Une réforme mal partie

Le gouvernement Harper n’en démord pas. Il veut réformer le Sénat à la pièce, que ça plaise ou non aux provinces. Avec sa majorité dans les deux Chambres, il réussira à faire adopter son projet de loi, mais pour avoir à le défendre ensuite devant les tribunaux. Le gouvernement du Québec a déjà promis de s’adresser à la Cour d’appel québécoise et l’Ontario pourrait suivre son exemple, a indiqué hier la ministre ontarienne des Affaires intergouvernementales, Monique Smith.

La première réaction des conservateurs à la possibilité d’un échec? L’intimidation. En fin de semaine, le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Jason Kenney, a laissé entendre qu’advenant une impasse, le gouvernement pourrait envisager une réforme plus «radicale» encore. Une source conservatrice a murmuré à l’oreille d’un collègue de la Presse que ça pourrait prendre la forme d’un référendum sur l’abolition pure et simple de la Chambre haute, question de faire pression sur les provinces dont le consentement serait nécessaire.

Depuis qu’il est au pouvoir, Stephen Harper n’a fait aucun effort pour mettre les provinces de son bord ou même tenir compte de leurs objections. En même temps, son projet de loi les met à contribution pour l’éventuelle élection des sénateurs.

La réforme proposée par M. Harper est tout simplement bancale, comme je l’expliquais ce matin dans le Devoir. Ce n’est pas pour rien qu’elle suscite des résistances. Elle viendrait modifier l’équilibre existant entre les différents engrenages du système parlementaire, affectant du même coup l’agencement des contrepoids prévus dans la Constitution.

La solution proposée par le NPD ce matin n’est pas plus brillante. Affamer le Sénat pour l’empêcher de fonctionner est simplement ridicule. Ça ne ferait que paralyser le Parlement. L’élimination de la Chambre haute ne peut se faire sans discussions entre partenaires de la fédération ni une réflexion profonde sur le fonctionnement futur du Parlement.

Dans le fond, conservateurs et néo-démocrates se rejoignent sur un terrain: celui du populisme facile.

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C’est quand même la première fois de mon vivant que je vois un politicien qui fait ce qu’il dit et qui dit ce qu’il fait!

Quant à l’abolition du Sénat, plein de Québécois sont en faveur de ça. J’ai hâte de voir la blogueuse se retourner sur un 10 cenne pour dire, si ça se concrétisait, que ça opprime le Québec, la démocratie, etc. Ah oui, ça pourrait faire de la peine à Charest? Quelle tristesse.

Étant donné qu’on est pogné avec ce gouvernement.
On pourrait faire une pétition pan canadienne pour ça démission. Car faut pas oublier qu’il y a juste le 1/3 max qui on voté pour lui. C’est certain qu’il va s’en foutre mais au moins le message sera lancé comme de quoi il ne fait pas l’unanimité. J’espère que ceux qui ont voté pour les conservateurs se rende compte de leur gaffe. Car elle va nous coûter cher.

Généralement ce sont les régimes autoritaires qui font ce qu’ils disent comme ils disent qu’ils le feront. Une manière comme une autre de montrer ses muscles.

<> intriguant comme commentaire, aviez vous le même commentaire lorsque René Lévesque a aboli la chambre Haute à Québec ? Mon avis a moi je n’ai jamais rien vu de bon sortir de là. La seule chose que le sénat peut servir c’est de bloqué un projet de loi, qui ne va pas dans la ligne tu partie politique qui a nommé le plus de sénateur.

Même un référendum ne changera pas la réalité : le Canada est une fédération de provinces, et pour abolir le Sénat, il faudra l’accord des provinces. Un référendum, comme ceux sur le retrait du Québec de la fédération d’ailleurs, n’est que consultatif.

Si on avait un politicien qui a un quart d’once de leadership dans le corps on pourrait penser à faire avancer le dossier. Mais avec Stephen Harper comme premier ministre, on a un politicien populiste de second ordre, prêt à causer des torts sérieux au Canada tant que cela sert ses visées électoralistes.

Belle crise constitutionnelle pan-canadienne en vue!

Les conservateurs vont ouvrir la boîte de Pandore.

J’en salive déjà…

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