Politique

Les factures impayées d’Octane et les squelettes d’Union Montréal

L’affaire est gênante pour le nouveau maire, Denis Coderre. 

La nouvelle cuvée d’élus montréalais n’a pas encore été assermentée que les scandales de l’ancien régime remontent à la surface. De nombreux médias rapportaient aujourd’hui des détails sur les perquisitions menées l’hiver dernier à l’hôtel de ville, dans six arrondissements et aux bureaux d’Union Montréal.

Aucune accusation n’a été portée contre les ex-membres d’Union Montréal, mais le portrait se précise encore un peu. Pas moins de 27 personnes sont visées par cette enquête portant sur une fraude d’Union Montréal.

Lors de la première campagne à la mairie de Gérald Tremblay, en 2001, Union Montréal aurait contracté une dette de 100 000 $ à la firme de communications Octane.

De 2001 à 2009, les factures impayées d’Octane (connue antérieurement sous le nom de Groupe CJB) auraient été épongées par six arrondissements.

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) a repris l’enquête sur ce stratagème de fausse facturation là où l’avait laissée le Directeur général des élections du Québec (DGEQ), en septembre 2009. J’avais d’ailleurs expliqué dans Le Devoir les détails de cette enquête pénale abandonnée, faute de preuves.

Les policiers de l’UPAC enquêtent sur des allégations de fraude, complot, abus de confiance, fabrication et usage de faux. Pour justifier le paiement de 100 000 $ par les six arrondissements, Octane aurait produit des factures bidon pour des services-conseils, ou encore la production de bulletins d’information.

De tout temps, Octane a nié toute irrégularité dans cette affaire. Un associé principal de la firme, Louis Aucoin, a maintenu encore mardi que «toutes ces factures sont associées à du travail qui a été réalisé».

L’affaire est gênante pour le nouveau maire, Denis Coderre. On passe par-dessus le fait qu’il a recruté le président du conseil d’Octane, Yves Dupré, comme directeur de sa campagne. On passe aussi par-dessus le fait qu’il a pigé abondamment chez les anciens d’Union Montréal, cette formation où il était de bon ton de ne rien voir de la corruption galopante à l’hôtel de ville pendant toute une décennie. Et on passe même par-dessus les liens d’amitié qu’entretient un membre de son équipe, Michel Bissonnet, avec Paolo Catania, un entrepreneur accusé de fraude qui a participé à la collusion à Montréal.

On oublie beaucoup de choses, pour retenir un fait préoccupant. Il y a encore trop de squelettes dans les placards de l’hôtel de ville. Il faut espérer que les enquêtes policières connaissent leur dénouement dans les plus brefs délais.

Pour rétablir la confiance de citoyens, et faire table rase du passé, il faut au moins avoir le cœur net sur le vol allégué des élections de 2001.