Les « bons côtés » de la tragédie grecque

Le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres, c’est de commune renommée. Et la crise qui secoue la Grèce fera vraisemblablement quelques heureux.

Crédit: Wikimedia Commons
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D’abord, les autres pays méditerranéens, Turquie en tête, s’attendent à voir débarquer chez eux une partie des touristes timorés par les images de la grève générale de mercredi dernier. Plusieurs groupes de voyageurs ont déjà annulé leurs réservations – 10 % à 15 % de baisse par rapport à la même période l’an dernier –, et d’autres s’interrogent sur l’à-propos de visiter un pays au bord du gouffre, où la situation sociale pourrait s’envenimer.

Mais certains voyageurs, moins frileux, pourraient eux aussi tirer profit des événements. Car dans cette contrée où l’économie dépend énormément du tourisme – au moins 15 % du PIB, 1 million d’emplois – , un certain nombre d’incitatifs sont déjà mis en place pour les reconquérir ou les inciter à venir.

Jeudi dernier, une sorte de cellule de crise a été instaurée par EOT, l’Office hellénique du tourisme, pour redorer l’image de la Grèce. Des transporteurs accordent des rabais de 24 % par rapport aux tarifs courants, et certains observateurs s’attendent à voir le prix des forfaits chuter d’au moins 15 %. Pour les voyageurs canadiens, ces aubaines s’ajoutent à un euro affaibli face à un huard plus que jamais remplumé.

Bien sûr, pour « profiter » de la situation, il faut disposer d’un horaire assez flexible pour se permettre quelques jours de retard, advenant d’autres grèves générales : personne n’a envie de rester coincé sur une île, si idyllique soit-elle, parce que les traversiers grecs ne fonctionnent plus.

La bonne nouvelle, c’est que contrairement aux sautes d’humeur du volcan islandais Eyjafjöll, il y a peu de chances pour que ces grèves, si elles ont lieu, se poursuivent sur plusieurs jours – à moins, bien sûr, que la Grèce s’enfonce dans le chaos économique, et que la même situation se reproduise ailleurs en Europe.

« Personnellement, je ne me priverais pas d’aller en Grèce cette année : les manifestations se sont jusqu’ici limitées à certains secteurs, qu’on n’a qu’à éviter si elles se reproduisent, à Athènes ou ailleurs », dit Michel Derome, propriétaire de l’agence Voyages Tourbec, à Laval. Même le pusillanime ministère canadien des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI) s’est contenté de recommander aux voyageurs de faire preuve d’une grande prudence s’ils vont en Grèce.

Cela dit, ce ne sont pas tous les acteurs de l’industrie touristique grecque qui accordent des rabais. Sur l’île de Santorin, bien loin du tumulte athénien, les hôteliers continuent d’afficher complet et le tourisme bat son plein. « De mon côté, j’ai plusieurs clients qui partent en Grèce en juin, et aucun n’a annulé sa réservation », dit Alain Barbe, conseiller en voyages autonome de Montréal.

Pour celui-ci, même si la situation dégénère et que la demande chute considérablement, les grands voyagistes commenceront par déployer leurs avions nolisés sur d’autres destinations, plutôt que de brader les prix de leurs forfaits en Grèce. Ce qui laisse moins de chances, selon lui, d’assister à l’apparition d’une flopée de rabais de dernière minute, dans les semaines à venir.

À moins, bien sûr, que le volcan islandais Eyjafjöll continue de faire des siennes, limitant du coup le nombre de pays européens où on pourra voyager cet été…

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Mais ils viennent d’augmenter la TVA à 23%!!!

L’Europe c’est cher pour le touriste nord-américain parce les taxes sont ridiculement élevées (ici ce sont les impots qui sont élevés) Pensez juste au prix du litre d’essence.

Seule aubaine pour un Québécois: l’alcool. Mais comme on y va en été, qu’il fait chaud, on ne peut pas se soûler tout le temps, surtout si on veut faire beaucoup de musées….

J’ignorais que l’Agence Tourbec -où j’ai acheté mon premier billet pour l’Europe dans les années 70- existait encore.

J’habite en Grèce et franchement, s’il y a bien une année où je sauterais sur le premier bateau à quai pour aller sur une île, c’est cette année : les chambres chez l’habitant seront bradées, les salades grecques toujours fraîches et pas chères, le résiné léger et pas ruineux…et la mer toujours aussi cristalline. Et comme les autochtones comme moi n’ont plus un sou ou épargnent pour les jours noirs qui s’annoncent, il n’y aura pas foule bruyante. D’ailleurs, c’est la seule chose au tableau qui risque de vous manquer : des gens gais et insouciants qui vous rappellent que parfois la vie est plus simple qu’on ne l’imagine. Ces gens-là cette année se terrent.

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