35 coups de gueule politiques

Dans le cadre des festivités d’anniversaire du magazine L’actualité, Chantal Hébert a préparé une liste de 35 coups de gueule et citations qui ont marqué l’histoire politique récente du Canada.

35 coups de gueule politiques
Photo : PC

D’ÉTERNELLES OUBLIÉES

 

1. « La prochaine fois qu’un ministre ou un gouvernement va dire aux femmes de rentrer chez elles et de se taire, il va y penser à deux fois. »

 – La présidente du Conseil consultatif sur le statut de la femme Doris Anderson, au sujet de la bataille pour faire inscrire le droit à l’égalité des femmes dans la nouvelle Charte des droits et libertés (1982).

 

2. « J’ai décidé à l’adolescence de garder mon nom de famille. J’ai toujours su que j’épouserais un homme assez fort pour ne pas se sentir menacé par ma décision. »

 – Maureen McTeer (photo : T. Grant / PC), à propos de sa décision, controversée à l’époque (1979), de ne pas prendre le nom de son conjoint, Joe Clark.

 

3. « Je serais plus fière de pouvoir dire que je suis la 10e femme à être première ministre du Canada. »

 – Kim Campbell (photo : P. Bregg / PC), première ministre pendant quelques mois (1993).

 

LES GRANDS DÉBATS >>

LES GRANDS DÉBATS

 

4. « À partir du moment où les politiques du gouvernement, sur des questions d’envergure touchant l’ensemble de la population, sont irrévocablement établies par des décisions de la Cour suprême […], le peuple aura cessé d’être maître chez lui, ayant en quelque sorte confié sa gouvernance à cet éminent tribunal. »

 – L’ancien premier ministre albertain Peter Lougheed (photo : A. Wyld / PC), en 1998, au sujet de l’importance de la disposition de dérogation de la Charte canadienne des droits et libertés.

 

5. « Après avoir attendu 115 ans pour rapatrier la Constitution et en faire un document véritablement canadien, il y a un profond sentiment selon lequel elle n’appartient pas aux premiers ministres provinciaux ni au premier ministre fédéral, mais plutôt à l’ensemble des Canadiens. »

 – Le chef néo-démocrate Bob Rae (photo : H. Deryk / PC), à l’Assemblée législative de l’Ontario, vers la fin de la saga de Meech (1990).

 

6. « Cette proposition fera de tous les Canadiens d’autres origines raciales qu’anglaises ou françaises [des citoyens] de seconde zone. »

 – Le premier ministre John Diefenbaker, en 1967, au sujet du concept des deux peuples fondateurs.

 

7. « Si on m’avait demandé il y a deux ans et demi si je favorisais le libre-échange avec les États-Unis, mon instinct naturel m’aurait porté à dire non. Mais je constate aujourd’hui que nous devons conclure une entente globale avec les États-Unis. »

 – L’ancien ministre libéral fédéral Donald Macdonald, au sujet de la recommandation de sa commission d’enquête (1984) qui mènera au traité de libre-échange entre le Canada et les États-Unis.

 

8. « Le concept des deux peuples fondateurs est dépassé. »

 – Le chef du Parti réformiste Preston Manning (photo : F. Chartrand / PC), en janvier 1992.

 

 

9. « Le Parti conservateur est le seul qui croit en une nation québécoise confiante, autonome et fière au sein d’un Canada uni, indépendant et libre. »

 – Le chef conservateur Stephen Harper (photo : J. Parker / PC), devant ses militants réunis à Ottawa le 10 juin 2011.

 

10. « Tout pays qui serait prêt à céder des leviers économiques serait inévitablement amené à céder des leviers politiques et perdrait du même coup une grande partie de sa capacité à demeurer souverain. Je ne crois pas que, pour assurer notre avenir, nous devions céder les leviers concourant à notre souveraineté économique et ainsi accepter de devenir un partenaire mineur dans la grande entreprise des États-Unis d’Amérique. »

 – Le chef libéral John Turner, le 12 octobre 1988, au sujet du projet de libre-échange.

 

11. « Le pays est une grosse en­treprise et il doit être administré comme une entreprise. »

 – Le chef du Parti réformiste Preston Manning, à Radio-Canada, en 1992.

 

12.  « Nous entendons lancer dans les régions nordiques une politique nationale de développement qui pourrait s’appeler la politique de la nouvelle frontière. […] Le Nord, à la fois merveille et défi, doit devenir notre conscience nationale. »

 – John Diefenbaker, pendant la campagne fédérale de 1957.

 

13. « Quand votre voisin perd son emploi, c’est une récession. Quand vous perdez votre emploi, c’est une crise. Quand Pierre Trudeau perd son emploi, c’est une reprise économique. »

 – Le chef conservateur Joe Clark (photo : F. Chartrand / PC), en 1978.

 

 

14. « On ne saurait refuser des services de santé à certaines personnes simplement parce qu’elles ne contribuent pas au développement économique du Canada ou parce qu’elles ne peuvent pas se les payer. »

 – Le juge Emmett Hall, dans le rapport de la commission (1964) qui a donné naissance au régime canadien d’assurance maladie.

 

15. « Les Canadiens n’acceptent plus de se faire dire que les choses vont mieux ou que la situation s’améliorera ; ils veulent qu’on leur en fournisse la preuve. Ils ont le droit de savoir ce qui se passe avec les listes d’attente, les budgets des soins de santé, le nombre de lits d’hôpitaux, de médecins et d’infirmières. »

 – Roy Romanow, dans la préface de son rapport final sur l’état du régime canadien d’assurance maladie, en 2002.

 

16. « La justice sociale est affaire de vie ou de mort et l’injustice sociale tue à grande échelle. »

 – Monique Bégin, ex-ministre fédérale de la Santé (2008).

 

17. « À qui appartient ma vie ? »

 – Sue Rodriguez (photo : C. Stoody / PC), atteinte de la maladie de Lou Gehrig, dans un plaidoyer en faveur du droit légal de mourir dans la dignité (1991).

 

 

18. « Selon nous, l’exclusion des couples de même sexe de l’institution du mariage viole leur dignité. »

 – Le juge en chef Roy McMurtry, pour la Cour d’appel de l’Ontario, dans un jugement donnant le feu vert au mariage gai, en 2003.

 

19. « Le droit à la liberté énoncé à l’article 7 garantit à chaque individu une marge d’autonomie personnelle sur ses décisions importantes touchant intimement à sa vie privée. […] Cette décision [d’interrompre la grossesse] aura des conséquences psychologiques, économiques et sociales profondes pour la femme enceinte. […] Ce n’est pas seulement une décision d’ordre médical ; elle est aussi profondément d’ordre social et éthique. »

 – La juge Bertha Wilson, dans l’arrêt de la Cour suprême du Canada qui a invalidé, en 1988, les dispositions du Code criminel relatives à l’avortement.

 

GUERRE ET PAIX >>

GUERRE ET PAIX

 

20. « Nous nous préparons à la guerre comme des géants précoces et à la paix comme des pygmées attardés. »

 – L’ancien premier ministre du Canada Lester B. Pearson (photo : PC), au sujet du concept d’une force internationale de maintien
de la paix, qui lui a valu le Nobel de la paix (1957).

 

21. « La décision d’envoyer ou non des troupes au combat doit toujours être fondée sur des principes, et non sur des raisons d’économie, ni même sur des raisons d’amitié seulement. »

 – Le premier ministre Jean Chrétien (photo : F. Chartrand / PC), au sujet de la non-participation du Canada à l’offensive américaine en Irak (2003).

 

22. « Rechercher la sécurité à tout prix peut créer un monde dans lequel nous ne serions en fait ni plus sûrs ni plus libres. »

 – La haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Louise Arbour, au sujet des prisons secrètes de la CIA (2005).

 

23. « Pour que la souveraineté d’un État soit respectée, cet État doit respecter ses propres citoyens. »

 – L’ancien ministre des Affaires étrangères du Canada Lloyd Axworthy, au sujet de la responsabilité de protéger qui incombe à la communauté internationale (2008).

 

24. « Nous ne sommes pas prêts à accepter qu’on utilise la préservation de l’ordre et de la paix comme un écran de fumée pour détruire les libertés et les droits du peuple canadien. Je dis au gouvernement qu’il est impossible de protéger la liberté démocratique en la restreignant, en la limitant ou en la détruisant. »

 – Le chef du NPD fédéral Tommy Douglas, au sujet de la Loi sur les mesures de guerre, le 16 octobre 1970.

 

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L’ÉTHIQUE, ENCORE L’ÉTHIQUE…

 

25. « Je me souviens d’une discussion générale sur l’unité du pays, et ça m’intéressait, mais sans plus. »

 – Le premier ministre Paul Martin, au sujet de la rencontre du Cabinet au cours de laquelle le programme de commandites a vu le jour, en février 1996.

 

26. « Nous avons constaté que le gouvernement fédéral a mené le programme de commandites en faisant peu de cas du Parlement, de la Loi sur la gestion des finances publiques, des règles et des règlements sur la passation des marchés, de la transparence et de l’optimisation des ressources. »

 – La vérificatrice générale du Canada Sheila Fraser (photo : J. Hayward / PC), dans son rapport de février 2004.

 

27. « Vous aviez une option, monsieur. Vous auriez pu faire mieux et dire : « Je ne ferai pas cela. » »

 – Le conservateur Brian Mulroney à John Turner, lors du débat des chefs de 1984, au sujet des nominations politiques en série que son adversaire libéral avait héritées de Pierre Trudeau.

 

28. « Je n’ai jamais rien fait de mal dans ma vie en sachant que c’était mal. »

 – Brian Mulroney, dans son témoignage de 2009 au sujet des paiements en espèces que lui a versés le lobbyiste Karlheinz Schreiber.

 

LA BELLE HARMONIE CANADIENNE >>

LA BELLE HARMONIE CANADIENNE 

 

29. « Ils nous infligent une gifle. Je ne veux plus voir ce drapeau dans ma province. »

 – Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador Danny Williams, pour protester contre l’attitude d’Ottawa dans le dossier du partage des revenus énergétiques (décembre 2004).

 

30. « Le Québec n’a pas l’intention de faire le trottoir pour des bouts de chiffons rouges. »

 – Le premier ministre Bernard Landry (photo : J. Boissinot / PC), en janvier 2001, au sujet des conditions d’une éventuelle subvention fédérale pour l’Aquarium de Québec.

 

31. « Laissez les bâtards de l’Est geler dans la noirceur. »

 – Le maire de Calgary Ralph Klein, pendant la crise de l’énergie des années 1980.

 

32. « Il ne faut pas gagner, le 30 octobre, il faut écraser. »

 – Claude Garcia, président de la Standard Life, à l’occasion d’un rassemblement du camp du Non tenu le 24 septembre 1995.

 

LE MOT DE LA FIN >>

 

LE MOT DE LA FIN

 

33. « Il a un plan pour détruire le pays. »

 – Le premier ministre Stephen Harper, au sujet du rôle du chef libéral Stéphane Dion dans la formation d’un éventuel gouvernement de coalition PLC-NPD, en décembre 2008.

 

34. « Si c’est faisable, faisons-le. »

 – Le premier ministre à la retraite Jean Chrétien, au sujet d’une fusion du NPD et du PLC (avril 2010).

 

35. « Le French Power va toujours exister. Le Canada ne peut pas exister sans l’appui de cette province. »

 – Le premier ministre du Canada Pierre E. Trudeau (mars 1984; photo : Keystone Canada).