78 : la « loi (vraiment) fondatrice » de Jean Charest

Bon résumé de la situation

Le jour où le premier ministre Jean Charest a annoncé les termes de sa loi très spéciale, le Barreau du Québec a publié un communiqué qui détonnait dans le concert général des appels à la loi et à l’ordre.

Pour le bâtonnier, Me Louis Masson, il importait de « rappeler que les représentants des deux parties agissent en toute légitimité. Les élus du gouvernement ont été choisis démocratiquement par les citoyens et les représentants des fédérations étudiantes l’ont également été, et ce, en vertu de la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants ».

Des représentants étudiants qui agissent en toute légitimité ? Ne sont-ils pas au contraire des enfants rois prenant en otage le droit à l’éducation et imposant, selon un scribe, la « tyrannie de la minorité » ?

Ce que le bâtonnier indique — et il s’est fait critiquer par certains avocats progouvernementaux pour l’avoir fait — est qu’on assiste plutôt à un assaut contre la majorité. Du moins, contre le principe majoritaire dans le droit d’association.

Car soyons nets. Ce qui s’est produit au printemps 2012 est inédit. Jamais, au moment de toutes les autres grèves étudiantes, le gouvernement et les tribunaux n’avaient contesté la légitimité des décisions des assemblées étudiantes. Jamais les élites n’avaient encouragé les étudiants opposés à la grève à s’adresser aux tribunaux pour faire prévaloir leur droit individuel à l’éducation, plutôt que d’aller se battre, en assemblée générale, pour faire triompher leur point de vue.

Ex-militant étudiant, je peux attester du fait que plusieurs grèves des années 1970 se sont conclues lorsque les étudiants de filières plus traditionnelles (administration, droit, etc.) s’organisaient et se mobilisaient pour voter la fin de la grève en assemblée, mettant ainsi en minorité les plus militants, venant des sciences sociales.

Au printemps 2012, cependant, ce mécanisme d’autorégulation de la démocratie étudiante a été cassé par le gouvernement. Le signal est clair : ceux qui souhaitent reprendre leurs cours n’ont pas à se comporter en démocrates.

L’assemblée étudiante est ainsi privée de légitimité, mais dans un cas seulement. Lorsqu’une majorité vote un retour en classe, tous et chacun se soumettent à sa décision. Mais lorsqu’une majorité vote la poursuite de la grève, les perdants sont invités à ignorer cette décision en se prenant un avocat. Et on s’étonne que des membres de la majorité réagissent mal à ce déni de légitimité ! On voudrait torpiller l’esprit démocratique qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Jamais l’idée d’obtenir une injonction pour aller au cours n’avait été testée. D’autant que leur succès ne reposait sur aucune certitude juridique. À preuve : le juge Marc-André Blanchard, de la Cour supérieure, a refusé d’accorder une des premières injonctions réclamées, le 23 avril. Son refus était fondé en droit. Il estimait que la décision de grève démocratiquement prise par une assemblée générale constitue « l’exercice d’un droit constitutionnel ou quasi-constitutionnel, en l’occurrence le droit à la liberté d’expression, qui s’oppose à un droit qui bien qu’extrêmement important [celui d’aller au cours] ne constitue pas un droit constitutionnel ou un droit quasi-constitutionnel ».

Cette approche aurait pu faire école et renvoyer tous les étudiants mécontents vers leurs assemblées. Mais le juge en chef de la Cour supérieure, François Rolland, en a décidé autrement. Alors même qu’il affirmait que les injonctions n’étaient pas de nature à résoudre le conflit, il a pris sur lui de s’attribuer la totalité des demandes d’injonction et de les accepter toutes. Il a ainsi  appliqué sa propre vision du droit, ancrée dans notre époque individualiste, et non celle de son collègue Blanchard, plus inspiré par le droit d’association. C’est un choix, lourd de sens. Il aurait pu en faire un autre.

Jean Charest a déclaré que sa loi spéciale était « fondatrice ». En effet. Elle fonde le principe que, en société, le droit de l’individu prime sur la délibération et la décision collective. Voilà ce qu’on vient d’enseigner à nos étudiants. Et on les traite d’enfants rois.

Et encore :

On pourrait appliquer ce même principe, demain, pour affirmer le droit des syndiqués ayant voté contre une grève de rentrer au travail. C’est ce que font plusieurs États américains. Et, pourquoi pas, le droit de ceux qui n’ont pas voté pour le gouvernement Charest de ne pas payer la hausse des droits de scolarité, ou de la TVQ.

Une pétition est désormais en ligne, à l’Assemblée nationale, pour que soit reconnu et encadré le droit de grève des associations étudiantes.

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Quand un étudiant s’inscrit pour un semestre au CEGEP ou à l’université, il y a contrat entre les 2 parties. Tous les votes en assemblée générale ne peuvent annuler ce contrat.

Il faut vraiment être déconnecté du réel pour croire que le vote d’une association étudiante peut obliger un étudiant à ne pas suivre ses cours.

Quand bien même les résidents de mon quartier formeraient une association, un vote majoritaire de cette association soit sur la couleur des maisons ou les arbres à planter ne saurait forcer quelque résident que ce soit à plier devant cette majorité.

Veuillez user de votre jugement, M. Lisée, au lieu de faire dans la démagogie adolescente.

Application en philosophie politique de la prédominance appuyée pour le droit individuel contre le droit démocratique de la majorité.

Le libéralisme politique qui a reconnu la souveraineté populaire et collective par vote majoritaire dans les élections et dans le syndicalisme. Ce libéralisme politique là est bafoué par un néolibéralisme économique, politique et social qui fait du droit individuel le seul droit fondamental dont le but premier est de s’enrichir au détriment de la considération d’autrui.

Le néolibéralisme politique doctrinaire a été affirmé par P.Trudeau par la charte canadienne.
Le néolibéralisme économique lui est le résultat des politiques de déréglementation des gouvernances Reagan et Thatcher devenu fer de lance des É.U des trente dernières années comme d’une Union européenne très ouverte au capital bancaire également.

Le Québec est frappé par une mondialisation qui s’est trouvé son faux drapeau celui de L’individualisme.

Je crois que c’est là que réside initialement toute la question en litige. Le vote de « grève »/' »boycot » d’une association étudiante lie-t-elle TOUS ses membres? Si oui, les étudiants ont raison de s’opposer à ceux qui n’en tiennent pas compte et qui veulent rentrer en invoquant une injonction ou la loi 78. Sinon, chaque étudiant à le droit individuel de ne pas se plier au vote de l’assemblée. Pour cela, il faut se référer aux lois en vigueur, qui ne sont pas très explicites à ce que j’en ai appris. De là, toute cette confrontation entre la majorité qui se rend aux assemblées et qui vote et les individus qui s’en abstiennent et persistent à retourner étudier. La réponse des juges étant contradictoires, impossible de s’y retrouver en temps de crise. Il faudra éventuellement tirer cela au clair quand nous serons sortis de cette interminable crise.

N’est-ce pas une des caractéristiques du néolibéralisme que de favoriser l’individualisme au détriment d’une vision plus communautaire de.

N’est-ce pas la vision trudeauiste de la société qui est exigée par la Charte canadienne des droits et libertés qui met à l’avant plan l’individu au détriment de la communauté. Nous savons combien la Charte de la langue française en a souffert.

On se plaint que notre société perd de plus en plus des valeurs comme l’altruisme, l’écoute, le respect de l’autre. La société néolibérale qu’on veut nous imposer s’appuie sur l’individualisme à outrance pour faire de la société le théâtre des seules valeurs liées à la consommation, aux profits et à la cupidité du monde des finances. L’individu n’est donc vu que comme une marchandise à vendre, à acheter avec, à la clé, des profits, des profits et encore des profits.

Voilà où nous portent les politiques idéologiques néolibérales. Quant à moi, ça me lève le cœur.

«J’aurai toujours les yeux plein d’eau mais je les aurai toujours ouverts.»
[Paul Piché]

Démocratie à deux vitesse. Celle aux concept aléatoires, capricieux et aléatoires selon l’intérêt du moment d’un homme seul la définissant comme la seule véritable lorsque cela fait son affaire et la démocratie de tous qui dorénavant est inutile.

Démocratie à deux visages. Celle aux concepts aléatoires, capricieux et variables selon l’intérêt du moment d’un homme seul la définissant comme la seule véritable lorsque cela fait son affaire et la démocratie de tous qui dorénavant est inutile.
Cette loi ne peut qu’être inique puisqu’elle n’a pas été approuvée par une majorité d’élus représentant une majorité réelle de citoyens. Où sont les verrous législatifs qui permettraient d’empêcher un groupe d’intérêts particuliers (même s’il se cache sous le couvert d’un parti politique) entre les mains d’un seul homme de transformer une société paisible comme le Québec en état policier?

Quelle sorte de journalisme que c’est ça ?

Macleans fait sa méchante une avec le conflit.

«Ceux qui avaient critiqué la une du Macleans qualifiant le Québec de province la plus corrompue, il y a quelques années, pourraient s’étouffer de nouveau.

Le magazine publié par Rogers fait sa une de cette semaine avec le conflit étudiant, qualifiant les manifestants de la «nouvelle classe dirigeante» du Québec.

Le sous-titre traduit l’incompréhension du Macleans face aux conflit: «Comment un groupe d’étudiants est allé à la guerre et a paralysé une province. Pour 325 $.»

Vous en pensez quoi?

http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/05/24/macleans-une-conflit-etudiant_n_1543487.html?ref=canada-quebec&ref=canada-quebec

Je parie que la ministre a dans sa poche ou aura dans da poche une loi sur les associations encadrant le vote.

Si j’ai bien compris: comme je n’ai pas voté pour les libéraux, je peux affirmer mon droit individuel à ne pas obéir à leurs lois ?

« Lorsqu’une majorité vote un retour en classe, tous et chacun se soumettent à sa décision. Mais lorsqu’une majorité vote la poursuite de la grève, les perdants sont invités à ignorer cette décision en se prenant un avocat. »

Heu, attendez, je ne comprends ce point. Voici comment les choses se sont passées dans ce conflit:
– Si il y a une majorité pour la grève/boycott, les individus qui le veulent utilisent leur droit de continuer d’aller en classe. Si la majorité leur refuse le droit de suivre leurs cours, ils font appel à un avocat.
– S’il y a une majorité contre la grève/boycott, les individus qui ne sont pas d’accord peuvent décider de ne pas assister à leurs cours. Si la majorité force les étudiants récalcitrants à rentrer en classe, ils font appel à un avocat.

En quoi y a-t-il asymmétrie?

Un droit de grève dûment encadré par QUI? Quelle instance? Comme un règlement municipal qui PROTÈGE les manifestants en leur enlevant le droit de porter un foulard au bas du visage pour se prémunir contre le poivre de cayenne ou les gaz lacrymogènes? Ou une loi spéciale qui ENCADRE le droit de manifester? Les associations étudiantes ont besoin de notre appui pour faire reconnaître la légitimité de leurs décisions démocratiques, certes, mais cet appui devient un cadeau empoisonné lorsque qu’il est associé de limitations paternalistes!

Enfin! Voilà un Haut-Parleur qui souligne le véritable enjeu de ce conflit. Les associations étudiantes doivent revendiquer en priorité une Loi encadrant leur droit de grève. C’est un enjeu bien plus important que les droits de scolarité.
Remarquez que c’est un peu de la faute des associations étudiantes étant donné qu’elles n’ont pas arrêter de marteler que le seul enjeu important était les droits de scolarité. Obtenir un droit de grève légal serait un gain bien plus important, qui à lui seul vaudrait les 15 semaines de grève. Pour ce qui est des droits de scolarité, elles obtiendront si peu que tout le monde dira à la fin que cette grève n’en valait pas la peine. Si les associations étudiantes ne réclament pas l’obtention d’un droit de grève, elles perdront tout. N’oubliez pas que n’importe quel Gouvernement fixant à la baisse les droits de scolarité pourrait par la suite les augmenter à sa guise ou récuperer la somme par un contribution spéciale pour un « Fonds d’aide social » à payer lors du rapport d’impôt. Avec un petite réduction d’impôts pour compenser cette conntribution pour ceux qui payent de l’impôt, ce serait les étudiants qui écoperaient…
C’est cynique, mais rien n’est impossible!

Quel anti-démocrate, ce monstre de charest. Il me fait penser aux ‘reformists’ et aux ‘republicans’, d’odjeux faux-jetons.

Ce sont les règles gérant nos Institutions dont celles concernant les élections qu’il faut restaurer et moderniser mais, ces jean charest feront toujours tout leur possible pour empêcher une réelle, juste et honnête Démocratie.

Ce sont des bandits en habit-cravate.

On a donc un mouvement qui dit défendre la liberté mais qui est prêt a bafoué la liberté des gens qui veulent aller à l’école.

Finalement Lisée ne fait pas uniquement du cherry-picking avec les chiffres mais aussi avec les libertés que l’on devrait accorder aux gens.

Tout cela est très instructif.

Merci.

Ces enfants rois, ont eu des parents, ces parents d’enfants rois, en ont eu aussi des parents,comme le disait le grand Robert Allen Zimmerman, les temps changent. Nous sommes à l’ère des communications instantanées mais, je crois qu’il se pourrait très bien que, nous ayons de la difficulté à suivre donc, je crois que ça crée beaucoup de réactions impulsives, c’est un peu, selon mon avis de citoyen ordinaire, l’élève qui dépasse le maître.

Tant qu’à faire, est-ce que l’Honorable Juge en Chef de la Cour Supérieure du Québec va s’attribuer la totalité des contestations de la Loi 78 ?

Je vais signer la pétition.

Oui, fort bien, mais qui a initié cette pétition? La CLASSE ne recommande pas de signer cette pétition, peut-être bien intentionnée, mais qui aurait pour effet pervers de permettre à l’État d’encadrer ce droit, ce qui peut être en effet risqué, compte tenu de l’idéologie du gouvernement au pouvoir…

Je refuse qu’on dénature impunément le sens profond de la démocratie et je réclame que le bien commun redevienne une valeur essentielle de notre fonctionnement social.
De plus, je réclame que le gouvernement cesse sa prise en otage du peuple en ayant recours à cette loi violente et anticonstitutionnelle qui intensifie la crise actuelle en bafouant notre tradition de paix sociale.

Discours contradictoire et partage des tâches dans la sphère dirigeante

Charest s’est obstiné a présenter les étudiants grévistes comme des « usagers boycottant un service », tandis que Courchesne – ce soir encore et avant elle, Beauchamp – a réaffirmé à la Chambre que le mouvement étudiant est totalement illégitime tout en disant vouloir négocier avec ces faux représentants.

Cette absence de logique dans la communication est un aveu : ils ont mené en bateau les Québécois en essayant de leur faire croire qu’ils négociaient – cela a en partie marché mais jamais avec les étudiants-négociateurs qui n’ont pas été dupés une seule fraction de seconde.

Le régime a voulu manipuler l’opinion, sans penser qu’une bonne partie de la population rumine sa fureur contre la corruption généralisée.

Ce culot est très inquiétant mais c’est une tendance qui s’observe partout. Plus les scandales s’accumulent, plus ils traînent de casseroles, plus ils manipulent et plus ils veulent jouer au gros bras.

Inquiétant mais aussi risible à cause de leurs contorsions cÔté « comm ».

Mais pourquoi des dirigeants aux prises avec tant de scandales et si indifférents aux besoins réels de leurs peuples se maintiennent-ils au pouvoir?

Parce qu’en face d’eux, le « parti de l’alternance » compte trop de carriéristes dont le principal objectif est « surtout que rien ne change ».

Les partis de l’alternance paraissent beaucoup trop mous pour vouloir résister à quoi que ce soit et ils ont été trop souvent éclaboussés eux aussi par les scandales, sans parler de leurs innombrables capitulations face aux banques et aux grands investisseurs ces 20 dernières années.

La loi 78 l’est en effet. Mais Jean Charest ne sait pas ce qu’il dit. Ce qui se passe au Québec ce peintemps est en effet inédit. Le conflit étudiant est une occasion de rétablir la loi et l’ordre. L’anthropologue René Girard a montré que la loi n’est pas rétablie par la force mais par le désir. Depuis plusieurs années nous avons l’impression que la tricherie est devenue la règle. Sauf que cela marche selon le truc de plus en plus raffiné du «pas vu pas pris» tant qu’il n’y a pas d’enquête publique. Le conflit étudiant était déja une occasion du désir de la loi. Mais le spectacle du désordre n’était pas assez général. La loi de Charest a fourni tout juste ce qui manquait. La manifestation de désobéissance civile devient un jeu « désintéressé » de désordre, une transgression spectaculaire « musicale », capable de générer la loi en montrant sa nécessité générale et non pas limitée au cas particulier des frais de scolarité. Vivement René Girard…

Et oui 10 vont voter pour la grève et 5 autres contre. Quel beau raisonnement, alors que ce n’est pas une grève mais un conflit. Pour qu’il y est droit de grève il faut avoir un contrat de travail, il est ou ce contrat. Chers journalistes continué à induire la population en erreur. Comme TVA et LCN ont monté les leaders étudiants contre le gouvernement parce-que les ministres interviewés n’ont pas dit comme eux.

Et Charest créa ainsi le chaos…

Il voulait passer à l’histoire,il s’y est inscrit mais de la pire des façons ,soit en touchant à la démocratie en brimant les droits collectifs d’association au bénéfice de l’individu.

Et cet individu c’est l’égoïsme qui ne pense qu’à lui et amateur de radio poubelle.

À 75 ans quasiment, les évènements actuels, le climat qui s’en dégage, l’ambiance populaire festive me rappellent la montée en force du peuple qui en 60, a décidé que s’en était assez de l’ère Duplessis. On a élu des libéraux, oups.
La terre a continué de tourner…

Dix ans plus tard, la crise de 70 était autre chose, une tentative des establishment d’écraser le peuple.

En 2012?

Ça donne la 78, pffft!

Tous les dossiers mis de l’avant par le gouvernement Charest l’ont été au « bulldozer ».

Quand la fin néo-libérale justifie les moyens.

Imaginez : une Loi sans précédent qui mobilise le Québec tout entier pour des frais de scolarité !

Après la crise d’octobre, la Loi 78.

On s’en souviendra !

Et les Libéraux fédéraux comme provinciaux ne s’en remettront jamais.

Quand par des tactiques de division et en choisissant une période la plus propice possible à l’abstention nos gouvernements se font élire par 25% des suffrages possibles, faut-il s’étonner de cette dérive démocratique ?

Quand les juges sont choisis ensuite par la présence ou non du post-it « Liberal » sur leurs CV, faut-il s’étonner que le gouvernement Charest ait recours au système juridique pour mâter la démocratie étudiante ?

Je crois que non. La pieuvre libérale est infiltrée partout et quelque soit le conflit Charest peut compter sur un fidèle mercenaire dans nommé par ses bons soins, autant dans les firmes para-gouvernementales que gouvernementales.

merci pour cette chronique pertinente comme à l’habitude J-F,

si j’ai bien compris puisque je n’ai pas voté pour Charest, suivanr sa logique et ses lois je pourrais ne pas payé mes impôts?

Que l’on soit rouge, vert, blanc, à carreaux ou à petits pois, un fait demeure. Ce gouvernement par son incompétence s’est ridiculisé, a ridiculisé la fonction qu’il occupe et s’enfonce toujours plus dans le bourbier à chaque jour qui passe. Il n’existe plus de sortie honorable de la crise qu’il a provoqué à des fins électoralistes. Il était tellement certain que dès les premiers coups de matraque tout rentrerait dans l’ordre et, lui, bénéficiant d’une victoire sur la place publique se ferait élire haut la main. Il faut se souvenir et revoir les images du Premier Ministre devant son aéropage lors du salon du plan Nord, le voir sourire et badiner de façon méprisante. Il jubile, la violence vient d’éclater à l’extérieur, il a le sourire de celui qui sent la victoire proche.

Hier soir, j’ai vu des juifs hassidiques taper sur des casseroles de leur balcon. J’ai vu de leur maison cossue de la rue Côte-Ste-Catherine des gens aux fenêtres taper sur des casseroles.

Tout cela me dit que nous sonnerons le glas de ce gouvernement sur nos casseroles.

dans une de ces chansons,étudiants poils aux dents, Renaud,dit aux sujet des étudiants en droit cette jolie strophe que je vous cite;étudiant en droit y’a plus de fasco dans ton bastion que dans un régiment de para(paramilitaire)ça veut tout dire et du con,d’apres moi il parlait du juge(en chef) en question.lol,mais ou est donc le gorille de brassens quand ont a besoin de lui,lol

@ Honorable (Nonorable)
Voilà encore toute la perfidie de votre argumentaire néolibéral mis en lumière dans votre dernier commentaire. Vous confondez constamment avec acharnement (ou ignorance) la différence entre le privé et le public. Votre maison est en domaine privé et de fait quel intérêt un groupe de citoyen aurait-il à vous imposer la couleur que vous devriez lui appliquer? Il ne viendrait même pas à l’idée d’une démocratie de l’envisager. Cependant sur l’aménagement de la rue qui borde votre propriété, il apparaît normal et légitime que ce soit de façon communautaire et non seulement selon vos préférences individualistes que l’on décide ou non d’y planter des arbres et il est très bien qu’il en soit ainsi, sinon on imagine bien difficilement de quoi aurait l’air une ville dans laquelle chaque propriétaire voudrait imposer sa vision personnelle du domaine public.

Il en va de même pour l’université qui n’appartient pas individuellement à ses utilisateurs. Il s’agit d’une institution d’enseignement PUBLIC. Et en conséquence dans son fonctionnement elle devrait se plier aux mécanismes démocratiques qui régissent l’ensemble de nos institutions ou l’individu ne peut se substituer à la majorité. Cette majorité dont vous remettez constamment en doute la légitimité est la même qui a porté au pouvoir un gouvernement libéral avec moins de 25% du vote de l’ensemble des électeurs de la Province. Quand on joue selon certaines règles il faut les respecter dans tous les cas de figure, pas seulement quand ça fait notre affaire.

@ Jean Lapointe au sujet de la une du Macleans

Je ne suis pas étonné que cette feuille de chou du ROC fasse encore du «Quebec Bashing» pour mousser ses ventes, mais remarquez que le principal argument à la une, c’est encore une question de «cennes et de piastres» ($325), ce qui démontre clairement que dans le ROC, ils ne comprennent rien à ce qui se passe vraiment au Québec… tant d’imagination, ça défie leur entendement, et probablement leurs neurones aussi!

@ lemoutongris

Même Jean Charest appelle les gréves des grèves. Enfin, du temps où il était représentant des étudiants à l’école primaire et secondaire…

Poursuivons votre raisonnement, M. Lisée. Les associations en grève remportent leur combat contre la hausse. Alors qui bénéficie du gel?
Les étudiants en grève, ou tous les étudiants du Québec, même ceux qui n’ont pas voté (souhaité?) la grève ou le gel? Quand des syndiqués votent une grève, ils représentent 100 % d’un parti intéressé (travailleurs) et négocient avec l’autre parti intéressé (patrons). Ces deux partis ont l’autorité morale de négocier et d’accepter un règlement éventuel. Les frais de scolarité représentent un enjeu qui concerne tous les québécois, rouges, verts ou blancs. L’ambiguité de la grève étudiante est qu’elle dépasse le câdre de ce qui se négocie normalement entre une association étudiante et la faculté ou école à laquelle est elle rattachée. À la limite, on peut imaginer une association étudiante en grève contre n’importe quelle politiques du gouvernement fédéral, par exemple. Est-ce le rôle d’une association étudiante? Est-ce que la grève est alors un moyen utile de protestation? Est-ce que les étudiants contre la grève devraient alors être privés de cours pour une question qui ne les touche pas nécessairement? Je crois que non. Donnons la légitimité aux associations de se prononcer sur des enjeux locaux à leur école ou faculté, oui. Pas sur des enjeux qui doivent se régler par une population plus large comme dans ce cas.

« Quand la fin néo-libérale justifie les moyens. »

laquelle? l’État n’a jamais été aussi gros

J’espère que toute cette dérive amènera les jeunes à faire leur devoir de citoyen et à voter…autant aux élections provinciales qu’à celles de leur association…alors aucun résultat ne pourra prêter flanc à la représentativité!!!

@ no 1: honorable

Votre argument est fallacieux et vicieux au boutte.

Donc s’il y a un contrat entre un étudiant et l’université, s’en suivrait-il que l’étudiant est tenu, comme ledit contrat le stipulerait, d’assister à ses cours ?

«Rien n’est si dangereux qu’un imbécile qui a les apparences d’un homme intelligent.»
[Edouard Herriot]

@lemoutongris #21
Je crois que vous n’avez pas lu, compris ou voulu comprendre le billet!

Le réveil « fondateur ».

L’avantage des casseroles, c’est que pratiquement tout le monde en utilise. Aussi, même les petits enfants peuvent participer et c’est connu, ils raffolent des casseroles.

Frapper sur des casseroles ça défoule et c’est bruyant, nous ménageons notre voix et casserolons en coeur…

Un regroupement citoyen à l’occasion d’un
tintamarre sonne l’heure du réveil salutaire.

Leurs vibrations, battements d’ailes de papillons, retentiront jusqu’aux confins des continents, à l’unisson.

Québécois, percussionnistes et fiers.

Si cette crise permet aux citoyens, et en particulier aux jeunes, de comprendre les méfaits de la logique néolibérale dans la conduite des affaires de l’État, elle aura eu du bon.

La vie en société met en jeu des droits et des devoirs collectifs que ne saurait nier n’importe quel droit individuel au risque de mettre la démocratie en péril.

Je ne sais pas si je reprends une image utilisée sur ce blogue, qui résume très bien le noeud du pb : ces gens qui nous prétendent nous diriger s’expriment comme des gérants de sociétés d’investissement.

Autre évidence : l’adoration qu’ont ces gens pour « la majorité silencieuse ».

La société telle qu’ils la souhaitent : une somme d’individus esclavagisés par les dettes, qui votent une fois tous les 4 ou 5 ans pour entretenir la fiction démocratique, acceptent n’importe quelles conditions de travail sans l’ouvrir, et restent avachis devant leur télé le reste du temps, et donc, silencieux. Surtout que rien ne bouge ni ne dépasse!

D’ailleurs, les taux d’abstention qui n’ont cessé de croître partout dans le monde « occidental » sont la traduction du désir secret de ces dirigeants – élus réellement par un quart de la population – qui se réfèrent d’autant plus bruyamment et fréquemment à la démocratie qu’ils éprouvent à son égard une haine morbide.

L’article 52 de LAFAEE rend obligatoire la décision prise à la majorité de payer la cotisation fixée par l’association étudiante. Il aurait été judicieux d’étendre cet article à toutes les décisions prises en assemblée.

@ honorable #1

Un vote de grève n’aurait pas l’effet d’annuler un contrat mais de le suspendre.

Quand un étudiant décide de faire partie d’une association c’est aussi un contrat. Dans un contrat, il y a aussi des obligations comme suivre les règles de la dite association. Un vote en assemblée délibérante pris à la majorité par ses membres, engage non seulement l’association mais tout ses membres sinon à quoi sert le droit d’association. Les tribunaux, malheureusement n’ont pas assez pris en considération les droits collectifs.

Dans Le Devoir du mardi 22 mai en page Idées, la question est approfondie sur une base historique par Jacques Rouillard. Au Québec, la loi 45 (anti-scabs) a été promulgué en 1977 par le Parti Québécois.

Que se passe-t-il dans le ROC et ailleurs dans le monde? Comment les syndiqués font pour que leur grève exerce un rapport de force si les scabs sont légaux (hors Québec)?

La politique étudiante a les mêmes défauts que n’importe quelle forme de politique. Elle intéresse peu.

Après 15 semaines de conflits, comme plusieurs de mes collègues, j’en ai le ras-le-bol des assemblées étudiantes. Les assemblées sont de plus en plus désertées par les membres. Ne reste plus que les plus militants et les plus radicaux, qui décident désormais pour la majorité, qui elle profite de l’été et travaillent en vue de payer leurs prochaines sessions universitaires.

Comme beaucoup d’autres avant moi l’ont mentionné, le gouvernement Charest a profité d’un vide juridique – l’absence d’une clause reconnaissant le résultat du vote des associations étudiantes comme ayant la même légitimité qu’un vote syndical – pour agir de façon discrétionnaire comme dans le cas de la loi 78.

Pendant longtemps au Québec, il y avait eu un consensus reconnaissant la valeur d’un vote tenu par une association étudiante. Dans le droit anglais, un tel précédent serait probablement devenu force de loi, mais ici peut-être que la Charte donne plus d’importance au droit individuel, ce qui déstabilise, sur le plan juridique – les mouvements collectifs.

Merci, PET, pour ton oeuvre…

Nous ne voulons pas juste un bon gouvernement.
Nous voulons un gouvernement juste et bon!

@ Denis Drouin # 38

Dans ce type de contrat (pas nécessairement écrit) l’étudiant est tenu de payer alors que l’université est tenu de dispenser ses cours. L’étudiant est libre d’assister à ses cours étant donné que c’est lui qui paye pour ce service. Par contre si l’étudiant arrête ses paiements un recours en dommages-intérêts peut lui être signifié tout comme l’université, si elle arrêtait de dispenser ses cours (sauf pour cause majeure comme un incendie, grève par exemple).

Comme pour toutes les avancées sociales, ce n’est toujours qu’une minorité qui se fait casser la gueule pour qu’une majorité profite de ses démarches. Que la majorité peureuse, silencieuse et inerte le reconnaisse au moins!

malheureusement pour vous . grace a trudeau le droit individuel prime sur le droit collectif, C,est sans doute ça que vous vouliez avoir et bien vous l,avez vivez avec,

« Comme pour toutes les avancées sociales, ce n’est toujours qu’une minorité qui se fait casser la gueule pour qu’une majorité profite de ses démarches »

une avancée sociale, c’est plus de liberté individuelle. Hors, les « étudiants » se battent pour plus de servitude

« grace a trudeau le droit individuel prime sur le droit collectif, »

Pardon? Une constitution qui reconnait des droits ancestraux, des droits à l’éducation et linguistiques mais PAS de droit à la propriété privée ne fait PAS primer les droits individuels

Nous sommes entièrement d’accord. Le problème, c’est que les syndicats ont laissé Jean Charest et SES juges, fouler aux pieds le droit de grève des Québécois,es, et ça fait des semaines que ça dure, sans réplique congruente des syndicats. Ils ont laissé les étudiant,es monter seul au front depuis que le gouvernement parle boycott en lieu et place de grève. Ils ne peuvent pas dire qu’ils n’avaient pas été avertis. La Loi 78 ne fait que consommer le tout à la table de la Loi et de l’ordre de la minorité lucido-libéro-caquo-ploutocrate.

Il y a longtemps que les syndicats auraient dû monter au front, mobiliser leurs troupes, car il s’agit d’une attaque frontale du DROIT de GRÈVE des Québécois,es, du droit fondamental d’association.

Ce n’est pas rien et c’est un précédent dont on pourra se servir pour NIER le droit collectif de grève des salarié,es au nom du droit individuel au travail.

La Grève générale s’impose ! 24h de Grève générale ouvrière/étudiante ! Une journée par semaine jusqu’à l’abrogation de la Loi 78 et son remplacement par une loi reconnaissant, encadrant et protégeant le droit de grève étudiant, pour qu’aucun injonction puisse à nouveau aux briseurs de grève de casser illégitimement une grève étudiante.

Il a fallu attendre en 1977 pour que la loi l’interdise pour les grèves de salarié,es. Québécor a pu la contourner parce l’actuelle ne tient pas compte des nouvelles technologies.

Quand donc les syndicats vont-ils se réveiller !?

Quand donc le PQ va-t-il dire à l’ANQ qu’il endosse la pétition ?

Excellents arguments! Cependant, lorsqu’un vote de grève est battu démocratiquement, rien n’empêche les étudiants de quand même boycotter leurs cours pour aller manifester.

« fouler aux pieds le droit de grève des Québécois,es »

un droit de grève n’est PAS un droit de bloquer les autres de continuer à travailler s’ils le veulent

lemoutongris #53

Ne vous contentez pas de lire la charte, regardez plutôt l’interprétation que font les juges à propos de celle-ci.

Par exemple sur le droit d’association : « […] la liberté d’association s’entend de la liberté de s’associer afin d’exercer des activités qui sont licites lorsqu’elles sont exercées par un seul individu. Mais comme le fait d’être associés ne confèrent en soi aucun droit supplémentaire aux individus, l’association n’acquiert aucune liberté, garantie par la constitution, de faire ce qui est illicite pour l’individu de faire. » Renvoi relatif à la Public Service Employee Relations Act (Alb.)

Il faudra refaire votre opinion à ce sujet.

Cher M. Lisée,

Ma question est simple. Mais elle nécessite un petit calcul.

1. 446 étudiants participent à une assemblée étudiante.
2. De ce nombre, 242 (54,3 %) votent en faveur de la « grève générale illimitée ».
3. Or, l’association étudiante représente 11 000 étudiants. C’est donc dire que 4,1 % des étudiants ont participé à l’assemblée et que la grève a été voté par 2,2 % des étudiants.

Voilà pour le petit calcul.

Maintenant, ma question : Comment ce vote peut-il être légitime?. Ou, sur quel principe repose la légitimité de ce vote, puisqu’il ne repose pas sur la représentativité?

P.-S. Fait intéressant : il s’agit de la situation vécue par l’Association des étudiants de 2e et 3e cycles à l’Université Laval (AÉLIÉS).
(http://www.aelies.ulaval.ca/actualite/nouvelles/nouvelle/article//resultats-officiels-age-du-11-mai-2012/)

Finalement, dans votre réponse, M. Lisée, j’aimerais que vous utilisiez les termes suivants (c’est un jeu!), en prenant soin de bien les nuancer : représentativité, légitimité, légalité, confiance, grève et boycott.

Et une question complémentaire : Si, lors d’un référendum national sur une question importante, le taux de participation était inférieur à 10 % de la population québécoise admissible, est-ce le résultat serait légitime?

Merci!