Diane Dufresne expose son univers au Saguenay

expomuramur049BA2, Centre national d’exposition, Ville de Saguenay (arrondissement Jonquière), du 22 avril au 19 juin ; Centre d’exposition de Repentigny, du 23 oct. au 4 déc.

Diane Dufresne et son mari Richard Langevin ouvrent les portes de leur imaginaire, et il est foisonnant.

Sur scène, on a souvent comparé Diane Dufresne à une sculpture vivante. Elle a affranchi le public de sa posture passive de regardant, en l’invitant à ajouter ses couleurs au spectacle. Elle a toujours remis ses acquis en jeu, s’est aventurée dans tous les chemins, a tout exigé d’elle-même.

Exemple réussi de l’artiste polyvalente, Diane Dufresne n’aime pas se répéter. Pour A2, l’exposition qui prend place pour deux mois au Saguenay, elle aurait voulu, si elle en avait eu le temps, renouveler tout le corpus de Mur à Mur, l’expo à succès qu’elle et son mari Richard Langevin ont présentée l’an dernier à l’Espace création Loto-Québec. Mais le public aurait été privé d’œuvres qui ont fait le bonheur de ceux qui les ont admirées, à Montréal.

Diane Dufresne et son mari Richard Langevin ouvrent les portes de leur imaginaire, et il est foisonnant.

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Sur scène, on a souvent comparé Diane Dufresne à une sculpture vivante. Elle a affranchi le public de sa posture passive de regardant, en l’invitant à ajouter ses couleurs au spectacle. Elle a toujours remis ses acquis en jeu, s’est aventurée dans tous les chemins, a tout exigé d’elle-même.

Exemple réussi de l’artiste polyvalente, Diane Dufresne n’aime pas se répéter. Pour A2, l’exposition qui prend place pour deux mois au Saguenay, elle aurait voulu, si elle en avait eu le temps, renouveler tout le corpus de Mur à Mur, l’expo à succès qu’elle et son mari Richard Langevin ont présentée l’an dernier à l’Espace création Loto-Québec. Mais le public aurait été privé d’œuvres qui ont fait le bonheur de ceux qui les ont admirées, à Montréal.

A2, c’est donc Mur à Mur, augmenté de nouvelles pièces et installations. L’expo témoigne des trois passions de la chanteuse : la scène, la peinture et l’écriture. Au programme : abstractions, « bonhommes » (c’est elle qui le dit), murales, collages, pastiches, costumes, projections vidéo et plus encore. Grâce au travail de « mise en scène » du sculpteur Richard Langevin, chaque œuvre en féconde une autre qui en féconde une autre qui en féconde une autre… L’apport du multimédia enrichit cet univers joyeux, coloré, débridé. Et tout cela enrobé d’humour, à commencer par les titres des œuvres.

Provoqué par l’imaginaire des deux artistes, le public est invité à exprimer sa créativité, à suivre son instinct. Dans une petite cabane en bois, chacun trouve ce qu’il faut pour réaliser un dessin, écrire un texte, inventer une B.D., qui se verront affichés autour de la maisonnette.

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En 2010, alors qu’il en était aux derniers préparatifs de l’expo Mur à Mur, Richard Langevin – directeur de la formation à la Société des arts technologiques – m’avait accordé une petite entrevue que je reproduis ici. Il est né à Kénogami ; le voici donc chez lui.

Jusqu’à maintenant, vous étiez le commissaire des expos de Diane. Cette fois, vous êtes l’un des deux acteurs principaux.

— C’est généreux de la part de Diane de m’accueillir dans son monde, et c’est « baveux » de la mienne de penser que je suis capable d’assumer.

En quoi consiste l’exposition ?

— Il n’y a pas, d’un côté, les peintures de Diane, et de l’autre, mes sculptures ; c’est une symbiose de nos styles. Je pars de ses toiles, de ses cou­leurs, de ses costumes de scène même, et je crée des installa­tions, je leur donne un autre sens, je reconstruis son monde visuel.

Les critiques d’art manifes­tent parfois du mépris à l’égard des artistes venant du showbiz. Avez-vous déjà senti du snobisme ?

— Franchement, non. On a tou­jours perçu le travail de Diane comme une bouffée d’air frais. Au début, on pensait que c’était une chanteuse qui peignait ; de plus en plus, on se rend compte que c’est une peintre… qui chante.

Mais c’est la chanteuse qui attire les visiteurs aux expos.

— Tant mieux si elle fait se déplacer des gens qui, autre­ment, ne fréquenteraient pas les galeries ou les musées. Diane n’est pas une intellec­tuelle, son œuvre ne cache pas de symboles, elle est immé­diatement accessible, on aime ou pas.

Pendant longtemps, le critère de jugement d’une œuvre d’art, c’était la beauté. Qu’en est-il aujourd’hui ?

— L’œuvre n’a plus à être belle, elle doit laisser une empreinte.

Qu’est-ce que l’art, alors ?

— Je dirais comme le plasticien français Martial Raysse : « L’art, c’est n’importe quoi, mais d’une certaine manière. »

Et quelle serait l’œuvre d’art idéale ?

— Diane Dufresne, bien sûr ! Avec elle, qui a inventé la per­formance, l’art de la scène a pris tout son sens. On a sou­vent vu ses spectacles comme des expositions sonores. Il n’y a pas une seconde de sa vie où elle ne regarde pas le monde de façon créative. Avec un gourou comme elle, on ne peut pas faire autrement que de se laisser tirer vers l’avant.

« ah la vache »
« ah la vache »

• A2, Centre national d’exposition, Ville de Saguenay (arrondissement Jonquière), du 22 avril au 19 juin, 418 546-2177 ; Centre d’exposition de Repentigny, du 23 oct. au 4 déc., 450 470-3010.

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