Trois photographes : la Gaspésie, une vingtaine de villes et des actrices

Bertrand Carrière donne la parole aux choses muettes

Pour une fois qu’un photographe exprime bien sa démarche, on ne va pas se priver de le citer. Bertrand Carrière, 30 ans de métier derrière le viseur, écrit : « Procédant parfois par contamination entre les médias, j’explore les accointances entre le cinéma et la photographie, entre la fixité et le mouvement de l’image. J’observe le paysage et la nature, souhaitant donner une parole aux choses muettes. J’explore le réel pour son potentiel de fiction et ses résonances autobiographiques pour créer des images qui interrogent le monde. Je suis animé par l’idée que la photographie a le pouvoir de sacraliser l’instant et donner à ce qui fuit un côté monumental. Plus qu’un moyen, la photographie est devenue pour moi un lieu de résistance à la prolifération des images, un moyen d’interroger le monde, à travers l’image. Ainsi, je tente de produire des photographies qui pensent et qui donnent à penser. » Merci.

Avec Après Strand, Bertrand Carrière, en continuité avec la pensée de Paul Strand – photographe américain qui passa les étés de 1929 et de 1936 en Gaspésie -, propose sa vision du caractère essentiel de la Gaspésie aujourd’hui. Représenté par la Galerie Simon Blais, Carrière expose à la Maison de la culture Frontenac, où l’on peut voir aussi les tableaux du peintre Denis Juneau, 87 ans, autre artiste de la Galerie Simon Blais.

« Chafaud, Carleton-sur-Mer, Gaspésie », 2010, tirage au jet d'encre, 80 x 100 cm - © Bertrand Carrière (2012)

Ce n’est pas tout. Citoyen de Longueuil, Carrière présente également un jeu de photos à la Maison de la culture de Longueuil. Depuis 2006, le photographe capte lieux publics et espaces privés, des membres de sa famille ou des inconnus en une sorte de journal autobiographique où l’ordinaire côtoie l’insolite. L’expo s’intitule Le capteur. Pourquoi pas ?

Après Strand, Maison de la culture Frontenac, à Montréal,  jusqu’au 25 novembre, 514 872-7882 ;  Le capteur, Maison de la culture de Longueuil, jusqu’au 9 déc., 450 463-7181

* * *

Nicolas Ruel en villes

Fasciné par l’architecture et l’urbanisme, Nicolas Ruel propose un survol (de 12 ans) de son travail photographique à travers une vingtaine de villes ayant marqué son parcours. Sous son objectif : port, gare, autoroute, chantier, église ou stade… transfigurés par une technique de longue exposition en mouvement et une impression sur acier inoxydable.

Sollicité par Robert Lepage, le Cirque du Soleil, les chorégraphes Marie Chouinard et Édouard Lock pour capter leurs gestes scéniques, Ruel a collaboré à la collection printemps 2013 de la maison Jean Paul Gaultier à Paris.

« Première », Paris, France, 2009 - © Nicolas Ruel

Nicolas Ruel a fait des études en photographie et en relations internationales avant d’être formé en scénarisation cinématographique à l’UQAM. Ah, c’est donc cela, la dramaturgie qui traverse ses photos.

12 ans, les œuvres photographiques de Nicolas RuelGalerie de Bellefeuille, 1367, av. Greene, à Montréal, du 3 au 15 novembre, 514 933-4406.

* * *

Martine et les actrices

Céline Bonnier - © Martine Doucet

J’ai connu Martine Doucet dans une autre vie – elle était alors recherchiste, animatrice et reporter culturelle – avant qu’elle choisisse le métier pour lequel les fées s’étaient penchées sur son berceau : photographe. Contributrice exclusive chez iStock depuis 2008, Doucet publiait en 2007, aux éditions du passage, un très agréable recueil de photos – éLoges – soit quelque 300 clichés captés dans les loges des théâtres et documentant les étapes de transformation des actrices en personnages. Extension du livre, éLoges s’expose (avec inédits) consiste en 24 portraits d’actrices (Guylaine Tremblay, Fanny Mallette, Josée Deschênes, Andrée Lachapelle pour ne nommer qu’elles) tirés du recueil, ainsi qu’en un supplément inédit : les coulisses du théâtre musical Belles-Sœurs.

éLoges s’expose (avec inédits), Espace culturel Georges-Émile-Lapalme, Place des Arts, à Montréal, du 3 novembre au 2 décembre, 514 842-2112.

[Martine Doucet dédicacera son livre au Salon du livre de Montréal, au kiosque des éditions du passage, les jeudi 15 (de 16 h 30 à 17 h 30) et vendredi 16 novembre (de 16 h à 17 h).]

 

 

Les commentaires sont fermés.
Les plus populaires