S’approcher de Van Gogh

On pense moins à ses parents quand ils sont morts depuis plus de 30 ans. Estelle et Roger m’apparaissent pourtant dans l’embrasure de la porte, au moment où approche la tenue de l’expo Van Gogh : de près, au Musée des beaux-arts du Canada.

Mes parents ne connaissaient pas Van Gogh, moi non plus d’ailleurs, même si j’affichais sur un cahier d’écolier une reproduction (évidemment!) d’un tableau de la série des Tournesols, qu’ils ne se fatiguaient pas de regarder. Mon père aimait la nature, ma mère aimait la nature de mon père.

J’aurais souhaité qu’ils m’accompagnent à Ottawa pour voir la quarantaine de toiles du peintre néerlandais montrant – c’est la thématique – « des plans rapprochés de la nature ». Iris, marguerites et coquelicots, amandier en fleurs, troncs d’arbres dans l’herbe…

Vincent van Gogh - « Amandier en fleurs », 1890, Huile sur toile 73,5 x 92 cm, Musée Van Gogh, Amsterdam (Fondation Vincent van Gogh)

Nous aurions chanté dans la voiture, papa aurait senti l’aftershave, maman m’aurait dit : « Arrête donc » quand je lui aurais annoncé que Vincent avait offert à une prostituée le bout d’oreille qu’il s’était tranché un soir de démence à Arles. Ville où il a peint tant de chefs-d’œuvre avant de se tirer une balle dans le ventre au milieu d’un champ de blé, en juillet 1890. De son vivant, le peintre ne vendit qu’une seule toile, La vigne rouge, pour une poignée de francs. On sait à quelles sommes vertigineuses se sont par la suite envolées ses œuvres. Papa aurait dit : « Le monde est fou. »

Van Gogh : de près, Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa, du 25 mai au 3 sept., 613 998-8888, 1 888 541-8888. Billets émis pour une date et une heure précises, selon les disponibilités.

 

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