2011 : tout un branle-bas !

Dans un courriel du début de l’année, le chef néo-démocrate, Jack Layton, décrivait 2011 comme une année décisive. Dans la perspective de possibles élections fédérales, le qualificatif était bien choisi.

Chronique de Chantal Hébert - 2011 : tout un branle-bas !
Photo : A. Wyld / PC

La prochaine campagne électorale pourrait annoncer le début de la fin de la carrière politique de Jack Layton… ou son apogée. Dans la meilleure des possibilités pour le NPD, le prochain scrutin le propulserait dans l’antichambre du pouvoir et en ferait un partenaire incontournable pour un éventuel gouvernement de coa­lition dirigé par les libéraux.

Dans le pire cas de figure, Jack Layton se retrouverait de nouveau à la tête du quatrième parti aux Communes, mais face à un gouvernement majoritaire conservateur. Dans une telle situation, personne ne croit que le leader néo-démocrate serait encore sur les rangs pour un match de revanche dans quatre ou cinq ans.

Mais le leader du NPD ne sera pas le seul personnage politique à jouer sa tête au prochain scrutin. La campagne électorale pourrait ne pas changer radicalement la donne parlementaire, mais elle enverra le signal d’un renouvellement du leadership fédéral et, peut-être, d’un redécoupage du territoire, que se disputent âprement les partis qui se situent à la gauche des conservateurs sur l’échiquier idéologique.

Néo-démocrates et libéraux passeront la prochaine campagne à tenter de se couper l’herbe sous le pied. Déjà, ils ont commencé à esquisser des programmes qui les campent souvent sur le même terrain. Mais à terme, ils sont presque certainement voués à tenter de s’entendre.

Pour que le PLC ait la chance de se réinstaller au pouvoir, Michael Ignatieff devra au minimum remporter une quarantaine de sièges de plus que Stéphane Dion en 2008. Mais même s’il relevait avec brio cet énorme défi, il aurait à peine suffisam­ment de députés pour former un gouvernement minori­taire. Sans la collaboration du NPD, un régime aussi fragile ne serait pas nécessairement viable.

Si, au contraire, à la faveur de la division du vote d’opposition, Stephen Harper remportait son pari de faire élire un gouvernement majoritaire, il serait difficile pour le NPD et le PLC d’escamoter une nou­velle discussion à propos d’un éventuel regroupement sous une bannière commune.

Ce qui est certain, c’est que Stephen Harper et Michael Ignatieff ne cohabiteront pas dans le prochain Parlement ou, tout au moins, pas longtemps. Le parti du perdant devra plus tôt que tard lui trouver un successeur.

En 2011, la fièvre électorale ne sera pas l’apanage de la seule colline du Parlement fédéral. L’Ontario, le Mani­toba, l’Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve-et-Labrador et la Saskatchewan iront tous aux urnes à l’automne. La Colombie-Britannique et l’Alberta changeront de premier ministre. Dans ces deux provinces, des premiers ministres en panne de popularité sont en voie de passer la main à des successeurs.

Et le Québec dans tout cela ? Pour l’heure, rien n’indique que le premier ministre, Jean Charest, soit inspiré par l’exemple de ses collègues britanno-colombien et albertain. Il faut dire que Gordon Campbell et Ed Stelmach ont été poussés vers la sortie par leurs députés respectifs.

Si Jean Charest ne commence pas à remonter la pente d’ici l’été, est-il possible que son parti perde patience ? Ou, dans une hypothèse vraisemblablement plus probable, peut-on croire que le principal intéressé décide qu’il est arrivé au bout de son rouleau de premier ministre ?

S’il faut en croire les son­dages, la prochaine campagne fédérale au Québec s’inscrira sous le signe de la conti­nuité, avec un retour en force du Bloc québécois sur les bancs de l’opposition du prochain Parlement. Le changement – si changement il devait y avoir – ne passera pas forcément par les 75 sièges québécois.

Mais si conservateurs ou libéraux perdent les pro­chaines élections, ce sera au moins en partie parce que le Québec n’aura pas été au rendez-vous de Stephen Har­per ou de Michael Igna­tieff. L’absence québécoise est déjà pour beaucoup dans l’échec du Parti conservateur à remporter une majorité et dans l’insuccès libéral à reprendre le dessus dans les intentions de vote.

Jean Charest, dont la carrière tournait en rond à Ottawa au moment de son recrutement dans l’arène québécoise, en 1998, pourrait-il encore aujourd’hui faire partie de la solution du problème québécois pour l’un ou l’autre des grands partis fédéraux ? Et sinon lui, qui composera la relève québécoise lors du prochain changement de la garde libérale et conservatrice ? On pourrait avoir une partie de la réponse d’ici la fin de l’année.

 

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