Politique

[Chantal Hébert] PKP au PQ : une mauvaise bonne idée ?

L’arrivée sur les rangs des candidats du Parti québécois de l’ex-grand patron de Québecor, Pierre-Karl Péladeau, a de fortes chances de faire autant de vagues au sein du parti gouvernemental de Pauline Marois que dans l’électorat.

Politique

Coup fumant selon les stratèges péquistes, mais coup fumeux pour certains observateurs, l’arrivée sur les rangs des candidats du Parti québécois de l’ex-grand patron de Québecor, Pierre-Karl Péladeau, a de fortes chances de faire autant de vagues au sein du parti gouvernemental de Pauline Marois que dans l’électorat.

1 – Le recrutement de celui que le député de Verchères et aujourd’hui ministre, Stéphane Bergeron, décrivait en 2011 comme «le champion toutes catégories au Québec des locks-out» de la décennie précédente a tout pour hérisser l’aile progressiste du Parti québécois.

Ce n’est certainement pas strictement une stratégie de communications électoraliste qui fait que l’annonce de sa candidature a attendu la conclusion du conseil national du parti ce même week-end.

La Pauline Marois qui présente fièrement son nouveau candidat ce matin est un peu différente de celle qui tapait sur des casseroles lors du printemps érable.

2 – Aucun candidat de l’envergure de PKP ne se lance dans l’arène politique sans garantie d’occuper un poste de premier plan dans un futur gouvernement.

Mme Marois ne manquait déjà pas de coqs dans sa basse-cour ministérielle. Si le PQ remporte le vote du 7 avril, il va y avoir beaucoup de plumes dans l’air du cabinet.

3 – L’exercice du patronat, avec un grand P, n’est pas toujours la meilleure préparation pour une vie en politique même si on siège du côté du gouvernement. Paul Martin et François Legault peuvent en témoigner.

Comme bien d’autres avant lui, PKP va rapidement découvrir qu’il avait davantage de pouvoir comme chef d’entreprise que comme ministre et surtout, dans son cas, davantage d’influence comme patron de presse que comme subordonné aux faiseurs d’image d’un parti.

Pensez au rôle de Québecor dans le débat sur les accommodements raisonnables.

4 – La vie de grand patron ne prédispose pas non plus au rôle de numéro 2 (ou 3 ou 4) au sein d’un parti ou d’un gouvernement. Habitué à donner des ordres sans appel, PKP ne sera vraisemblablement pas heureux longtemps dans l’ombre d’une ou d’un chef.

Mme Marois, mais surtout les ambitieux ministres qui aspirent à lui succéder, ont intérêt à se le tenir pour dit.

P.-S. :  Les journalistes/«mange-séparatistes» de Sun Media — une créature de PKP — n’en sont pas à leur première mauvaise journée, mais celle-ci a un goût particulièrement amer.

* * *

À propos de Chantal Hébert

Chantal Hébert est chroniqueuse politique au Toronto Star depuis 1999. Elle signe également une chronique dans le magazine L’actualité et commente la politique à la radio (C’est pas trop tôt sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première) et à la télévision (Les coulisses du pouvoir à RDI / ICI Radio-Canada Télé et At Issue à CBC). On peut la suivre sur Twitter : @ChantalHbert.