Contestation de la loi 99: les masques sont tombés, dit Marois

MONTRÉAL – La première ministre du Québec, Pauline Marois, se dit «estomaquée» de voir le gouvernement fédéral intervenir dans la cause de la contestation de la loi 99 sur les conditions d’un éventuel référendum sur l’avenir du Québec.

De passage à Montréal lundi après-midi pour participer à une annonce dans le domaine de la santé, la première ministre s’est dite surprise de voir le gouvernement fédéral revenir sur cette question, tant d’années après l’adoption de la loi, sous le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard.

«(J’ai été) très surprise. D’abord, le peuple québécois a droit à l’autodétermination et seul lui a le pouvoir de choisir son destin», a martelé Mme Marois.

La loi avait justement réaffirmé que les Québécois forment un peuple et que comme tout peuple, ils jouissent d’un droit à l’autodétermination. La loi avait aussi rappelé qu’une majorité de 50 pour cent plus une voix suffisait pour trancher la question.

«À l’évidence, les masques sont tombés et on reconnaît là, malheureusement, le fédéralisme qui est pratiqué depuis des décennies» par les gouvernements qui se sont succédé à Ottawa, a-t-elle ajouté.

Elle a dit voir une contradiction entre cette intervention fédérale dans la cause de l’ancien chef du Parti égalité Keith Henderson et le fait que le gouvernement de Stephen Harper avait jadis reconnu que les Québécois formaient une nation.

«Ce qui m’étonne, c’est que le gouvernement (fédéral) a reconnu le peuple québécois comme formant une nation. Mais il a changé d’avis, puisque dans les faits, il s’associe à la poursuite. Alors je suis estomaquée de ce qui arrive», a commenté Mme Marois.

Quant à ceux qui affirment qu’il ne faut pas s’étonner de cette démarche du gouvernement fédéral, qui ne représente qu’une démarche juridique inévitable, Mme Marois leur réplique: «juridique ou politique, entre vous et moi, à partir du moment où ça nous enlèverait un droit, ce n’est pas seulement juridique, c’est politique à mon point de vue».

Couillard et Legault

De son côté, le chef libéral Philippe Couillard a dit croire qu’à son avis, «les Québécois sont ailleurs depuis bien longtemps».

Rebrasser la question d’un référendum sur l’avenir du Québec à ce moment-ci, «ça n’ajoute rien de particulièrement utile ou constructif à cette question qui, de toute façon, n’est pas d’actualité», a opiné M. Couillard.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, quant à lui, comprend mal l’objectif visé par le gouvernement fédéral en s’associant à cette contestation d’une loi québécoise.

«Je demande au gouvernement fédéral de reculer et de retirer cette demande, parce que c’est clair au Québec, d’abord il n’y aura pas de référendum dans un avenir prévisible, ensuite, c’est une intrusion du gouvernement fédéral dans le processus démocratique du Québec et c’est inacceptable.» L’avenir du Québec sera décidé par les Québécois, a ajouté M. Legault.