5 façons de dépolitiser la Fête nationale

Inclure plus de discours fédéralistes ? Sous-traiter à l’étranger ? Pour le blogueur Mathieu Charlebois, les idées ne manquent pas en vue de faire de la Saint-Jean une fête vraiment neutre…

drapeau-quebec

Sur la souveraineté et le fédéralisme, la CAQ a une position bien claire : «Si on arrête d’en parler, le problème va s’en aller tout seul.»

C’est en suivant cette doctrine que le député caquiste Benoit Charette est parti en guerre contre les discours souverainistes durant la Fête nationale. Ceux-ci rendraient la fête moins rassembleuse.
Politique

C’est vrai qu’on s’ennuie des fêtes aussi neutres que rassembleuses des années 1970, alors que Gilles Vigneault, Robert Charlebois et Yvon Deschamps entonnaient «Gens de la province, c’est à votre tour…».

La Saint-Jean doit être plus inclusive, et la meilleure façon d’y arriver, c’est d’exclure complètement les idées de 40 % de la population. C’est logique comme de l’eau de roche.

Vendredi, le député Charette est même allé plus loin, proposant qu’on choisisse les artistes invités aux spectacles en fonction de leurs idées politiques. Rien que ça. Et pourquoi pas ? C’est ce qu’on fait en Chine, et ça ne les empêche pas d’être une grande démocratie.

Mais il est possible de dépolitiser notre fête nationale sans aller aussi loin. Voici cinq manières d’y parvenir.

1. La Fête proportionnelle

La souveraineté a le vent dans les voiles et trône à 60 % dans les sondages ? On joue 60 % de Gens du pays.

Elle traîne plutôt à 40 % ? Le public devra se contenter de «Gens du».

À 20 % d’appui, on chante «Happy Birthday».

2. Inclure plus de discours fédéralistes

Et si ce n’était pas qu’il y a trop de discours souverainistes, mais bien qu’il n’y a pas assez de discours fédéralistes ?

Après le discours du comédien qui déclame du sous-Gilles Vigneault, la larme patriotique à l’œil, insérons un équivalent fédéraliste.

Le tribun fédéraliste, le regard vers le lointain d’un océan jusqu’à l’autre, viendrait clamer son amour d’un Québec qui ne peut pas décider lui-même s’il va y avoir du péage sur son plus important pont. Il aura le trémolo dans la voix en évoquant le fait que plusieurs (plusieurs !) juges de la Cour suprême comprennent quand on plaide devant eux en français.

Derrière lui, le seul artiste fédéraliste du Québec pourrait entonner un air du groupe Nickelback.

3. Créer un comité consultatif

Pour vraiment dépolitiser, il faudrait créer un comité non partisan et indépendant du monde politique. Celui-ci serait chargé d’évaluer le poids politique de diverses chansons en se basant sur l’échelle Zabé-Piché.

Selon cette échelle, une chanson de Patrick Zabé, comme «Agadou dou dou», se verra accorder un pointage nul, parce qu’elle est exempte de tout message politique.

À l’inverse, une chanson de Paul Piché recevra d’emblée 10 points, parce que la seule présence du chanteur donne envie de se séparer du Canada — comme se séparent les boutons et les trous de bouton du haut de sa chemise, laissant entrevoir un luxuriant pays de poils de chest.

Ne restera plus qu’à accumuler les points de chaque chanson qu’on fait jouer durant un spectacle de la Saint-Jean. Plus le score sera bas, meilleur aura été le spectacle.

4. Sous-traiter à l’étranger

En vedette à la Fête nationale 2016 : le chansonnier islandais Jón Þórsson Hallssonar, la chanteuse Hildegarde Kauffmann (directement du Liechtenstein) et le rappeur indien Pardhaan Haryanvi.

Jusqu’au 23 juin, ils ne savaient même pas que le Québec existait. Un discours nationaliste sur l’indépendance ? Même s’il y en avait un, on ne le comprendrait pas.

Autre option : un enlevant spectacle de nô japonais.

5. Une Fête nationale 100 % «Chats sauvages»

Tout le monde aime Marjo. Tout le monde aime chanter «On apprivouèse… pas les chats sau-au-auvages».

Peut-on faire durer ce plaisir pendant deux heures ? C’est ce qu’on verra.

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19 commentaires
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Les idées non pas de 40% mais bien de 50% de la population… en 1995, n’était-ce pas à 50% moins 0,58% des voix ( 27 145 / 4,671M ) ?
Le seul sondage qui tienne, c’est le référendum…

Avant 1977 au Québec le 24 juin nous fêtions la Saint-Jean-Baptiste, c’était la fête des canadien-français (on appelait comme ça les francophones du Québec à cette époque), puis à partir de 1977 le Gouvernement de René Lévesque la rebaptise « Fête nationale des québécois » , fête de tous les québécois pas juste des francophones (un geste d’inclusion).

Depuis nous fêtons ensemble, la majorité francophones qui a invité tous ses concitoyens à fêter avec elle n’est pas moins fière de ses racines, de sa langue et de sa culture françaises qu’elle célèbre à cette occasion et c’est ce qu’elle partage avec les autres (comme nous fêtons la St-Patrick avec les Irlandais en mars ).

Il y a toujours eu une dimension nationaliste à cette fête là pour les québécois tout en laissant beaucoup de place à des festivités plus neutres, à mon avis il n’est ni souhaitable ni réaliste d’imposer aux francophones nationalistes et/ou indépendantistes de se taire, de s’effacer le 24 juin, de ne plus démonter ce nationalisme qui les habite sous prétexte que ça peut indisposer une partie des québécois. Faire de la place aux autres ne veut pas dire t’exclure de la fête !

Je crois que les organisateurs ont jusqu’à maintenant et année après année assez de jugeote pour doser correctement de nationalisme les activités de notre fête nationale et je continue à leur faire confiance.

Par contre, comme je ne suis pas indépendantiste, la « fête nationale » ne me dit rien. J’en suis exclu. Alors arrêter de faire semblant, c’est une fête pour et par les indépendantistes. Cessez de dire qu’elle est pour tous et rassembleuse.

Ça me rappelle les directives des mamans de mon enfance avant les sorties et les fêtes: ne mange pas trop de bonbons, ne parle pas trop fort, ne court pas dans la maison, n’interrompt pas les adultes lorsqu’ils parlent, reste bien assis, ne cris pas et le reste: autrement dit: farme la, bouge pas, salis-toi pas, si possible fait comme si tu n’existais pas…après tout c’est une fête!
Faisons donc comme si on n’existait pas!
À bien y penser, on n’existe pas encore, du moins officiellement.
C’est ce qu’on veut changer. Accompagné de tous ceux qui le veulent aussi!
C’est certains que les autres, eux, ne veulent pas en entendre parler et veulent comme les enfants de mon enfance: que nous nous taisions!

Dans les petites fêtes du Canada est-ce-que on va avoir droit à une partie de discours souverainiste cette année ? J’en doute alors qu’au Quebec on nous laisse fêter comme on veut puis les gens de la Caq qu’ils aillent fêter le 1 juillet avec Harper si cela ne leur convient pas.Mes impots financeront les belles petites fêtes données par les fédéralistes .
Bonnes fêtes .

Ma fierté est davantage interpelée par les belles réalisations des gens d’ici que par des discours pleurnichards de notre soi-disant malheur ou misère.

C’est la politique et les partis politiques que l’on devrait dépolitiser. On devrait élire un groupe de comptable et d’administrateurs tous habillé en beige avec la même coupe de cheveux et le gouvernemaman devrait être « géré » comme des missionnariats en Afrique.

Je viens de réaliser que c’est Philippe Couillard notre premier ministre qui a trouvé la meilleure façon de dépolitiser notre Fête Nationale en réduisant dès 2016 les budgets alloués à ceux qui l’organisent cette fête là, et il sait calculer notre M.Couillard parce que son action coïncidera probablement avec les actions contraires que fera certainement le Gouv Fédéral (augmenter les budgets attribués à la fête du 1 juillet ) pour préparer le terrain au 150 ième de la confédération en 2017.

Fermer le bec aux nationalistes québécois pour laisser plus de place et de visibilité à la fête du Canada, voilà à mon avis l’objectif non avoué de Philippe Couillard, le plus fédéraliste avoué (parce que J.Charest l’était tout autant que lui sinon plus) que le Québec n’a jamais eu.

Monsieur Couillard ne sera pas au Québec pour notre fête nationale (il va fêter ça à New York qu’on nous a annincé) mais il sera certainement ici pour fêter le 1 ire juillet. Tout un premier ministre que nous avons là.

Il n’ a pas réduit le budget du mouvement national! Il l’ a tout simplement ramené au budget de 2012 qui avait été augmenté par le PQ qui avait beaucoup d’ argent pour ce genre de programme et qui ont été au pouvoir minoritaire seulement 18 mois!!! Allo les priorités pour diminuer les augmentations astronomiques des budgets et de dépenser l’ argent qu’ on avait pas!!!

Autre chose , la fête de la St-Jean Baptiste a toujours été et sera toujours depuis 1840 la fête des Canadiens français partout au Canada comme la fête des Acadiens et la fête des Irlandais! En 1977 le PQ a commencé a politisé cette fête au Québec en l’ appelant ( la fête nationale du Québec) qui a obtenu d’ énormes subventions depuis! Donc au Québec la fête de la St-Jean Baptiste patron des canadiens français a disparue du radar!!

Les Acadiens, c’est pas des canadiens français? Alors pourquoi célèbrent ils le 15 août?

Le terme » Canadiens Français » remonte à loin dans l’histoire à l’époque où il y avait essentiellement des francophones et des anglophones sur le grand territoire qu’on appelle aujourd’hui le Canada, on nous appelait alors » les canadiens français » et même à une certaine époque » les canayens « . Dans ce sens là je dirais que les Acadiens font aussi partie des canadiens français.

Les acadiens ont une histoire passablement différente de celles des francophones des autres provinces principalement à cause de leur déportation et de leur retour en
Acadie un vrai tour de force. Ils commémorent leur histoire avec leur fête du 15 août et pour y avoir participé quelques fois je peux dire qu’ils en sont très fiers, autant que nous le 24 juin.

J’ai toujours trouvé curieux cependant que vu son importance pour les francophones de la seule province officiellement bilingue au Canada le 15 août n’y soit pas considéré comme un jour férié, ça s’explique probablement par le fait que les anglophones ( plus nombreux que les francophones) ne le souhaitaient pas.

Je vous ferai remarquer aussi qu’à part au Québec où la traditionnelle saint-Jean-Baptiste (24 juin) a été officialisée comme étant la Fête Nationale des Québécois et comme jour férié, la saint Jean est toujours fêtée par les francophones des différentes provinces mais nulle part autre qu’au Québec cette fête est considérée comme jour férié.

Les acadiens ne sont pas des canadiens français oups! Les Acadiens sont de langues française et la première colonie à Louisbourg , c’ est quoi ça , Louis de Funes!!!!

C’ est aussi normal qu’ on commence a parlé du 150 ième anniversaire du Canada fondé en 1867 par la signature de l’ Acte de l’ Amérique du Nord et qu’ on souligne l’ anniversaire spécial de notre pays!!! Lors du 100 ième anniversaire en 1967 je me souviens de beaucoup de subventions partout dans toutes les régions du Canada. Vous savez le Canada c’ est notre pays ; regardez votre passeport!

Séparer St-Jean et fête nationale. Quoi que les gens en pense, la fête nationale doit être inclusive de toutes les comunautées vivant au Québec. Mais pour ça elle ne doit pas voler la fête des canadiens français. Exemple: tout le monde est vert à la st-Patrick mais ce n’est pas la fête nationale officielle.

Il y a longtemps que je ne participe plus à ce gros party de séparatistes payé avec MES taxes.

D’ailleurs, quelqu’un peut me faire savoir au nom de quel événement majeur dans notre passé collectif québécois le 24 juin a été décrété journée officielle de notre fête « nationale?

En fait, à part avoir voulu profiter lâchement d’une fête religieuse pour en faire un événement bassement politique, les péquistes pourraient-ils nous dire quel fut l’événement historique déclencheur d’une telle hystérie?

Les grandes nations peuvent facilement identifier clairement un événement majeur que leur rappelle leur fête nationale. Lequel est-ce pour le Québec? Hein???

Pour ma part, j’opterais plutôt pour le 21 janvier qui fut la date où notre drapeau national a été adopté par Maurice Duplessis. Au moins, ça voudrait dire quelque chose…

L’flag su le hood la grosse bière entre les jambes. voilà comment se manifeste l’ardeur nationale du Québécois moyen!