Politique

Nathalie Normandeau et l’UPAC: grosse journée!

Petit récit heure par heure des événements et des réactions de la journée.

Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne
Photo: Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

Ce n’est pas un concierge et deux préposés à l’achat de Post-it dans un parti politique que les agents de l’UPAC ont arrêté ce matin. Oh non!

Au nombre des accusés: les ex-ministres libéraux Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté, quelques anciens dirigeants de Roche, l’ancien maire de Gaspé et un ex-conseiller politique de Pauline Marois.

Boum! comme on dit.

Petit récit heure par heure des événements et des réactions de la journée.


À lire aussi:

Ce que Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté ont dit à la commission Charbonneau


***

7 h 30 — Les agents de l’UPAC cognent à la porte de Nathalie Normandeau. C’est dans sa robe de chambre et en pantoufles, une tasse «Meilleure vice-première ministre au monde!» à la main, que l’ancienne politicienne est allée répondre. Ça réveille.

Démolie, Nathalie Normandeau passera sa journée sur Tou.tv, à «binge-watcher» Unité 9, à la fois pour se détendre et se préparer au pire. «Faire une murale dans la bibliothèque. Ça peut être divertissant, quand même», songe-t-elle.

7 h 45 — Éric Duhaime apprend la nouvelle.

marc-arcand

8 h — À la direction d’ICI Radio-Canada Première, on célèbre: LE jour où c’était une bonne idée de mettre Alain Gravel à l’émission du matin est finalement arrivé!

8 h 30 Brainstorm d’urgence aux communications du PLQ. «Et si Gaétan Barrette insultait quelqu’un?» propose-t-on. Le plan est écarté, et l’on met plutôt en place une solide stratégie de déni et de vivre-dans-un-univers-parallèle.

9 h 20 — Philippe Couillard explique aux journalistes que les présentes arrestations ne disent «rien» sur le parti qu’il dirige aujourd’hui. Tout ça, c’était dans «une autre époque de la politique au Québec», précise-t-il.

Un PLQ complètement différent de celui de 2000-2012, donc, sauf peut-être pour tous les ministres actuels qui y étaient déjà à l’époque, comme Pierre Moreau, Jean-Marc Fournier, Lise Thériault, Stéphanie Vallée, Lucie Charlebois, Francine Charbonneau, Geoffrey Kelley, Julie Boulet, Pierre Paradis, Laurent Lessard, Christine St-Pierre et Pierre Arcand.

Oh! Et Sam Hamad, qui était vice-président du groupe Roche de 1998 à 2003, avant de se joindre au Parti libéral de Jean Charest.

Oh (bis)! Et Philippe Couillard lui-même.

Mais sinon, le Parti libéral d’avant-hier et celui d’aujourd’hui, ce sont deux entités aussi différentes que l’éléphant d’Afrique et le rhinocéros d’Asie.

Le PLQ, c’est le parti qui peut toujours blâmer le PQ, même après 10 ans au pouvoir, mais qui n’a rien à voir avec le PLQ d’il y a trois ans et demi, voyons. Faudrait pas être de mauvaise foi.

9 h 45 — La troupe de boute-en-train de La soirée est encore jeune déterre une déclaration du journaliste Vincent Marissal, datant d’avril 2014.

Marissal

Soudainement, le dénouement du procès semble vraiment, vraiment trop loin.

10 h — «L’espoir de toute une population est enfin récompensé», déclare la chef de Québec solidaire, Françoise David, rappelant que dans la Belle Province, on a les projets de société et les rêves collectifs qu’on peut.

11 h — Éric Duhaime entre en ondes au FM93. Il dit avoir l’impression de vivre un cauchemar. Il est visiblement sous le choc.

Difficile de dire ce qui est le plus gênant: que ta coanimatrice soit Nathalie Normandeau, ou que, malgré le fait que tu couvres l’actualité quotidiennement depuis des années, tu sois quand même surpris quand l’UPAC débarque pour arrêter Nathalie Normandeau.

11 h 15 — Éric Duhaime interrompt son émission pour aller en pause publicitaire. Il cède l’antenne à une publicité du restaurant… Le Pot de Vin. Ça ne s’invente pas.

11 h 30 — En conférence de presse, le commissaire à la lutte contre la corruption, Robert Lafrenière, parle d’infractions «graves» qui «mettent en péril les principes mêmes de la démocratie».

Wow. On se demande combien de billets de Céline Dion ça prend pour en arriver là. Faut être vraiment fan.

12 h 20 — Tous les analystes s’entendent: les arrestations de l’UPAC vont faire très mal au PLQ. Celui-ci pourrait remporter la prochaine élection avec à peine 35 % des voix, plutôt que les 41 % qu’il a obtenus en 2014.

14 h — La juge France Charbonneau envoie un courriel passif-agressif à Renaud Lachance.

14 h 35 — Un budget provincial et une arrestation majeure de l’UPAC le même jour. Ouf! Dans les bureaux du Canadien de Montréal, on songe à mettre l’entraîneur à la porte, juste pour niaiser les journalistes.

15 h — Carlos Leitao tente de se faire arrêter pour remettre le budget au centre de l’attention. «J’ai travaillé fort là-dessus!» explique-t-il aux policiers qui refusent de l’amener au poste parce qu’il vient de traverser Grande Allée sur un feu rouge.

15 h 35 — Au Brésil, Lula da Silva et Dilma Rousseff lisent la nouvelle et s’exclament: «Pfffff! Amateurs!»

16 h — Le nouveau budget du Québec est dévoilé.

boule

17 h — Le Québec termine sa journée avec une étrange impression. Se pourrait-il, pour vrai, que personne ne soit à l’abri du bras de la justice?

C’est ce que nous saurons… à un moment donné, quand tout ce beau monde sera passé devant un juge. Reste à voir si ce sera avant ou après l’arrivée des jet packs, des planches à roulettes volantes et du retour à l’écran de L’auberge du chien noir, pour un «L’ADCN: La nouvelle génération» célébrant les 30 ans de la série originale.