Politique

Les grands (mais surtout les petits) moments de l’élection fédérale de 2015

Des fois, c’est comme si les commentaires du Journal de Montréal se présentaient aux élections.

Amis canadiens, camarades du dominion, nous avons survécu. La campagne tire à sa fin.

Ce ne fut pas sans heurts, sans moments surréalistes, sans déclarations absurdes et sans impression qu’on nous prend pour des épais, mais nous voilà presque de l’autre côté.

Afin d’y penser une dernière fois avant de tout oublier, comme on l’a fait avec nos connaissances des maths 536 après l’examen final, je vous propose ce bêtisier rassemblant les grands, mais surtout les petits moments de l’élection fédérale de 2015.

(Merci beaucoup à Nadine Mathurin pour l’aide.)

Le fait inusité

Elizabeth May ne sait pas faire de vélo. C’est un peu comme si Gilles Duceppe ne connaissait pas le refrain de «Gens du pays».

Les accessoires indispensables

La perche à égoportraits libérale, parce que ce serait triste de ne pas pouvoir rentrer tous tes amis dans ton selfie avec Justin.

perche

Le t-shirt néo-démocrate à l’effigie de la barbe de Thomas Mulcair, aussi appelé le «J’embarbe». À 34,99 $, ça peut sembler un peu cher, mais dites-vous que ce sera peut-être une pièce de collection dans quelques jours.

chandail-barbe

S’il est surprenant que le pas trop funky Parti conservateur ait une boutique, il est encore plus surprenant que le premier produit de leur catalogue soit un très sérieux «bobblehead» de leur chef. Stephen Harper doit avoir approuvé ce produit, puisqu’il y fait des «thumbs up»…

bobblehead

La raison pour laquelle il ne faut pas faire fâcher Justin Trudeau

Quel est le membre des Avengers préféré de Justin Trudeau?

«Je crois que j’aime l’intégrité du Captain America, j’aime l’ingéniosité de Tony Stark, mais ultimement, je crois que je vais choisir Hulk. Il n’hésite pas à exhiber ses sentiments et c’est quelqu’un, qui… je ne sais pas, qui est vert. Nous avons besoin d’un peu plus de vert.»

La taxe imaginaire

Dès la première semaine de campagne, Stephen Harper a pris une position ferme contre une «taxe Netflix», qui augmenterait le prix des services de vidéo en streaming.

Contrairement à «certains politiciens» (pour utiliser ses mots), il s’oppose farouchement à une telle taxe.

Sauf qu’en fouillant un peu, on s’est rapidement rendu compte qu’aucun parti ne parle d’imposer une taxe Netflix. Les Conservateurs ont donc pris une position claire… contre quelque chose qui n’existe pas.

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin? Harper aurait pu se prononcer contre tellement de choses. Le retour des ptérodactyles, par exemple. C’est dangereux, un ptérodactyle. Je ne peux pas croire que «certains politiciens» soient pour ça.

La récupération commerciale de la campagne :

Si je vous dis «spaghetti», «Marco Calliari» et «petite cerise dans le chocolat avec la facture», à quoi pensez-vous? Si vous avez répondu «à la politique fédérale», vous êtes l’étrange public cible des restaurants Pacini.

Sur Facebook, la chaîne de restaurants a décidé de lancer le «Parti chez Pacini». Parce que… parce que… heu… on va se faire un sandwich au beurre au bar à pain et on vous revient avec une réponse.

pacini

La question gênante

Scène surréaliste durant un point de presse du NPD.

– Monsieur Mulcair, êtes-vous le candidat de la gauche dans ces élections?

– «Je suis un social-démocrate qui travaille avec acharnement pour amener de l’avant au niveau social, environnemental et économique des politiques progressistes qui vont aider les gens.»

– Mais êtes-vous de gauche?

– «Je suis le candidat des progressistes à travers le Canada.»

Il fut un temps où une question gênante pour un politicien, c’était «Est-ce que c’est vrai, l’histoire de la cocaïne?» ou quoi que ce soit impliquant des organes génitaux et un porcidé.

En 2015, au Canada, une question gênante, c’est demander au chef du NPD s’il est… de gauche.

La tentative de faire «vrai monde»

Toujours bien au fait de la parole du Québécois moyen, Stephen Harper s’est essayé à la parlure colorée du Bas-Canada, avec l’aisance d’une mauvaise publicité française.

«Les libéraux parlent toujours, beaucoup, de commerce. Mais les gestes ne suivent jamais. Comme on dit parfois au Québec: grosse annonce, p’tit magasin

Si vous êtes LA personne qui dit parfois ça, au Québec, écrivez-nous. Ça nous intrigue.

Quelques jours plus tard, Stephen Harper, toujours sur un high de sucre à force de visiter des Tim Hortons, décide de citer un grand démocrate québécois: Maurice Duplessis

«Tantôt, dans sa ville natale de Trois-Rivières, j’ai dit que des fois quand je regarde l’opposition, il m’arrive de penser que Maurice Duplessis avait raison quand il a dit: “Deux partis c’est assez; un bon et un mauvais”.»

Paraît que si je vote conservateur, on va me livrer un frigidaire neuf.

Le trio

La jeune candidate bloquiste VirJiny Provost a répondu sur internet à la question «Si jamais quelqu’un nuke le monde, quels 3 objets tu ramasses pour survivre?».

Malheureusement, elle n’a pas répondu ce que vous et moi aurions répondu («Des rations pour plusieurs mois, des médicaments bloquant l’entrée d’iode radioactif dans la glande thyroïde et un guide de survie», n’est-ce pas?), et sa réponse est passée à l’histoire avec un très petit h:

«Mon cell, un pénis, ben des chips.»

Le slogan

Le «On a tout à gagner» du Bloc Québécois aura permis de tester la capacité des Québécois qui commentent sur internet à utiliser «a» et «à» correctement. Pas facile. Pas-fa-cile.

On donne quand même un point au Bloc, leur slogan étant à peu près le seul élément de leur campagne qu’ils n’ont pas recyclé d’une campagne précédente.

La ritournelle publicitaire

C’est celle de MAXIME BERNIER! (à dire sur le ton de son jingle), bien évidemment.

Désolé, cette vidéo n'existe plus.

La preuve qu’on s’inquiète pour rien

Sabrina Zuniga, candidate conservatrice de Toronto, tient à nous rassurer quant aux pipelines, au pétrole et tout ça. Après tout, «le pétrole est une substance naturelle. S’il en coule dans l’environnement, le sol va l’absorber

petrole-naturel

Madame Zuniga aurait été parfaite pour un emploi chez TransCanada, mais malheureusement pour elle, il semble que ce soit quelqu’un du parti Libéral qui ait obtenu le poste.

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Ouf! Assez! Assez!

Il manque certainement plusieurs moments à ce bêtisier. N’hésitez pas à faire part des vôtres dans les commentaires.

On se revoit dans quelques jours, avec un nouveau Parlement. D’ici là, «Peace out», comme disent les jeunes.

May