Politique

NPD : ouverture à une réforme du mode de scrutin

Dimanche dernier, lors du débat de Montréal entre les candidats à la succession de Jack Layton, plusieurs se sont ouvertement prononcés en faveur d’un mode de scrutin proportionnel mixte et promis, s’ils devenaient chef, de l’inscrire dans la prochaine plate-forme électorale du parti. Fair Vote Canada n’a pas attendu cette rencontre pour se faire une idée. L’organisme qui milite pour une réforme du mode de scrutin a fait parvenir à tous les candidats trois questions pour connaître leurs intentions à ce sujet. Les réponses sont maintenant disponibles.

Fair Vote  leur a d’abord demandé s’ils avaient signé la déclaration pour les droits des électeurs que le groupe met de l’avant. Cette déclaration exige que le système soit plus équitable, reflète réellement la volonté de l’électorat et que les lois soient approuvées par une majorité de députés représentant la majorité des électeurs. Fair Vote a aussi demandé à chacun des candidats si, une fois premier ministre, il lancerait dès son premier mandat un processus de consultation populaire pour rendre le système électoral plus juste et plus proportionnel. Mais advenant l’élection d’un gouvernement minoritaire d’une autre allégeance, ferait-il de cet engagement une condition à son appui à un gouvernement minoritaire?

Les réponses obtenues jusqu’à présent (il ne manquait que celles de Martin Singh) sont fort intéressantes. Niki Ashton, Nathan Cullen, Paul Dewar, Peggy Nash, Thomas Mulcair et Brian Topp approuvent tous la déclaration des droits des électeurs. Ils s’engagent tous, s’ils deviennent premier ministre, à lancer un processus pouvant mener à l’adoption d’un système proportionnel mixte.

Les nuances apparaissent quand il est question des conditions à poser pour appuyer un gouvernement minoritaire. Peggy Nash et Thomas, en particulier, se montrent prudent.

Peggy Nash :

Établir une telle condition préalable avant de se lancer dans un processus de négociation, n’est pas toujours possible. Cependant, je m’engage à ce que l’instauration de la représentation proportionnelle soit une condition prioritaire pour accorder mon appui à quelque futur gouvernement minoritaire. Je pense que cette question devrait être un des principaux sujets abordés pour achever toute entente entre les partis au sein d’un gouvernement minoritaire. Dans le passé, de très importantes mesures ont pu être introduites et acceptées lors de situations où le gouvernement était minoritaire parce que le NPD a pu utiliser son influence. Nous devrions agir de la même façon à l’égard de la représentation proportionnelle si l’occasion devait se présenter.

Thomas Mulcair

Dans le cas d’un scénario d’un Parlement minoritaire, la coopération entre partis politiques requiert de soigneuses négociations et la construction de liens dans des sphères où d’autres essaieront de nous diviser. Je m’engage à faire de la réforme électorale un des pré-requis fondamentaux dans le cas de telles négociations, mais pas une condition nécessaire pour assurer la coopération. Maintenant l’approche de Jack Layton en regard des Parlement minoritaires, je chercherais à obtenir des résultats concrets si tels résultats peuvent être atteints. Malheureusement, la réforme électorale peut ne pas être atteinte dans chacune des constellations de la Chambre des Communes.

Pour l’instant, seulement trois candidats ont présenté un plan précis sur les enjeux de réformes démocratiques, soit Peggy Nash, Nathan Cullen et Brian Topp.