1995 – Lendemains de Non au Non

Gagner le référendum de justesse fut, pour Jean Chrétien, une expérience traumatisante. Un moment transformateur. Critiqué de toutes parts, au Canada, pour avoir été celui qui avait failli conduire le pays à son décès, Jean Chrétien devient, au lendemain du référendum, un homme pressé. C’est le sujet de ce dernier billet de ma série sur le référendum de 1995.

15 ans déjà !
15 ans déjà !

(Fragments de 1995 – 15 ans déjà depuis le référendum du 30 octobre 1995. Pour éclairer cette période de forte intensité à laquelle je fus mêlé, je vous présente pendant quelques jours des fragments de cette période, des pistes pour comprendre et tirer des leçons, peut-être, pour la prochaine fois….)

Dans les heures qui suivent le référendum il affirme, publiquement et privément, que les  référendums québécois ont assez duré.  Le lendemain du vote, dans un discours à Toronto, il déclare que les Canadiens ont été « extrêmement  généreux » d’avoir ainsi laissé les Québécois tenir deux votes sur  l’indépendance en 15 ans. Maintenant, ajoute-t-il, « on ne peut  continuer indéfiniment ». Cette volonté de bouleverser les règles du jeu mènera, quatre ans plus tard et après beaucoup de rebondissements, à la loi C-20, la loi Dion qui donne au Canada un droit de veto sur l’avenir du Québec.

Mais parallèlement, Jean Chrétien tente, de bonne foi, de livrer aux Québécois la petite marchandise promise pendant les derniers jours de la campagne.

Livrer la marchandise au Québec: un calvaire

En fin de campagne, Jean Chrétien avait promis en catastrophe, et contre toutes les fibres de sa volonté politique, de reconnaître le caractère distinct du Québec et de redonner à la province son droit de veto sur les changements constitutionnels.

Restant à la fois vague et ambitieux, Chrétien avait déclaré qu’il allait mettre en œuvre les « changements nécessaires » et se gardait ouvertes « toutes les voies de changement, y compris les voies administratives et constitutionnelles ».

Combien d’électeurs d’octobre 1995 ont choisi le Non, pensant que leur vote aboutirait à une réelle reconnaissance du caractère distinct de la société québécoise, avec de réels pouvoirs pour le Québec ? Selon un coup de sonde, 14% des électeurs du Non affirment que ces discours ont contribué à leur décision.

Chrétien était sérieux. Et dès le lendemain du vote, il se met à la besogne et souhaite livrer la marchandise promise avant Noël, donc en moins de deux mois.

D’autant que, trois jours avant le référendum, son gouvernement et ses députés ont contribué à une immense manifestation à Montréal visant à démontrer aux Québécois que le Canada anglais était attaché au Québec et enfin prêt à le démontrer clairement.

Il est effarant de lire le récit de ces quelques semaines, tel que relaté par les journalistes Edward Greenspon et Anthony Wilson-Smith dans leur livre de 1996 Double Vision, sur les coulisses du gouvernement Chrétien, d’où ce récit tire l’essentiel de sa science.

Premier arrêt: le caucus des députés libéraux

Le lendemain du référendum, à son caucus dont plusieurs membres ont participé à la manifestation de Montréal, Chrétien plaide l’urgence d’agir. Il frappe un mur.  Des députés de l’Ouest canadien et de l’Ontario lui disent que même si, la veille, presque la moitié des Québécois ont dit Oui à la souveraineté, la question du Québec n’est plus à l’ordre du jour et que ni l’Ouest, ni l’Ontario ne sont disposés à des concessions envers le Québec.

Le premier ministre a pourtant une excellente idée. Une « astuce » selon le célèbre mot de l’époque. Il rêve de convaincre six provinces d’accepter d’enchâsser dans la constitution le principe selon lequel le Québec est une « société distincte ». Pour que cet amendement entre dans la constitution, il faut sept provinces représentant 50% de la population canadienne. Quelle serait la 7e province ? Bon sang mais c’est bien sur: le Québec !

Chrétien tenant derrière lui six provinces, piègerait le nouveau premier ministre québécois Lucien Bouchard. Il n’en tiendrait qu’à lui de faire adopter par son Assemblée nationale une résolution rendant le Québec officiellement distinct ! Imaginez, en cas de refus, le fracas que lui ferait son opposition libérale ! Le Non a gagné après tout, diraient les libéraux de Daniel Johnson. On ne va pas, en plus, refuser cette chance historique !

Deuxième arrêt: les provinces

Même le fidèle serviteur Roy Romanow tourne le dos au réformiste Chrétien!
Même le fidèle serviteur Roy Romanow tourne le dos au réformiste Chrétien!

On en salive déjà, chez les fédéralistes informés. Reste ce détail: convaincre six premiers ministres provinciaux.  Il parle d’abord à son grand ami et allié Roy Romanow, en Saskatchewan, son compère dans le rapatriement de 1982. Il frappe un autre mur. « Ce serait difficile à vendre ici, »  en Saskatchewan, lui dit-il.

A peine 24 heures après le résultat référendaire, Chrétien discute avec le premier ministre ontarien Mike Harris. Il lui refuse son appui, disant vouloir se concentrer sur ses réformes économiques (ce qu’a confirmé à ce blogueur un conseiller de Harris).  L’Ontarien informe aussi Chrétien que, pour adopter un tel amendement, il faudrait un référendum en Ontario ! Bonnes chances !

De toutes façons, ajoute Harris, il ne voit pas l’urgence.  Donc, la Saskatchewan dit Non, l’Ontario dit Non. Chrétien ne s’informe même pas auprès de l’Albertain Ralph Klein, qui vient de dire à ses collègues qu’il était temps de passer à d’autres revendications que celles du Québec. C’est le troisième Non. Il n’y aura pas six provinces. Il n’y aura pas de piège pour le Québec. Surtout, il n’y aura pas de possibilité pour le vrai chef du Camp du Non de remplir sa promesse au Québec.

Troisième arrêt: le conseil des ministres

De retour à Ottawa, trois jours après le référendum, Jean Chrétien rencontre son conseil des ministres pour trouver, là, les appuis qu’il n’arrive pas à susciter dans les provinces. Après tout, il s’agit des ministres qui, il y a une semaine à peine, le pressaient d’être plus actifs dans le dossier québécois, de prendre l’offensive, de sauver le pays.

Aujourd’hui, leur message est clair: ils pressent Jean Chrétien de ne rien faire.  En fait, déjà, les ministres libéraux soutiennent que la quasi-défaite référendaire n’est pas attribuable à une trop faible autonomie ou reconnaissance du Québec dans le Canada, mais au contraire à une trop faible intervention du Canada dans la vie des Québécois.

Les adjoints du premier ministre donnent, de surcroît, à Chrétien le pouls de l’opinion publique canadienne anglaise : plutôt braquée contre des changements favorables au Québec que séduite par les charmes de la conciliation.

Au vu de ces objections et de ces blocages, un Jean Chrétien penaud se contente d’une résolution purement symbolique de la Chambre des Communes déclarant le Québec société distincte.

Pour ce qui concerne le droit de veto, il n’est ni question de le donner spécifiquement au Québec ni de l’enchâsser dans la constitution.  Plus prosaïquement, dans une loi du parlement, le gouvernement canadien stipule qu’il ne donnera son appui à un amendement constitutionnel que si le Québec, l’Ontario, les maritimes, les provinces des prairies et la Colombie-Britannique appuient l’amendement.

Ainsi, chacun a un « droit de veto ».  Mais le parlement fédéral pourrait aussi modifier sa loi pour ne pas tenir compte de ces veto.

Comme seul et unique geste de réelle décentralisation, Chrétien annonce aussi que le gouvernement fédéral déléguera à toutes les provinces la gestion des programmes de formation de la main-d’œuvre, revendication québécoise vieille de 31 ans.

L’entente administrative, de cinq ans renouvelable, sera signée deux ans plus tard, à la veille d’une campagne électorale que Chrétien croit avec raison extrêmement serrée.  L’entente est substantielle, mais Ottawa se réserve le droit de continuer à agir directement en main-d’œuvre, surtout auprès des jeunes.  (Convaincu, par la suite, d’avoir obtenu trop peu de crédit politique pour cette largesse– qu’il appelait auparavant « un caprice » du Québec –, Jean Chrétien et son gouvernement pensent avoir fait une erreur en acceptant cette décentralisation et jurent de ne plus agir de la sorte à l’avenir.)

L’incroyable blocage canadien

Pour tout observateur politique normalement constitué, s’il n’ y avait qu’une fenêtre pour un changement réel dans la fédération canadienne, elle ne pouvait s’ouvrir que dans les mois qui suivirent le référendum de 1995, dans la période suivant le choc de la quasi-indépendance du Québec.

Mais la réalité est autre.  Malgré ce choc, malgré ce near-death experience, ni l’opinion publique ni les élites politiques du Canada n’étaient disposées à modifier l’ordre des choses, à changer une situation qui avait conduit le Québec aux portes de l’indépendance.

L’alors éditorialiste-en-chef de La Presse et partisan du Non, Alain Dubuc, allait, en éditorial dès décembre 1995 accuser Jean Chrétien de ne pas avoir répondu  aux espoirs suscités par ses propos de campagne, en n’adoptant qu’une symbolique résolution sur la société distincte, un droit de veto québécois non constitutionnel et un transfert incomplet de la formation de la main d’œuvre.  Il écrit:

« Une solide majorité de Québécois souhaitent un changement : ceux qui ont voté Non au référendum, ainsi que tous ceux qui ont voté Oui dans l’espoir que ce geste accélère le processus de renouvellement du fédéralisme.  Mais quel changement veulent-ils ? Beaucoup plus que cela.

Soyons clairs : Si M. Chrétien avait  dit, en campagne référendaire, que les perspectives de changement que pourrait offrir le Canada se limiteraient aux trois propositions qu’il a déposées lundi, le Oui l’aurait emporté. »

(Fin de la série 1995 – Fragments référendaires)

Ce billet est adapté de mon livre Sortie de secours — comment échapper au déclin du Québec (Boréal, 2000)

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Rageant!

Fédéraliste depuis que je suis la politique, je n’ai changé mon fusil d’épaule qu’il n’y a qu’un an. Et ce billet-ci, particulièrement, me rassure dans mes opinions.

Contrairement à mon habitude je commencerai par une citation.

«Une petite rébellion de temps en temps, c’est comme un orage qui purifie l’atmosphère.»
[Thomas Jefferson]

Devrons-nous rêver de 1837 ? À cette époque, je ne suis pas certain qu’ils étaient appuyés par 40 % de la population.

On l’a bien vu vers 1960-70, parfois, il faut ce qu’il faut. D’ailleurs le grand love-in de 1995 à Mtl et le scandale des commandites l’ont clairement fait ressortir : la fin justifie les moyens. Nous devrions retenir cette leçon : ce qui est permis pour Ottawa, devrait l’être pour Québec.

« Gagner le référendum de justesse fut, pour Jean Chrétien, une expérience traumatisante… »

Tout est là: les séparatistes ont PERDU face à… Jean Chrétien!!!

Quelle humiliation…et ils en veulent encore!!!

Voici un commentaire assassin au sujet de l’obsession référendaire:

« Les politiciens harcèlent la population jusqu’à écoeurantisme aiguë, en arguant comme prétexte que les gens n’ont pas compris. Alors on reprend les référendums en espérant que les gens vont se lasser et finir par se rendre, sans se soucier des frais que cela engendre. C’est un manque de respect et véritablement du harcèlement que de faire des référendums à répétition sur un thème refusé.

Je déplore que les politiciens ne comprennent pas le NON, tout comme les violeurs ne comprennent pas le NON. Quand ils comprendront enfin, ils changeront leur ligne de pensée et proposeront enfin d’autres avenues possibles et respectueuses de la population. »

Cette phrase m’a particulièrement interpellé: Je déplore que les politiciens ne comprennent pas le NON, tout comme les violeurs ne comprennent pas le NON.

Ça fesse dans l’dash!!!

«Une petite rébellion de temps en temps, c’est comme un orage qui purifie l’atmosphère.»
[Thomas Jefferson]

Je crains que Monsieur Drouin ne prenne ses sources au Tea Party américain, qui reprend cette citation dangereuse dans tous ses discours.

On est pas obligé de tuer des gens pour se rebeller. Un simple référendum peut faire l’affaire.

Bonjour,
Que faire ? Avec deux retentissants échecs en 1980 et 1995 lors de deux référendums perdus par le OUI, comme disait en quelque sorte Monsieur Jean Chrétien, après leur avoir donné la chance d’en faire un second, c’est fini les folies ! Est-ce que les quelques revanchards qui restent au sein des nationalistes québécois veulent aller vraiment à l’abattoir une 3ème fois afin de perdre la face pour de bon, en affaiblissant le Québec encore beaucoup plus qu’il ne l’est maintenant et en lui faisant perdre le peu de crédibilité qu’il lui reste au niveau international, c’est à voir ! Mais en tant que Canadiens, nous avons un immense travail de pédagogie à faire avec les nationalistes québécois afin de les convaincre qu’ils ne peuvent pas du tout passer leur vie radoter et qu’il faut s’assumer, comme Monsieur Lucien Bouchard leur a répété quelques fois. Faire de la pédagogie à rebours du cheminement que les nationalistes prirent au début des années 1960 en leur démontrant avec les arguments requis qu’ils firent FAUSSE ROUTE en ayant été MANIPULÉS par des assoiffés de pouvoir au sein du Parti Québec.
En effet, les tenants de la droite et de l’extrême droite veulent plus de décentralisation et ce sont les les Nationalistes québécois qui sous un faux vernis de gauche veulent affaiblir l’État Central.
Le Canada est déjà décentralisé à la limite extrême. Le Québec a beaucoup plus de pouvoir a l’intérieur du Canada que l’Allemagne et la France dans Maastricht. Afin de fonder l’Union Européenne de Maastricht, les pays membres ont acceptés de céder des pouvoirs à un organisme supra-national qui gère l’ensemble hétéroclite de cette diversité. Et tous les pays choisirent à l’unanimité cette devise de Maastricht, celle de l’Union Européenne de : UNIS DANS LA DIVERSITÉ.
Cependant, il faudrait à tout le moins politiser les nationalistes québécois afin qu’ils soient CONSÉQUENTS ! Car quelle était cette politique du NEVER TOO BIG en étant les principaux artisans du libre échange avec les États Unis contre la volonté de la plupart des Canadiens avec leurs amis Conservateurs et pro-américains de Monsieur Brian Mulroney ? Et quelle était cette lubie intérieure péquiste du NEVER TOO BIG en voulant fusionner les municipalités du Québec ? Le tout en tenant un autre discours de l’autre côté de la même bouche du SMALL IS BEAUTIFUL ! Arrêtez vous les péquistes car la coupe est pleine et vous nous étourdissez de votre inconscience.
De plus, avec de la bonne volonté des deux parties ,il serait tellement facile par la pédagogie de faire la démonstration que le projet de la Cause Nationale ne TIENT PAS LA ROUTE. Le lendemain d’un hypothétique OUI, est-ce que l’on déménage le Québec loin dans l’Atlantique afin de protéger sa culture et sa langue contre le reste de l’Amérique du NORD ? Fanfaronnade, n’est ce pas ! Le Québec désormais indépendant et affaibli sera à la merci encore plus des chaînes de télévision américaines en consommant leurs films comme maintenant. Rien ne changera sous le soleil excepté le fait d’être drôlement plus FAIBLE ET VULNÉRABLE aux deux immenses voisins, soit le Canada et les États Unis. Et si les nationalistes québécois étaient capables de RÉFLEXION au lieu de continuer à jouer dans ce vieux film en noir et blanc de la technique du COUTEAU SUR LA GORGE, soit la menace d’un référendum futur que plus personne ne prend au sérieux dans le reste du Canada.
En outre, tout en se plaignant du CARCAN Canadien, les nationalistes québécois ont été les artisans de leur propre enfermement en tant que la société soi disant distincte, mon oeil, en se prêtant au jeu de l’ALENA où ils se sont CADENASSÉS à double tour dans le GIRON AMÉRICAIN. A quel prix sortir du Canada est une chose, mais à quel prix le Québec à GENOUX va t’il pouvoir se libérer des GRIFFES DE L’AIGLE AMÉRICAIN ? En m’excusant de faire de la pédagogie tout à fait contraire à celle du Père Gédéon…..
Finalement, si comme dans cette chanson de mon ami Plume Latraverse qui disait : Si on se mettait tous ensemble, afin de faire une p’tite chanson, une p’tite chanson qui nous ressemble….JAMAIS CONTENTE COMME DE RAISON…Une p’tite chanson JAMAIS DE SA FAUTE, UNE P’TITE CHANSON RIEN QUE POUR NOUS AUTRES…..Quelques mots qui démontrent un profil évident ! Avec plaisir, John Bull.

J’ai lu quelque part ce matin que Gilles Duceppe était, pour le moment, le leader le plus inspirant pour les souverainistes.

Sont vraiment rendus à scratcher le fond du baril nos séparatistes…

Le dernier dimanche d’octobre 1996,un an après la victoire du non,une marche à saveur orangiste fût organisé à Québec par Guy Bertrand. Ce défilé d’anglos a été très mal accuellie par les Québécois.

Cette marche rappelait celle des Orangistes à Drumcree,comté d’Armagh (Irlande du nord) qui a lieu chaque année. Ils ne sont jamais revenus et on ne veut pas les revoir défiler pour nous rappeler notre défaite et le vol référendaire.

Tentative aussi de reconstituer la bataille des plaines.Comme les orangistes célébrant la bataille de la Boyne qui eut lieu en 1690(Boyne parade) Cette fois ci suite à la célébration une grande soirée festive était prévu.Les anglais auraient dansé sur nos tombes en buvant de la Canadian…Ça aussi cela n’a pas passé et ils ont reculé.

Pour moi cela fait partie des lendemains du non.

Bonjour,
Ah que Oui ! Plus besoin de sortir aller au cinéma ou bien voir une pièce de théâtre alors que plein l’écran de télévision sur les chaînes de nouvelles continues est relayé en boucles le triste spectacle de tous ces gamins nationalistes qui dans la dérision totale s’entre-déchirent dans l’Agora en lançant plein de leur infecte boue ainsi que leurs frustrations dans le ventilateur…..Trop cons et trop imbéciles de faire le jeu de ceux de leurs adversaires potentiels ! Quoi dire que ce déni animant aussi les gamins nationalistes plus âgés qui s’indignent et poussent des cris d’orfraies quand nous les Canadiens nous affirmons que la Cause Nationale depuis le début a louvoyé dans la confusion totale et que la question référendaire de 1995 était confuse comme tout le reste dans les démarches nationalistes depuis le tout début ? Et les nationalistes québécois de répliquer que c’est Nous qui n’avons pas COMPRIS !
Finalement, puisque la tendance se maintient, que dire de cette sortie patriotique de 50 jeunes péquistes de ce matin qui affirment contrairement aux bonzes du Bloc Québécois et du Parti Québécois que les deux partis nationalistes se tirent dans le pied un et l’autre car l’UN dit une chose et l’AUTRE son contraire ! Et le pire, ce sont des jeunes faisant la leçon aux vieux encroûtés de la CAUSE DITE NATIONALE. Monsieur Gilles Duceppe dans les congrès de son parti afin de fouetter les sangs et les flancs des nationalistes en déroute hurle haut et fort qu’il n’y a plus rien à faire avec le Canada qui n’est pas réformable et que seulement le Grand Soir pourra enfin nous délivrer du carcan Canadien. Alors, qu’est-ce que vous faites là bas en Ontario, vous les BLOQUISTES ? Et comme si ce n’était pas assez,Madame Pauline Marois et le Parti Québécois disent tout à fait le contraire du Sauveur Suprême sur la COLLINE ! Oui, bien sûr, je veux dire la Colline Parlementaire d’Ottawa. Et oui, en parlant de rapatrier des pouvoirs d’Ottawa à la pièce en espérant que les nationalistes s’en satisfassent avec l’autonomisme de Feu Maurice Duplessis et par après la cassette de l’Action Démocratique du Québec et son rapport Allaire…… Et dire que tous ces honnêtes gens veulent se faire un Pays à leur IMAGE….Avec plaisir, John Bull.

Surtout ne nous rabaissons pas à leur niveau. Lisez leurs commentaires, que voyez-vous? Que ressentez-vous?

Une certaine honte, une gêne à la limite du supportable devant l’étalement de la bêtise. La seule chose que nous devons craindre, c’est la bêtise.

Dans leur désarroi, ils espèrent nous entraîner dans leur marasme idéologique, leur propre capitulation intellectuelle face au réel.

Tenons-nous le plus loin possible de leurs procédés, restons dignes, compatissants, solidaires.

Soyons constructifs, imaginatifs, calmes dans la tempête, forts, unis dans le combat pour la justice, le développement et la paix.

Vive la liberté!

Au fait, les fédéralistes du PLQ n’ont pas encore signé l’adhésion du Québec au torchon constitutionnel de 1982 ?

Pourquoi ?

Doris Lussier voyait juste sur beaucoup de points dans son analyse du 21 juin 1978 des caractéristiques du niveau de conscience politique de la population francophone du Québec.

Mais il a eu grandement tort de sous-estimer l’amour-propre, qui continue toujours d’exister malgré tout dans le coeur des gens, et les capacités de compréhension de la réalité des enjeux politiques de la population des francophones de souche du Québec et des néo-québécois francophones qui se sont bien intégrés au Québec (quand on leur parle clairement, sans langue de bois et sans entourloupette),

en conseillant stratégiquement aux péquistes d’être intraitables envers les québécois francophones non-péquistes, qu’ils soient nationalistes, sympatisans fédéralistes ou autres (afin que ceux-ci se sentent coupables de ne pas être d’ardents défenseurs de la cause comme devrait l’être tout bon péquiste ou du moins tout véritable québécois francophone, et qu’ils se sentent comme des exclus, des étrangers à la cause, qui sont à proscrire et, en dernier recours, pourquoi pas tant qu’à y être, à bannir du vrai peuple québécois, du NOUS les québécois).

D’où le pernicieux sentiment de fausse légitimité et de supériorité sociale des troupes de choc péquistes, de la période pré-référendaire de 1994-95, dans l’accolement d’étiquettes assassinement méprisants envers leurs concitoyens non-péquistes.

Une attitude humainement inacceptable et essentiellement répréhensible de non-savoir-vivre-ensemble qui perdure, continue de se nourrir et s’exprime plus ouvertement ou plus sournoisement, selon l’individu, pleinement encore aujourd’hui chez de nombreux péquistes de tous les niveaux, qui crée une inquiétante, malheureuse et irréparable brisure, dans le tissu social québécois et que les écrits de Jean François Lisée contribuent, à mon avis, subtilement, insidieusement et même amicalement à alimenter et à raviver.

N.B.: Soit dit en passant, je préfère de beaucoup l’approche franche, beaucoup plus humaniste et non politicienne de Joseph Facal à l’approche dite stratégique à la Doris Lussier, Jean François Lisée et compagnie, que suit encore, religieusement, une bonne partie de la mouvance péquiste de tous les niveaux.

Jean François Lisée a, selon moi, choisi d’emprunter le chemin préconisé par Doris Lussier dans sa lettre publiée le 21 juin 1978 aux pages 10 et 11 du Journal de Montréal. C’est son choix mais ce n’est pas le mien ni celui de Joseph Facal j’en suis certain. Je ne vois pas du tout d’ailleurs Lisée et Facal faire équipe. Ils ne sont manifestement pas de la même eau.

Je sais qu’en parlant de Jean François Lisée de cette façon je touche quelqu’un que plusieurs auditeurs, commentateurs et autres aiment bien, mais je sens le besoin de dire ici clairement et ouvertement ce que je pense.

L’opinion défavorable que j’ai du chemin emprunté par Jean François Lisée et pour le biais, stratégique-et-pour-la-cause, que ça lui fait prendre, ne lui enlève pas cependant ses nombreuses qualités que je reconnaient et que j’apprécient.

Bonjour,
Et pour Monsieur Benoit Rousseau et son commentaire de 7.26 heures. Vous allez sur Google et vous cliquez sur Proverbes et Citations. Il y en a pour les fins comme pour les fous, soit plus de 430 variétés de situation ou vous pouvez choisir dans le gros lot ce qui semble convenir afin de paraître avoir du contenu en jouant au petit chien savant. Et oui, et si au moins le tout était approprié car les patriotes de 1837-1838 en devenant les Grits sont aujourd’hui nos libéraux fédéraux actuels….Avec plaisir, John Bull.

Bonjour,
Et si possible, comment ne pas se souvenir des tristes sorties épistolaires de Monsieur Raymond Lévesque qui écrivit il y a de cela 50 ans avant que son nationalisme le dévore : Quand les hommes vivront d’Amour. Et ce Monsieur Raymond Lévesque au printemps de 1995 envoya plusieurs textes aux différents quotidiens d’alors afin de supplier le Parti Québécois de passer immédiatement une loi afin d’interdire aux immigrants de voter au référendum à moins que cela fasse plus d’une vingtaine d’années qu’ils vivent ici et qu’après avoir suivi des cours obligatoires sur l’Histoire du Québec et tout probablement celle des Jésuites ou version ultra-nationaliste.
Finalement, en voulant montrer la toute puissance du nationalisme et de son ressentiment, dire que ce prolifique auteur que fut Monsieur Raymond Lévesque avant les années 1960, cet auteur de cette magnifique et rassembleuse chanson d’Amour que fut : Quand les hommes vivront d’amour….oui et dire que Monsieur Raymond Lévesque dévoré par son nationalisme a fait la démonstration par l’absurde que le nationalisme, et oui, C’EST BIEN PLUS FORT QUE L’AMOUR ! Et par la bande, sa magnifique chanson perdit quelque peu de son éclat, de son lustre à vrai dire…Au plaisir, John Bull.

@john Bull

Parlant de citations, vous connaissez ce lancinant mantra du conservateur-libéral, Jean Charest, depuis qu’il est en politique : « Le fruit n’est pas mûr ? »

Il n’a pas l’air d’un chien savant, mais d’un piteux pitou.

Pour demeurer dans le thème proposé par le Blogueur, il faut admettre une fois pour toute que même si le référendum de 95 à secoué le ROC, le Canada de 2010 ne bougera jamais pour les raisons suivantes:

1- La loi de la Clarté Référendaire si judicieusement créée par le très illustre M. Stéphane Dion (pour paraphraser M. Bull) garanti un filet de sécurité au Canada puisque cette loi oblige de respecter des conditions qui ne seront connues qu’après un référendum (quelle belle leçon de démocratie),

2- La Nation Distincte adoptée par M. Harper a été un immense compromis et le Canada ne veut pas aller plus loin,

3- Le Canada est en guerre contre les méchants séparatistes et TOUS les moyens sont bons pour gagner, y compris le non-respect des lois (financement de 1995), les mensonges et la corruption montée en système,

4- Les bataillons de fédéralistes agissent comme des mercenaires et inondent les différents blogues d’une propagande bien orchestrée et souhaitent « secrètement » la disparition de certains blogueurs pour progager leur vérité,

5- L’endoctriment massif et bien structuré des nouveaux arrivants leurs laissant croire qu’un Québec indépendant les retournera subito presto dans l’enfer qu’ils ont laissé.

6- Le Bloc québécois qui divise les forces souverainistes, rassure les québécois et donne une si belle raison au ROC de nous détester.

Nous vivons donc aujourd’hui les conséquences du NON de 1995. Ce que nous voyons c’est: Corruption généralisée du Pouvoir fédéral et provincial, empiètement dans les champs exclusifs de la province du Québec, scission du Québec en deux groupes diamétralement opposés, désintéressement à la politique, etc…

Et dire que des gens croient encore que le « Love in » était sincère.

Alors dans l’optique de régler ce dossier une fois pour toute, mettons ce Gouvernement dehors, éliminons le Bloc Québécois, élisons un parti indépendantiste, posons une question simple « Voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant » et obtenons la plus grande majorité possible.

et arrêtons d’avoir peur.

Gagnons ou acceptons de disparaître.

Une victoire cela se célèbre,alors pourquoi les fédéralistes ne fêtent-ils pas leur victoire référendaire en ce 15e anniversaire ?

Peut-être qu’ils ont honte de leur victoire, comme un manque de fierté, lorsque l’on sait que l’on a triché…

@ Lange:

« …posons une question simple “Voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant”… »(sic)

100% d’accord avec vous et lorsque les Québécois vous auront répondu NON pour la troisième fois, le parti séparatiste québécois devrait avoir la décence de reconnaître le choix du peuple et de se saborder.

Bonjour,
En réplique amicale à Monsieur Jean François Coté, nous les Canadiens n’avons pas besoin de célébrer pour tout ou pour rien en faisant quelquefois passer des défaites pour la travestir en victoire morale pour se faire croire que l’on existe encore en essayant de courir les feux de la rampe….Avec plaisir, John Bull.

@ François 1

Parfait, si les Québécois répondent NON pour la 3ième fois et que le camp fédéraliste joue franc jeu pour la première fois, nous devrons accepter.

Mais comme vous savez comme moi que ni l’un ni l’autre n’arrivera (voir mon point # 3)…

Surprenant que le ROC qui aime tant que ça payer pour NON services sociaux qu’il ne peut lui-même s’offrir,
Surprenant que le ROC qui ne peut pas nous blairer, nous traite d’enfant gâté,
Surprenant que le ROC qui exerce maintenant une forme directe de racisme envers le Québec,

Mais pourquoi tient-il donc autant à nous garder et utilise t’il toutes les stratégies (même les illégales).

Me semble que moi, si j’étais le ROC, je te foutterais le Québec à la porte avec un coup de pied à la bonne place

Mais non… « Canada includes Quebec whatever she wants it ». ÇA, c’est un mystère pour moi.

Sans doute pour la raison avancée par Bull, que les disciples du fédéralisme « rentable » n’évoquent jamais l’absence de signature du Québec au bas du torchon constitutionnel de 1982 et se tiennent cois.

Comme Bull lui-même l’explique : «en faisant quelquefois passer des défaites pour la travestir en victoire morale pour se faire croire que l’on existe encore en essayant de courir les feux de la rampe…»

Héhéhé

Je ne questionne pas la qualité, la rigueur et la transparence de la démarche de Lisée, je trouve seulement qu’elle est, comme je trouve qu’elle l’est pour une grande partie de la mouvance péquiste, plus ou moins colorée, selon l’intervention du moment, par la stratégie de Doris Lussier.

Comme le sont sa personnalité plutôt raffinée et son attitude »relax » et pausée, le language de Lisée est feutré et ses textes, tout en étant d’abord étudiés et calibrés pour son public pro-souverainiste, restent ouverts et invitent même les nationalistes-autonomistes et les fédéralistes à toutes les critiques. Et c’est en permettant ainsi à la critique de s’exprimer de même que par le respect qui transpire généralement de ses textes pour les opinions adverses que Lisée attire la sympathie. C’est indéniablement un bon vendeur du projet d’indépendance du Québec.

C’est cependant sa démarche de promotion et de vente du projet d’indépendance du Québec que je trouve être d’une qualité, d’une rigueur et d’une transparence moyennement acceptable.

Et c’est là que je dis que Lisée et Facal ne sont pas de la même eau et que Lisée a adopté la stratégie de Lussier, de même que Parizeau et la plupart des autres d’ailleurs, parce, qu’entre autre, Lisée évite, comme tous les autres, stratégiquement selon moi, d’aborder et même de seulement évoquer les longs et coûteux efforts et sacrifices que la population du Québec devra consentir et se préparer sérieusement à faire tout au long des 4, 5 ou 6 décennies suivant l’indépendance.

Même si elle a été publiée il y a plus de trente ans (le 21 juin 1978), cette stratégie a manifestement marquée, est restée enracinée et influence de façon significative, encore aujourd’hui, jusqu’aux nouvelles générations de péquistes.

Mis à part les péquistes réfléchis, réalistes, et qui ont développés une certaine sagesse, une certaine compassion pour les humains de toute appartenance, un sain vouloir-vivre-ensemble dans le respect de la différence et souhaitablement une patience salutaire,

tous les moindrements purs et durs (les péquistes plus ou moins teints foncés, qui n’ont, pour certains, que leurs convictions politiques pour les soutenir et les motiver dans la vie) ont un comportement et des réactions quasi-stéréotypées qui se ressemblent, ils ne sont pas du tout étapistes, ils se nourrissent et vivent de politique, ils s’enflamment à la moindre expression d’une opinion contraire ou qui diffère de la leur et ils veulent tous qu’un référendum soit tenu dès le premier, sinon au plus tard au cours du deuxième mandat du prochain gouvernement péquiste. La seule pensée que l’indépendance du Québec ne puisse peut-être pas se réaliser à court ou moyen terme leur est presqu’insupportable et ils combattent avec l’énergie du désespoir et condamnent sans merci toute expression d’une telle possibilité

Je remplace le 5ième paragraphe de mon commentaire précédent # 23 par celui-ci :

Même si elle a été publiée il y a plus de trente ans (le 21 juin 1978), cette stratégie de Doris Lussier s’est implantée, s’est profondément enracinée et influence de façon significative, encore aujourd’hui, cela se comprend aisément, jusqu’aux nouvelles générations de péquistes.

Bonjour, monsieur Lisée.

Ah oui, les leçons du référendum de 1995, dites-vous ? Ah souvenirs, souvenirs… J’en aurais long à dire là-dessus.

Ma leçon numéro un, car je ne me ferai pas prendre au dépourvu une deuxième fois: il faut savoir marcher et mâcher de la gomme en même temps.

Marcher ? C’est-à-dire choisir clairement (pour une troisième fois !), entre l’unité du Csnada et l’indépendance du Québec. Mâcher de la gomme ? C’est-à-dire polémiquer avec une pugnacité ÉGALE contre les boutefeux de part et d’autre: en les groupant toujours par deux quand on attaque, et en attaquant en priorité là où les effets de miroir entre les deux sont les plus flagrants.

Pour prendre l’exemple le plus basique, M. Lisée, entre 1995 et 2000, si vous fouillez dans les columnists, les militants, les politiciens, en français comme en anglais, du Devoir au National Post, vous ne devriez avoir aucune difficulté à trouver maints exemples cete MÊME tromperie – volontaire ou non – proférée de part et d’autre: « Il n’y pas polarisation » (ou termes voisins).

Mais ce n’est pas tout, il s’en faut. L’usage FRAUDULEUX du mot « polarisation » est aussi un must, quoique plus rare. Toujours entre 1995 et 2000, vous devriez trouver DE PART ET D’AUTRE des cas de ce même truc verbal: l’usage du mot « polarisation » pour désigner un seul pôle: soit les seuls séparatistes, soit les seuls fédéralistes. Autrement dit, le contraire exact du mot « polarisation », qui par définition désigne deux pôles et pas un. (Commencez par scanner Derrienic d’un bord et J. Legault de l’autre). Si l’on y tient, on peut dénoncer, par exemple, « l’extrémisation » du camp adverse, car ça peut très bien arriver ; mais à moins d’être FALSIFIÉ, le mot « polarisation », lui, concerne l’interaction malsaine entre les DEUX pôles.)

Et peu importe que ce truc rhétorique soit sciemment appliqué par un stratège ou au contraire, commis en tout aveuglement par un « benêt de bonne foi »: il présente de toute façon deux avantages. Un: avoir un nom d’oiseau tout neuf à asséner à l’ennemi fédéraliste ou séparatiste, et deux: bloquer toute critique de la polarisation par des modérés de l’un ou l’autre bord. Entre 1995 et 2000, vous allez trouver ce MÊME trucage rhétorique, ce MÊME mensonge, sous la plume de fédéralistes comme de séparatistes.

Mais il y a mieux encore. D’après mes souvenirs, vous devriez aussi trouver des polémistes de part et d’autre qui usent du même ILLOGISME. À savoir: vilipender et fustiger les « moutons » de leur camp respectif (« moutons » chez Josée Legault, « lamb lobby » chez William Johnson) tout en niant avec la dernière énergie, avec la plus vertueuse indignation, qu’il y ait dans ce même camp une aile « pure et dure » (ou « extrème », ou « fanatique »). Ben là… ! Qui c’est qui me parle, moi là ? S’il y a un lobby des moutons, alors c’est forcément qu’il y en a un des faucons ! (Ou des lamproies, si l’on préfère. Attaquer les uns et nier dans le même souffle l’existence des autres, c’est l’affirmation simultanée de deux contraires. Et si cet oxymoron passe au nez et à la barbe du lecteur, alors il devient – sciemment ou non, toujours – un INSTRUMENT DE POLARISATION redoutable entre les mains du boutefeu fédéraliste ou séparatiste qui s’en sert.

Autre chose encore. En fouillant bien, monsieur Lisée, vous devriez également, d’après mes souvenirs, trouver une trajectoire joyeusement symptômatique. Et là, je ne parle ni de Lucien Bouchard passant de fédéraliste à indépendantiste, ni de Jean Lapierre passant de bloquiste à libéral fédéral. Car le ‘trasformismo’, comme disent les Italiens, c’est une chose ; et la trajectoire dont je parle, c’en est une autre. Là, il s’agit de passer de l’aile LA PLUS EXTRÊME du séparatisme – celle prônant, par exemple, l’élection référendaire, ou séparation uninominale à un tour – à l’aile LA PLUS EXTRÊME du camp fédéraliste: celle prônant que le NON gagne dans tous les comtés où il est majoritaire, quel que soit le résultat du référendum.

Donc en fouillant bien, monsieur Lisée, vous devriez trouver aussi un exemplaire de cette bibitte-là: quelqu’un qui serait passé sans transition de séparatiste extrême à fédéraliste extrême. Mais qui donc, me demanderez-vous ? Ah, bien là, c’est vous le journaliste.

Mais répétons-le: passer de fédéraliste conditionnel à indépendantisre conditionnel, comme le fit Bouchard, c’est une chose ; et passer de l’aile fanatique du séparatisme à l’aile fanatique du camp opposé, c’en est une autre. Ou pour citer un nom plus prestigieux – et une autre époque – Winston Churchill « traversant la Chambre » de conservateur à libéral et retour, c’est une chose ; et Oswald Mosley passant de conservateur trompettant à New Labour (à gauche du Labour Party), c’en est une autre. (Pour ne rien dire de ce qu’il fit ensuite).

Voilà, j’en ai terminé pour tout de suite.

Vous aurez compris que ces quelques éléments ne constituent qu’un détail du tableau d’ensemble, que j’ai un long écheveau à dévider. Mais first things first: j’ai commencé par m’attaquer à cette partie de la rhétorique ennemie qui me coupait la parole, puis le ‘bonus’ de l’énergumène aux deux extrêmes. En guise d’introduction, pour ainsi dire, ou de réchauffement. Comme disait un leader du Parti d’action (Natalia Ginzburg, je crois): «Le silence est une maladie mortelle.» Et là, j’ai fini de me taire.

Et je vous dis: à bientôt, sur cette tribune ou sur une autre.

Réponse à M. Pelletier-Rsmt, qui écrit :

« tous les moindrements purs et durs… ont un comportement et des réactions quasi-stéréotypées qui se ressemblent… ils se nourrissent et vivent de politique, ils s’enflamment à la moindre expression d’une opinion contraire ou qui diffère de la leur… »

Et ça, ce serait censé s’appliquer aux seuls séparatistes et pas aux fédéralistes ? Elle est bien bonne. De toute évidence, nous n’avons pas vécu le même référendum. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

Même encore aujourd’hui, quinze ans plus tard, on trouve des traces évidentes de la partisanerie maladive des uns et des autres. Par exemple, parmi les commentaires sur ce 15ème anniversaire du référendum, vous trouverez quantité de rappels par des fédéralistes des tripatouillages douteux des séparatistes (bulletins de vote éliminés, etc) et quantité de rappels par des séparatistes des tripatouillages douteux des fédéralistes (dépenses incontrôlées, citoyenneté accordée à la vitesse de la lumière, etc). Mais la troisième thèse, la plus vraisemblable, la plus plausible, à savoir qu’il y a eu évidemment tripatouillage de part et d’autre par des militants fanatisés, cette thèse-là a beaucoup plus de difficulté à se frayer un chemin !