6 questions clés sur la bataille des États-Unis

La campagne électorale la plus choquante de l’histoire des États-Unis est maintenant terminée. Place au vote. Voici ce qu’il faut surveiller en cette journée cruciale.

Illustration: L'actualité.
(Photos: Hillary Clinton – Rick Wilkins / Reuters, Donald Trump – EPA/Jason Szenes/PC)

Vice et Slate bousculeront-ils la journée électorale?

Vice News se targue depuis des années de faire la leçon aux «vieux médias». L’entreprise promet maintenant de révolutionner la couverture des résultats des élections présidentielles aux États-Unis.

De concert avec le site Slate, elle veut rendre publics les taux de participation en temps réel dans les États clés, où se jouera l’issue des élections.

En jumelant les résultats avec leurs propres sondages menés dans ces États, Slate et Vice pensent pouvoir indiquer, en temps réel, où en est la course.

Du coup, les deux entreprises de presse vont briser l’embargo que respectent traditionnellement les grands médias d’information le jour des présidentielles. Ceux-ci ne divulguent les résultats des sondages de sorties des urnes qu’après la fermeture des bureaux de vote.

La rédactrice en chef de Slate, Julia Turner, juge cette attitude «paternaliste» envers les électeurs. «Le rôle des journalistes est d’amener l’information aux gens, pas de la bloquer», dit-elle.

Vice et Slate se sont associés à Votecastr, une entreprise spécialisée dans l’analyse de données.

 

Y aura-t-il une surprise de type Brexit?

Qu’importe les multiples sondages qui prédisent la victoire à Hillary Clinton: ces chiffres sont trompeurs. C’est du moins ce que répète régulièrement Donald Trump dans ses rassemblements partisans. Le milliardaire promet une surprise semblable à celle survenue en Grand-Bretagne en juin dernier, lors du référendum sur la sortie de l’Union européenne. Les électeurs britanniques avaient alors opté pour le «Brexit», alors que de nombreux sondages prédisaient une victoire du camp du «Remain». Il y a quelques jours, Donald Trump a prédit que sa victoire serait un «Brexit multiplié par 10». Les statisticiens les plus «optimisites» (du point de vue de Trump), ceux du site fivethirtyeight.com, évaluent à 30% les probabilités d’une victoire du candidat républicain.


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Qui va gagner la bataille du congrès?

On l’oublie souvent, mais l’identité du prochain résident de la Maison Blanche n’est pas le seul enjeu des élections. Les Américains devront aussi choisir leurs délégués au Congrès, formé de la Chambre des représentants et du Sénat.

Ce n’est pas banal. Le président Obama l’a constaté amèrement ces dernières années: le Congrès détient d’immenses pouvoirs. Ses élus peuvent contrecarrer les projets du président. Plus tôt cette année, le Sénat a bloqué la nomination par Obama d’un juge à la Cour suprême. Obama avait pourtant présenté cette nomination comme « l’une des décisions les plus importantes » de sa présidence.

Les démocrates ont de bonnes chances de reprendre le contrôle du Sénat, dominé par les républicains depuis deux ans. Le tiers des sièges (34 cette année) sont en jeu, dont 24 sont détenus par des républicains.

Ces derniers devraient toutefois conserver le contrôle de la Chambre des représentants. Dans ce cas, l’ensemble des 435 sièges sont en jeu (comme à tous les deux ans). Les républicains en détiennent 246, contre 186 pour les démocrates. Si Hillary Clinton devait l’emporter, elle devrait donc cohabiter avec une Chambre des représentants hostile à plusieurs de ses politiques.

 

Les électeurs – et électrices – voudront-ils marquer l’histoire?

Donald Trump a souvent accusé sa rivale de jouer la «carte des femmes». En réalité, la possibilité qu’une femme puisse, pour la toute première fois, prendre la tête de la première superpuissance mondiale a (étrangement) peu marqué la campagne électorale. Si les sondages s’avèrent justes et qu’Hillary Clinton remporte ce duel, c’est pourtant ce que l’Histoire risque d’abord et avant tout de retenir: un moment marquant pour les femmes.

Nombre d’électrices (et d’électeurs) pourraient être tentés de dire qu’ils ont participé, à leur manière, à ce moment historique, en votant pour Hillary Clinton.

 

Les Noirs bouderont-ils les urnes?

Pas moins de 93% des Noirs ont voté pour Barack Obama en 2012. Selon les sondages, ils sont aussi nombreux à appuyer Hillary Clinton. Mais encore faut-il qu’ils se rendent aux urnes. Il y a quatre ans, les deux tiers des Noirs ont voté, surpassant, pour la toute première fois, le taux de participation des Blancs. S’ils sortent en aussi grand nombre cette année — en particulier en Floride, en Pennsylvanie, en Ohio ou même au Michigan, des États que Trump espère remporter —, Hillary Clinton a de bonnes chances d’être élue.

 

Verra-t-on l’émergence du «pouvoir latino» ?

Donald Trump a lancé sa candidature, en juin 2015, en multipliant les insultes contre les immigrants sans-papiers mexicains. Il a promis d’ériger mur à la frontière du Mexique. Il a fait expulser d’une conférence de presse le journaliste-vedette Jorge Ramos, chef d’antenne d’Univision, qui le questionnait sur ses déclarations controversées (j’avais assisté à ce moment surréaliste et interviewé Ramos).

Malgré ses frasques, Donald Trump a conservé l’appui de nombreux Américains d’origine latine, notamment dans la populeuse communauté cubaine de Miami. Mais une majorité d’entre eux semblent déterminés à empêcher Trump d’accéder à la Maison Blanche. S’ils se rendent nombreux aux urnes, comme le laissent entrevoir les sondages, les latinos pourraient faire la différence dans cette élection et confirmer la montée du fameux «pouvoir latino» aux États-Unis.

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5 commentaires
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Permettre aux journalistes de donner des résultats même partiels peut influencer des indécis qui pourraient le regretter après coup. Souhaitons que le bon sens l’emportera et surtout que les citoyens américains iront voter, leurs avenirs est entre leurs mains.

Prédiction !: Clinton gagnante par au moins 300 grands électeurs et + ! Le sénat va être 50/50 et Trump va se contenir pour ne pas affirmer que les élections américaines sont truquées!

Ah! Oui ! Je me suis complètement gouré!! Mea culpa, mais une chance , je ne suis pas un spécialiste et j’ ai probablement trop écouté Radio tralala et Lcn !

Trumpvader (ou Hitler orange) n’est pas sorti du bois et il n’y a aucun arbre autours. Le PIB qui ne croit que d’un poucent (au lieu de trois pour pouvoir payer les factures d’entretien de tous les jours) ne disparaitra pas d’ici demain. Il veut diminuer les taxes pour les citoyens et les entreprises, ah bon ! Où prendra t’il l’argent si ce n’est qu’augmenter le déficit et conséquemment la dette. Pour ce qui est des emplois, la course vers les emplois à temps partiel et temporaire continuera de faire son chemin car se sont les entreprises qui mènent les États-Unis et non le contraire.