Les cinq facteurs du succès des États

La première journée à Bruxelles aurait pu s’appeler « Europe 101 ».

Même le cours 101 est à l’image des institutions européennes : d’une jolie complexité. Je ne vous expliquerai pas comment manoeuvrer entre la Commission européenne, l’appareil de 35 000 fonctionnaires qui a également le pouvoir de rédiger lois et réglements), le Conseil de l’Union européenne (qui représente les 27 États) et le Parlement européen (736 députés) qui les adoptent, le Conseil européen (qui regroupe les chefs d’État) qui arbitrent en cas de différends et la Cour européenne de justice qui atteste de leur validité.

deb_21_hans-spanish

La présentation la plus intéressante de la journée (6 éléments au programme !)  aura été celle de Hans Martens, le président du European Policy Centre, un think thank sans but lucratif dédié à l’intégration européenne. Monsieur Martens n’a pas la langue de bois, pourtant l’une des langues les plus parlées dans la capitale européenne. Son tour de l’Europe en trois crises (financière, économique et sociale) valait le déplacement.

Nous avons longuement échangé sur l’Irlande, la Grèce, le Portugal et l’Espagne, connus sous l’acronyme de PIGS (S pour Spain-Espgne) depuis le printemps dernier. Hans Martens refuse de mettre ces pays dans le même panier. Il propose plutôt un nouvel indicateur qu’il a bâti pour attester de la solidité économique de chacun des 27 États de l’Union européenne.

Il tient compte de cinq facteurs. L’endettement représente le passé et le déficit budgétaire le présent. Il ajoute trois autres dimensions qui attestent de la capacité des pays à se démarquer dans l’avenir. Quelles sont ces trois facteurs ? La compétitivité de l’économie, cela s’impose. Deuxième élément, la transparence et le niveau de corruption du secteur public; voilà qui pourrait nous faire réfléchir. Troisième élément,  le vieillissement de la population. Une population plus âgée coûte plus cher et rapporte moins, cela m’apparaît aussi une évidence.

Ces trois derniers facteurs permettent de voir si une économie sera capable de générer des richesses au cours des prochaines années. Il accorde à chacune des cinq variable le même poids dans son équation.

Résultat ? Les pays les mieux portants sont, dans l’ordre, la Suède, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, les Pays-Bas et l’Allemagne. Cette dernière est un pays «vieux» dont la population devrait diminuer au cours des prochaines décennies, mais sa compétitivité est tellement solide que l’Allemagne devrait demeurer une grande puissance européenne, bien devant la France ou l’Italie par exemple.

Vous avez remarqué la présence des pays scandinaves, Hans Martens les définit ainsi : haut niveau de taxation, mais les économies les plus libérales et les plus axées sur le marché du continent. « Il n’y a pas un pays au monde où il est plus facile de congédier quelqu’un que le Danemark », raconte ce Danois qui travaille à Bruxelles depuis de nombreuses années. «L’État-providence n’est pas vu dans ces pays comme un cadeau du ciel (… de la Providence), mais comme quelque chose qu’il faut payer », ajoute-t-il en les comparant avec les pays du bassin méditérranéen.

Pendant qu’il parlait, j me mis mis à penser au Québec. Où serions-nous dans ce classement ?

Dette : Nous sommes plus endettés que nos voisins. Le passé nous fait mal.

Déficit : Nous nous tirons plutôt bien d’affaire.

Compétitivité de l’économie : Nous trainons de la patte.

Transparence-corruption : Il ne faut pas lire les journaux !

Démographie : Nous affronterons une situation plus compliquée que celle de nos voisins.

Je ne suis pas rassuré.

Laisser un commentaire

Le Québec étant situé en Amérique je doute qu’on puisse rendre son économie réellement compétitive en conservant un niveau de taxation très élevé. Les Suédois eux sont en compétition avec d’autres pays d’Europe qui prélèvent beaucoup.

Par contre si le Québec diminuait ses prélèvements et en même temps faisait tous les efforts possibles pour rendre son économie la plus libre et la plus compétitive possible là on observerait sûrement des résultats.

La démographie n’a pas à être un problème si 1) vous compensez avec l’immigration et 2) plus de boomers restent aux travail.

Beaucoup d’immigrants affluent vers en Amérique du nord, plus d’entre eux viendraient ici si plus d’opportunités leurs étaient offertes. Pour ça il faut que des entreprises se créent, qu’elles investissent. Il faut créer un environnement attrayant pour les entreprises, ça commence par une faible taxation, des réglementations simples et efficaces, un état de droit qui fonctionne et qui encourage la compétitivité et l’initiative privée dans TOUS les domaines incluant ceux (nombreux) que l’état monopolise en ce moment comme l’éducation, la santé, l’énergie, les transport en commun, etc…

Puis il faut repousser l’âge de la retraite, Il faut aussi que l’état repense sont rôle en tant que pourvoyeur de filet social, en particulier il doit se concentrer sur aider ceux qui en ont réellement besoin et mettre fin à l’universalité, il doit mettre fin à son intervention dans les garderies, il doit aussi cesser de soutenir à bout de bras des secteur chroniquement malades comme l’agriculture, les fonds ainsi épargnés devraient être laissés à ceux qui les gagnent, ceux qui créent la richesse dans l’économie privée. C’est comme ça qu’on encourage la productivité et la création de richesse.

En ce moment le Québec est engagé dans un déclin qui sera de moins en moins tranquille. Il n’y aura pas de solution miracle, ce n’est pas l’énergie, le gaz de schiste qui nous sortira du trou. Seul un énergique coup de barre pourrait changer les choses. Je n’y crois pas.

@rod

Merci pour le lien plein d’information.

On y voit que le Canada est un peu plus jeune que l’Europe et un peu plus vieux que les USA. Rien de cela n’est surprenant.

Sauf que le problème du Québec ce n’est pas l’âge moyen ou même l’âge de la population actuelle, le problème du Québec c’est sa cohorte de baby boomers qui est en proportion plus grande que partout ailleurs dans le monde, qui arrive bientôt à l’age de la retraite et qui est suivie d’une cohorte trop petite pour le remplacement. Cette combinaison de facteurs provoque un vieillissement rapide de la population, l’un des plus rapides au monde en fait.

Pour le moment les boomers ont en très grande majorité moins de 65 ans donc ça ne parait pas trop dans les statistiques. Non seulement ça mais la boomers sont des travailleurs très productifs (car expérimentés) qui sont encore au travail, leur grand nombre est donc encore un avantage pour notre économie. Mais tout ça est sur le point de changer.

En résumé le problème du Québec ce n’est pas qu’il est très vieux mais qu’il vieillit très vite et avec l’arrivée à la retraite des boomers nous entrons dans une phase critique.

@Pierre Brasseur

1) On peut contourner le problème des boomers en en finissant avec la retraite à 55-60 ans pour la ramener à 65, voire 67 ans.
2) Le déficit et la dette sont telles aux States qu’ils n’auront pas le choix d’augmenter les taxes et impots ce qui va rendre le Québec plus compétitifs que maintenant. De plus, le klondyke qui s’annonce au Québec dans les ressources va augmenter les revenus de l’État. Gaz de schiste, pétrole dans le golfe, uranimum à Sept-Iles, Fer à Shefferville, or en Abitibi, diamants dans le nord, vent un peu partout, le Québec est assis sur beaucoup de richesses.

L’avenir du Québec est très rose. Si seulement on pouvait se libérer des Libéraux. Et de Harper.

PS: Vous avez vu ce que les Québécois peuvent faire au football? Six Coupes Vanier en 10 ans pour Laval. Lorsqu’on est uni, on peut faire de grandes choses au Québec. S’agit d’avoir un bon coach.

rod

« Vous avez vu ce que les Québécois peuvent faire au football? »

🙂

Oui l’Espagne (40% de chômage chez les jeunes…) a gagné le coupe du monde au foot…

@ rod

Tu as raison, si les « states » augmentent leur fardeau fiscal pour régler leur problème de dette et déficit, le Québec (et pas juste le Québec) va automatiquement devenir plus compétitif.

Donc tu es d’accord avec moi. Équilibrer un budget en taxant plus c’est se tirer dans le pied.

C’est pourquoi tous les pays qui ont été confronté a une crise budgétaire ont de tout temps privilégié la réduction des dépenses.

Qu’on pense au Canada que le WSJ avait déclaré un pays en faillite durant les années 90 (nous étions l’équivalent grec de l’époque).

P.-S. C’est pas Harper qui nous interdit d’exploiter les ressources naturelles, c’est le lobby socialo-artistique.

@David
Qui nous empêche depuis 10 ans d’aller chercher NOTRE pétrole dans Old Harry? Plus de 2 milliards de beaux barils qui y dorment

@Pierre Brasseur
Aucun rapport entre le belle performance des Espagnols au foot et le chomage chez les jeunes. L’Allemagne qui fait relativement bien en économie a bien fait au Mondial aussi. En fait, l’Allemagne est favorite pour l’Euro qui s’en vient.

@ rod

Ce qui nous empêche ?

Les éco-catastrophistes et leurs études. Il ne faudrait surtout pas que la machinerie dérange les baleines (et cet argument n’est pas une blague).

D’ailleurs le Québec a déjà mis un moratoire sur une bonne parti du golfe.

Ironiquement, les amérindiens qui vivent dans cette région ont affirmé qu’ils songeaient faire fit de ce moratoire et d’exploiter ce pétrole.