François Legault donne la priorité aux familles nombreuses et aux aînés
Politique

François Legault donne la priorité aux familles nombreuses et aux aînés

Le nouveau premier ministre avait fait de son objectif de « remettre de l’argent dans le portefeuille des familles » une de ses priorités. L’uniformisation de la taxe scolaire et du tarif des garderies subventionnées est cependant remise à plus tard. Tout comme les annonces liées à l’environnement. Tour d’horizon.

QUÉBEC — Les femmes ayant choisi d’avoir plusieurs enfants seront les grandes gagnantes de la mise à jour économique rendue publique lundi par le ministre des Finances, Éric Girard, et le premier ministre François Legault.

La mise à jour, qui comporte quelques mesures très ciblées, vise en priorité les parents de jeunes enfants et les aînés à très faible revenu.

En campagne électorale, M. Legault avait fait de son objectif de « remettre de l’argent dans le portefeuille des familles » une de ses priorités absolues. Il tenait à procéder rapidement.

La mise à jour, au ton nataliste, va en ce sens, en visant à récompenser, à compter de janvier 2019, les femmes qui choisissent d’agrandir leur famille.

Si aucune bonification n’est prévue pour un premier enfant, les familles en comptant trois pourront recevoir quant à elles une allocation familiale supplémentaire de 1 000 $ en 2019, soit 500 $ pour le deuxième enfant et 500 autres pour le troisième. Le soutien financier de Québec passera donc de 1 235 $ à 1 735 $ par enfant, si on choisit d’avoir une famille nombreuse.

Au total, en incluant l’allocation déjà versée pour le premier enfant, une famille de trois enfants pourra recevoir un maximum de 5 942 $, si les parents ont un revenu combiné inférieur à 145 000 $.

Québec calcule que 423 000 familles pourront bénéficier de cette mesure évaluée à 250 millions de dollars par année.

En passant, le programme « Soutien aux enfants » a été rebaptisé « Allocation famille ».

Garderies : pas de taux unique

Sur la question des services de garde, le gouvernement se montre moins pressé, et reporte à plus tard son engagement de ramener le tarif unique dans les garderies subventionnées. Les parents vont donc continuer à payer en fonction de leur revenu.

Le gouvernement se contente pour l’instant de geler temporairement la contribution variable additionnelle attendue en 2019.

Le but, à terme, consiste à indexer annuellement au coût de la vie le taux de base, actuellement de 8,25 $ par jour, a précisé le premier ministre Legault en conférence de presse. Il s’est engagé à respecter sa promesse électorale de revenir au taux unique pour tous les parents, sans égard à leur revenu.

Aînés

Une personne âgée de 70 ans ou plus aura droit à 200 $ si elle gagne moins de 22 500 $ par année.

Le budget de ces personnes sera donc bonifié de 3,80 $ par semaine, un « ajout significatif », selon le ministre des Finances.

Le premier ministre a dit qu’il pourrait se montrer plus généreux envers elles « éventuellement », dans le respect de la capacité de payer de l’État.

Il est inhabituel de voir le premier ministre annoncer en personne la mise à jour économique, un exercice normalement dévolu exclusivement au ministre des Finances.

Fait exceptionnel pour ce genre d’annonce, le gouvernement avait opté pour une conférence de presse tenue dans un hôtel, à laquelle avaient été « convoqués » plusieurs dizaines de citoyens, a dit le premier ministre, qui a reçu des applaudissements.

Véhicules électriques

La mise à jour est cependant très peu bavarde sur les intentions du gouvernement en matière de lutte contre les changements climatiques et les gaz à effet de serre (GES).

À ce propos, Québec s’engage pour l’instant à réévaluer le programme de rabais offert pour l’achat d’un véhicule électrique avant le prochain budget, en mars.

D’ici là, Québec va prolonger le programme actuel, soit 8 000 $ de rabais pour un véhicule neuf et 4 000 $ pour une voiture usagée.

M. Legault a mentionné que les gains dans la lutte contre les GES proviendraient essentiellement du développement du transport en commun. Les annonces viendront ultérieurement.

Taxe scolaire

On s’attendait à voir le gouvernement profiter de la mise à jour pour donner suite à un autre de ses engagements prioritaires : l’uniformisation de la taxe scolaire partout au Québec. Mais ce sera pour plus tard. Il faudra procéder par voie législative, a expliqué le ministre Girard, et la baisse de l’avis d’imposition devrait être pour 2019.

« Toutes nos mesures sont mises en place progressivement », a dit le ministre en conférence de presse.

« L’idée, c’était d’agir maintenant », a renchéri M. Legault, qui était pressé d’annoncer quelques mesures fiscales avant le dépôt du premier budget de son gouvernement, fin mars. Ce n’est qu’à ce moment que les contribuables sauront vraiment où loge leur nouveau gouvernement.

Entreprises

Les entreprises pourront quant à elles profiter de mesures leur permettant d’amortir l’achat d’équipement, le but étant de les inciter à investir.

Celles qui investissent dans certains domaines (informatique, fabrication et transformation de biens, énergie propre et propriété intellectuelle) pourront déduire 100 % de la valeur de leurs investissements dès la première année.

Surplus

Québec prévoit avoir enregistré un surplus de 1,7 milliard de dollars cette année.

Les finances québécoises sont en ordre : le gouvernement dispose d’une réserve en cas de coup dur évaluée à 11 milliards de dollars.

Les revenus consolidés dans les coffres de l’État devraient atteindre 112,5 milliards de dollars en 2018-2019, en hausse de 3,8 % par rapport à l’année précédente. On s’attend à une croissance de 2,2 % en 2019-2020.

Grâce au Fonds des générations, Québec veut aussi accélérer le remboursement de la dette, soit 8 milliards de dollars en 2018-2019 et 2 milliards de dollars l’an prochain, et ainsi économiser 332 millions de dollars en intérêts sur cinq ans.

Le gouvernement Legault anticipe une croissance économique modérée en 2019. Si la hausse du produit intérieur brut (PIB) devrait être de 2,5 % en 2018, elle ne serait que de 1,8 % en 2019.

Actuellement, le Québec connaît pratiquement une période de plein emploi, qui devrait se poursuivre en 2019. Le taux de chômage atteint 5,5 % en 2018 et devrait même chuter un peu (à 5,4 %) en 2019.