Jésus de Srinagar

Ceci n’est pas un poisson d’avril : Jésus de Nazareth repose non pas à Jérusalem, en Israël, mais à Srinagar, au Cachemire indien. C’est du moins ce que croient de nombreux pèlerins qui affluent au Rozabal, ce tombeau qui renferme les restes de Yuz Asaf – le « guide des lépreux guéris» – et qui serait nul autre que Jésus-Christ.

Une église du Val d'Aoste, Italie - Gary Lawrence
Une église du Val d'Aoste, Italie - Gary Lawrence

Considérée comme complètement farfelue par la plupart des exégètes de la Bible, cette théorie serait née de la combinaison de croyances issues de chrétiens nouvelâgistes, de mouvements religieux dérivés de l’islam et d’adeptes du Code de Vinci, relève la BBC.

Pour expliquer la présence du corps de Jésus à Srinagar, tous ces croyants marginaux affirment qu’après avoir été descendu de la croix, le Christ, toujours vivant, aurait emprunté – Dieu seul sait comment – la Route de la Soie pendant la nuit, pour finalement s’établir au Cachemire, où il aurait passé le reste de sa vie.

D’aucuns soutiennent que cette histoire a été montée de toutes pièces par des marchands de Srinagar, qui voulaient accroître le nombre de visiteurs au Rozabal, après des années de vaches maigres résultant des déchirements entre l’Inde et le Pakistan. Avec 2 % de  chrétiens en Inde – soit 20 millions de personnes – et des mentions de plus en plus présentes dans les guides touristiques, le Rozabal attire tellement les curieux qu’il a dû être partiellement fermé pour cause de surfréquentation touristique.

Contrairement à ce qu’on serait porté à penser, ce n’est pas d’hier qu’on parle de la présence de Jésus au Cachemire, mais depuis le 19e siècle, pour tenter d’expliquer les similitudes qui existent entre le christianisme et le bouddhisme. Certains  avancent ainsi qu’entre l’âge de 12 et 30 ans, période où Jésus est peu ou prou mentionné dans les évangiles, le Christ aurait séjourné au Cachemire pour s’imprégner de l’enseignement de Bouddha.

Aussi hérétiques que puissent paraître ces théories pour certains, elles ont néanmoins été explorées par le  journaliste  scientifique Gérald Messadié, dans un ouvrage paru en 1995, et dans le cadre d’une série de deux documentaires produits par la BBC, qu’on peut visionner ici et ici.

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