1995 Versant Non: De l’apathie au désarroi

À l’automne 1993, le futur vrai chef du camp du Non de 1995, Jean Chrétien est porté au pouvoir à Ottawa. Il n’a que 33% du vote québécois, et encore bien moins de votes francophones – 49% du total des votes se porte sur le nouveau Bloc Québécois, souverainiste.

Devant Lucien Bouchard qui dirige, Oh my God!, l’opposition officielle aux Communes, Chrétien se pose néanmoins à nouveau en interprète de la volonté québécoise.  Le Parti québécois, porté au pouvoir en septembre 1994, prépare-t-il un nouveau référendum sur la souveraineté ? Don’t worry, be happy, chantonne le premier ministre Chrétien, assurant chacun que la victoire fédéraliste est certaine.

15 ans déjà !
15 ans déjà !

(Fragments de 1995 – 15 ans déjà depuis le référendum du 30 octobre 1995. Pour éclairer cette période de forte intensité à laquelle je fus mêlé, je vous présente pendant quelques jours des fragments de cette période, des pistes pour comprendre et tirer des leçons, peut-être, pour la prochaine fois….)

Lorsqu’en début de campagne référendaire de 1995, l’homme d’affaires Claude Garcia affirme qu’il faut « écraser » les souverainistes, il ne divague pas.  Il reflète l’État d’esprit ambiant dans l’équipe Chrétien (et celle des libéraux provinciaux).  Leur objectif stratégique est, non seulement de remporter la victoire, mais de gagner une victoire décisive, qui casserait les reins au mouvement souverainiste pour longtemps.  Un résultat à la 60-40 pour le Non, comme en prévoit notamment un des sondeurs embauchés par le gouvernement fédéral, Alain Giguère de Crop (début octobre, il prévoit sur les ondes de la CBC que le Oui va finir vers 40% et a une chance d’atterrir dans les 30%).

Non seulement la victoire est-elle certaine, pense le premier ministre Chrétien, mais elle établira la permanence de la constitution de 1982, donc de la construction d’un pouvoir fort, celui d’Ottawa, et d’un pouvoir faible, celui de Québec et des provinces.

Pendant toute l’année qui précède le référendum, il ne s’inquiète pas, mais prend bien soin de faire déferler sur le Québec une vague de publicités procanadiennes qu’un document fédéral confidentiel remis à la presse désigne comme « subliminales ».

Le gouvernement québécois et ses alliés procèdent, eux aussi, à des dépenses pré-référendaires, non réglementées par la loi sur les consultations populaires.

Les initiatives fédérales pendant la campagne

Commence la campagne référendaire proprement dite.  Le gouvernement québécois, et le camp du Oui, respectent scrupuleusement le plafond de dépenses fixé cette année-là à 5 millions de dollars pour chacun des camps.  Le gouvernement fédéral continue sa campagne de publicité et les opérations de ses créatures favorables à l’unité canadienne, dont le Conseil pour l’unité canadienne, en contravention de l’esprit de la loi québécoise sur la consultation populaire.

Interrogé sur cette pratique qui fait pencher la balance financière en faveur d’une option – à même les impôts de Québécois pourtant aux opinions diverses–, le président du Conseil du Trésor, Marcel Massé, explique que le gouvernement fédéral a le droit de le faire, qu’il le fait, et qu’il entend le refaire au besoin.

Ce qui est remarquable, par rapport à 1980, est l’agressivité déployée par le gouvernement fédéral pour mettre argent et institutions au service de la cause fédéraliste, puis le sans-gêne avec lequel ces entorses aux principes démocratiques ont été ensuite défendues par des membres éminents du gouvernement.

Par exemple, on apprendra qu’un alors mystérieux groupe nommé « Option Canada », créé le 17 septembre donc deux semaines avant le déclenchement de la campagne référendaire, a obtenu du gouvernement fédéral à cette date cruciale 4,8 millions de dollars, ce qui doublait presque d’un coup le budget disponible pour le camp du Non.

Sheila Copps: la promesse de recommencer...
Sheila Copps: la promesse de recommencer...

La ministre responsable, Sheila Copps, faisant semblant de ne pas comprendre que cet argent a été dépensé pendant la campagne, a adopté comme ligne de défense que le camp du Oui avait procédé à des dépenses avant la campagne.  Plus fondamentalement, Mme Copps a plaidé le droit de dépenser les fonds publics pour aider sa cause : « Si on m’accuse d’avoir dépensé de l’argent pour sauver mon pays, alors je plaide coupable », a-t-elle dit.

Derrière cette barricade, le cover-up d’Option Canada a tenu bon depuis jusqu’à ce que les journalistes et auteurs Normand Lester et Robin Philbot obtiennent moult documents retraçant les dépenses de l’organisme pour leur livre de 2006 Les Secrets d’Option Canada. Le Directeur général des élections du Québec ordonne une enquête qui conclut que en mai 2007 qu’« Option Canada et le Conseil pour l’unité canadienne ont dépensé illégalement environ 539 000 $ durant la période référendaire d’octobre 1995 ». Notez cependant l’importante nuance: ces sommes ont été dépensées illégalement parce qu’elles ont transité par des entités québécoises, donc soumises à la loi québécoise. Les sommes, beaucoup plus importantes, dépensées directement par le gouvernement fédéral ne sont pas jugées « illégales ».

Elles seront cependant jugées a posteriori répréhensibles par la Cour suprême du Canada. Dans un jugement rendu en avril 1997, à la suite d’une contestation menée par l’ex-chef du Parti Égalité, Robert Libman, la Cour offre rien de moins qu’une ode à la pureté des intentions démocratiques du législateur québécois:

L’objectif de la loi est d’abord égalitaire en ce qu’elle vise à empêcher les éléments les plus fortunés de la société d’exercer une influence disproportionnée en dominant le débat référendaire par des moyens supérieurs. Il s’agit en quelque sorte d’une égalité de participation et d’influence entre les tenants de chaque option.

En second lieu, du point de vue de ceux qui votent, le régime vise à permettre un choix éclairé en s’assurant que certaines positions ne soient pas enterrées par d’autres.

Finalement, et de façon connexe, le régime vise à préserver la confiance de l’électorat dans un processus démocratique qu’il saura ne pas être dominé par la puissance de l’argent. Les dépenses des comités nationaux sont soumises à un plafonnement afin que les tenants de chaque option disposent de moyens financiers équivalents pour s’adresser à la population. La limitation des dépenses en période référendaire est primordiale pour garantir le caractère juste et équitable de la consultation populaire.

Force est de constater qu’en 1995, le pouvoir fédéral a totalement foulé aux pieds les principes d’équité référendaire pourtant célébrées par leur propre plus haute cour. En plus des dépenses fédérales directes (publicité, etc), l’enquête du DGE a établi que Option Canada et le Conseil pour l’Unité canadienne ont dépensé 11 millions de dollars avant et pendant la campagne référendaire.

Une opération coûteuse, et pas rentable

Beaucoup de sous, peu de votes!
Beaucoup de sous, peu de votes!

Vers la fin de la campagne, alors que les sondages annoncent l’impensable — une victoire possible du camp du Oui – le ministre fédéral terre-neuvien Brian Tobin lance l’idée de tenir une super-manifestation du Non quatre jours avant le vote.  Six ministres du gouvernement fédéral prennent une part active à son organisation. Cette initiative ne présente aucune difficulté, sauf pour le fait que les sommes qui y sont investies crèvent de très loin – de quelques millions de dollars — le plafond des dépenses autorisées par la loi québécoise et sont pour plusieurs effectuées sans l’obtention de l’autorisation du camp du Non – du moins de son autorisation officielle.  Des autobus sont affrétés gratuitement, des billets d’avion sont presque donnés par centaines.  Des plaintes seront déposées après le référendum contre 80 personnes et 11 entreprises (mais aucun élu) par le Directeur général des élections du Québec, selon lequel ces dépenses ont « porté atteinte à la démocratie au Québec » en « rompant l’équilibre des dépenses qui doit exister entre les deux camps ».

Cependant, en termes d’impact, l’opération Manifestation de l’amour fut pour le moins décevante pour le camp du Non. Les sondages quotidiens, dévoilés depuis, tenus par les camps du Oui et du Non convergent: ce soir là, l’impact de la manifestation fut négative pour le camp du Non, qui perdit un point de pourcentage au profit du Oui. On peut cependant poser l’hypothèse que les tenants du Non, qui avaient jusque-là connu plusieurs déconvenues, furent revigorés par la manifestation et que cet afflux d’enthousiasme a participé à leur succès, lui inquantifiable, de sortie de vote deux jours plus tard.

M. Tobin et ses collègues ont réagi en disant que si c’était à refaire, « je le referais ».  Les accusations portées par le DGE ont dû être retirées lorsque la Cour suprême a invalidé certaines des dispositions de la loi québécoise, tout en en vantant les principes généraux.

L’utilisation politique de la citoyenneté

Autre grande initiative fédérale pendant la campagne référendaire : l’extraordinaire accélération de la délivrance de certificats de citoyenneté aux immigrants Québécois en attente de naturalisation.   Comme l’a noté le journaliste Pierre O’Neill, du Devoir, cet emballement bureaucratique avait débuté dès l’élection du Parti Québécois en 1994, car le nombre de nouveaux citoyens n’était en 1993 que de 23 800, mais a bondi à 40, 500 en 1994, puis à 43 850 en 1995, grimpant de 84% en deux ans.

La ministre de l’époque, Lucienne Robillard, comme sa successeure Elinor Caplan, affirment qu’il s’agit là d’une politique courante, visant à « accélérer le traitement des demandes de citoyenneté avant la tenue d’élections et de référendums, peu importe la juridiction concernée ». Et de donner l’exemple des élections fédérales, de récentes élections en Ontario et en Colombie Britannique.

Dans le mois précédant le vote, en octobre 1995, la bureaucratie fédérale de l’immigration faisait cependant des miracles,  naturalisant 11 500 personnes en quatre semaines, soit un quart des naturalisations de l’année, un bond de 250% par rapport au mois précédent, de 300% par rapport au même mois de l’année précédente, de 440% par rapport au même mois de 1993.  Jamais une telle augmentation n’a été enregistrée avant l’élection ontarienne, tenue en juin de la même année.

Dans La Presse, en 1996, grâce à la loi d’accès à l’information et au recherchiste Ken Rubin, Chantal Hébert a mis au jour plusieurs notes de service fédérales internes qui témoignaient de l’effort « gigantesque », selon une de ses sources, mis en œuvre pour l’occasion.

D’abord l’opération était coordonnée quotidiennement par les plus hauts fonctionnaires du ministère de l’immigration, qui n’ont pas l’habitude de veiller à la routine.  Ensuite, non content d’accélérer le traitement de demandes de naturalisations déjà déposées, Ottawa a ouvert la porte et fait franchir toutes les étapes à 3600 demandes nouvelles pendant le mois précédant la date finale d’inscription sur la liste électorale, le 20 octobre. Les certificats devant être approuvés au centre national de traitement de Sydney, en Nouvelle-Écosse, des services de courrier 24 heures (autres que Poste Canada) furent embauchés. Finalement, et c’est probablement la pièce à conviction la plus convaincante du caractère exceptionnel de l’événement : des fonctionnaires d’Immigration Canada furent obligés de travailler le samedi et le dimanche !

Ce qui amenait la journaliste à mettre en doute la véracité des propos du ministre Sergio Marchi, qui avait affirmé pendant la campagne référendaire que « la façon dont nous traitons les demandes de citoyenneté au Québec à la veille du référendum n’est pas différente de la façon dont nous agissons avant toutes les élections provinciales. »  Les vérifications de Mme Hébert démontraient que rien de tel n’avait été orchestré en Ontario et en Colombie-Britannique.

Cela signifie certes que le Québec a eu droit à plus que sa part d’effort fédéral en 1995, mais cela n’invalide pas nécessairement l’existence d’un effort, réel mais moins acharné, lors d’autres scrutins. Nous sommes toujours disposés à donner le bénéfice du doute aux représentants de Sa Majesté et avons donc vérifié le caractère systématique de l’application de cette politique au cours des dernières décennies.  Cela s’avère extrêmement instructif.

Il y eut effectivement accélération du nombre de naturalisations à partir du moment où le Parti libéral du Canada a repris le pouvoir en 1993.  Cette augmentation est nette dans trois provinces qui ont eu des élections pendant la période : le Québec en 1994, l’Ontario en 1995 et la Colombie-britannique en 1996.  Ensuite, on constate un relâchement considérable du rythme des naturalisations.

À bien y penser, il y a une surprenante corrélation entre l’effort de naturalisation pré-électoral et la présence à Ottawa d’un gouvernement du parti libéral.  Chaque fois qu’ils y sont, et qu’ils préparent des élections, les chiffres sont à la hausse.  Lorsque les conservateurs, au contraire, sont au pouvoir, leurs élections sont précédées d’une… baisse du nombre de naturalisations.

Tiens tiens.  Pourrait-il y avoir un rapport entre ces variations et le fait que les nouveaux citoyens du pays votent d’une façon très disproportionnée en faveur du Parti libéral du Canada ? L’empressement gouvernemental à pousser la machine, même au moment d’élections provinciales, aurait-il un rapport avec la propension des néo-canadiens de voter en très large part pour les partis libéraux provinciaux ? Cela expliquerait que les conservateurs, conscients de cette détestable habitude qu’ont la plupart des néo-Canadiens de ne pas voter pour eux, renversent cette politique chaque fois que leur chef emménage au 24 Sussex.

En creusant encore un peu la colonne de chiffres, on se rend compte que l’opération citoyenneté de 1995 avait un ancêtre : une fluctuation tout à fait semblable, à partir de l’élection du Parti Québécois de novembre 1976.  En 1977 on se délie les jambes: 5 400 naturalisations de plus que l’année précédente. En 1978, on prend de l’élan : 28 200 de plus.  En 1979 : les conservateurs prennent le pouvoir, plaquent les freins, et réduisent le rythme de 20 000. On observe, à compter de 1980, un retour à une vitesse de croisière plus habituelle, ce qui démontre qu’un effort d’accélération artificiel avait bel et bien été effectué.

Bref, tout indique qu’il y a, comme l’ont dit Mmes Robillard et Caplan, une politique systématique d’accélération des naturalisations avant les scrutins.  Il s’agit d’une politique appliquée avec constance… mais seulement lorsque le gouvernement est d’obédience libérale.  Coïncidence, cette politique a pour effet d’aider les partis libéraux, provinciaux et fédéraux, à gonfler leur nombre de partisans au moment des élections, notamment dans les trois provinces où l’immigration est la plus importante : l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique, et où les libéraux tentent de conserver ou de prendre le pouvoir. Jamais elle n’avait été aussi frénétique que dans le mois qui a précédé le référendum de 1995. (La pratique s’est répétée, mais avec moins de fougue, au moment de l’élection québécoise de novembre 1998, déclenchée cependant à un moment où on ne s’y attendait pas.  En novembre, 3900 nouveaux citoyens furent naturalisés, trois fois plus que les mois précédents ou que les mois de l’automne précédent.)

Autre différence d’attitude entre gouvernements libéraux et conservateurs : depuis la fin 1993 – donc alors qu’on craint, pour l’année suivante, l’élection du Parti Québécois –., les nouveaux citoyens reçoivent une lettre signée de la main du ministre Sergio Marchi qui les exhorte à défendre les principes de la démocratie « tout en contribuant à l’édification d’un Canada fort et uni ».  Cette formulation n’apparaissait pas dans la lettre de son prédécesseur conservateur.

Interrogée en juin 1996 sur ces étonnants gains de productivité fédérale et sur la manipulation politique dont le processus de naturalisation fait l’objet, la ministre responsable, Lucienne Robillard, a tenu la ligne de la non-repentance : « Demain matin, il y aura un autre référendum au Québec, il y aura des élections, nous ferons exactement la même chose. »

À bon entendeur, salut !

(Prochain billet: Lendemains de Non au Oui.)

Ce texte est adapté de mon livre Sortie de secours — comment échapper au déclin du Québec (Boréal, 2000)

Les commentaires sont fermés.

Ces pratiques d’immigration, bien que condamnables dans notre démocratie puisque terriblement partisanes, ne font que souligner l’échec des souverainistes à rejoindre les nouveaux arrivants.

Peut-être les souverainistes devraient-ils songer à couper l’herbe sous le pied des instigateurs de telles mesures: envoyer un certificat de citoyenneté Québécoise à toute la population ainsi qu’aux futurs citoyens. Avec une lettre explicative (dans la langue d’origine du futur résident permanent) sur les enjeux et le bien-fondé de la démarche du gouvernement en place. Question de rééquilibrer les choses: ne seront-ils pas, par la suite, des citoyens d’un nouveau pays advenant la victoire du Oui?

Bonjour,
En ce jour d’aujourd’hui, 15 ans plus tard, avec du recul, ne serait-il pas le temps de se regarder dans les yeux et d’avoir la franchise de tout remettre en question afin de repartir sur une base solide avec de la clarté et de la franchise concernant la question nationale du Québec ! Comme une certaine expression consacrée : A menteur, menteur et demi ! Et si tout le château de cartes monté depuis 1968 par les nationalistes québécois avec le mouvement souveraineté-association en éludant le mot indépendance, nous n’en serions pas là aujourd’hui à pérorer sur le tout.
En effet, tout commence par l’honnêteté ! Si les nationalistes québécois avaient un peu d’honneur, ils saborderaient immédiatement le Parti Québécois car la crédibilité de ce dernier est amochée et ternie à tout jamais car maintenant, les péquistes s’évertuent à fouetter un CHEVAL MORT. Au tout début de la fondation du Mouvement Souveraineté-Association en 1968, j’ai assisté à quelques assemblées juste pour voir en observateur. Et entendre Monsieur René Lévesque dire aux membres du RIN présents afin de les convaincre qu’il ne fallait pas parler d’indépendance car les québécois n’en voulaient PAS. Ce vieux politicien de politique politicienne inventa ce concept fumeux afin que le tout passe mieux la rampe de la souveraineté-association, ce CONCEPT VASELINE avec un trait d’union infiniment important et les nationalistes québécois n’y verraient que du feu.
De plus, les nationalistes québécois se devraient de faire l’aggiornamento requis car ce fouillis, cet embrouillamini, cette fumisterie a assez duré. Le point se devrait d’être fait au plus vite afin que cesse ces pertes de temps et d’énergies qui pourraient être beaucoup plus constructives sur de nouvelles prémisses claires.
Par ailleurs, il faut toujours être deux pour danser le tango ! Dans un climat idéal, les deux parties concernées auraient dû arriver à l’unanimité sur le LIBELLÉ de la question référendaire mais TOUT fut décidé unilatéralement par le Parti Québécois et ses laudateurs. Les Commissions sur l’Avenir du Québec qui durèrent un an avec toute la VISIBILITÉ POSSIBLE des médias afin de faire monter la fièvre nationale n’étaient pas comptabilisées dans les dépenses et croyez-moi, elles durent être astronomiques avec tout le mépris que le tout dégage face à ce que se devrait d’être la démocratie…..Et si votre devise est le Je Me Souviens, vous les nationalistes, souvenez-vous que Monsieur Daniel Johnson avait simplement demandé à l’Assemblée Législative du Québec lors de l’adoption du libellé de la question d’ajouter le simple mot PAYS avant l’adjectif souverain et les ténors du Parti Québécois s’insurgèrent bien évidemment en sachant que d’ajouter le mot PAYS était pour eux trop compromettant en enlevant la nébulosité requise pour que le CONCEPT VASELINE passe mieux la rampe ayant eu peur de la rugosité du simple mot PAYS.
Finalement, quinze années plus tard et certains nationalistes en bavent encore en essayant de mettre tout le tort sur les autres comme si c’était un seconde nature de toujours mettre le tort sur les AUTRES. Face à ce déferlement d’astuces, de magouilles et de tergiversations, le Gouvernement Fédéral et les libéraux avaient-ils le CHOIX ? Et pour moi, bien sûr que NON ! Car à la guerre comme à la GUERRE, n’est-ce pas. Si vous les nationalistes québécois aviez joué franc jeu dès le début dans le respect TOTAL de tous les québécois et non pas une partie seulement d’entre eux, nous n’en serions pas là à extrapoler en ce jour du 30 Octobre 2010. En étant intelligent et surtout responsable, nous nous devons d’apprendre de nos erreurs et errances….. Avec plaisir, John Bull.

Bonjour,
Pas d’accord – et il s’en faut de beaucoup – avec ce que vous avancez dans l’article paru dans Le Soleil du 30 octobre.
La Ville de Québec devrait plutôt être « stigmatisée » comme vous dites et, enfin, se regerder pour ce qu’elle est : une ville de réactionnaires, de conservateurs encroûtés, d’égoistes patentés, et j’en passe.
Pourquoi pensez-vous que la radio-poubelle a tant de succès ici ? Avez-vous déjà entendu la teneur de leurs élucubrations ? Qui peut être assez bête pour avaliser en les écoutant ce que des animateurs ignares et parfaitement incultes leurs vomissent dans les oreilles aux heures de grande écoute ? Qui est encore en train de se lancer sans réfléchir dans une ènième « aventure olympique » ? Qui chiâlent contre les dépenses inconsidétées des gouvernements mais qui se sentent insultés si ces mêmes gouvernements refusent de leur payer un nouveau colisée ? Qui désire un parti encore plus à droite que le PLQ ? Qui répond à un sondage sur un éventuel référendum par 56% de non ? Qui fait construire un monument pour glorifier l’armée ? Etc. etc. etc.
Bienvenue à Québec ! Mais moi, la nausée ne me quitte pas souvent. Et non, ce n’est pas si facile d’aller vivre ailleurs.

Parizeau a eu tellement raison le soir du référendum.

C’est pour ça que rien n’est règlé et qu’il y aura une prochaine. Sauf que là on les connaît.

La démarche internationale de Parizeau fût exceptionelle. Cependant pour la prochaine fois une stratégie contant leur malhonnêteté devra être conçue.

En tout cas Mr.Lisée ce que vous décrivez se doit d`être enseigné un jour dans les livres d’histoire.

Et le plus surprenant dans tous ces faits historiques c’est que les fédéralistes ne paient jamais pour leurs crimes et en sont même récompensés comme John James Charest et son passeport frauduleux.

Les tactiques et stratégies qui agacent:

Voici (plus bas) une lettre de 2 pages d’un de nos plus purs et durs. Elle fut publiée dans le Journal de Montréal (rien de moins) en juin 1978 expliquant que TOUS les moyens sont bons (même les mauvais) pour parvenir à l’indépendance. Il ne faut pas se faire des cas de « conscience » dans l’emploi des moyens.
Des extraits:
« La fin justifie les moyens »

« Chauffer à blanc le nationalisme…faire passer les fédéralistes québécois pour ce qu’ils sont: des peureux, des arriérés politiques…des écrasés d’avance, presque des traîtres. »

« Tout mettre ce qui va mal sur le dos du Fédéral. En le faisant le bouc émissaire de tous les malheurs québécois » .

Le jeu de la vierge offensée est vieux et devenu lassant à regarder.

Qui ne s’attendait pas à la tactique des autobus jaunes remplis de Canadiens hors-Québec et les budgets masqués (de part et d’autre)? Dites vrai ou comptez vous comme naif.

Voici cette lettre qu’un pur et dur croyait utile « à la victoire. »

Citation:
Je ne suis qu’un militant. Je ne suis pas plus fin que les autres, mais j’ai la souveraineté du Québec si fortement structurée dans la tête, chevillée au cœur et chauffée aux tripes, que je crois de mon humble devoir, de dire à mes camarades de combat, les choses que je crois utiles à la victoire. Voici donc quelques réflexions que m’inspire mon analyse de la conjoncture québécoise actuelle.

I-LA FIN (l’ordre de l’intention)

La fin, la raison d’être et la raison d’agir du Parti québécois, c’est la souveraineté du Québec et l’établissement d’un régime social démocrate. Mais en ce moment, dans l’ordre des priorités objectives, la souveraineté passe avant la social-démocratie. Parce que l’être passe avant le bien-être. La social-démocratie, à la rigueur, peut attendre un peu; la souveraineté pas. Ce qui veut dire en pratique, certaines choses.

1- Notre première priorité, dans l’ordre de l’action, c’est d’obtenir un OUI au référendum. Coûte que coûte. C’est un impératif catégorique. C’est le préalable sine qua non de tout le reste.

2- Ce qui implique directement qu’il faut absolument faire en sorte que, au moment du référendum, l’opinion publique nous soit très majoritairement favorable.

3- D’où la nécessité, tout en étant le meilleur gouvernement possible, de consentir à remettre à après le référendum toutes réformes dont le radicalisme, si nécessaire soit-il en lui-même, risque d’en faire un élément négatif, dévastateur au moment du vote. Tout ce qui bouscule le moindrement les habitudes du Québécois moyen, le porte à percevoir défavorablement l’action et par suite l’image du P.Q. Donc, pour les réformes profondes susceptibles de soulever d’importantes contestations ou même une grande insatisfaction, il faut attendre autant que possible après le référendum.

4- Bref, il ne s’agit pas bien sûr, de devenir conservateur : il s’agit de ne pas être progressiste à contretemps.

II- LES FAITS (l’ordre de la réalité)

Ils sont là et nous devons partir de ce qu’ils sont. Or quels sont-ils dans leur bienfaisante brutalité? Ceci je pense:

1- Nous sommes en perte de vitesse, c’est certain. Si nous ne sommes pas des autruches, admettons-le. C’est même heureux, d’une certaine façon, que cela nous arrive à cette phase-ci de notre combat. Parce que ça va nous permettre de réévaluer la situation et de rajuster à temps notre stratégie et notre tactique.

a) La conjoncture économique générale n’est pas bonne, et les Québécois moyens, qui ne sont pas assez politisés pour tout comprendre, ne font pas bien le partage des responsabilités fédérales et provinciales dans tout cela.

b) Pour nous comme pour les autres l’usage du pouvoir produit ces fruits normaux. Le gouvernement a beau faire courageusement tout ce qu’il peut avec les moyens qu’il a, il ne peut contenter tout le monde. De plus, c’est une constante de la psychologie politique, le degré de satisfaction des citoyens pour le gouvernement qu’ils ont élu, n’est jamais aussi grand que le degré d’espérance qu’ils avaient en le portant au pouvoir.

c) Nous avons dû passer des lois nécessaires qui ont soulevé tant et de si longues discussions et permis à l’Opposition de propager tant de sophismes, que, l’ignorance et la simple bêtise aidant, nous avons perdu en chemin plusieurs électeurs qui, à la dernière élection, avaient voté beaucoup plus contre Bourassa que pour le P.Q. et ce qu’il signifie.

2- Deuxième fait. Nous sommes en état de minorité numérique et morale dans l’opinion publique actuelle. Et cela, semble-t-il d’après les sondages (encore que je me méfie de celui de l’IQOP), sur tous les plans : population, souveraineté-association, etc. Il n’y a donc pas de quoi donner dans le triomphalisme. Il s’avère qu’en réalité la reprise de conscience des Québécois était plus superficielle que profonde.

3- Troisième fait. À l’intérieur du P.Q. lui-même on observe un phénomène de démobilisation psychologique inquiétant. Plusieurs sont dans un état de frustration voisin de la démission. Les gars et les filles ont certes gardé que leurs généraux ont oublié d’organiser véritablement leur combat. Ils réclament un plan de bataille, des armes et des munitions. Parce qu’ils n’ont plus le goût, instruits par l’expérience des défaites de 70 et 73, de se battre avec de la broche à foin contre les tanks fédéralistes qu’ils voient déjà en position devant eux. Ils sont prêts à combattre mais pas les mains nues. Il faut les comprendre.

4- Quatrième fait. Il est toujours là et il faut toujours l’avoir à l’esprit. Les Anglos représentent 20 % des votants. Ce qui veut dire que pour avoir une majorité au référendum, il va falloir obtenir bien au-delà de 60 % des votes francophones. Ça se fait si on sait faire une campagne dynamique, mais admettez que c’est une maudite commande.

Les leçons des faits

1- La première grande leçon de ces faits, c’est qu’il nous faut revenir sur le plancher des vaches. Le temps de l’euphorie est fini! Celui du « wishful thinking » aussi. Il faut recommencer toute la bataille. Et ne nous cachons surtout pas qu’elle va être dure. Très dure. La côte à monter est énorme et les moyens de l’adversaire sont puissants. Cela veut dire que nous sommes confrontés avec les impératifs d’une sorte de guerre totale.

2- La deuxième leçon, c’est que nous allons devoir tactiquement consentir, même si c’est à contrecœur, à ralentir la mise en oeuvre de nos grandes réformes et nous contenter de gérer le patrimoine en bon père de famille, en attendant le résultat du référendum. C’est frustrant, mais il le faut.

3- La troisième leçon, c’est qu’il va falloir utiliser le pouvoir au maximum pour faire de la propagande souverainiste. Sans quoi nous perdrons sûrement le référendum et vraisemblablement ensuite le pouvoir. Devant l’action concertée du gouvernement fédéral, des grosses compagnies et de leur propagande multimillionnaire, nous n’avons pas d’autre choix que de contrer leur effort par des moyens égaux. Attendons-nous au déluge; ils vont tout sortir; publicité terrorisante, dollars, peut-être provocation systématique, tout…Si de notre côté nous n’avons pas la prudence élémentaire de faire le plein de nos moyens de combat, nous sommes foutus. Pire que ça, écrasés. Nous n’avons pas le droit de risquer une défaite qui nous amènerait des années en arrière et compromettrait peut-être les chances de la souveraineté.

En pratique cela veut dire que le gouvernement doit absolument trouver le moyen direct ou indirect de nourrir l’intendance, mot élégant pour désigner le vulgaire mais désespérément indispensable pognon. Je connais et respecte l’opinion de ceux de nos camarades qui croient politiquement imprudent, voire immoral, d’utiliser l’argent du public à des fins de propagande souverainiste-préréférendaire. Mais il me semble que ces scrupules, si nobles soient-ils, perdent leur raison d’être devant l’attitude du gouvernement fédéral lui-même qui ne se gêne pas, lui, pour faire de la propagande fédéraliste à même l’argent du même public. Pourquoi faudrait-il que nous, nous soyons obligés de rester toujours vierges et qu’eux, ils auraient la liberté de fourrer tout le monde? La guerre, c’est la guerre, comme les affaires sont les affaires : il faut accepter la loi du combat. Si notre pureté devient un purisme, nous risquons de sombrer dans l’angélisme qui est l’autre nom de l’impuissance.

Quand la vie d’une nation est en jeu, le choix des moyens n’est pas dicté seulement par la conscience pure, mais aussi par ceux qu’emploi l’adversaire. Et quand on est en état de légitime défense, les bons moyens, ce sont ceux qui donnent la victoire. Il y a même certains cas où, comme dit l’autre, « non seulement la fin justifie les moyens, mais elle les ennoblit. »

4- La quatrième leçon des faits, c’est qu’il va falloir chauffer à blanc le nationalisme québécois, avec tous les moyens à notre disposition, subtilement mais de façon constante, quotidienne et massive. Ce travail devra être fait non par le gouvernement mais par les instances du Parti de concert avec les mouvements nationalistes. À cette fin, il faut établir et maintenir un contact intime et suivi avec les troupes de choc du mouvement nationaliste. Une armée faite des seuls généraux ou des francs-tireurs, ça mène à rien sinon à la pagaille.

5- La cinquième leçon, c’est l’urgence de tout ça. Il faut une planification quasiment para-militaire de la campagne. Et au plus sacrant. Il ne faut pas attendre que la campagne officielle du référendum soit ouverte. Si on laisse les fédés prendre trop d’avance – ce qu’ils sont en train de faire sous nos yeux – nous ne les rattraperons pas. Et puis les campagnes de rattrapage, ça sent toujours la défaite.

6- La sixième leçon des faits, c’est que le gouvernement et le Parti doivent quitter la défensive à la pièce et reprendre l’offensive générale. En propagande, la meilleure défense, c’est l’attaque. Il faut faire passer les fédéralistes québécois dans l’opinion publique pour ce qu’ils sont, des peureux, des arriérés politiques, des poids morts que la nation traîne à ses pieds comme des boulets qui retardent sa marche vers la liberté, des écrasés d’avance, presque des traîtres…mais sans jamais en nommer un seul. Quant aux indécis, il faut arriver à leur donner mauvaise conscience de ne pas monter dans le train de la liberté. Tout ça à froid, sans rhétorique patriotarde ni masses en l’air, sur le ton serein du tranquille bon sens.

III- Les Moyens (L’ordre de l’action)

« Les bons principes mal appliqués sont aussi catastrophiques que les mauvais principes. » (Jacques Maritain)

L’action, ça veut dire deux choses : la stratégie, qui est faite dans les bureaux par l’état-major; et la tactique, qui est appliquée sur le champ de bataille par les combattants.

1- LA STRATÉGIE

C’est à ceux qui sont placés assez haut pour voir les ensembles et les grandes perspectives du combat qu’il appartient de les définir. Mais il y en a qui viennent de la nature des choses et qu’il n’est pas nécessaire d’être dans le secret des dieux pour apercevoir. La plus évidente me parait être la suivante : il faut déstabiliser d’avance l’action de l’adversaire et neutraliser son offensive en lui coupant l’herbe sous le pied.

À cet égard, il me parait d’une importance stratégique absolue de faire toute la campagne référendaire contre le séparatisme. C’est la seule façon d’enlever aux fédéralistes ce qu’ils croient – avec raison – être leur arme absolue : la peur. Car il ne faut surtout pas se leurrer là-dessus, les Québécois dans leur grande majorité ont peur du séparatisme. Et la seule stratégie efficace à adopter pour les sécuriser, c’est de faire une campagne spectaculaire anti-séparatisme. Si nous ne faisons pas ça, je suis convaincu que nous ne ramasserons pas plus de 35 % du vote. Il ne faudra pas prononcer le mot indépendance une seule fois…Il faut même faire campagne pour la Confédération, la vraie c’est-à-dire une association d’égal à égal d’États souverains. Un traitement d’égal à égal, les Québécois vont acheter ça, la perspective d’une séparation, jamais. Ceux qui ne croient pas ça, ne connaissent pas l’opinion québécoise. C’est la certitude d’une association qui enlève aux Québécois leur peur de la souveraineté. C’est sur ce sentiment qu’il faut absolument jouer. Qu’on aime ça ou non. La seule façon au Québec de faire l’indépendance c’est de ne jamais en parler. C’est bête mais c’est comme ça. Et on ne bâtit pas une stratégie sur ce qu’on voudrait qui soit, mais sur ce qui est.

Il y a autre chose qui me parait s’imposer. Il va falloir nous assurer la collaboration active du mouvement syndical. Les grosses compagnies, on s’en fout : de toute façon elles sont fichement contre nous. Mais les syndiqués nous n’avons pas les moyens de ne pas les avoir de notre côté au référendum. Il faudra avoir cette donnée de fait à l’esprit au cours des prochaines négociations du secteur public et parapublic.

2- LA TACTIQUE

1- Tout mettre ce qui va mal sur le dos du fédéral. En faire le bouc émissaire de tous les malheurs québécois. À ceux qui trouveraient le truc un peu gros, je rappellerai que le satrape Duplessis gagnait toutes ses élections avec ça. Vous allez me dire que c ‘est de la démagogie…Et puis après. Devant toutes les cochonneries que les fédés se préparent à sortir, la galanterie de la guerre en dentelles n’est plus de mise. Comme disait Bossuet quand il était chaud : All out.

2- Avertir d’avance le peuple des provocations géantes qui vont être faites, sans aucun doute, pour faire peur au monde. Énumérer quelques-unes à même l’édifiante histoire récente de la merveilleuse G. R. C. C’est efficace ça aussi.

3- Produire le plus tôt possible et envoyer dans tous les foyers québécois un petit « Catéchisme de la souveraineté-association » expliquant d’une manière très simple et accessible à tout le peuple les avantages de la souveraineté-association et les inconvénients du fédéralisme actuel. Exemple entre dix : dans un système où les Anglais sont 75 % et les Québécois 25 %, on est toujours perdant.

4- Inonder le territoire francophone d’affiches et de slogans souverainistes. Je vous parle par exemple d’immenses panneaux le long des autoroutes disant : À bas le séparatisme! Vive la souveraineté-association! Et d’autres qui rappelleraient les citations des ex-premiers ministres du Québec! « Nous voulons ravoir notre butin » (Maurice Duplessis), « Maintenant ou jamais maîtres chez nous » (Jean Lesage), « Là où est notre liberté, là sera notre patrie » (Daniel Johnson) pour montrer la continuité dans la lutte du Québec pour le pouvoir politique.

CONCLUSION
La souveraineté pour la nation, c’est une question de vie ou de mort. Pour nous, le problème est aussi simple que tragique : c’est être souverain ou ne pas être du tout. Cela justifie, et commande, que nous mettions dans la bataille tous les moyens que le pouvoir met à notre disposition. Ce ne sera pas trop. «

«Sergio Marchi is a Canadian diplomat and former politician. Marchi was born in Argentina to an Italian family who subsequently emigrated to Canada.»

C’était un immigrant qui distribuait les passeports canadiens permettant aux immigrants de voter contre nous au nom de la démocratie canadienne! Bienvenue au Canada réel.

Pour celles et ceux qui en ont besoin, prenez connaissance que la lettre cité plus bas était signée de la main de Doris Lussier.

@John Bull

Mon cher petit (J’allais encore dire Erwan, bizarre) John, êtes-vous en train de nous dire que les fédéralistes étaient les seuls intervenants sincères et les seuls détenteurs de la vérité. Oh lala, mon petit John, là vous beurrez épais. Quand j’étais tout petit, lorsqu’un énergumène disait une énormité on lui rétorquait : «vas dire ça aux pompiers, ils vont t’arroser» et tout le monde s’esclaffait et parlait d’autres choses ou écoutait des propos sensés.

Alors, mon petit John, je vous le dis aujourd’hui: «allez raconter ça aux pompiers, ils vont vous arroser.»

» TOUS les moyens sont bons, (même les mauvais) ».

Merci d’avoir rajouté « même les mauvais », autrement nous n’aurions jamais compris que « TOUS » les moyens incluaient implicitement les bons et les mauvais.

Ce « un des plus purs et durs » semble être un illustre inconnu. En tous cas, il le restera jusqu’à ce qu’il soit « enfin démasqué ». On mettra pas un homme là-dessus…

Ne parvenant pas à dénicher quelque commentaire récent digne de réprobation, vous nous déterrez un brûlot de 1978, de source inconnue, paru dans le j.de m. (rien de moins) et, il faut bien le reconnaître, rien de plus!

Pathétique, dans le fond et dans la forme. Faudrait vous concentrer.

Comme dirait Bourdaloue, un brillant avenir se dessine derrière vous.

Je me souviens,

à la veille des élections québécoises de l’automne 2008, Pauline Marois avait mis en garde la population du Québec: « Pensez-y bien, quatre ans ça peut être long. » Comprenons-nous maintenant la justesse de son propos?

Il y a quelques jours à peine, Pauline Marois a déclaré quelque chose comme: il ne s’agit pas tellement de tenir un nouveau référendum que de reprendre celui de 1995, la triche en moins.

Réalisons-nous maintenant l’intelligence de cette femme?

Elle a définitivement la stature d’une chef d’État.

Un Régime fini à l’os
Un mensonge n’attend pas l’autre. Le partie libéral devrait disparaitre. Allons tous ce chercher une carte du partie libéral pour le prendre de l’intérieur deux ou trois cents membres nationnalistes dans chaque circonscription pour en prendre le controle pour le purger.

Bonsoir,
Pauvre Monsieur Drouin, et vous, vos propos sensés, où sont-ils ? Jamais vous en émettez et les seules fois que vous ne faites pas de fautes, c’est en essayant de vous donner du contenu, de la contenance avec les aphorismes et citations que vous essayez d’inclure dans vos ripostes et le plus souvent pour dénigrer ceux qui ne partagent pas votre étroitesse d’esprit… Mais coudon, faites vous une fixation sur mes propos dont la seule importance est celle que vous leur donner et rien de plus……Avec plaisir, John Bull.

Bonsoir,
Et un immense merci à xmy556a pour sa contribution afin de lever certains voiles. En me souvenant de cette missive de Feu Doris Lussier que j’avais lue à l’époque et qui était disparue de mon écran radar. Et entre vous et moi, j’ai fait une faute intentionnelle en écrivant donner au lieu de donnez juste pour voir s’il y a un correcteur de texte dans la salle. Et merci à tous, John Bull.

@xmy556a

Bon, j’ai bien compris que le texte dont faites référence est de Doris Lussier. C’est très bien, merci. Mais où commence et où fini cette lettre ? Est-ce tout le texte au complet ou juste une partie qui est de Doris Lussier ? Il est tout de même important que le lecteur puisse savoir exactement à quoi s’en tenir.

Merci

@R2D2

Doris Lussier! Notre Père Gédéon, avec sa blague à tabac, en vessie de cochon.

Personnage bien sympatique, divertissant.

Doris Lussier était sincère dans son élan. Tel qu’il le mentionne dans son introduction, ce dernier s’adressait à ses compatriotes à titre personnel. Il a livré le fond de sa pensée, sans retenue, dans la transparence. Mais ses propos n’engageaient que lui personnellement.

Pour ma part, je dirais à Bossuet: »Quand on est chaud, tourner sa langue et bien tenir sa plume ou se relire à jun, avant de publier ».

Les paroles s’envolent, les écrits restent.

Paix à ton âme cher Doris, que Dieu te garde Bossuet.

@ Denis Drouin

C’est le texte entier et intégral de sa lettre que le Journal de Montréal accepta de publier le 21 juin 1978 au pages 10 et 11.

Le 2 mai 1980, le journal Le Devoir de Montréal diffusait un lettre de réplique dont l’auteur est l’ami de Doris Lussier, le père Georges-Henri Lévesque, que voici:

« Mon cher Doris,

Vous m’avez souvent rendu, à la radio, à la télévision et dans vos écrits, de bienveillants témoignages qui m’ont toujours vivement touché et dont je vous reste vivement reconnaissant. Vous m’y félicitez d’avoir été pour vous un professeur éclairant, un bon patron et surtout un « excellent maître à penser ».

Il y a plus d’un an, on rendait public votre Mémoire sur la tragédie du Parti québécois. Cet étrange document a provoqué un étonnement général dans la population, la gêne chez vos partisans ainsi mis à nu et, dans de nombreux milieux qui vont s’élargissant, une réprobation indignée.

Face à vos propositions pour le moins douteuses, beaucoup se demandent – et me demandent – quelle sorte de maître à penser j’ai bien pu être pour vous et – ce qui est plus grave – si je suis actuellement d’accord avec vos procédés stratégiques.

Ma discrétion silencieuse étant de plus en plus considérée comme une approbation tacite ou complice, je crois devoir, en toute justice pour les inquiets et pour moi-même, publier aujourd’hui les remarques que je vous ai déjà faites privément.

Même si c’est avec beaucoup de regret…et cum tanto dolore, je ne puis que vous blâmer, comme tant de gens le font, y compris vos meilleurs amis. Amicus Plato, sed magis amica veritas!

Qu’il soit bien entendu, au point de départ, qu’il n’est aucunement question de contester le choix de votre option politique. Là-dessus, je respecte entièrement votre liberté tout comme j’exige le respect de la mienne. Vous connaissez bien, d’ailleurs, mes attitudes démocratiques à cet égard.

Très exactement, c’est votre façon (stratégie) de promouvoir votre option que nous réprouvons. Comme Eugène, Maurice, Jean et tant d’autres me l’ont fortement exprimé, j’estime aussi que cette façon frise une malhonnêteté intellectuelle qui est loin d’être votre marque, qu’on n’attendait pas de vous, qui est indigne de vous.

Vous qui vous définissez ailleurs comme un « intellectuel voué à la recherche sincère et incessante de l’objectivité et de la vérité » et qui priez les autres « de garder leur âme inconditionnellement disponible à la vérité », comment pouvez-vous trahir si froidement cette vérité, et conseiller à vos collègues de leurrer notre bon peuple, en l’approchant hypocritement, en lui voilant astucieusement votre visage de social-démocrate et d’indépendantiste?

Personnellement, je n’ai pas d’objection à la social-démocratie, mais je ne cherche pas à m’en cacher, moi. D’autre part, je suis contre l’indépendance du Québec, en même temps que pour un fédéralisme renouvelé, et je le proclame ouvertement. Pourquoi vous, voulez-vous jouer à la cachette? au camouflage? à la fausse représentation?

Jugez-vous, vous-même, en vous relisant. Je souligne vos expressions les plus significatives :

« La fin, la raison d’être du Parti québécois, c’est la souveraineté du Québec, et l’établissement d’un régime social-démocrate (ce n’était donc pas d’abord un bon gouvernement ?) Notre première priorité dans l’action, c’est d’obtenir un OUI au référendum, coûte que coûte… D’où la nécessité de remettre à après le référendum toutes les réformes dont le radicalisme si nécessaire soit-il en lui-même, risque d’en faire un élément négatif et dévastateur… Il me parait d’une importance stratégique absolue de faire toute la campagne référendaire contre le séparatisme… La seule façon de faire l’indépendance au Québec, c’est de ne jamais en parler… Il faut utiliser au maximum le POUVOIR pour faire de la propagande souverainiste… (même) le désespérément indispensable pognon » (les fonds publics).

« Il va falloir chauffer à blanc le nationalisme québécois, avec tous les moyens à notre disposition, subtilement, mais de façon constante, quotidienne et massive ».

Ce qui veut dire : cultiver chez nous le fanatisme, ce pourrissement de l’intelligence et du cœur que vous avez jadis si valeureusement combattu à mes côtés.

Machiavel pourrait être fier de vous! Duplessis aussi, lui que, dans ce document, vous proposez maintenant comme modèle après l’avoir tant méprisé.

Malhonnête morale aussi. Vous écrivez :

« On est en état de légitime défense (oh!). Les bons moyens, ce sont ceux qui donnent la victoire. Il y a même certains cas où, comme dit l’autre (qui? ), où non seulement la fin justifie les moyens, mais elle les ennoblit. »

Pas les faux, mon cher. Encore du Machiavel! On dirait que vous n’avez retenu de mon cours de morale et technique de l’action… que la technique!

Vous allez encore plus loin :

« Il faut tout mettre ce qui va mal sur le dos du fédéral. En faire le bouc émissaire de tous les malheurs québécois. Il faut faire passer les fédéralistes québécois pour ce qu’ils sont : des peureux, des arriérés politiques, des poids morts que la nation traîne à ses pieds comme des boulets… des écrasés d’avance, presque des traîtres. »

C’est vraiment très gentil pour vos compatriotes comme Trudeau et compagnie, pour vos confrères et amis les Maurice Lamontagne, Eugène Bussière, Jean Marchand, Arthur et Marcellin Tremblay, l’Honorable Robichaud, le père Cormier, pour André Laurendeau etc… et pour moi-même. Merci.

Nous nous consolons en constatant que votre texte ne porte guère plus de respect envers le grand Bossuet, à la mémoire duquel vous portez une boutade disgracieuse et vulgaire… que vous auriez dû laisser au père Gédéon!

Mon cher Doris, il est bien regrettable que vous ayez commis un tel écrit. Il semble avoir malheureusement trop influencé vos leaders. Mais ce qui m’attriste le plus, c’est que vous êtes la première victime. Je souffre toujours beaucoup des blessures que mes amis s’infligent à eux-mêmes.

Sans doute, trouverez-vous cette lettre assez dure, mais je la devais à l’honneur de notre vieille amitié. Je crois aussi que votre vieux maître avait le droit de vous écrire ainsi. J’espère que vous ne m’en voudrez pas et que je resterai toujours « le père » comme je ne cesserai pas de vous considérer comme un fils.

En toute amitié, Georges-Henri Lévesque, o.p., le 2 mai 1980 »

Fôtes de frappe, désolé:
« C’est le texte entier …. aux pages 10 et 11. »

« Le 2 mai 1980, le journal Le Devoir … une lettre de réplique «

Bonjour,
Encore merci à xmy556a pour avoir glissé cette missive du Devoir dans le billet. Et ce qui confirme entièrement que toutes les astuces déployées depuis 1968 par le Parti Québécois et ses radicaux suivis par tout le Mou qui de toute façon suivait advienne que pourra. Et nous constatons que ce n’est pas pour rien que pour combattre l’effet Bouchard qui fit monter les appuis au projet fumeux de plus de 10 % en une seule nuit. Pas fort ! Les fédéralistes se sont vraiment fait prendre à court de moyens quand Monsieur Lucien Bouchard arriva dans le décor trois semaines avant le référendum de 1995 en tant que leader. Sondages après sondages, nul n’avait anticipé que les nationalistes québécois pouvaient dans l’émotion nationale plutôt que par la raison devenir les caribous de la Canapiscau ! Et pris de court, bravo à Ottawa qui prit les grands moyens afin de protéger les québécois contre eux-mêmes et ce, malheureusement…..Le Père Gédéon avait toute une flopée de disciples. Au plaisir, John Bull.

@xmy556a

Ce que l’on peut concluse de cette lettre de Doris Lussier, c’est qu’elle a été suivi par … les ultra-fédéralistes.

@R2D2

À propos de la lettre ouverte du père Georges-Henri Lévesque au sujet du mémoire présenté par le citoyen Lussier sur la « tragédie » du Parti Québécois. Telle que publiée dans le journal Le Devoir « de Montréal » (rien de moins).

Hors propos,il existe également des assaisonnements qui se nomment « beefsteak » de Montréal, à conseiller. Sans oublier la sainte flanelle ou « canadian habs », les habitants canadiens de Montréal et bien sûr le grand classique « c’est dans les rues de Montréal ».

Le texte de mon frère Doris a été publié le 21 Juin, 1978, il y a de cela plus de 22 ans. Bon! Tant qu’à déterrer les morts, aussi bien que ce soit un soir d’Halloween.

Ce que j’ai trouvé intéressant dans la réplique de G.H. Lévesque, c’est le moment qu’il a choisi pour lui répondre, soit le 2 mai, 1980, donc 18 jours jours seulement avant le référendum, mais 23 mois après la parution du texte de son « fils ».

23 mois, c’est très près de deux ans. Mais G.H. choisit d’écrire « il y a plus d’un an ». Je me suis demandé pourquoi ce dernier avait préféré plus d’un an, à presque deux ans ou deux ans. Se pourrait-il que le maître se soit dit que les gens se demanderaient alors pourquoi avoir attendu tout ce temps pour sermonner l’élève.

Ainsi, 18 jours précédant le vote référendaire, la réplique cinglante expose la coulpe de la brebis égarée, au grand jour. Justement au moment même où le camp du oui dénonce les fourberies du fédéral qui mène la charge avec l’artillerie lourde des mensonges et demi-vérités. Et oui, ils ont loué la totalité des grands panneaux publicitaires partout au Québec. Plus un seul panneau disponible pour le camp du oui.

Les fédéralistes ont fait exactement ce que Doris avait suggéré aux souverainistes dans son mémoire du 21 juin, 1978.

Le moment précis choisi pour la publication de la réponse de G.H. Lévesque n’était ni fortuit, ni anodin. Les fourvoyeurs avaient leur caution, une carte dans leur manche et le bon père a choisi de servir la cause des colonisateurs en publiant sa réplique 18 jours avant le vote. Un oui voudra dire non et un non voudra dire oui…

L’homme de l’église, le maître, a choisi d’ignorer les écrits de la Bible « que ton non soit un non, que ton oui soit un oui ». Il s’est rangé dans le camp de Machiavel « just watch me » Trudeau.

En matière de trahison, l’homme d’église, le maître, a totalement éclipsé le disciple.

Mon frère Doris, bien que tu n’aies pas été parfait, la traîtrise n’était pas ton fait, repose en paix.

@Daniel Charette

1- re R2D2: c’est xmy556a. Respect, mon garçon.
2- re « Tant qu’à déterrer les morts, » : « À la prochaine fois » et « Vive le Québec libre » hein?

Comme je disais il y a quelques jours, j’aime ta fougue et avec beaucoup de focus, tu ferais de grandes choses.