La renaissance de Beyrouth

Depuis la guerre civile qui l’a déchirée de 1975 à 1990, celle qu’on se plaisait jadis à surnommer la « Paris du Moyen-Orient » ne peut plus prétendre à son titre, malgré une renaissance entamée dans les années 90, malgré les relents d’Europe du quartier d’Achrafiyé et l’habile reconstruction du centre-ville.

 

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Plusieurs immeubles en ruines subsistent, çà et là en ville - G. Lawrence

 

Chaotique, cosmopolite et joliment bordélique, Beyrouth se vit beaucoup plus qu’elle se visite et elle amalgame le meilleur et le pire de ce qui la compose, parfois sans zone de transition. Ainsi, le long de la Ligne verte, ancienne zone d’affrontement entre l’Est chrétien et l’Ouest musulman, des immeubles grignotés par les balles menacent de s’écrouler aux côtés de façades flambant neuves.

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Fumeurs de narguilé sur la Corniche - G. Lawrence

 

Qu’à cela ne tienne, Beyrouth demeure fort recherchée pour son  maelström de cultures, sa grande ouverture d’esprit – notamment à l’égard des gais et lesbiennes – et son statut de cité des plaisirs. Épicentre festif du Moyen-Orient, tout y roule à plein régime : restos branchés de la rue Gemmayzé, bars au design audacieux de la rue Monot, boîtes de nuits à l’atmosphère totalement déjantée…

Ancienne jet-setter internationale, Beyrouth semble même en voie de reconquérir son titre : au début de l’année, le New York Times la plaçait en tête de liste des destinations à voir dans le monde, les derniers Jeux de la francophonie viennent de s’y dérouler et l’été dernier, le tourisme y a connu un boum rarement égalé.

 

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Le nouveau centre-ville - G. Lawrence

Il faut dire que pendant que sévissait la crise partout sur la planète, le Liban s’en sortait très bien. Grâce à sa structure bancaire particulière, il est même devenu un refuge pour les investisseurs, réinstaurant la confiance perdue depuis la guerre de 2006, créant un effet d’entraînement qui se fait plus que jamais sentir.

Capitale d’un minuscule pays  de 10 000 km², Beyrouth forme enfin un excellent port d’attache pour explorer la région: Byblos n’est qu’à 20 minutes de route; le Chouf et ses cèdres géants, à 30 minutes; les vignobles de la vallée de la Bekaa, à une heure; Baalbek, à 2 heures; et Bcharré, village où est né le poète Khalil Gibran, à quelques heures.

 

 

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