Le BazArt de Marc-Antoine K. Phaneuf

• Guy et Nathalie, L’œil de poisson, à Québec, jusqu’au 13 nov., 418 648-2975. www.makpca.com

Dans son appartement : des meubles à touche-touche et un paquet d’objets à rebrousse-poil du goût. Et lui, tel un prince au milieu du souk, avec ses chaussures bleues, son pantalon rayé et sa cravate tapageuse. Marc-Antoine K. Phaneuf — le « K » intercalaire, apparu à l’adolescence pour donner une chance à la lettre la moins utilisée en français : « Je dis à la blague que ça me permet d’être aussi snob que le peintre Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté. »

Phaneuf a un bac en histoire de l’art et une « demi-maîtrise » en littérature ; plutôt que son mémoire, il a préféré écrire Téléthons de la grande surface (inventaire catégorique) — un livre de « listes, poésie et name-dropping », humoristique, mais surtout exploratoire.

Dans son appartement : des meubles à touche-touche et un paquet d’objets à rebrousse-poil du goût. Et lui, tel un prince au milieu du souk, avec ses chaussures bleues, son pantalon rayé et sa cravate tapageuse. Marc-Antoine K. Phaneuf — le « K » intercalaire, apparu à l’adolescence pour donner une chance à la lettre la moins utilisée en français : « Je dis à la blague que ça me permet d’être aussi snob que le peintre Marc-Aurèle de Foy Suzor-Coté. »

Phaneuf a un bac en histoire de l’art et une « demi-maîtrise » en littérature ; plutôt que son mémoire, il a préféré écrire Téléthons de la grande surface (inventaire catégorique) — un livre de « listes, poésie et name-dropping », humoristique, mais surtout exploratoire.

Photo : Jocelyn Michel

L’adjectif définit assez bien le travail de l’artiste visuel qui, lors d’expos, a vrillé au mur une centaine de couvertures de livres de cuisine ; rassemblé 200 véritables petites annonces de babillard ; montré une grande partie de sa collection de trophées (220 au dernier décompte). Autant d’objets banals, mais au fort potentiel narratif. « C’est par l’accumulation que je finis par dire quelque chose. » Sur les modes anthropologique, sociologique, critique. Ainsi de Guy et Nathalie, sa dernière « œuvre » : 26 couvertures de maga­zines qui, mises côte à côte, documentent le « scandale » Guy Cloutier–Nathalie Simard.

« C’est d’un point de vue romanesque que ce sujet m’intéressait. Je n’ajoute aucun commentaire, j’observe et je dispose. » Vous dites : est-ce pour autant de l’art ? L’artiste de 31 ans, incollable sur les aventures de Tintin, les personnages de Boris Vian et Le village de Nathalie (TVA), répond : « Il faut comprendre la notion de ready-made et accepter qu’un bouquet de magazines à potins puisse être une œuvre d’art. » Le goût de la collection l’a piqué dès l’enfance : d’abord, les cartes de hockey, bientôt supplantées par les disques, qui érigent des tours dans son salon. On se demande ce qu’il pourra bien tirer d’une boîte remplie à ras bord de petites cuillères. De la musique ? Au sein des Men With Hardware Appliances — pendant masculin des Women With Kitchen Appliances —, il interprète du Metallica au… taille-haie.

Phaneuf annonce : « Pour ma prochaine expo, j’aimerais me détacher de l’idée de la collection. » Ce n’est pas demain la veille, car il continue de dévaliser les vide-greniers. Il désigne une pimpante jarre à biscuits : « Je la casserai pendant un spectacle de mon per­sonnage Monsieur Marteau. » Lequel a déjà massacré en direct des assiettes hawaïennes… pour les recoller après la représentation. L’artiste reste un sentimental.

• Guy et Nathalie, L’œil de poisson, à Québec, jusqu’au 13 nov., 418 648-2975. www.makpca.com

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