3 choses apprises durant la crise aquatique de Longueuil

«Si certains se sont réjouis de la perspective de voir Longueuil et ses environs inventer la première automobile roulant à l’eau courante, plusieurs ont plutôt été horrifiés par la gestion chaotique des événements», relate le blogueur Mathieu Charlebois.

longueuil-eau
Photo : Graham Hughes/La Presse Canadienne

Sur la Rive-Sud de Montréal, on se remet encore à peine de l’interdiction de boire de l’eau qui a sévi là-bas pendant 36 heures.
Politique

C’est l’explosion d’un résidant, qui a eu le malheur de s’allumer une cigarette après s’être brossé les dents, qui a mis la puce à l’oreille aux responsables de la Ville de Longueuil. Il y avait du gaz dans l’eau, ce qui n’allait pas tarder à mettre de l’eau dans le gaz.

Si certains se sont réjouis de la perspective de voir Longueuil et ses environs inventer la première automobile roulant à l’eau courante, plusieurs ont plutôt été horrifiés par la gestion chaotique des événements.

Néanmoins, tout cela nous aura appris trois leçons.

1. Ça n’en prend pas beaucoup pour mettre le bordel

Tout a débuté avec un déversement de diésel. Quelque 28 000 litres de diésel, pour être plus précis.

Quand on fait plus souvent le plein d’une Smart que d’un paquebot, 28 000 litres de diésel, ça peut sembler beaucoup. Après tout, c’est 14 000 cartons de lait, et à peu près trois fois la quantité de salive qui se perd dans une réunion de bureau ordinaire.

Or, dans les faits, c’est assez peu. Vingt-huit mille litres, c’est l’équivalent d’un demi-réservoir de camion-citerne. Avec un demi-réservoir de camion-citerne, on a réussi à assoiffer 300 000 personnes. Comme quoi, l’essence, ça fait tache d’huile. (Appelez-moi Sol.)

Mais un port pétrolier en plein dans une pouponnière de bélugas ? Ben non. Ça, c’était sans danger.

2. S’il fallait qu’il se passe quelque chose de sérieux, on serait dans le trouble

Quel cafouillage, la gestion de cette affaire !

Il s’est d’abord écoulé 30 heures entre la fuite de diésel et l’avis indiquant que, non, cette douce odeur dans l’eau de votre robinet n’allait pas disparaître en passant dans le filtre Brita. Ont suivi 36 heures un peu chaotiques, où l’administration longueuilloise a été mise à rude épreuve.

Au deuxième jour de la crise, complètement épuisée, la mairesse s’est mise à pleurer. Aussitôt, des résidants assoiffés se sont rués pour récolter ses larmes.

«Un déversement de pétrole pourrait autrement avoir des conséquences désastreuses autant sur l’environnement que sur la vitalité de nos collectivités», a déclaré la mairesse de Longueuil… en octobre dernier, dans un communiqué qui appelait les différents paliers de gouvernement «à renforcer les mesures et plans d’urgence prévus en cas de déversement».

Charité bien ordonnée commence par mettre des 25 sous dans sa propre boîte Unicef à l’Halloween, comme on dit. Un petit plan d’urgence pour vous-même, peut-être, Longueuil ?

Heureusement, nous étions l’hiver. Pouvez-vous imaginer le chaos d’une banlieue au gazon jauni ?

3. Il y a des gens qui ne comprennent pas trop comment fonctionne l’argent

Des résidants de Longueuil veulent intenter un recours collectif de près de 29 millions de dollars contre la municipalité de Longueuil, à qui ils reprochent notamment son «imprudence» et sa «négligence». Chaque résidant touché recevrait alors 100 dollars.

Une idée, comme ça : chaque Longueuillois se poste à lui-même un chèque de 100 dollars, et on s’économise une poursuite. Qu’en dites-vous ?

* * *

À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue maintenant sur la politique avec un regard humoristique. On peut aussi l’entendre faire des chroniques à La soirée est encore jeune, lire ses anticritiques culinaires sur le blogue Vas-tu finir ton assiette ? et le suivre sur Twitter :@OursMathieu.

Laisser un commentaire

Comme habitant de Longueuil, je suis un peu « soufflé » de constater que la ville ferait l’objet d’un recours collectif de près de 30 millions de dollars. Lorsque franchement, je ne me suis pas le moins du monde trouvé affecté par cette crise.

Je ne suis même pas allé chercher de l’eau de source aux points de distribution, puisque j’avais eu la bonne idée d’en faire le plein (à mes frais) le jour précédant la crise.

Il faut dire, que tout le monde n’a pas eu la « chance » comme moi, de vivre pendant trois semaines dans ce fameux « triangle de glace » sans électricité, sans eau potable en plein mois de janvier 1998 dans un paysage lunaire jonché de toutes sortes de résidus issus de cette destruction. Ma seule vraie frustration étant de ne pas avoir vu la fin du match du Canadien.

Comme crise, cela avait une certaine allure. Pourtant autant que je m’en souvienne, personne dans ma municipalité d’alors, n’aura intenté le moindre recours collectif.

Faut croire qu’il y a une différence entre l’acte de Dieu (les pluies verglaçantes) et un déversement de mazout hivernal. Dieu ne peut être tenu responsable de rien…. Tandis que la mairesse de Longueuil…. Oui !

Le seul problème dans cette affaire, cela reste pour moi de savoir pourquoi ce réservoir d’huile n’était pas entouré d’une enceinte de confinement, conformément à la réglementation. Cela aurait évité certainement ce gros méchant déversement.

Il y a bien eu un recours collectif lors de la tempête de verglas, puisque j’ai reçu récemment un montant total de 75 $ en guise de compensation lors d’une entente à l’amiable entre « Option consommateur et quatre sociétés d’assurance affiliées à Intact Corporation financière. »

La lettre d’introduction mentionnait : «Cette entente vise le remboursement de frais de supplémentaires de subsistance que détenaient, lors de la tempête de verglas de janvier 1998, une police d’assurance habitation … ». Il fallait posséder une assurance habitation d’une de ces quatre sociétés d’assurance soit, AXA, Bélair, Alianz Canada, ING du Canada (groupe Commerce)

Madame la Mairesse de Longueuil voulait régler elle -même le dossier sans passer par le gouvernement qu’elle n’aime pas et c’est le pourquoi il y a eu certaines maladresses de sa part..C’est mon opinion…..

@ Marie Gaétane Charest,

Je ne vous donne pas tort. Il est vrai selon moi que madame la mairesse aime bien faire les choses à sa façon. Elle peut d’ailleurs agir d’autant plus dans cette direction qu’elle n’a pour ainsi dire pas la moindre opposition.

Dans ce cas ce serait peut-être aux citoyennes et citoyens de Longueuil de développer une vraie conscience politique et de se déplacer en très grand nombre lors des élections. Du moins, c’est mon opinion….

C’est toujours pas elle qui a causé le déversement. C’est la pollueur et non le municipalité qu’il faut poursuivre. La mairaisse avait raison de ne pas compter sur ce gouvernement merdique qu’on a au Québec.

@ Marc Sauvageau,

75$ de compensation pour les désagréments de la crise de verglas, cela constituent une somme absolument considérable en effet ! Quoiqu’il en soit, il s’agissait d’un recours collectif adressé aux compagnies d’assurance comme vous faites bien de le préciser, donc un recours s’adressant à des compagnies privées.

À Longueuil c’est un recours contre la ville et franchement, je ne trouve pas que le désagrément était pire que le nettoyage des trottoirs plus ou moins pas fait, après les périodes de redoux que nous avons connu à la veille de Noël et en début d’année.

Que les gens désappointés fassent connaître leur désappointement, c’est très bien, mais le je ne crois vraiment pas que ce soient environ 300 000 personnes qui aient vécu l’enfer en raison de ce déversement.

Comme vous l’avez écrit, c’était un « acte de Dieu », difficile en ce cas de responsabiliser Hydro-Québec. Je voulais simplement préciser, sans vouloir vous faire une jambette, qu’il y avait eu au moins un recours collectif attribuable à la crise du verglas.

Quant à la crise d’eau de Longueuil, vous êtes mieux placé que moi pour juger, je n’habite pas à cet endroit.

@ Marc Sauvageau,

Assurément, vous faites bien de préciser.

Je relève même qu’il y a eu un autre recours collectif pour les autres compagnies d’assurances. Je constate d’ailleurs qu’avec 75$ vous aurez été particulièrement choyé puisqu’après vérification, les assurés des autres compagnies se sont contentés de 52,92$ et recevront cette année un montant subséquent variant entre 4,70$ et 58,20$ selon les compagnies et leur contrat.

Tout cela représente sans doute des compensations extraordinaires en tous points, surtout après un délai d’attente aussi court de seulement 16-17ans….

Quant à moi, je pense bien que je n’avais pas de police d’habitation en ce temps.

J’ajoute une correction à une citation faite dans la précipitation : « Cette entente vise le remboursement de frais supplémentaires de subsistance aux personnes qui détenaient, lors de la tempête de verglas de janvier 1998, une police d’assurance habitation … ».

J’espère que la population saura dorénavant qu’un déversement de pétrole peut causer beaucoup de problème. Pas juste pour les bélugas. Imaginer si un gigantesque pipeline se rompait en plein milieu du fleuve, en amont de nos prises d’eau.

Je ne suis pas contre l’usage du pétrole mais il faudra que tous les paliers de gouvernement se concertent pour assurer la sécurité des opérations. Et que ceci soit au frais des compagnies pétrolières qui tireront profit de ces pipelines. C’est ça le principe de l’utilisateur-payeur.

Pour me convaincre de l’absence de danger, il faudra que M. Harper et ses patrons, c’est-à-dire les pétrolières, cessent de nier les dangers et adoptent des normes et des mesures de contrôle à la mesure du danger.

C’est drôle je vois l’inverse de votre propos. On attend des normes élevées de la part des entreprises privées, mais les donneurs de leçon du secteur public/municipal semblent incapables de pelleter leur perron. On vient de le voir à Longueuil et pendant que nous discutons ici, Montréal continue de déverser des eux usés non traités. Un problème qui perdure depuis 1975 et qui empêche la baignade (qui était possible dans les années 1950) à Sorel. On l’aime ou l’aime pas nottre Fleuve? Mais c’est plus facile d’adopter une posture que des véritables actions concrètes.

C’est sûr que la mairesse de Longueuil a lamentablement échoué à gérer cette crise. Elle a été complètement dépassée par les événements.

Peut-être devrait-elle y réfléchir à deux fois la prochaine fois qu’elle voudra critiquer notre Ministre des Affaires municipales Monsieur Pierre Moreau qui a des dossiers drôlement plus importants à gérer que cette « crisette ». Elle sera bien mal placée pour dénigrer qui que ce soit à l’avenir.

Mais…bon…À quoi s’attendre d’autre d’une ancienne bloquiste beaucoup plus à l’aise à jouer les pompom girls sur les lignes de côté avec Duceppe qu’à faire face à des problèmes réels…

N’importe qui, dans les mêmes circonstances, aurait été dépassé. Comment de l’huile qui arrive dans le fleuve près du Pont Tunnel peut-elle se mélanger avec l’eau sous le pont Jacques-Cartier, là où est la prise d’eau de Longueuil ?

En fait, la cause réelle était une infime faille dans le béton d’un bassin d’eau propre situé sous la génératrice et son réservoir. Merci au Journal de Montréal de nous avoir instruit là-dessus dans son édition du 16 janvier ( « En 5 minutes », page 21). http://www.journaldemontreal.com/2015/01/16/une-fissure-dans-le-bassin-deau-potable

Article bizarre… Non seulement ce »EX journaliste » écrit des propos tout a fait personnels… mais ne se donne aucune crédibilité face aux renseignements apportés dans ce » soit disant » article… POUBELLE !

Des propos personnels dans un billet de blogue écrit par un chroniqueur humoristique?
Où s’en va le monde, voulez-vous bien me dire…

Moi j’aime Mathieu Charlebois; c’est sûr que ça prend un minimum pour le comprendre, comme de savoir lire! J’aimerais le voir remplacer Foglia, qui se fait rare par les temps qui courrent.

Ce que les habitants de Longueuil oublie , c`est que cette poursuite s`il la gagne viendra les hantés plus tard en taxe municipale .

Ayant habité le Vieux Longueuil de 1981 à 2012, je sais que la ville prend son eau dans le fleuve sous le pont Jacques-Cartier ou, en tout cas, très près de là. L’eau sale, elle, est traitée à l’usine d’épuration située près du Pont Tunnel et est rejetée dans le fleuve à cette hauteur. Donc, avec le fort courant du fleuve à cet endroit, c’est impossible que de l’huile remonte jusqu’au pont J-C. I m p o s s i b l e !

Quand j’ai entendu la nouvelle à la radio, je comprenais très bien que la mairesse réponde aux gens qu’il n’y avait pas de problème. La fuite avait fait couler de l’huile dans les égoûts pas dans les tuyaux d’amenée d’eau potable. Mais il y avait une fissure dans le béton qui recouvre un des bassins qui contient la réserve d’eau filtrée, prête à être acheminée vers les maisons. Le Journal de Montréal l’a très bien expliqué dans sa chronique « En 5 minutes » le vendredi 16 janvier, page 21. Voir en ligne : http://www.journaldemontreal.com/2015/01/16/une-fissure-dans-le-bassin-deau-potable

En fait, si il y a quelqu’un à poursuivre, et j’espère qu’on le fera, c’est l’idiot qui a décidé d’installer une génératrice (et son réservoir de fuel) au-dessus d’un bassin d’eau potable. Une génératrice, ça vibre et la vibration ce n’est pas très bon pour le béton. De plus, il ne doit pas être très difficile d’installer un système qui détecterait une baisse de niveau dans le réservoir de mazout alors que la génératrive n’est pas en fonction.

Il vaut mieux en rire que d’en pleurer, mais le grand coupable dans ce nouvel incident, après le feu des pneus du dépotoir de St-Amable, après les génératrices défaillantes de Montréal lors de la tempête du verglas, l’inondation de la rivière Richelieu, le train de Lac Mégantic, l’incendie de l’Isle Verte… c’est le caractère inachevé et approximatif des mesures d’urgence et de prévention. Le plus grand danger, c’est l’impéritie, le laxisme, l’à-peu-près, le « on verra », des nombreux responsables hiérarchiques, dont les attitudes sont largement partagées à l’échelle du Québec administratif. On peut bien à chaque incident sérieux s’en prendre aux maires, aux propriétaires, aux responsables de l’incident, c’est amusant, mais c’est apparemment inutile. Il vaudrait mieux se relever les manches et produire de véritables exercices d’évaluation des risques, suivis de mises en place de mesures d’urgence qui relèvent du sens commun et de techniques éprouvées, dans les municipalités et les institutions gouvernementales.
Au lieu de s’occuper à temps plein de leur financement, les MRC du Québec feraient mieux de se pencher sur la santé et la sécurité, comme on l’exige de l’industrie depuis plus d’un siècle.

Le pollueur. Il faut poursuivre le pollueur et non la municipalité. Il ne faillait pas attendre après le gouvernement d’incompétents qu’on a à Québec.

Bref, les gens de Longueuil vont se poursuivre eux-mêmes. Pas fort la logique. Celui qui a pensé à ça devrait être un avocat ou a été conseillé par un avocat. Ça prouve aussi un autre problème majeur. Les gens ne sont pas prêt pour un événement majeur et n’ont aucune préparation ou conscientisation à un désastre naturel ou environnemental. Faire la file pendant des heures pour se procurer 20 litres d’eau !!! Wow belle planification !!!