Une année pour séduire
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Une année pour séduire

La prochaine élection fédérale est dans moins d’un an et Mathieu Charlebois fait déjà ses prédictions : ça va être un joyeux bordel!

Les nouvelles d’Ottawa abondent depuis quelques jours, et quelque chose me chicote… J’ai donc sorti mon boulier, mon calendrier et mon astrolabe et j’ai découvert que la prochaine élection fédérale est dans à peu près 250 jours.

250 jours, c’est un chiffre un peu abstrait, mais grâce à un algorithme fort complexe j’ai réussi à déterminer, tenez-vous bien, que ça signifie que la prochaine élection fédérale est dans moins d’un an.

Oh que ça en explique des choses! Le Canada est un bar, le Québec est une fille assise au comptoir et il est deux heures du matin.

« Salut bébé, je peux te payer un verre? Qu’est-ce que tu prends? Un rapport d’impôts unique contrôlé par le Québec? Bien sûr! C’est ma tournée!»

Dans le vrai monde, il faut convoquer une équipe de cinq fiscalistes pour remplir le rapport d’impôts d’un travailleur autonome, mais dans le monde politique, fusionner le formulaire du fédéral et du provincial c’est une technicalité facile à régler.

Qu’en est-il des détails immenses, comme savoir si c’est le Québec qui va adopter les règles fiscales du Canada, ou l’inverse? Comme je dis quand vient le temps de faire mes propres impôts : on verra ça plus tard. (Après tout, s’il y a un rapport unique qui s’en vient, je suis bien mieux d’attendre avant de faire ma comptabilité de 2015, 2016, 2017, 2018. Pas fou, le chroniqueur.)

Malgré tous les problèmes éventuels, Andrew Scheer est d’accord avec le rapport d’impôts. Année électorale oblige, le chef conservateur est d’ailleurs d’accord avec à peu près tout ce que François Legault demande. À leur prochaine rencontre, si j’étais Legault, je ferais comme les vedettes de rock et je demanderais un bol de M&M bleus. Juste pour voir.

En contraste, Justin Trudeau et les libéraux sont dans leur phase du Non. Une phase commencé à quelque part autour de 1867, je crois. Non au rapport d’impôts, non à plus de pouvoir en immigration…

Peut-être qu’on pourrait les piéger avec un double négatif. «Monsieur Trudeau, est-ce qu’on pourrait ne pas avoir la loi 101 dans les entreprises fédérales?» Par réflexe, Trudeau répond non, et boum : on a la loi 101 dans les entreprises fédérales.

Mais toutes ces histoires, c’est le moindre des soucis pour les libéraux ces jours-ci. Dans la vie, il n’y a que trois certitudes : la mort, les taxes, et les libéraux fédéraux pris dans un scandale.

Cette fois-ci, c’est un scoop du Globe and Mail qui les met dans l’embarras. Le journal n’a visiblement pas eu le mémo que les médias canadiens ont été achetés par Trudeau l’an dernier. Faudra-t-il leur envoyer un autre 600 millions pour que les journalistes cessent de sortir des histoires comme celle sur SNC-Lavalin? Ils vont nous ruiner!

Les questions abondent autour de toute cette histoire.

Trudeau a-t-il fait pression sur son ancienne ministre de la Justice pour que SNC-Lavalin reçoive une tape sur les doigts plutôt que la claque en arrière de la tête accompagnée d’un gros «hey!» qu’il méritait peut-être? On se le demande.

Est-ce un refus de collaborer qui explique la rétrogradation de la ministre Wilson-Raybould, qui est passée de ministre de la Justice à responsable de la machine à café du Parlement? Une autre bonne question.

Ce serait inacceptable. Nous ne vivons pas dans une république de bananes. Ou… aux États-Unis.

Ce sont des questions auxquelles il est important de répondre, et j’ai confiance que les députés de tous les partis feront un travail consciencieux pour qu’on y arrive et que tout cela sera traité avec le sérieux que cela mérite et… voyons donc. Qu’est-ce que je dis là ? L’élection est dans moins d’un an. Ça va être le bordel.

Pour écouter la chronique de Mathieu Charlebois au balado de L’actualiéEsprit politique, c’est ici que ça se passe (à 00:51:15)