Des élections bientôt ? 5 signes qui ne trompent pas

Pour le blogueur Mathieu Charlebois, aucun doute possible : nous sommes à la veille d’une élection. Enfin, peut-être…

Photo : Bloomberg / Getty Images
Photo : Bloomberg / Getty Images

Il y a quelques jours, j’avançais que deviner la date d’une élection est la science la moins exacte du monde.

Qu’à cela ne tienne, je ne suis pas payé pour être cohérent ! Voici les cinq signes qui ne trompent pas : nous sommes à la veille d’une élection. (Peut-être.)

Signe nº1 : Nous ne sommes pas à la veille d’une élection. Pas une miette.

Est-on en train de placer les pions pour une élection ? Si vous posez la question à Pauline Marois, elle vous dira que non. Tous les premiers ministres avant elle ont fait de même. C’est là une des plus belles singularités du système électoral : chaque campagne électorale débute par un mensonge.

Signe nº2 : Il pleut des annonces pas DU TOUT électoralistes.

Un déluge d’annonces tombe sur la province ? Ce sont des adons qui adonnent, vous dira le parti au pouvoir. L’opposition, elle, y voit clair : le gouvernement utilise les fonds publics comme appât électoral. Et l’opposition sait reconnaître ce genre d’exercice. Après tout, ils l’ont fait eux-mêmes à la dernière élection…

Souvenons-nous, par exemple, du 24 juillet 2012, entre 13 h et 14 h, alors que nous n’étions absolument pas à la veille d’une élection. Non monsieur !

Le 24 juillet 2012, entre 13h et 14h, nous n'étions absolument pas à la veille d'un élection. Non monsieur!

Des élections étaient déclenchées huit jours plus tard, mais ça n’a rien à voir.

Signe nº3 : On diffuse des publicités… mais ce n’est pas pour vendre quelque chose.

Dans une récente publicité, que l’auditeur distrait a peut-être confondue avec une annonce de pick-up ou de Tim Hortons, le Parti québécois tente de raviver la flamme souverainiste.

En 30 secondes, on nous fait vibrer le projet collectif à grands coups de «tu» et on brise cette idée que la souveraineté est un projet dépassé en rappelant la fierté qui nous habite quand le Canadien ramène la Coupe. Ce qu’il n’a pas fait depuis 1993.

Gif réalisé par Maxime Larivée-Roy
GIF réalisé par Maxime Larrivée-Roy

Un parti politique qui se paie des publicités alors qu’il n’y a pas d’élections en vue, c’est un peu comme les producteurs de fraises du Québec qui se paieraient des kiosques de dégustations à l’épicerie en plein mois de février.

Signe nº4 : Tout devient un drame !

Cette semaine, Madame Marois a pris un hélicoptère pour se rendre d’un endroit à l’autre.

Réaction d’une personne équilibrée : «Cela me semble un peu exagéré. J’espère qu’on ne fait pas ça trop souvent.»

Réaction d’un député d’un parti d’opposition : «Un hélicoptère. UN HÉLICOPTÈRE ! Et pourquoi pas un carrosse en or dans un jet privé avec une piscine de caviar ?!? Je réclame une commission d’enquête !»

À en croire l’opposition, ce tour d’hélicoptère est responsable de la moitié du déficit de la province pour l’année. J’exagère ? Bien sûr, c’est mon travail. Mais pas tant.

Depuis hier, la libérale Christine St-Pierre a tweeté pas moins de 15 fois sur le sujet. (D’ailleurs, Christine St-Pierre est vraiment un spectacle à suivre, sur Twitter. Elle est parfois la reine du gazouillis exagérément agressif.) (AJOUT : Kathleen Weil, via quelques mots-clics bien placés, fait un lien entre les coupures dans la santé et ce tour de machine volante.)

Et finalement :

Signe nº5 : On prend le citoyen pour un simple d’esprit.

Voir les signes nº1 à 4.

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Toutefois, il y a aussi des signes qui n’accrédite pas une élection « express »

1- Aucun vote n’aura encore été tenu sur la charte des valeurs. On ne pourra donc pas utilisé l’argument que les partis d’opposition ont voté contre, et que le PQ a besoin d’avoir les deux mains sur le volant afin de faire passer cette charte.

2- La commission Charbonneau n’a pas encore attaqué le volet « PLQ ». Le PQ aura beaucoup de munitions à aller chercher de ce côté, et il a tout intérêt à attendre qu’on lui livre ces munitions.

3- Quelle excuse aura Mme Marois pour justifier le déclenchement d’une élection? Cela sera perçu comme du pur opportunisme électoral, et la population n’apprécie pas ce genre de politique. Surtout que la charte des valeurs sera laissée en plan après avoir tant brassée dans l’opinion.

4- Un journaliste de La Presse a écrit: « La date de déclenchement la plus probable, soit le mercredi 12 mars pour un scrutin le 14 avril, est désormais carrément évoquée partout dans le parti et dans les officines gouvernementales. «Ce sont les dates discutées», convient-on, tout en précisant tout de suite que la décision n’est pas arrêtée. »

Il s’appuie donc sur des informations provenant du PQ même. C’est farfelu. Pourquoi le PQ dévoilerait sa stratégie publiquement? Cela me dit donc que le PQ n’a aucune intention d’élection à court terme, et fait courir la rumeur afin de garder les oppositions sur le gros nerf. C’est de bonne guerre!

5- Finalement, les derniers sondages publiés montrent un PQ majoritaire par la peau des dents. Le Jello n’est pas encore assez pris non plus. J’ai l’impression que l’opinion est encore assez volatile. On ne se lance pas dans le vide à moins d’avoir un solide parachute.

Toutefois, j’admet qu’avec la pluie d’annonces, vous avez un argument très fort, M. Charlebois. Peut-être que le PQ déploie une stratégie tout autre. Il ne faut pas négliger Jean-François Lisée. C’est tout un ratoureux!