais. La Silicon Valley s’exprime quant à elle toujours en anglais. Le français a perdu cette bataille depuis longtemps, mais c’est un peu déconcertant pour un Québécois comme moi qui assiste à l’événement pour la première fois.

4. Un mot à retenir : plateforme

Nous sommes familiers avec le multiplateforme quand le même contenu est diffusé par plusieurs médias. Nous sommes en train de nous familiariser avec les plateformes sociales comme Facebook. Nous n’avons encore rien vu. Carlos Ghosn, le PDG de Renault et de Nissan vantait avec superbe la nouvelle automobile électrique, la Leaf, et appelait les développeurs de logiciels à lui soumettre des « applications », un peu comme sur le modèle de l’iPhone ! «La voiture électrique, c’est une plateforme, disait-il, au même titre qu’un téléphone mobile.»

5. Un autre mot à retenir : mobilité

Le Web est nomade, de sa conception à sa réception. Stephen Richard, le PDG de France Telecom et de Orange France a affirmé qu’il y aura 10 fois plus de trafic mobile dans deux ans.

6. Vérité et autheticité

Dennis Crowley, 34 ans, président et fondateur de Foursquare, un site  de réseau social qui permet d’indiquer où vous vous trouvez, a charmé le public par sa simplicité et sa modestie. D’autres conférenciers ont été candides et cela a été très apprécié.

Je pense notamment à Charlie Kindel, le directeur du développement de l’écosystème du nouveau Windows Phone 7, qui a reconnu d’emblée que Microsoft accusait un sérieux retard en téléphonie mobile. Mike Jones, le nouveau président de MySpace qui a expliqué que sa compagnie avait perdu sa bataille contre Facebook et s’était repliée sur les divertissements où elle venait d’ailleurs de conclure un accord avec son grand rival d’hier. Ou encore Jason Goldman, le vice-président produit de Twitter, qui trouve que l’expérience client doit être amélioré sur son site et qu’on a négligé le design. Il a poussé la franchise à annoncer en primeur qu’il quitterait l’entreprise sous peu !

7. Le Web est une galaxie formée de multitudes d’atomes

On compte des milliers de PME technologiques dans tous les pays. Cela fait beaucoup de monde. Ce qui étonne, c’est la petitesse relative des joueurs. Facebook, un géant dans cet univers avec 500 millions d’abonnés et des revenus de 1,5 milliard de dollars, n’emploie que 1500 employés. Ou encore 333 000 clients par employés ! Twitter en aurait 300 et Foursquare n’ en a que 40.

8. Les « ex » de Google

Google est devenue une « vieille » entreprise et ses anciens essaiment un peu partout. Le numéro trois de Facebook, Evan Beard, qui était là hier, y a travaillé. Ils seraient une centaine à avoir immigré de Google à Facebook. Jason Goldman, le vice-président de Twitter, vient lui aussi de Google.

9. La Sainte Trinité

Apple, l’entreprise d’aujourd’hui. Il n’y a aucun conférencier d’Apple et ce n’est pas un commanditaire. Mais il y a une épidémie de iPhone et de iPad parmi les participants. J’ai peine à croire qu’Apple sera dans l’avenir aussi dominante et influente qu’elle ne l’est maintenant.

Facebook : la compagnie de demain. C’est le nouveau modèle du Web, celui qui suscite l’admiration et celui dont on a pas fini d’exploiter les possibilités. Il n’y a pas une journée non plus où on ne parle pas de son intrusion dans le monde du travail et dans nos vies.

Google : La compagnie d’aujourd’hui et de demain, mais sans son aura d’invincibilité. Son moteur de recherche domine encore, sa plateforme Android pour téléphone mobile ne cesse de gagner du terrain et elle veut casser le quasi monopole de Microsoft sur les systèmes d’exploitation pour PC. Une seule faiblesse : son retard dans les réseaux sociaux, comme le reconnaissait sa vice-présidente Marissa Mayer.

10. Wikileaks au coeur et au centre du Web

Pierre Chappaz a lancé un véritable cri d’alarme hier après-midi. «L’affaire Wikileaks, c’est une guerre totale contre internet menée par tous les gouvernements de la planète », dit-il. Selon lui, les médias traditionnels doivent défendre Wikileaks, car la liberté de la presse est en jeu

Pierre Chappaz n’est pas n’importe qui. C’est un grand entrepreneur du Net en France. Il a fondé le comparateur de prix Kelkoo, qu’il a vendu à Yahoo!, et a créé Wikio, un moteur de recherche de sites d’informations et de blogues.

« Quelle différence y a-t-il  entre Wikileaks et le Time, Le Monde et tous les autres médias qui ont répandu ces informations, demande-t-il ? » Il craint que les gouvernements en viennent à imposer la censure sur le Net, comme en Chine.

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11. Le Web est devenu un lieu de pollution

Je fais référence plus précisément à la publicité. Je suis de plus en plus agacé par ces publicités agressives, notamment ces publicités qui s’ouvrent et envahissent l’écran au passage du curseur et viennent interrompre ce que vous étiez en train de lire ou de faire. C’est un manque élémentaire de savoir-vivre. Que diraient les concepteurs de ces publicités si, dans la vie privée, à chaque fois qu’ils viennent pour s’exprimer, on leur coupait la parole. Et les site qui autorisent ce genre de publicité ne font pas mieux dans ce genre de comportement.

Excellent article, concis et eclairant !

J ai bien apprecie la section : les Ex de Google.
Et donc, ils ont developpe leurs talents chez Google.

C etait aussi hilarant que vous rapportiez que des Francais interviewaient en anglais d autres Francais; le Quebec actuel aurait crie a l anglicisation du Quebec.

Le problème est, comme un gars qui faisait du journalisme sur le jeux vidéo en ligne et qui a abandonné récemment l’a dit, il n’y a pas encore de formule de publicités qui payent sur le web, la formule gagnante est encore dans le noir.
Comment faire de l’argent en ligne?