1980 : et si le Oui avait gagné ?

Il y a 30 ans, les Québécois pour la première fois s’exprimaient sur leur statut politique. Oui, pour la première fois. Ils n’avaient pas été consultés par voie référendaire lors de leur entrée dans la confédération en 1867 et ne le seraient pas, non plus, lors de la réforme de la constitution en 1982.

Pour Trudeau, un Oui aurait été un Oui !
Pour Trudeau, un Oui aurait été un Oui!

Il y eut un moment, au printemps 1980, où le camp du Non a craint une victoire possible du Oui. Pour l’histoire, il est intéressant de savoir ce que le premier ministre canadien de l’époque, Pierre Trudeau, l’adversaire historique des indépendantistes, aurait fait. J’ai traité de la question dans mon livre Sortie de secours. La réponse est étonnante. Voyez plutôt :

Que se serait-il passé si le Oui l’avait emporté le 20 mai 1980, à la question telle que posée, avec une majorité absolue mais assez courte ?

Avant le référendum de 1980, Pierre Trudeau avait lancé des avertissements qui ressemblent à s’y méprendre à ceux lancés en 1995 par son successeur Jean Chrétien et à ceux entendus récemment à l’égard d’un troisième référendum.

  • La question claire : jusqu’au jour du référendum, il traitait les souverainistes de « lâches » pour avoir posé une question « ambiguë »
  • La majorité claire : lors d’une entrevue à CTV en décembre 1976, il avait déclaré : « je ne me sentirais pas lié par sa victoire (du Oui), surtout s’il s’agissait d’une victoire où 51 % des électeurs avaient manifesté leur appui à la séparation du Québec ».
  • La nécessité de juger la majorité a posteriori : dans la même entrevue, il explique que « le résultat du référendum devra faire l’objet d’un jugement qui tienne compte du moment choisi pour le tenir, du libellé de la question, etc. » et qu’il faudra peser tout cela au lendemain du vote pour savoir s’il convient, ou non, de se plier à la volonté majoritaire.
  • L’obligation de négocier : dans un discours important, présenté à la Chambre des Communes un mois avant le vote, il annonçait qu’en cas de victoire du Oui il recevrait M. Lévesque poliment à Ottawa pour lui dire que « vous n’êtes pas mandaté pour discuter de souveraineté et moi, premier ministre canadien, je ne suis pas non plus mandaté pour en discuter avec vous » et qu’il n’est « pas question de négocier une association » avec le Québec.
  • À aucun moment, entre sa réélection en février et le référendum du 20 mai 1980, Pierre Trudeau n’a de raison de penser que le Oui peut l’emporter avec une forte majorité. Dans leurs sondages internes les plus affolants, effectués pour le Conseil privé hebdomadairement par CROP et en une occasion par SORECOM, les libéraux fédéraux lisaient que le Oui était en avance dans quatre de six coups de sonde, mais avec des majorités de plus de 51 % dans seulement deux cas, à la mi-avril (Oui 54, Non 46), puis au début de mai (Oui 52, Non 48), et seulement à la condition que les indécis (17 et 16 % du vote) se répartissent au propata du vote exprimé, ce qui était, déjà, douteux. Par la suite, le Oui a décliné dans les sondages publics et il n’existe aucune indication que le premier ministre Trudeau ait pu croire à une victoire massive du Oui.

    Tout cela étant, que se serait-il passé en cas de victoire du Oui, donc de victoire courte, seule envisagée ? Deux témoins ont levé, dans leurs mémoires respectives, un coin du voile : Pierre Trudeau et Jean Chrétien.

    Écoutons le premier, celui qui décidait :

    « C’est le sort du Canada qui se trouvait en jeu et, par voie de conséquence, celui de notre gouvernement. Car, dans mon esprit, il ne faisait pas le moindre doute que je devrais démissionner, si les séparatistes gagnaient ce référendum. En pareille occurrence, il m’aurait fallu conclure : « J’ai perdu la confiance du peuple québécois qui a choisi de quitter la fédération canadienne. Je n’ai mandat de négocier ni cette séparation, ni une association nouvelle avec un Québec souverain. »

    Écoutons le second, celui qui aurait dû appliquer la consigne :

    « À la veille du référendum, Pierre Trudeau m’avait fait comprendre très clairement toutes les conséquences d’un échec. « Nos têtes sont sur la bûche », m’avait-il dit. J’en avais conclu que, si nous perdions, tous les députés libéraux du Québec devraient démissionner, privés qu’ils étaient de la confiance de la population. »

    De ces témoignages, on conclut d’abord que toute la rhétorique utilisée pendant la campagne référendaire par M. Trudeau aurait été balayée par la force du vote.

    Sur le coup et avec le recul, le Premier ministre Trudeau jugeait qu’une majorité non-qualifiée du Oui mettait en jeu « le sort du Canada » et ferait en sorte que le Québec « quitte la fédération », quel que soit le libellé de la question. Pierre Trudeau se serait considéré vaincu au point de démissionner. Le chef du Parti libéral aurait ordonné la démission de tous ses députés « du Québec », mais pas des autres.

    Cette confidence éclaire mieux la déclaration fameuse qu’il a faite le 14 mai 1980, en fin de campagne référendaire, au Centre Paul-Sauvé, où il disait des « 74 députés libéraux à Ottawa » que « nous mettons notre tête en jeu, nous du Québec, quand nous disons aux Québécois de voter Non.»

    Puisque le parti libéral du Canada détenait tous les sièges au Québec sauf un (74 sur 75, le dernier étant occupé par le conservateur Roch Lasalle), cela aurait automatiquement soustrait la quasi-totalité de la représentation québécoise du Parlement fédéral.

    Cela aurait fait tomber le gouvernement et obligé soit la formation d’un gouvernement canadien formé par le chef du parti majoritaire dans le reste du Canada, soit la tenue d’une nouvelle élection fédérale. Trudeau ne dit rien sur le conseil qu’il aurait donné, en démissionnant, au gouverneur général sur la marche à suivre, mais son empressement à quitter la scène implique la tenue d’une course à la succession dans son propre parti, processus assez long qui semble exclure le déclenchement d’une élection.

    Devant l’expression de la volonté populaire, le politicien Trudeau aurait appliqué les préceptes de l’intellectuel Trudeau, écrits en 1958 et republiés en 1970, sous le titre « Pour que vive la démocratie », et selon lesquels : « La démocratie prouve vraiment sa foi dans l’homme en se laissant ainsi guider par la règle du 51 %. Car si tous les hommes sont égaux, et si chacun est le siège d’une dignité suréminente, il suit inévitablement que le bonheur de 51 personnes est plus important que celui de 49: il est donc normal que ceteris paribus et compte tenu des droits inviolables de la minorité, les décisions voulues par les 51 l’emportent ».

    Comment expliquer la différence d’attitude entre le Premier ministre libéral de 1980 et celui de 1995, Jean Chrétien, qui a avoué n’avoir pas eu l’intention de respecter un Oui majoritaire — contrairement à ce qu’il avait indiqué solennellement à la nation quelques jours avant le vote ?

    Quels qu’aient été ses écrits de jeunesse sur la question du 50%, je crois qu’il faut trouver ailleurs le réflexe démocratique qui aurait animé Pierre Trudeau le soir du 20 mai 1980: c’eût été la première fois, depuis son entrée en politique en 1966, que Pierre Elliott Trudeau aurait été désavoué par la majorité des Québécois. En effet, il avait obtenu à chaque élection des majorités québécoises importantes, voire écrasantes. En perdant le référendum, il aurait vécu sa première défaite au Québec. Il en aurait tiré les conséquences, comme le Général de Gaulle l’avait fait, démissionnant un soir de référendum en 1969, car pour la première fois désavoué par l’électorat.

    Pour Jean Chrétien, c’était le contraire. Jamais, depuis qu’il dirige le PLC en 1990 jusqu’au référendum de 1995, il n’a eu de majorité du Québec. Il gouverne le Canada malgré l’opposition d’une majorité de ses concitoyens québécois. Il a l’habitude d’avoir raison sans eux, contre eux.

    Bref, en mai 1980, le « peuple québécois » ayant « choisi de quitter la fédération canadienne » aurait été en face d’un gouvernement fédéral représentant le Canada anglais et dirigé par le conservateur Joe Clark, alors chef de l’opposition officielle et ex-premier ministre depuis moins de trois mois. C’est lui qui aurait dû décider de la marche à suivre. Pierre Trudeau ne pouvait ignorer que Clark avait donné des indications assez claires de sa volonté de respecter le verdict référendaire québécois, même s’il mettait l’association en doute (au pouvoir pendant neuf mois en 1979, il avait d’ailleurs annulé les budgets fédéraux pré-référendaires, considérant qu’il s’agissait là d’un débat « entre Québécois ».). Il y a fort à parier que des négociations se seraient ouvertes sur-le-champ entre le nouveau premier ministre conservateur canadien et le Québec sur la transition vers la souveraineté.

    Sur ce point, il faut donc donner à Pierre Trudeau le bénéfice du doute : malgré tous les gestes anti-démocratiques qu’il a posés avant le référendum (notamment en ordonnant à la GRC d’espionner le PQ), il se serait soumis au test démocratique ultime et aurait respecté le verdict.

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    Question aussi oiseuse que si un homme de Néandertal se demandait: « et si homo sapiens n’avait pas quitté l’Afrique »? Cela ne changerait rien aux faits que et l’homme de Néandertal et le modèle référendaire sont des modèles finis, périmés, dépassés.

    L’homme de Néandertal est disparu, et il y a déjà 2 clous dans le cercueil de la souveraineté alors qu’un seul suffisait pour le fermer.

    Quand René Lévesque prit le pouvoir le 15 novembre 1976, Roméo Leblanc était ministre de Trudeau et il avait dit que face aux séparatistes que le Conseil des ministres du Canada devenait un »war room ».

    « René Lévesque devait le [Trudeau] qualifier de « notre plus grand criminel de guerre en temps de paix. » » (Jean Dion, Le Devoir, 29 septembre 2000).

    M. Trudeau avait aussi promis de faire des changements qui iraient dans le sens de plus de souveraineté pour le Québec mais il a fait tout le contraire avec la constitution de 1982.

    Félicitations pour votre confiance mais je crois que M. Trudeau a dit qu’il ferait démissionner tous ses députés, suite à une victoire du OUI, pour leur faire peur afin qu’ils travaillent fort pour conserver leurs acquis en critiquant fortement le projet du PQ.

    Si nous avions voté OUI à 51 %, il aurait ignoré le verdict ou nous aurait envoyé l’armée pour calmer les Québécois et probablement pour procéder à son propre référendum canadien sur la « séparation » du Québec. C’était son terme.

    Mais je trouve que vous oubliez une donnée importante Jean-François dans votre analyse. Au-delà de la réthorique, d’après moi ce que voulait René Lévesque, et le libellé de la question référendaire le révèle, c’était de négocier non pas l’endroit où ériger un mur entre le Canada et le Québec, mais de renégocier le pacte pour qu’il devienne véritablement Confédératif.

    Là-dessus, ce que je ne comprends absolument pas c’est l’attitude des fédéraliste québécois, dopnt une bonne partie se disent nationaliste Québécois également.

    Comme Claude Ryan par exemple qui toute sa vie en a appelé au «renouvellement» du fédéralisme. Comment se fait-il que ces gens là n’ont pas compris que c’eut été à l’avantage des deux peuples considérés jusque là comme fondateurs du Canada ?

    Ce que visait René Lévesque, c’est de négocier d’égal à égal avec le gouvernement fédéral, des aménagements Constitutionnels qui cessent d’être unilatéralement en défaveur du peuple Québécois.

    Ça reste un mystère irrésolu pour moi. Et c’est pourquoi quoiqu’on en pense aujourd’hui, c’est maintenant que l’Indépendance est devenue notre seule solution de survie. Sinon à plus ou moins long terme, ce qui nous reste comme destin, c’est la Louisianisation…

    Attention, Trudeau n’a jamais eu 50% des votes au Québec. S’il raffait autant de sièges au Québec c’est parce que l’opposition était divisée entre conservateurs et créditiste à droite, et NPQ et rhinos à gauche. Sans parler de tous les souverainistes qui, comme moi, se déplaçaient pour aller écrire Vive le Québec libre sur le bulletin de vote.

    J’ai bien aimé lire ce texte.

    Pourtant en parlant de Trudeau, faut-il rappeler que son statut en 1980, comme celui de Chrétien en 1995 et même aujourd’hui Harper ont a ou eurent des règles pour gérer les biens de l’état.

    La réalité c’est que la ou le GG est le représentant de la reine. Et en réalité le Canada ne s’appartient pas. Il appartient à la Couronne Britanique.

    Alors Trudeau « le smart » pouvait dire n’importe quoi ça comptait pas. Advenant qu’il y eut un oui en 1980 comme aujourd’hui, il eut fallu négocier avec la reine, pas avec Trudeau.

    La reine aurait rejeter Trudeau tout simplement.
    La preuve….alors que Terre-Neuve n’était pas province canadienne, un bill privé des lords de Londres ont donné le territoire québécois du Labrador à Terre-Neuve une île au large.

    C’est dire que lorsque des territoires appartenant à une province sont donnés par un bill privé voté à la chambre d’Angleterre je comprends que le premier ministre du Canada à l’époque n’a eu qu’à se la fermer, peut-on imaginer un territoire qui veut son indépendance et le poids de n’importe quel gérant sous la dépendance d’une reine.

    Trudeau et ses successeurs sont de ce groupe qui ne décide de rien.

    je demeure sur ma faim. La gourmandise m’avait attirée…..

    J’aurais aimé une dimension plus fictive et futuriste, voir visionnaire, de ce que 2010 serait aujourd’hui après un OUI à 50,6% le soir du 20 mai 1980. Tel un épisode de la ‘Patrouille du Cosmos’, où avec un simple changement de l’histoire, tout le présent est changé. Une alternative temporelle.

    Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de l’actrice Joan Collins (77 ans) – qui jouait le personnage de la Sr. Edith Keeler, dans le 28e épisode de la première série, ‘La Cité aux Confins de l’Éternité, télédiffusée le 6 avril 1967, trois semaines avant l’ouverture de l’Expo 67.

    Dans l’histoire du 22e siècle, elle devait avoir péri d’un accident bête de la circulation dans les années 1930. Mais la venue du Docteur McCoy du futur à travers un portail temporel, sauvant la Sœur de cette mort dans la 21e rue de la ville de New York, changea à tout jamais le ‘présent’.

    Donc cette pacifiste sauvée, a réussi durant la Grande Dépression à faire pression pour un désarmement des gouvernements – notamment celui des USA, ce qui avait donc permis à Adolf Hitler de remporter la Seconde Guerre Mondaile, et ainsi dominer la planète. De fait, avortant la naissance même de Fédération des Planètes de l’avenir.

    Pourquoi écris-je ce commentaire? Simplement que il est beau d’écrire et de décortiquer l’histoire, pour l’enseigner. Toutefois, il ne donne aucun espoir. Aucune possibilité de progrès. La Sr. Keller prônait l’Amour et la Paix. Et voulait voir une fin à la misère de cette Grande Dépression.

    L’espoir ne peut naitre dans le passé. Il doit être procréé dans le présent, pour un avenir meilleur. Un leader charismatique peut ainsi mettre au monde l’espoir et la foi.

    On a vu ça il y a peu de temps où la Sr. Keeler est morte durant la Grande Dépression! Yes We Can!

    The City on the Edge of Forever (anglais):
    http://www.youtube.com/watch?v=uU3B_5hVsns

    Bel exposé, belle analyse (as usual). Malheureusement, le passé est rarement garant de l’avenir. Les révolutions sont pensées par un petit nombre de cerveaux déterminés mais refroidis à la raison politique, et exécutées par des foules armées (ici de bulletins de votation) en colère animées de motivations simples. Les révolutions anglaise, américaine, française et russe, et même algérienne ont été générées, préparées, provoquées par les bourgeoisies et les intellectuels de ces pays, pas par les peuples. Le terrain fertile à la colère a certes servi d’outil, il suffisait de gratter une allumette et de préserver le feu. Pour l’instant, au Québec, le carburant de la colère ne peut être matériel, Il est pompé presque exclusivement dans la mise à mal de la dignité de la « distinction » de notre culture et surtout de notre langue. Les raisons du confort de la vie moderne qu’on ne veut pas perdre, sont trop complexes et la peur d’un avenir incertain freinent brutalement les volontés les mieux aiguisées au moment du vote. Il n’y a pas suffisamment de garanties de réussite. Les enjeux ne paraissent pas aussi vitaux que pour les grandes révolutions. La preuve : Go Habs go.

    Trudeau malgré toutes ses erreurs dont l’inadmissible promulgation de la « Loi des mesures de guerre » pour écraser le mouvement souverainiste était un intellectuel à la pensée politique articulé.

    Rien à voir avec son valet l’ineffable Chrétien, un populiste ignare et un fédéraliste fanatique, vendu corps et âme aux Canadians.

    Chrétien habitué de faire les sales « jobs » comme nous l’a révélé la « nuit des longs couteaux » où il a concoctée une entente avec les premiers ministres des provinces anglophones derrière le dos de René-Lévesque lors du rapatriement de 1982,aurait été égal à lui-même.

    Vous pouvez mettre le qualificatif que vous voulez pour décrire ce minable personnage qui a mis en place avec ses conseillers rapprochés du bureau du premier ministre le programme qui a donné le scandale des commandites, programme astucieux ou les Québécois payaient à même leurs impôts un système crapuleux chargé de leur vendre le Canada en graissant les ti-namis et le parti Libéral au passage.

    Tout ça est du passé mais les Québécois paient aujourd’hui le mauvais choix de mai 1980.
    Le rève de Trudeau d’un Canada bilingue est mort et ils doivent se défendre devant un premier ministre anglophone et un gouvernement Conservateur qui veut terminer leur asservissement, en centralisant à Toronto le bureau des valeurs mobiliaires et l’activité économique du pays.

    Quand toute la classe affaire québécoise et l’éditorialiste en chef du journal »La Presse » se lèvent pour dénonçer une incursion du fédéral dans un champs de compétence provincial on est vraiment rendu au fond du baril.

    Que font les Québécois pendant qu’un gouvernement Canadian essaie de les reléguer aux temps du petit peuple sans emprise sur sa vie économique décrit par Lord Durham ? Ils pleurent la défaite de leur club de hockey « Le Canadien de Montréal »!

    Ouf les temps sont durs pour le Québec…

    Donner le bénéfice du doute à Trudeau? Je vous trouve bien naïf M. Lisée. Trudeau trouvait qu’on avait abusé de la loi des mesures de guerre, lors de la seconde guerre mondiale, pour interner des nazis comme Adrien Arcand, mais il n’a pas hésité à l’utiliser de façon très abusive en 1970 contre des gens faussement soupçonnés de sympathie avec un groupuscule d’extrêmistes. L’armée serait débarquée au Québec pour une deuxième fois, soyez certain de cela.

    Même chose pour Chrétien. Je suis d’ailleurs toujours surpris par le peu de réactions qu’ont succités les aveux de Chrétien à ce sujet. Après ça, on cherche encore des coupables pour le scandale des commandites. Pourtant, tout est clair, avec ses aveux, Chrétien a montré qui il était vraiment. On peut le comprendre d’avoir eu l’arrogance de faire voter une loi sur la clarté. Lui, il a montré clairement sa dupilcité, et ça n’a ému personne.

    Pourtant, avec un taux de participation de 95% en 1995, les enjeux étaient très clairs. C’est juste dommage que la région de Québec ait voté 50/50, contrairement au reste du Québec francophone (OUI à 60/40). La petite marge qui nous manquait était là, ainsi, Parizeau aurait pu oublier les votes ethniques, et on aurait vu Chrétien en action. Malheureusement, ce ne fut pas le cas, et Chrétien a gagné sans avoir à prouver sa malhonnêteté au grand jour. Malgré les aveux scandaleux de Chrétien, Parizeau passe toujours aujourd’hui pour le vilain, et la supposée nation est chloroformée, résignée à sa lente et confortable disparition.

    Je suis vraiment déprimé par l’état des lieux en 2010. Je crois fermement à un québec souverain mais à la limite, je serais prêt à accepter de rester à l’intérieur du canada s’il y avait des réformes profondes qui étaient effectuées. Malheureusement, les canadiens et les fédéralistes québécois préfèrent faire la sourde oreille alors qu’à peine 22% des gens se disent canadiens. Comment se sortir de cette assimilation canadienne?

    Si les Québecois ne s’étaient bêtement dit NON suite aux mensonges des fédéralistes en 1980 il y aurait eu un OUI ferme et précis en 1982 pour l’indépendance du Québec sans association avec nos ennemis royalistes
    Alors notre pays le Québec aurait été reçu à l,Onu et dans toutes les organisations internationales et reconnu par tous les pays démocratiques
    Chaque pays aurait ouvert son ambassade au Québec et le Québec aurait ouvert des ambassades rentables dans tous les pays .
    Le territoire de la nation Québecoise serait déjà en 2010 le pays le plus riche et le mieux cultivé au monde et nous ne perderions plus nos vies aux mains des commandités fédéralistes qui détruisent systématiquement notre langue notre économie nos politiques et notre vision mondiale.
    Vive le Québec libre , il n’est pas trop tard

    @MLemay (#6)

    « …le Canada ne s’appartient pas. Il appartient à la Couronne Britanique.

    … Advenant qu’il y eut un oui en 1980 comme aujourd’hui, il eut fallu négocier avec la reine, pas avec Trudeau.

    … La preuve….alors que Terre-Neuve n’était pas province canadienne, un bill privé des lords de Londres ont donné le territoire québécois du Labrador à Terre-Neuve une île au large ».

    = = =

    Votre « foi » souverainiste vous aveugle.

    Le Canada n’appartenait plus à ce que vous appelez la « couronne britannique » quand Terre-Neuve a joint la Confédération en 1949. Mais par une « fiction légale », il aura fallu une Loi du Parlement britannique pour officialiser la cession du Labrador.

    C’est la Loi Constitutionnelle de 1982, que d’aucuns appellent le « rapatriement » de la Constitution sans la participation du Québec, qui a mis fin à cette fiction légale. Dorénavant, les Lois constitutionnelles sont adoptées à Ottawa.

    Mais ne vous fiez pas aux apparences: c’est le Parlement canadien qui a dicté au parlement anglais le texte de la Loi qui a donné le Labrador à Terre-Neuve et au niveau du Parlement anglais, l’adoption de cette Loi était une simple formalité.

    = = =

    Le Labrador a-t-il été arraché au Québec pour être donné à Terre-Neuve? La réponse exige quelques nuances.

    L’Abitibi ne faisait pas partie du Québec de 1867 qui a adhéré par la force à la Confédération de 1867. Pas plus que la Jamésie et tous les territoires au delà du 48e parallèle. L’Abitibi – je le sais parce que j’y vis – ne fait partie du Québec que depuis 1905. C’est l’année de l’entrée de l’Alberta et de la Saskatchewan dans la Confédération; ces territoires avaient été achetés de la Hudson’s Bay Company.

    = = =

    Est-ce que le Québec a. entre 1867 et 1949, exercé une quelconque souveraineté sur le Labrador? Je ne sais pas. Mais si tel avait été le cas, il aurait peut-être été possible de contester ce cadeau à Terre-Neuve, en vertu des règles de droit international public.

    J’imagine que si Duplessis n’a rien tenté pour empêcher la fuite de ce « butin » que constituait le Labrador, c’est qu’il n’y avait – également – pas grand chose à faire.

    @Honorable PhD (#1)
    » Question aussi oiseuse que si un homme de Néandertal se demandait: “et si homo sapiens n’avait pas quitté l’Afrique”? Cela ne changerait rien aux faits que et l’homme de Néandertal et le modèle référendaire sont des modèles finis, périmés, dépassés. »

    = = =

    L’homme de Néandertal écrit encore parfois sur les blogues, non?

    La question serait vaine si et seulement si la souveraineté n’avait aucune chance de refaire surface.

    Reviendra-t-elle à l’agenda de mon vivant? J’en doute. Mais mes enfants n’avaient pas le droit de voter en 95. Ni encore moins en 80. Cette génération, qui n’est ni la mienne ni la vôtre, a encore des droits. Dont celui de prendre son avenir collectif en mains.

    Et peut-être sera-t-elle tentée de le faire quand elle aura constaté, comme moi je l’ai constaté, que le Canada (as it is) est un pays dysfonctionnel, au sein duquel les francophones perdent graduellement leur poids relatif et dont les commandes leur échapperont de plus en plus.

    Le jour viendra, Michael, où le taureau en aura assez de ces provocs et il encornera alors le toréador.

    = = =

    Et ce jour là, il sera peut-être utile de connaître le fond de la pensée CONSTITUTIONNELLE de ce grand professeur de droit qu’était Trudeau.

    Son opinion me paraît avoir plus de poids que l’opinion d’un spécialiste de l’immuno-déficience…

    Il est peut-être temps de comprendre que les intérêts et les valeurs québécoises sont différentes de celles du reste du Canada. Cessons de rêver et ayons assez de fierté et de confiance en nous pour gérer notre propre pays. Trudeau disait AUSSI QU’IL N’IRAIT PAS SE PENDRE DANS LE GRENIER,si le Québec votait OUI.

    Si le « oui » l’avait remporté, le pauvre Québec serait devenu un prélude à la Grèce et à l’Islande…

    @ 14 WP

    Alors si le Canada s’appartient et qu’il est libre pourquoi la GG. Pourquoi les timbres postes avec le « portrait de la reine ». Idem pour les dollars.
    Vous savez vous pensez que c’est le Canada qui a dicté le Bill au gouvernement de Londres (concernant le Labrador)….eh bien c’est une autre preuve que le Canada ne s’appartient pas.
    Bien sur que c’est une fiction la constitution et c’est pourquoi j’insiste de dire que puisque le Québec ne l’a pas signé, nous n’appartenons pas à cette constitution et puisque l’autre était une illusion, nous en tant que nation nous nous appartenons ainsi que notre territoire.
    En fait en ce qui concerne le Labrador, il y a eu à l’époque de Lévesque où même avant je crois un document légal qui conteste cette donation, je le répète par Londres.
    Sur qu’au Canada, il n’y a pas grand-chose à faire sauf maintenir les frais de transport hydro-électricité sans ouvrir la validité du contrat et à son échéance maintenir le statut quo. Voilà que si Terre-Neuve s’avisait de contester, la question du territoire du Labrador volé referait surface et ainsi on ne pourra pas tasser du revers de la mnain cette question.
    Et tant qu’à la question d’exercer sa souveraineté sur la Labrador, faut quand même pas exagérer, c’est une vue juridique pour ne pas dire un evue de l’esprit,…….j’ai un terrain de plusieurs acres, je n’y vais pas et je ne l’utilise pas pendant des années et au bout de trente ans, on me dit que mon terrain a été cédé au voisin….bin voyons donc, je reconnais bien là la position juridique qui semble-t-il fait foi de tout…..non un vol c’est un vol même si le juridique convenu par la secte légale impose et accorde les deux à la fois.

    @Warren Peace – à ma connaissance, les seuls participants au rapatriementde la Constitution furent le parlement canadien et le parlement de Westminster. Aucune province n’a participé au rapatriement.

    Si le « Oui » avait gagné en 1980, la « province » de Québec serait un pays indépendant normal, avec des qualités et des défauts, avec un président élu au suffrage universel, avec un gouvernement et une assemblée nationale redevable au peuple.

    Qui sait? Jean Charest en serait peut-être le président!!!

    Au lieu de cela, on a une « province » un peu disfonctionnelle dans un Canada conservateur.

    En 2010, la « province » de Québec accuse un retard de 30 ans dans son évolution normale en tant que nation française d’Amérique. En 2011, le retard sera de 31 ans, et ainsi de suite, d’année en année.

    Mlemay – le Canada n’appartient pas à la reine – même l’Angleterre n’appartient pas à la reine. On a bien Laurier sur les billets de 10 $ mais on n’appartient pas à Laurier non plus.

    Enfin, c’est en 1931, que le Canada est devenu un état souverain, lors de l’adoption du Statut de Westminster qui est (wiki)…

    la reconnaissance officielle de l’indépendance de tous les dominions faisant partie de l’Empire britannique, soit l’Australie (ratifié le 9 octobre 1942, rétroactivement au 3 septembre 1939), le Canada (1931), l’État libre d’Irlande, la Nouvelle-Zélande (ratifié le 25 novembre 1947), Terre-Neuve (jamais ratifié, son statut de dominion fut révoqué à sa demande le 30 janvier 1934) et l’Union sud-africaine (ratifié de jure en 1934).

    …Le Statut a plusieurs conséquences notables. Suite à sa ratification, le gouvernement britannique ne peut plus légiférer pour un dominion, sauf à la demande et avec l’accord de ce dominion.

    Jusqu’à sa patriation en 1982, seul le gouvernement du Canada pouvait légiférer pour amender l’AANB, changements que Westminster devaient accepter.

    C’est une question hypothétique. Tout comme celle-ci :

    «Est-ce que, s’il n’y avait pas eu la conquête, Napoléon nous aurait vendu aux Américains avec la Louisiane quelques années plus tard, en 1805 ? ».

    Je crois qu’il faut faire confiance au jugement des québécois. Si le référendum n’a pas passé c’est que le PQ n’a pas su répondre aux deux questions suivantes :

    1- Quelle est l’identité des Québécois qui veulent un pays ?

    2- Qu’est-ce qui va aller vraiment mieux le lendemain ?

    Advenant une réponse adéquate à ces deux questions le référendum aurait passé.

    Notons qu’en 2010 il n’y a toujours pas de réponses adéquates à ces deux questions…

    Si le Oui avait gagné rien ne se serait passé car la question ne menait à aucune action définitive. Si le Oui avait gagné le PQ aurait aurait continuer à tergiverser comme il l’a fait depuis sa fondation… Sauf sous la présidence de Jacques Parizeau qui est le seul chef du PQ qui a vraiement voulu faire l’indépendance. Tout les autres Lévesque le premier furent de réels tricheurs.

    @Mlemay #18

    « Alors si le Canada s’appartient et qu’il est libre pourquoi la GG. Pourquoi les timbres postes avec le “portrait de la reine”. Idem pour les dollars.
    Vous savez vous pensez que c’est le Canada qui a dicté le Bill au gouvernement de Londres (concernant le Labrador)… »

    = = =

    Je ne PENSE pas. Je SAIS. On m’a appris ça à la fin des années 60, dans mes cours de droit constitutionnel.

    Pourquoi la Reine sur les timbres et la monnaie? Et pourquoi le castor sur les 5 cennes, l’ours sur les deux piasses? La décision est purement arbitraire. Mais c’est à Ottawa qu’elle est prise!

    Ce n’est pas la Reine d’Angleterre que l’on voit sur nos timbres. La Reine d’Angleterre, on la voit sur les timbres anglais. Celle que l’on voit sur NOS timbres, c’est Elisabeth II, Reine du Canada… avec domicile à Londres.

    Le Canada est indépendant mais il demeure une « monarchie constitutionnelle » où le pouvoir n’est pas exercé par la Reine (ou par sa représentante Michaelle Jean) mais par le Premier Minousse.

    Et si…
    Le rendez-vous raté prive encore des milliers de Québécois, que dis-je, des millions de Québécois de travailler à la réalisation du plus beau rêve possible pour un peuple. Et le Québec, avec l’Occident tout entier, s’enfonce un peu plus dans l’individualisme économique où l’autre n’a plus d’importance, à moins que je puisse l’utiliser pour me hausser un peu plus. Nous ne sommes pas retournés sur notre planète pour travailler à faire grandir notre rose et nous croupissons maintenant dans ce Canada étranger.

    @24 WP

    WoH les moteurs!

    C’est là que ça devient intéressant et qu’on essaie de mélanger tout le monde.
    Il y a au moins 2 personnes que le connais qui sont du Québec et qui ne paient plus aucun impôt, débat qui été jugé par un juge de la secte légale qui avait tout comme les autres appris ce que les gérants avaient décidé pour le peuple.

    Et pourtant les deux ont gagné leurs points (Il doit y avoir des choses qu’ils ont oublié sur les bancs d’école ou le cours avaient atteint ses limites….drôle comment les biens pensants réagissent lors de la contestation de l’état d’un autre siècle….on monte le ton et bien montons.

    Oui bien sûr une monarchie constitutionnelle avec une GG qui décide de rien (du bois mort) mais avec une reine qui vient visiter ses sujets une fois de temps en temps avec tous les honneurs et ON VIENT DIRE QUE ÇA NE REPRÉSENTE RIEN ….vous n’avez pas besoin de retourner sur les bancs de l’école, on vous a enseigné pour faire sur que la secte légale puisse transmettre ce qu’on lui disait.

    Chercher surtout selon les influences qui vous guident de répondre sur une donnation ou une expropriation tout simplement de mettre dans la tête des gens parce que vous aviez un statut ce à quoi vous attachez de la valeur (bon ok pour vous) mais si on devait tous interprêter selon ce que la secte légale affirme, « Bye Bye évolution ».

    Votre foi fédéraliste monsieur WP est contesté par le prolétariat et c’est surtout cela qui ébranle votre petite sécurité. Je ne prétends pas m’opposer à votre position, mais la mienne n’est pas ébranlé par un ou une partisane du lébéral Trudeau qui n’aurait pas pu négocier avec la reine ou son représentant mais avec la reine d’abord….Trudeau est mort et nous autres on est vivant…..

    @ Vianney Matte:

    « nous croupissons maintenant dans ce Canada étranger. »

    En tout cas, ce n’est pas du tout ce que pense Monsieur Lisée qui s’évertue à nous convaincre du contraire à tous les vendredis où il nous démontre, graphiques et savants commentaires à l’appui, que la province de Québec « fait grandir sa rose » à l’intérieur de notre beau et grand pays, le Canada!!!

    Moi je dis, restons forts chers irréductibles Qcois. car un jour, la vérité va sortir et les indésirables vont finir par s’éliminer par eux-mêmes!

    Et si on essayait à l’extérieur de ce beau et + meilleur pays au monde le Canadéa?