L’important, c’est l’idée

Les statistiques tendent à démontrer que le Québec n’est pas une société très entrepreneuriale. Nous ne créons pas suffisamment d’entreprises. Je ne m’en inquiète pas trop. Par contre, je suis beaucoup plus inquiet pour toutes ces entreprises qui ne misent que sur leur faible coût de production pour s’imposer dans un marché de plus en plus féroce. Ces entreprises se font manger la laine sur le dos et nous n’avons encore rien vu.

 

On parle souvent au Québec de création d’entreprises comme si leur seule création était un objectif en soi. L’essentiel, quant à moi, c’est d’avoir des idées. Des idées folles, des idées savantes, des idées lumineuses ou des idées pratiques, mais d’en avoir. Si elles sont bonnes, il y aura une entreprise tôt ou tard.

Prenez les Têtes à claques. Ce truc absurde et amusant fait avec les moyens du bord est en train de conquérir la France et les États-Unis. Guy Laliberté voulait-il créer une multinationale du spectacle en 1984 ? Non, il voulait se trouver un job et faire ce qu’il lui plaît.

Si j’avais à identifier LE problème de l’économie québécoise, j’opterai probablement pour le manque d’idées et d’innovation. C’est la création et l’innovation qui explique le Cirque du Soleil. C’est elle qui permet à Bombardier de s’imposer. L’innovation est très démocratique, elle peut se manifester dans toutes les fonctions de l’entreprise et dans tous les secteurs de l’économie. Dollarama s’est trouvé une jolie niche dans le commerce au détail et Couche-Tard a réinventé le dépanneur. Aldo a vu une belle occasion d’affaires partout en Amérique du Nord dans la chaussure «tendance» à bon marché. Il y a dans le secteur aéronautique québécois des entreprises qui sont les seules au monde à faire leur produit.

D’autres entreprises innovent dans les relations de travail avec leurs employés. D’autres, comme Cascades, ont parié avant tout le monde sur l’engouement pour les produits écologiques.

Une entreprise innovante sera presque toujours une entreprise productive et compétitive. L’inverse n’est pas vrai. Il ne sert à rien d’augmenter le niveau de production d’un objet qui n’est pas en demande!

L’entreprenariat prend naturellement sa place dans une société qui mise sur la créativité, la singularité et l’innovation.

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2 commentaires
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M. Duhamel,

Chaque mot et chaque phrase de votre texte nous donne l’image exacte de l’entreprenariat au Québec.

Une des preuves de ce que vous avancez est que, dans beaucoup de domaines, le Québec est réputé internationalement pour copier. Pourtant tout le monde sait que les copies valent moins cher que l’original.
Par contre, les coûts de production restent les mêmes. Se faisant manger la laine sur le dos, ces entrepreneurs accusent d’êtres responsables de leurs malheurs les employés, les syndicats, les politiciens, les souverainistes, le fédéral, le provincial, la belle mère et la méto.

Pourtant la créativité des Québécois est reconnue. Mais si vous voulez être ridicule auprès de votre entourage, ayez une bonne idée pour partir une entreprise.

Il y avait un embouteilleur de Coca-Cola ici. Un jour, il a eu l’idée de sortir Coca-Cola et la machinerie dehors, afin de convertir l’usine pour embouteiller l’eau de la municipalité de Nicolet. Vous avez probablement connu l’eau en bouteille Larochelle. En se moquant de son entreprise, on disait, « Tu vas faire de l’argent comme de l’eau » et c’est exactement ce qui est arrivé.

P.S. Les bonnes idées pour partir une entreprise, ont la même source que celles servent à augmenter la productivité.

De bonnes idées au Québec, il y en a deux douzaines par jour; maintenant, avec votre idée lumineuse, essayez de convaincre un gérant de banque pour obtenir des sous: vous allez frapper un MUR, il ne sourira même pas, il va vous montrer la porte ! C’est çà le vrai problème au Québec…