L’arnaque (2)

Une fois n’est pas coutume, mais je ne suis pas d’accord avec ce que le chroniqueur Claude Picher de La Presse écrivait samedi à propos de la différence de prix entre les États-Unis et le Canada.Selon Picher, il ne peut y avoir d’équivalence de prix entre les deux pays même si le dollar canadien vaut maintenant autant que le billet vert. Il avance quatre arguments pour justifier l’écart : la productivité moindre au Canada, la taille du marché américain, la fiscalité différente et les coûts de transport.

Oui, il y a un écart important en ce qui concerne la productivité entre les deux pays. Cela ne justifie en rien pourquoi les Canadiens paient plus cher que les Américains une Honda Civic… fabriquée en Ontario ! Ou pourquoi nous payons davantage pour un iPod assemblé en Asie.

Oui, la taille d’un marché a un impact sur les prix et le marché américain est dix fois plus gros que le marché canadien. Mais ce n’est pas « le Canada » qui achète des biens de consommation en Chine, c’est Wal-Mart. Pourquoi les prix du plus grand détaillant au monde serait-il différent quand les devises valent la même chose ?

Oui, le Canada est un immense pays et transporter des marchandises coûte cher. Mais y a-t-il un endroit plus isolé, plus éloigné des grands centres que Bentonville en Arkansas (Wal-Mart) ? La distance entre San Diego et Boston doit être aussi grande que celle entre Fredericton et Yellowknife.

Oui, la taxation est plus élevée au Canada qu’aux États-Unis. On sous-estime néanmoins très souvent les taxes municipales aux États-Unis, qui sont souvent très élevées. De plus, les coûts d’établissement dans les grandes villes sont plus chers qu’au Canada.

Je ne dis pas que tous les prix doivent être équivalents au cent près. Je m’insurge néanmoins contre des écarts qui atteignent souvent plus de 20 %. Cela est inacceptable.

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8 commentaires
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Moi aussi j’ai sursauté. J’attends encore que Piché nous exlique comment le jus d’orange pressé en Floride peut être vendu 3,10$ à Plattsburg, un petit bled perdu au nord de l,État de NY, et 4,49$ à Montréal, à peine 100 bornes plus haut?

Le reportage sur le sujet reste à faire. A Enquetes de RC peut-être? Faudrait partir de l’usine de BMW à Munich et expliquer pourquoi elle coute X,000$ de plus à Chicoutimi à qu’à Boise?

La différence de prix pour faire venir un camion remorque de cacanes de jus de la Floride à Montréal ou à Trois-Rivières,

N’a rien à voir avec la productivité du Canada.

N’a rien à voir avec la grandeur du marché Américain ou du Canada.

N’a rien à voir avec la fiscalité Canadienne.

N’a rien presque rien à voir avec le transport. ( environ 100$ de plus?)

En fait les coûts de transports les moins chers sont justement entre la Floride et Québec, autrement dit du nord au sud de la côte est et plus cher d’est en ouest dans les deux pays.

Un conteneur de TV provenant de l’Asie, débarqué à New York ou à Montréal c’est presque le même prix.

Sur la côte Ouest un conteneur provenant de l’asie au Canada ne coûte pas plus qu’au USA.

Alors pourquoi un iPod se vends 279$ au Canada et 249$ aux USA. 30$ pour une petite boîte de 5 po ca. Un conteneur de iPod ce n’est pas cher de l’unité à peine quelque sous.

De plus si on achète d’ici, une marchandise semblable au beau milieu des USA c’est le même prix qu’aux USA et pas de transport à payer en plus!

Il en fait venir souvent des conteneurs lui m » Picher? Il en achète souvent du transport? Mon oeil.

Picher, un journaliste ti joe connaissant en transport et donc certainement pour le reste.

Un écart de 3%, c’est se faire fourer.

« Les dépenses des consommateurs américains atteignent 8,9 billions (près de neuf mille milliards) de dollars; les dépenses des consommateurs canadiens, 740 milliards, 12 fois moins. » écrit Picher.

Avez-vs idée du prix de la balle de golf en Irlande? Ou au Luxembourg? L’argument du marché est ridicule tout simplement parce qu’à part Wall Mart et quelques autres grandes méga-chaines, les importateurs sont généralement petits et donc équivalents dans le monde. Le gars qui importe des balles de golf américaines à Munich n’est pas plus gros que le gars à Montréal ou Melbourne, fait qu’il n’y pas pas de raisons que les prix varient de façon importante d’un client à un autre.

L’argument de la productivité ne tient pas non plus puisqu’il s’applique essentiellement à la production du produit et non à sa vente et sa distribution

M. Duhamel: si vous êtes ami avec Claude Picher, invitez-le à répondre à vos questions sur votre blogue. Donnons-lui la chance de s’expliquer avant de le trucider. Il sait peut-être des choses qu’on ignore, nous, simples mortels…

La discussion est un peu vielle, mais il y a du développement.

M. Noël va être heureux d’apprendre qu’il n’est pas seul à voir une conspiration des grosses corporations contre les Canadiens. Malgré que je crois bien que les plaintifs n’ont pas tout à fait tord.
http://www.reportonbusiness.com/servlet/story/LAC.20070927.RCARSUIT27/TPStory/robNews

Toujours au Globe and Mail, Madelaine Drohan pousse un peu dans le même sens que Claude Picher mais ne se perd pas dans des arguments de niveaux de productivité. Elle insiste plus sur un effet de « lag » entre les taux de change et les prix que voient les consommateurs.
http://www.reportonbusiness.com/servlet/story/RTGAM.20070927.wdrohan0928/BNStory/robNews

Et pour ceux qui veulent toujours argumenter, Denis DesRosiers a l’argument qui basé sur le fondement même du capitalisme: « The correct price for a vehicle is what the consumer will pay for it […] ». La raison pour laquelle les prix sont ainsi sont une pure question d’offre et de demande.
http://www.reportonbusiness.com/servlet/story/RTGAM.20070927.wh-buzz-0927/BNStory/robNews

Une porte d’armoire de salle de bain chez IKEA Canada.
Nom : Vättern Ören, numéro 00076716.
Prix Canada : 35,00 $
Prix États-Unis : 20,00 $
Prix France : 25,06 $ CDN, selon le taux de change du 6 mai 2008.
Je ne sais pas si la TVA est incluse dans le prix marqué. C’est en tout cas l’usage en France.

T.L.