Privatiser ou ne pas privatiser

L’Institut économique de Montréal croyait relancer hier le débat sur la privatisation d’Hydro-Québec. Cela s’annonçait mal, les deux auteurs de l’étude divergent sur la marche à suivre : l’un veut tout privatiser, l’autre seulement 25 %. Surtout, ce ballon n’ira pas loin puisque aucun parti politique ne veut reprendre au vol ce dossier lourd en symboles.Conceptuellement, j’aime l’idée. La vente d’Hydro-Québec pourrait permettre de radier intégralement la dette du Québec. Environ cinq milliards de dollars de plus à chaque année (économie sur les intérêts sur la dette moins les profits annuels d’Hydro) pourraient être consacrés à la santé, à l’éducation, aux infrastructures (!) et aux baisses d’impôts.

Politiquement, cette idée n’est pas vendable. Point à la ligne. Changeons de sujet.

Ce qui est peut-être vendable, c’est une politique sociale et environnementale nous menant aux tarifs d’électricité offerts chez nos voisins. Ces hausses – graduelles – seraient modulées selon les revenus des usagers et leur consommation. Par exemple, les plus démunis pourraient avoir un remboursement comme c’est le cas pour les taxes de vente. Les plus gros utilisateurs paieraient davantage pour leur bain tourbillon ou leur piscine chauffée. Les contrats d’approvisionnement avec les grandes industries seraient également respectés, car il ne faut pas affaiblir les régions.

Cette hausse des tarifs auraient trois grands avantages : la diminution de la consommation, de plus gros dividendes pour le gouvernement et des exportations plus importantes, rapportant encore plus d’argent.

Le Québec compte sur une richesse inestimable : de l’énergie propre et renouvelable. Je veux bien qu’on maintienne l’immense société d’État qui gère la ressource. Cela ne veut pas dire qu’il faut la sous-exploiter, au nom d’une fausse égalité sociale.

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7 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Quand j’ai vu ça aux nouvelles hier, je me suis dit: tiens Duhamel va en parler demain!
Est-ce que j’ai bien compris, on pourrait avoir 130 milliards pour? De quoi rayer la dette d’une seule traite?
Hydro a plus de 30 milliards de dette. Ce ne marche pas?

Avez-vs checké les profits d’Hydro? Ils ont baissé de 600 millions (faudrait vérifier les chiffres exacts j’ai entendu ça il y a quelques semaines). Parmi les motifs on souligne qu’il n’y a pas de ventes d’installations chiliennes (500 millions?) et qu’il faut payer des redevances pour l’eau (150 millions?). Ok.

Là où ils nous en ont passé une petite vite c’est qu’ils ont augmenté -tenez-vs bien- les IMPORTATIONS de 169 millions!!!!
Alors qu’on dit qu’il faut créer de la richesse, qu’il faut produire plus, construire de nouveaux barrages, développper l’éolien, on importe 169 millions de plus que l’an passé!

Wow, vous lancez vite la serviette.

Conceptuellement, privatiser Hydro Québec et offrir aux investisseurs québécois un taux d’imposition très favorable (bas) sur le revenu généré par cet investissement ne pourrait-il pas encourager les Québécois à acheter le titre ? Il y a après tout des millions (milliards) empochés par le gouvernement provenant de la vente de billets de loterie et des casinos. Rien d’excitant à acheter un billet de loterie : j’en ai acheté peut-être dix dans ma vie et je n’ai rien eu en retour, et les casinos me dépriment terriblement. Mes achats d’actions par contre, me procurent un plaisir fou. Personnellement, j’achèterais cette valeur sans hésiter.

Une autre rengaine qu’on nous sort régulièrement. Ça nous a coûté 300 millions et aujourd’hui ça vaut des milliards. C’est notre bien à tous.

Qu’on améliore les rendements, d’accord, mais en respectant les capacités de chacun. De toute façon, c’est juste pour fournir de la copie aux chroniqueurs économiques. Car, je ne verrai pas ça de mon vivant et sûrement pas du vivant de mes petits-enfants…si j’en ai un jour. À part ça, ça vient de Garcia, quel trouduc!

Rengaine ta rengaine…Yves Montant

En effet, politiquement il sera impossible de privatiser, peut importe le niveau, Hydro-Québec. Hydro fait parti de la sacro-sainte identité Québécoise. Dommage, on se prive de réformes qui ont été très profitables aux pays scandinaves.

Par contre, l’augmentation des prix pour rejoindre le marché devrait une priorité.

Si on augmentait le prix de l’électricité au Québec, genre 11¢ le k/h au lieu de 6¢, la plupart des gens opteraient pour le gaz ou l’huile. Résultat: pollution et baisse de revenus pour l’Hydro. Privatiser, c’est tuer la poules aux œufs d’or….

Les libéraux ont nationalisé l’électricité pour le bien du Québec et des Québécois.

Aucun gouvernement libéral n’a encore envisagé ou mis en branle la privatisation. Il n’a qu’à le faire si c’est si bon: il est le gouvernement.

Selon Pierre Fortin, on calcule la valeur de vente d’une entreprise en multipliant pas 14 ses profits annuels.

Hydro-Québec génèrent 3 milliards de profits annuellement. Ce chiffre, multiplié par 14 donne une valeur de vente de : 42 milliards. Donc, on vendrait Hydro-Québec 3 fois le prix de vente estimé (puisque la dette est de 127 milliards)?

De plus, après la vente d’un monopole public, j’espère qu’on se consacrera à fragmenter le dit monopole pour que la concurrence puisse avoir lieu. Mais, petit problème en perspective… Comment on crée une concurrence dans un réseau de distribution ultra-centralisé et ou seulement quelques méga-barrages génèrent la production?

Quelqu’un peut-il me répondra parce qu’à date je ne suis pas convaincu du tout que ça serait une bonne idée.

Merci
GL