7 priorités pour le Québec

Urgence climatique, pénurie de main-d’œuvre, protection du français, vieillissement, éducation, logement et inflation : voici les thèmes qui, selon L’actualité, devraient être au centre des débats de la présente campagne électorale. 

Photo : Rodolphe Beaulieu

Les Québécois sont les champions planétaires du bonheur, écrivait L’actualité il y a six ans, juste derrière les Danois, mais devant les autres Canadiens, les Américains, les Suédois, les Français… alouette ! C’était le bon vieux temps.

Depuis, les objets d’inquiétude se sont accumulés dans l’âme collective. Leur importance pour l’avenir du Québec devrait leur assurer une place de choix dans tous les programmes électoraux, à droite, à gauche, au centre. 

L’inflation atteint des niveaux jamais vus en 40 ans et les possibilités de se loger dans un chez-soi adéquat se rétrécissent. Ce n’est pas encore comme à l’époque de Bonheur d’occasion, mais le tiers des ménages montréalais doivent consacrer 30 % ou plus de ce qu’ils gagnent à leur loyer. Acheter ? Selon Ratehub.ca, un comparateur de taux hypothécaires, 110 000 dollars de revenus sont nécessaires pour s’offrir une demeure au prix moyen dans la région de Montréal. Et encore, il faudra verser la moitié de son salaire dans l’hypothèque. Ça laisse peu de place au proverbial verre de vin du vendredi soir.

À cela s’ajoutent deux phénomènes qui, en quelques années, sont passés de l’état de concept à celui de réalité. Le derecho, cette manifestation météo qui a balayé le Québec en mai, les presque 50 °C de Lytton, en Colombie-Britannique, l’an dernier et les 34 journées caniculaires dans le sud du Québec à l’été 2020 annoncent ce que les changements climatiques nous réservent. En outre, d’ici huit ans, le nombre de têtes de 65 ans et plus augmentera de près d’un demi-million, l’équivalent de la population de Québec. Un défi de santé, d’urbanisme et, ça va de soi, budgétaire pour l’État.

Le chômage a longtemps été un cancer au Québec — le taux de sans-emplois n’est pratiquement jamais descendu sous les 8 % de 1976 à 2012.  Après un plancher record de 3,9 % en avril, l’affaire devrait être réglée, non ? Cela a plutôt donné naissance à une pénurie de main-d’œuvre. Heures d’ouverture réduites, ruptures de services et fermetures d’entreprises faute de bras sont légion. En juin au Québec, quelque 271 000 postes attendaient leur prince vaillant.

Il y a aussi ces petites boules d’anxiété nationale perpétuelles : le français décline, foi du recensement de 2021. Et le Québec a beau s’afficher comme la société la plus égalitaire du continent, son système scolaire est l’un des moins équitables au Canada, ce qui a des conséquences néfastes pour la vie durant de trop d’élèves.

Atteindre des cibles de réduction des gaz à effet de serre et s’adapter aux changements climatiques ; faire face au vieillissement ; maîtriser les contrecoups de l’inflation ; lutter contre la crise de l’habitation ; permettre à tous les jeunes d’exploiter leur plein potentiel à l’école ; résorber la pénurie de main-d’œuvre ; assurer l’épanouissement du français dans la paix linguistique.

Voilà les sept travaux de l’Astérix québécois qui, selon L’actualité, devraient être au centre des débats de la présente campagne. Après les avoir cernés, notre équipe s’est livrée à l’exercice d’élaborer le programme électoral qui donnerait les moyens de les réaliser avec succès. Les solutions que vous trouverez dans ce dossier ne sont pas les plus spectaculaires ni les plus susceptibles de charmer les électeurs ; ce sont celles qui, d’après des experts de différents horizons, permettraient de s’attaquer le plus efficacement possible aux défis qui attendent le prochain gouvernement. À l’aube de ce scrutin général, nous espérons que ces idées nourriront vos réflexions et qu’elles inspireront vos aspirants représentants du peuple.

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C’est une très bonne liste de priorités, j’en ajouterais cependant une autre : contrer le désengagement et le nihilisme d’une partie importante de la population. Notre système électoral doit devenir plus inclusif, chaque vote doit se traduire par une représentation à l’Assemblée nationale. François Legault s’était engagé solennellement à réformer le mode de scrutin du Québec et il a trahi sa promesse, à terme je crois que sa volte-face aura des conséquences néfastes. On nous dit que la majorité des gens se fichent de la réforme du mode de scrutin, peut-être est-ce vrai mais n’oublions pas que même si la majorité est souveraine, elle n’est certainement pas omnisciente.

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J’ai lu avec beaucoup d’intérêt les articles sur les sept priorités choisies par L’Actualité. Compte tenu des bouleversements causés par la pandémie et sa gestion, j’aurais aimé que les questions de la gouvernance et de la transparence en démocratie y figurent aussi. En période électorale, ce serait génial d’enchaîner en publiant les positions des divers partis dans chacun de ces dossiers. J’ai tenté de me renseigner sur des enjeux qui me tiennent à coeur en écrivant aux candidats dans ma circonscription (Chapleau) mais je n’ai reçu aucune réponse.

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Une priorité fondamentale absente, qui fait partie des besoins élémentaires de la population: L’accessibilité aux soins de santé. Ce n’est pas seulement un problème de ressources humaines, c’est un problème global de formation, syndical et de gestion et autres….

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Le problème du système de santé est imbriqué dans plusieurs des priorités mentionnées, mais il me semble qu’il aurait dû figurer à part dans la liste: il est largement assez imposant en lui-même.

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