4- Dessiner un nouvel environnement fiscal international

(Maintenant que vous êtes de retour de vacances, je vous propose, en feuilleton, des extraits du livre Imaginer l’après-crise,
légèrement retouchés, pendant quelques jours.)

Les paradis fiscaux, lieu de toutes les évasions fiscales, sièges sociaux de complaisance et terre d’accueil des deux tiers des fonds spéculatifs au monde, auront désormais, a décidé le G20 de Londres en avril 2009, une obligation de transparence envers les enquêtes administratives et judiciaires provenant de pays qui veulent trouver, là, des sommes qui leur ont illégalement échappé. Une action beaucoup trop timide.

Or le principe même du paradis fiscal, de son caractère opaque ou semi-opaque, est un obstacle permanent à toute saine gestion de la fiscalité des corporations qui ont intrinsèquement intérêt à aller s’y réfugier, surtout si leurs concurrents le font.

Christian Chavagneux, rédacteur en chef de la revue française L’Économie politique, dresse l’État des lieux :

« D’après les données, incomplètes, dont on dispose, les paradis fiscaux représentent la moitié des activités internationales des banques (environ la moitié des dépôts et des crédits internationaux reçus et effectués par les banques proviennent et vont dans des paradis fiscaux) et concentrent un tiers des investissements directs à l’étranger des firmes, ce qui donne une image un peu bizarre de l’économie mondiale. Par exemple, les Bermudes reçoivent plus d’investissements des multinationales états-uniennes que la Chine, ou bien les résidents des Îles Vierges britanniques investissent plus en Chine que les États-Uniens et les Européens ! »

S’il fallait que, du jour au lendemain, les profits des corporations (et les revenus des individus) cachés dans ces paradis soient rendus imposables par leurs pays d’origine, les sommes perçues seraient colossales.

Or si chaque membre du G20 – notamment USA, Chine, Royaume-Uni, Russie – décidaient demain d’éliminer les paradis fiscaux, la chose serait faite. Ils en ont la capacité politique. Leur refus d’agir est ailleurs – et on soupçonne que l’enchevêtrement d’intérêts entre les puissances politiques et les puissances de l’argent bénéficiaires de ces paradis dans plusieurs des classes dirigeantes du G20 est tel qu’un geste de cette nature soit hors de question. D’autant que certains paradis fiscaux existent au sein des États — c’est le cas du Delaware aux États-Unis. Ce qui est d’autant plus blâmable que les paradis fiscaux sont également des plaques tournantes de l’argent du crime organisé dont les narcotrafiquants et, en plusieurs cas, du terrorisme.

Même les multinationales qui font un usage modéré des paradis fiscaux consacrent une ingéniosité de haut vol pour modifier les flux économiques dans leurs réseaux de filiales pour échapper au taux d’imposition plus élevé du pays A et afficher d’avantage de revenus imposables au pays B, au fisc moins gourmand.

Deux approches sont possibles pour réformer la fiscalité des entreprises multinationales et elles passent toutes deux par des traités internationaux.

La première suppose l’interdiction faite, aux entreprises multinationales, de posséder des comptes dans les paradis fiscaux. Toute preuve d’infraction entrainerait des sanctions. Mais cela semble pour l’instant hors de portée.

Ensuite, la fiscalité des transnationales devrait être déterritorialisée. Comme l’expliquent les auteurs français du livre 20 Propositions, un impôt global sur les profits serait institué, mais perçu par les États. La répartition se ferait, non sur déclaration des transnationales de la part de leurs profits générés dans chaque pays (c’est inextricable et facilement falsifiable) mais « sur les profits répartis en fonction du chiffres d’affaires, de la masse salariale et des investissements réalisés dans les différents pays », donc avec des critères assez facilement vérifiables.

Cette mesure générale augmenterait de façon importante et équitable les revenus fiscaux des presque toutes les nations – et auraient un effet très perturbateur sur la structure des coûts de la plupart des produits, l’évitement/évasion fiscale étant intégrée dans la marche normale des affaires. Au moment de l’instauration de cet impôt (qui remplacerait donc les impôts nationaux sur les profits des entreprises transnationales), il faudrait décider s’il doit produire un revenu global équivalent à celui généré auparavant, ce qui nécessiterait une réduction correspondante de la ponction fiscale, donc une réduction aussi pour les entreprises qui ne recourraient pas aux paradis fiscaux et s’en trouveraient récompensées.

Il y a une seconde approche, plus radicale. Qui paie vraiment pour la fiscalité des entreprises ? Les dirigeants ? Pas avec les salaires qu’ils se donnent. Les actionnaires ? Très rarement. Les consommateurs ? Souvent, car la fiscalité est intégrée aux coûts des produits. Mais la recherche économique récente veut que la fiscalité des entreprises soient surtout relayées en compression sur les salaires des employés, ou plus précisément en progression plus lente des salaires que ce n’aurait été le cas autrement.

Comme l’écrit l’économiste québécois Pierre Fortin, « l’important n’est pas de taxer les entreprises, mais d’imposer les individus riches ». L’hypothèse serait donc d’éliminer complètement l’imposition des profits des entreprises (mais non la tarification ou la taxation ou les redevances) et de reprendre sur les individus riches, par l’impôt, les sommes manquantes. D’autant qu’il faudra introduire simultanément une taxation environnementale importante, sur laquelle on revient sous peu.

Le geste rendrait caduc la nécessité même d’utiliser les paradis fiscaux pour les entreprises, réorienterait vers une activité productive les centaines de milliers de comptables et d’avocats employés pour gérer l’évasion/évitement fiscal des entreprises et un certain nombre de fonctionnaires payés à tenter de les prendre la main dans le sac. En prime, elle permettrait une progression plus rapide des salaires.

Pour des fins de faisabilité, cette réforme aurait l’avantage de diviser, au point de rendre schizophrènes – les organisations patronales. Favorables, évidemment, à l’élimination de l’imposition des entreprises, elles seraient apoplectiques devant l’augmentation de la fiscalité personnelle qui l’accompagnerait, et dont on discutera dans un instant.

ii. Contenir la spéculation et la primauté du court-terme

Réorganiser la fiscalité sur les profits des entreprises sur une base transparente et équitable serait un gain historique, mais il ne ferait qu’établir un ordre normal des choses. Il s’agit ici d’utiliser l’instrument fiscal pour modifier significativement les pratiques capitalistes nuisibles à l’économie, au social et à l’écologie.

Il faut trouver comment réprimer durablement deux éléments consubstantiels du comportement du capital : la spéculation et la course à des résultats à court terme, au mépris du bien-être à long terme.

Lionel Jospin a noté qu’en 2005, la spéculation sur les changes et les monnaies étaient plus de dix fois supérieures au PIB mondial. La livre anglaise fut touchée, mais aucun des membres de la zone euro, protégés par l’existence de cette monnaie commune. (Et on voit à l’été 2011 comment les spéculateurs tentent de « casser » la zone euro à ces points les plus faibles.) La transition vers une monnaie commune internationale (les Droits de tirages spéciaux du FMI, sur lesquels on reviendra) serait lente, certes. Reste que rien ne terrasse mieux la spéculation que l’absence de marges dans lesquelles jouer, surtout lorsque ces marges concernent les monnaies, donc la valeur du patrimoine de peuples entiers. Reste que la capacité, pour les nations, de faire varier la valeur de leur monnaie est (était) un important outil. Il est sans doute plus intéressant de garder la capacité d’avoir des monnaies nationales ou régionales mais d’affaiblir ceux-là même qui leur rendent la vie impossible: les spéculateurs.

Puisque les spéculateurs et, depuis 25 ans, un nombre croissant d’actionnaires ont usé de la bourse comme d’un casino, une modification des règles du jeu pourrait réduire leur champ d’action, donc leur capacité de nuire. Le fisc, par exemple, interdit régulièrement à un contribuable de déclarer une perte sur un titre qu’il vendrait et rachèterait moins de 30 jours plus tard, pour le remettre dans son portefeuille. Le principe d’une exigence de durée existe donc déjà, indirectement appliquée par l’État pour le calcul de l’impôt. Une durée minimale de détention d’une action ou d’une obligation pourrait donc être instaurée. Six mois, un an, davantage selon les types d’investissement ? Le débat est ouvert. Mais un délai minimal de propriété d’une action, ou d’une obligation, ou d’une devise, fermerait la porte sur le doigt de toute une industrie spéculative et canaliserait l’investissement vers le moyen ou le long terme, plutôt que sur des stratégies à courte vue et grands profits. (Des restrictions de ce type ont déjà été intégrées et on donné naissance à des stratégies fiscales d’évitement qu’il faudrait plus lourdement sanctionner.)

Une seconde avenue concerne précisément les rendements excessifs des corporations que les actionnaires ont exigés ces dernières décennies.

Historiquement, le rendement moyen d’une action en bourse est la somme du taux d’intérêt qu’on pourrait obtenir en achetant une obligation d’épargne sure et en y ajoutant 5%. Cela fluctue donc selon le taux d’intérêt du moment. Le rendement fluctue aussi selon l’habileté qu’a la corporation à surperformer par rapport à ses concurrentes. Mais si son rendement s’écarte significativement de cette balise, notent avec justesse les auteurs de 20 Propositions, « l’entreprise qui a engendré ce rendement a nécessairement pris des risques qu’elle fait directement porter à toute la société ». Les fonds spéculatifs et d’investissements qui exigent des rendements de 10 à 15% supérieur à cette norme, comme ce fut le cas depuis les années 1990, ne font rien d’autre que de « contraindre les corporations à délaisser tout plan d’investissement de long terme qui n’engendrerait pas immédiatement des rendements très élevés et les obliger à consentir à des prises de risque dans leur propre gestion financière dont on constate aujourd’hui le caractère déraisonnable », lit-on encore dans les 20 Propositions.

Lionel Jospin en a bien diagnostiqué les nombreux effets pervers :

« Pour assurer des revenus considérables aux actionnaires et aux acteurs financiers —avec ces gratifications dont des exemples spectaculaires et scandaleux nous sont offerts régulièrement par la presse de nos pays— il a été réclamé aux entreprises des taux de rentabilité et des marges de profit déraisonnables par rapport aux normes anciennes : souvent de l’ordre de 20 % ou plus. En conséquence, beaucoup d’entreprises ont orienté leur gestion vers le très court terme (et la recherche du profit maximum), ont opéré des délocalisations (vers les pays à faible coût de main d’œuvre), ont liquidé des établissements jugés peu rentables (selon les nouvelles normes) et recherché à comprimer leur masse salariale. Cette évolution que les gouvernements ont —selon les cas— encouragée, tolérée ou négligée, a créé un déséquilibre excessif dans la répartition des revenus entre le capital et le travail —au détriment du second bien sûr. »

Les auteurs des 20 Propositions suggèrent de décourager ces pratiques grâce à un impôt progressif appliqué sur ces rendements exagérés – un impôt qui, je précise, pourrait soit s’intégrer à l’impôt global discuté plus haut, soit n’apparaître qu’en cas de sur-rendement dans le cas de l’abolition de l’impôt sur les profits corporatifs. Ils imaginent qu’au-delà du rendement normal (taux d’intérêt + 5%), le niveau d’imposition progresse jusqu’à atteindre 50% du profit obtenu pour un écart de surperformance de 20%. On se demande pourquoi ils s’arrêtent à ce niveau, la courbe pouvant atteindre rapidement 100%, avec un effet dissuasif total. (L’idée d’un impôt progressif sur les profits des entreprises est inégalement appliquée selon les pays. Aux États-Unis, il va en ce moment de 15% pour les premiers 35 000$ de profits à 35% pour les sommes excédant 18,3 millions de dollars$. Il est souvent employé pour les redevances.)

Cela dit, l’entrepreneuriat (le vrai) qui favorise les « risques nécessaires » est une des forces,  non seulement du capitalisme, mais du progrès sous toutes ses formes. Il est donc indispensable d’introduire une distinction entre les risques indus que prendraient, par exemple, une institution financière, a priori stable, en jouant au casino avec l’argent de ses déposants, et les risques pris par une entreprise en biotechnologie dans la recherche d’un vaccin contre le cancer, ou par une entreprise qui cherche a développer une pile solaire ultra-efficace. Ces découvertes majeures méritent d’être récompensées par un « surprofit » pour attirer le plus de capital de risque possible. Le principe général de l’impôt sur les rendements exagérés devrait donc être levé pour un certain nombre d’activités économiques liées au développement du savoir et à la création de nouveaux produits et procédés, écologiquement sains, bien sûr.

Le revenu de cet impôt pourrait être réparti entre les nations où les transnationales ont une activité économique, selon la méthode de répartition décrite plus haut, car on présume que c’est chez eux que les risques indus ont été pris et que les dégâts ont été causés.

Ces mesures auraient pour effet de modifier les attentes, donc le comportement, des investisseurs. On en ressortirait avec un marché boursier transformé, où le nombre de transactions spéculatives aurait fondu considérablement, pour retrouver une fonction de répartition du capital à la recherche de rendements raisonnables fondés sur des investissements prudents, de moyen et de long terme.


iii. Instaurer la vérité du prix écologique

La grande entreprise sait que le temps du buffet écologique gratuit est révolu. La question qui reste est de savoir comment le coût réel des empreintes écologiques va être intégré à la structure des coûts des produits. En principe, rien dans la logique capitaliste ne s’oppose à cette introduction, car ces coûts nouveaux seront répercutés vers le consommateur – comme lorsque le prix du pétrole ou d’un autre intrant augmente. Les entreprises les plus innovantes réussiront à minimiser ces coûts, donc à vaincre leurs concurrentes sur les marchés. Certaines denrées, lorsque offertes au coût écologique réel – des fraises du Chili vendues à Moscou en février – deviendront des produits de luxe. Les consommateurs achèteront autre chose, à d’autres entreprises, sociales ou capitalistes.

La pomme de discorde concerne, comme toujours, l’équité avec laquelle ces coûts seront imposés aux entreprises d’un État, mais pas à celles d’un autre. L’introduction d’une taxe sur le carbone dans un pays, mais pas chez son concurrent immédiat, introduit une distorsion qui prépare son échec, si tant est qu’elle puisse obtenir l’aval de l’électorat. L’exemple canadien récent n’est pas probant à cet égard.

C’est pourquoi les négociations internationales concernant le changement climatique sont si importantes, non seulement pour le climat, mais pour l’introduction simultanée, dans tous les pays, de contraintes similaires imposées à l’ensemble de la production. (Avec des variations Nord-Sud dont on discutera plus loin.)

Se pose, là comme ailleurs, le problème des pays non signataires d’un futur traité sur le climat. Heureusement, en Europe et en Amérique, et avec l’aval d’un rapport conjoint de juin 2009 de l’Organisation mondiale du commerce et du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, émerge le principe d’une taxe écologique, ou taxe carbone,  à l’importation. Un pays pourrait ainsi imposer des droits d’entrée aux produits de toute nation qui n’aurait pas intégré à ses coûts de production des obligations de respect de l’environnement semblable à celles votées aux États-Unis.

Certains pays européens, dont la France, sont favorables à ce principe. D’autres, dont la Pologne, grand producteur de charbon, sont contre, l’Allemagne étant neutre. S’il fallait que les deux marchés mondiaux les plus importants – les États-Unis et l’Union Européenne – érigent cette tarification, l’effet d’entraînement sur le reste des producteurs serait inévitable. Plutôt qu’une « course vers le bas » vécue ces dernières années pour la réduction des coûts, notamment du travail, on assistera à une « course vers le haut », ou du moins à une mise à niveau vers les normes du grand marché qui aura intégré les coûts environnementaux les plus ambitieux. Cela dit, les difficultés d’application d’une taxe carbone aux importations sont considérables. Le carbone ayant été utilisé pour la fabrication ou le transport de tous les produits, doit-on taxer le produit selon la quantité de carbone utilisé, selon la politique environnementale de son pays d’origine, et qu’en est-il des très nombreux produits fabriqués en plusieurs lieux différents, certains « propres » et certains « sales » ?

Quoiqu’il en soit, et si ces questions techniques peuvent être résolues, on pourrait également imaginer que des droits d’entrées pourraient également s’appliquer aux pays n’ayant ni ratifié ni appliqué le traité sur la triple reddition de compte dont j’ai parlé dans un extrait précédent.

Cette politique de tarifs écologiques soulève l’ire des pays émergents qui y voient une atteinte à leur « droit au développement ». Elle ne peut être introduite qu’en complément de programmes d’accompagnement des pays du Sud dont on parlera plus loin. Cette évolution, saine, fera des victimes inattendues, comme l’explique l’économiste et ex-député bloquiste Pierre Paquette dans la Revue Vie Économique. Selon lui, dans la mesure où le Canada n’adopte pas un programme de réduction des émissions aussi exigeant que ceux de l’Union Européenne (c’est peu probable), la taxe d’entrée imposée aux produits canadiens « pénaliserait au premier chef le Québec, qui représente plus du tiers des exportations canadiennes en Europe ». La province canadienne la plus verte serait ainsi la plus punie pour être située dans un pays brun.

Plus généralement, l’établissement, en voie de généralisation, des marchés du carbone introduisent également dans la logique économique un intérêt direct à réduire sa pollution et à innover en ce sens. A défaut, l’entreprise sera graduellement contrainte d’introduire le coût de ses émissions de carbone dans ses coûts de production, donc de se présenter face au consommateur avec un produit plus cher que celui de son concurrent qui, lui, aura trouvé une façon de réduire ses émissions. Et puisque la délocalisation dans un État moins écologique ne lui permettra pas de réacheminer ses produits dans le marché européen ou américain, il a peu de choses à faire que de réduire ses émissions.

Il n’y a rien d’impossible dans ce processus, déjà en cours. La grande compagnie chimique DuPont, par exemple, a réussi, de 1999 à 2007, à réduire de 7% sa consommation totale d’énergie (pas mal), de 70% ses émissions de gaz à effet de serre (impressionnant) tout en économisant 3 milliards $ (de quoi payer quelques primes). Les spécialistes parlaient il y a 15 ans du « Facteur 4 » comme horizon de réduction de l’utilisation des ressources, signifiant qu’avec un peu d’ingéniosité, on pouvait tirer quatre fois plus de produits de la même quantité d’énergie et de matières premières. Plusieurs États fixent maintenant comme objectif le Facteur 10, voire le Facteur 20.

Pour la chercheure québécoise de l’UQAM Corrinne Gendron, ce changement n’est pas que quantitatif. C’est-à-dire qu’il fait plus qu’ajouter un nouvel élément à l’encadrement réglementaire des corporations. Il est qualitatif. Il change la nature du système.

« La crise environnementale préside à de nouvelles conventions sociales qui pourraient faire basculer le principe premier de notre économie fondée sur l’accumulation, pour faire place à une économie de la préservation axée sur la gestion des passifs environnementaux, écrit-elle. C’est à ce basculement que pourrait mener une internalisation intégrale des coûts environnementaux. »

Cela se discute. La corporation continuera à vouloir l’accumulation. Elle sera contrainte de le faire dans le respect de la gestion des passifs environnementaux. Cela ne devient pas sa nouvelle raison d’être, mais sa nouvelle façon d’être. En ce sens, l’obligation de respect environnemental, dans le cadre de son objectif d’accumulation, fait certes du capitalisme le serviteur de l’objectif écologique, ce qui est considérable.

Nous en revenons cependant toujours à la question d’échelle. Si, dans un délai de quelques décennies – pour atteindre notamment l’objectif de 50% de réduction des émissions en 2050 mais aussi un freinage majeur de la destruction de la biodiversité – le virage écologique s’opérait réellement, il signifierait que le monde économique aurait réduit considérablement l’intensité de sa destruction écologique, pour chaque produit livré. C’est le principe du recyclage : là où il fallait hier sacrifier un arbre pour produire un dictionnaire – une ponction insoutenable pour la forêt mondiale à long terme –, il ne faudra demain qu’un dixième d’arbre. Mais si l’émergence de milliards de nouveaux consommateurs en Chine, en Inde, au Brésil et en Russie décuple la demande de dictionnaires, le nombre d’arbres sacrifié sera, au total, le même – donc insoutenable pour la biodiversité.

C’est pourquoi, même avec une production plus verte, se pose simultanément la question de la réduction de la production, donc de la consommation. Ce dont nous traiterons dans la partie sur la Folie acquisitive. Pour demain, restons dans le champ de la fiscalité, celle des individus.

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Tout ça est fort bien décortiqué et d’une évidence tellement claire. On se fait littéralement fou**er avec la complicité de nos gouvernements.

Les dirigeants du G20 ont le culot de se rassembler comme ils l’ont fait à Toronto en 2010 dans une vaste réunion champagne caviar aux frais des contribuables canadiens , sans jamais adresser ces problèmes autrement que par des voeux pieux.
Et vous savez quoi l’hôte du sommet l’ineffable Harper dont la politique est de saigner la classe moyenne et couper les services pour diminuer encore la charge fiscale des riches et leur permettre encore plus d’évasion fiscale a été réélu par une bande d’ignorants et de cocus contents qui ont le culot via leurs éditorialistes de juger le vote des Québécois.

Il continuera donc pour quatre autres années son travail de sape, comme l’explique fort bien le journaliste Jean-Robert Sans façon du journal Le Devoir ce matin:

« Selon un mémoire présenté par l’Association des banquiers canadiens en prévision du prochain budget fédéral, les grandes entreprises souhaitent qu’Ottawa modifie la façon de calculer l’impôt des sociétés pour leur permettre de déduire les pertes de leurs filiales. En fait, le ministère des Finances lui-même défend cette idée, qui pourrait fort bien se retrouver dans le prochain budget. Comme si nos gouvernements nageaient dans les surplus! »

http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/329528/entreprises-encore-moins-d-impots

Inutile de réfléchir a àa les jeux sont faits.
La bourse canadienne est en train de passer aux mains des Britaniques,
Harper après avoir reçu et joué le rôle d’ambassadeur des terres canadiennes envers la royauté
est parti conclure un libre échange avec tout les pays de l’amérique du sud (comme son prédécesseur l’avais fait envers les états-unis)
l’union européenne veut créer un gouvernement pour controler l’économie
et finalement le gouvernement canadien qui change le nom de l’armée canadienne
juste au moment ou celle-ci en collaboration avec les amaricains et la union soviétique s’engage a protéger l’artic
que l’irak et la syrie se le tienne pour dit Obama avec sa décote a besoin de mettre de l’argent dans ses coffres… un dessin avec ça?

Je devine très bien ce que seront les commentaires de nos correspondants libertariens et je ne veux même pas en discourir. En effet lorsque les efforts fiscaux les moins performants pour réduire les inégalités sont qualifiés de « système d’impôt progressif » et que les systèmes les plus aptes à réduire le coefficient Gini (et donc les plus performants pour réduire les inégalités) sont qualifiés de « régressif », c’est sans doute qu’on est dans deux réalités parallèles. Les données de l’OCDE me permettent de croire que je suis dans la réalité. Où sont-ils ? Dans les mains de la vierge ?

« En effet lorsque les efforts fiscaux les moins performants pour réduire les inégalités sont qualifiés de “système d’impôt progressif” et que les systèmes les plus aptes à réduire le coefficient Gini (et donc les plus performants pour réduire les inégalités) »

Gini de la Chine en 1981 : 0,29
Taux d’extrême pauvreté : 98%

Gini de la Chine en 2005 : 0,41
Taux d’extrême pauvreté : 35%

Qu’est-ce que les Chinois préfèrent?

Le Canada a un role centrale et si les canadiens réagissent en accélérant la nationalisation de ses ressources et le développement de coopératives d’habitation, de santé, d’éducation, de transport, d’exploitation et de transformation des ressources, de développement durable en créant des tours agricole et d’aqua-culture, des pont habités et surtout en se dotant de transport rapide et efficace d’un bout à l’autre du pays on pourra contrer les effets pervers de la centralisation a outransce. Un role de précurseur de développement durable en créant des normes de construction, de fabrication, de durabilité de biens et d’obligation pour les fabriquant de développer la division récupération et recyclage des produits qu’ils veulent remplacer par des neufs afin de réduire l’impacts des déchets et la pression sur les ressources naturelles.
Ça viendra si les canadiens le veulent, il faut exiger de nos gouvernements la participation dans la transformation de l’économie pour assurer la pérénité de notre pays. L’Heure n’est vraiment pas au morcellement du pays au contraire, on peut oui obtenir plus de l’attitude dans la culture mais on doit au québec initier ces changements de l’économie et de nouvelles pratiques en environnement pour qu’ils soient adopter et mis en pratique sur tout le territoire canadien pour le bénifice de tous.

@lemoutongris

Vous amusez encore à dire n’importe quoi comme si vous étiez le champion de la logique.

Tout ce que disent vos chiffres sur la Chine, en supposant qu’ils sont vrais, c’est que la pauvreté extrême à diminuée en même qu’un groupe des plus favorisés s’est accaparé d’encore plus de richesse. Le capitalisme sans moral est donc à l’œuvre en Chine. La population meurt un peu moins de fin mais ça leur prend plus de temps pour en mourir. Qu’est-ce qu’ils préfèrent ? Je ne suis pas certain de la réponse.

«Il te montre la Lune et tu regardes son doigt.»
[Proverbe africain]

Vous pouvez toujours blâmer une foule dans un moment de panique. Mais le problème se situe au delà. Si un amphithéâtre prend en feu pendant un spectacle, faut-il blâmer la foule qui panique ou le nombre réduit de portes de sortie? Ou encore l’équipe pyrotechnique qui a merdé? Que dire des autorités locales qui ont permis un tel rassemblement?

Bref, lâchez les spéculateurs, inutile de les accuser pour la volatilité des taux de changes et des marchés en général. Ils ne sont rien de plus qu’une foule en panique.

Pour en revenir aux taux de change, outre le phénomène des fuites en avant vers des valeurs refuge (ex US$, ou le franc suisse plus récemment) en temps de crise, les taux de change deviennent très volatiles lorsque quelqu’un, quelque part joue dangereusement avec le principe du triangle de Mundell.

Cette théorie dit simplement qu’on ne peut avoir, en même temps, (1) une politique monétaire indépendante (contrôle de l’inflation), (2) une libre circulation des capitaux et (3) un taux de change fixe (ou manipulé).

La Chine ne permet qu’une liberté partielle de circulation des capitaux. Ça lui permet, entre autres, de jouer à la fois sur sa politique montétaire domestique et de « neutraliser » son surplus au compte courant sur le marché des changes.

Rappelons-nous la crise asiatique. Que faisaient les tigres asiatiques? Un Peg avec le USD. Résultat? Un beau gros merdier économique et financier qui s’est soldé par une fuite de capitaux sans précédent et une volatilité des taux de change à travers le monde. La nature cherche souvent le moyen le plus simple pour accomplir une tache, le principe de parsimonie. Déprécier une monnaie, c’est simple et rapide … La politique, c’est long et compliqué.

La vraie solution, c’est surtout d’avoir un marché où les dés ne sont pas pipés par un ou plusieurs joueurs. Dans le cas contraire, il y a des problèmes structuraux qui se développent en sourdine et qui ne sont pas escomptés par le marché. Et comme les marchés ne sont pas omniscients, quand ils se rendent compte de l’ampleur du désastre, tout le monde se précipite vers la sortie en même temps, comme un mouvement de foule en panique.

Viser les spéculateurs, c’est s’attaquer aux symptômes, alors qu’il faudrait s’attaquer aux causes.

« Vous amusez encore à dire n’importe quoi comme si vous étiez le champion de la logique. »

c’est n’importe quoi pour qui ne veut pas voir la vérité en face. Les chiffres, très réels, montrent clairement que le socialisme est l’égalisation de la pauvreté.

Si j’étais certain d’avoir bien compris ce que vous demandez, M. Lisée, je vous dirais qu’il serait probablement plus facile de témoigner du sexe des anges.

Les extraits du livre que vous nous livrez sont assez clairs et complets. Je ne vois pas ce que je pourrais rajouter qui pourrait aider notre cause.

Le fait que des pays aussi différents que les
É-U et la Russie acceptent volontiers de ne prêter aucune attention sérieuse aux paradis fiscaux, en dit long sur le parcours à franchir.

Vous pourrez corriger, si possible, cette impression que j’ai que les Juifs, victimes de l’Allemagne nazie, furent les seuls à s’en être pris, avec un certain succès je crois, à au moins un « Paradis fiscal et autre inc. »

Je ne crois pas me souvenir que d’autres pays aient choisi l’occasion de profiter de cette porte, presque entr’ouverte.

Le G20 de Londres d’avril 2009 n’avait pour but, je le crains, que de calmer la masse des gens, lesquels, croit-il, comprennent très peu de choses sur le désastre financier auquel le monde est confronté présentement.

Salutations cordiales

» Qu’est-ce que les Chinois préfèrent? » le mouton

Et bien, je suppose que ça dépend à qui la question est posée…

» De toute évidence, les Chinois n’acceptent plus les inégalités, les discriminations qui touchent les migrants (près de 45 millions de travailleurs), les expropriations de logements ou de terres, la pollution industrielle qui menace la santé des habitants et l’eau des rivières, les affaires de corruption… Le mécontentement prend des proportions émeutières quand les pouvoirs publics, les polices municipales ou les milices privées répriment sans ménagement. Sous des formes diverses, une solidarité s’organise. »
http://blog.mondediplo.net/2011-08-15-En-Chine-comme-au-Royaume-Uni

Puisque vous affirmez que les inégalités sont « naturelles », est-ce à dire que la Chine va devenir le nouveau modèle libertarien après Singapour (la où 86% des ménages occupent un logement social) et la Suède (là où les taxes et impôts sont les plus élevés ET les plus performants – j’allais écrire « artificiels ») ?

Avec des alliés comme les libertariens, le capitalisme n’est pas sorti du trou.

P.S. : Vos sources m’intéressent parce qu’il y a longtemps que je cherchent des données fiables sur la Chine. J’ai même commis un texte sur la corruption chinoise il y a quelques années.

@ Jean François Lisée,

Ce que vous décrivez si bien mérite et se doit d’être porté, par divers canaux, dont l’internet, à la connaissance de l’ensemble de la population du Québec et du reste du monde.

Un site d’information couramment mis à jour, dans un premier temps, en français, en anglais et en espagnol, devrait y être dédié en permanence.

Merci monsieur Lisée pour cette importante et vitale contribution à l’information des citoyens d’ici, du ROC et du reste de la planète.

Complément à mon commentaire précédent :

Les parties 1 à 4 de votre votre présente intervention, ou du moins sa partie 4, pourraient, je crois, être portées à profit à la connaissance de monsieur Nicolas Sarkosy et de madame Angela Merkel.

2ième complément à mes 2 commentaires précédents :

Je trouve que la phrase qui résume le mieux la partie 4 de votre intervention est celle-ci :

»Il faut trouver comment réprimer durablement deux éléments consubstantiels du comportement du capital : la spéculation et la course à des résultats à court terme, au mépris du bien-être à long terme. »

La course État/nation(s)-Worldwide

Ah si la survie de l’humanité était aussi simple que la survie de Dodge ! L’un va sans l’autre mais où est l’intérêt ?

J’admets que la prospérité d’entreprises volontaires comme Toyota ou Dodge de Chrysler demande beaucoup de travail, après avoir regarder en fin d’après-midi à la télé les qualifications du NASCAR Nationwide à Montréal sur le Circuit Gilles-Villeneuve. Je les félicite pour le brio du scénario; Nicolas Sarkosy et Angéla Merkel, pour deux, devraient s’en inspirer.

En plateforme commerciale, les principaux intéressés n’avaient qu’à s’entendre pour recruter et équiper une demi-douzaine de héros vendus d’avance et un nombre respectable de figurants crédibles. Et concevoir un scénario captivant.

Au G-20, se retrouvent des victorieux et vaincus d’antant élargis de nouveaux venus; ces représentants d’États composent un embryon avortable pour la suite de l’humanité; selon la règle de la majorité et non de la guerre, il faudrait au minimum le vote majoritaire d’onze de ces parvenus élus ou pas en évidence mondiale, capables de convaincre une majorité de quelques 200 autres élus ou non moins exposés, pour convenir d’un plan de travail à mensualité visant l’abolition des paradis fiscaux. L’affirmer, c’est poser la question.

Et le travail ne ferait que commencer. À partir d’ici, l’humanité s’embarquerait dans beaucoup plus gros que Samuel de Champlain sur le Saint-Laurent en 1603. Démographie prospère ailleurs qu’en Occident élargi rend l’opération complexe. Je répète, démographie prospère ailleurs qu’en Occident élargi rend l’opération complexe.

@ Denis Drouin

Tu as raison, je suis sur que les chinois préférais tous l’époque où il était également pauvres.

Ça tombe sous le sens. Une société égalitaire rongée par la famine est de loin préférable à une société un les problème de malnutrition sont diminué mais avec des inégalités.

Merci pour ce beau moment de lucidité.

Résumons donc la position de JF Lisée.

Pour le Québec il ne fait pas une autorité des marchés financiers canadienne, mais une ne autorité des marchés financiers mondiale !

Un souverainiste encore plus centralisateur qu’Ottawa.

À quoi bon se séparer si c’est pour ensuite redonner nos pouvoir nouvellement acquis à un gouvernement mondial ?

» Les canadiens ont investi dans les paradis fiscaux des sommes totalisant 146 milliards de dollars CAN en 2009… » (Brigitte Alepin, La crise fiscale qui vient).

» J’ai même commis un texte sur la corruption chinoise il y a quelques années. »

je n’ai jamais dit que c’était un paradis capitaliste. L’État est nettement trop interventionniste; il construit des villes qui sont vides. Je prédis une crise économique dans ce pays d’ici 10 ou 20 ans

Par contre, les gens sont mieux que sous Mao.

@le moutongris

Doit-on comprendre que vous ne donnerez pas vos sources concernant votre « post » du 19 août à 1h28 ?

J’admets qu’il était tard mais quand même ….

« mes statistiques commencent à la page 131: … »

Il n’y a que 37 pages dans le document de lemoutongris.

Les libertariens pnt besoins de trpmper pour parvenir à leurs domes,

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