1995 Versant Oui: La campagne en BD ou en saga

De l’année 1995 et de la campagne référendaire, il y a deux versions. La version Bande dessinée. La version saga. Traitons des deux, dans l’ordre.

15 ans déjà !
15 ans déjà !

(Fragments de 1995 – 15 ans déjà depuis le  référendum du 30 octobre 1995. Pour éclairer cette période de forte intensité à laquelle je fus mêlé, je vous présente pendant quelques jours des fragments de cette période, des pistes pour comprendre et tirer, peut-être, des leçons pour la prochaine  fois….)

L’année 1995 s’ouvre avec la tenue des Commissions sur l’avenir du Québec, dont j’ai abondamment parlé dans le billet précédent. Évidemment, ce que les commissions n’ont pas donné est le grand M: le Momentum.

Dans la version Bande dessinée de l’année référendaire il y a, dans l’ordre:

1) « l’échec » des Commissions sur l’avenir du Québec
2) le retour de Lucien Bouchard de sa maladie
3) le « virage » imposé par le Bloc québécois
4) la négociation de l’entente PQ-Bloc-ADQ
5) le prolongement de la morosité dans le camp du Oui
6) un début de campagne désastreux
7) la désignation de Lucien Bouchard comme négociateur en chef,
qui change tout
8 ) le quasi-match nul du 30 octobre au soir.

C’est également la version du camp Chrétien: rien ne marchait, ça baissait, ça baissait et ensuite ça a fini par monter à la toute dernière minute, grâce à un mouvement irrationnel d’amour pour Lucien Bouchard !

Tout n’est pas faux, dans la version BD. Mais la version saga est un peu plus complexe. D’abord sur l’évolution de l’appui à la souveraineté.

L’appui à la souveraineté, une évolution capricieuse

À partir de l’échec de Meech en juin 1990, lorsque les sondeurs interrogent les Québécois, ils ne posent plus de question sur la « souveraineté-association ». L’association a disparu. La souveraineté, seule, est fortement majoritaire en 1990 (67%, moyenne annuelle), 1991 (64%), 1992 (58%) et 1993 (55%).

Lorsque le PQ prend le pouvoir en septembre 94, la souveraineté s’est repliée en deçà de 50%. D’où un réel malaise dans les troupes souverainistes. Cependant, l’action gouvernementale et souverainiste de l’automne 94 fait remonter la souveraineté à 49% en décembre, dans un sondage CROP/L’actualité qui fait très très peu de bruit.

Sale temps pour la souveraineté

Trois mois plus tard, mars 1995.  Sale temps pour la souveraineté.  Un sondage CROP-Radio-Canada au retentissement maximal accrédite la thèse, fausse, selon laquelle seulement 40% des Québécois voteraient Oui, donc que l’option n’a nullement progressé depuis le référendum de 1980.  (C’est faux à sa face même, le 40% de 1980 s’exprimait sur un « mandat de négocier la souveraineté-association », celui de 1995 portait sur la souveraineté seule.) Citant un sondeur canadien anglais commentant ce sondage, La Presse titre: « Le référendum a déjà eu lieu et il a été perdu… ».

Certains médias, au premier chef l’émission Le Point, alimentent assidûment une perception voulant que ni les jeunes, ni les artistes ne soient désormais en phase avec le rêve souverainiste et présentent comme suspect et illégitime le fait qu’un gouvernement fraîchement élu avec le mandat explicite de préparer et proposer la souveraineté tienne des consultations publiques sur son projet.

Le gouvernement ayant donc soumis son projet à la consultation pour critiques et suggestions, il en reçoit plein — et il en tirera, demain, comme il le souhaitait, une force nouvelle.  Mais pour l’instant tout cela est vu comme un signe supplémentaire de faiblesse.  La question référendaire proposée est rejetée.  Les rapports envisagés avec le futur voisin canadien sont jugés trop mous. Le projet de société, trop vague.  La coalition, trop restreinte.

Nouvelle effroyable : des sondages indiquent qu’une majorité de Québécois ne veulent pas de référendum, ou alors le veulent le plus tard possible. Puis il y a des ministres qui démissionnent pour cause de gaffes ou de date d’obtention de citoyenneté, des hôpitaux qui ferment. Le gouvernement est élu depuis moins d’un an que, déjà, le niveau d’insatisfaction monte.

Des souverainistes autrement jugés « purs et durs » inondent le bunker d’appels, de textes de réflexion, de télécopies marquées « confidentiel », suppliant le premier ministre de retarder le référendum, d’en tenir deux plutôt qu’un ou de le tenir sur autre chose.

Il y a même, à Ottawa, sorti de convalescence avec une rapidité qui force l’admiration, un leader souverainiste au faîte de sa popularité qui critique publiquement la stratégie, dit que tout va mal, ce qui devient donc automatiquement vrai.

« Y a-t-il encore quelqu’un qui veut qu’on tienne un référendum sur la souveraineté en 1995 ?» demande un Jacques Parizeau exaspéré à trois de ses conseillers réunis dans son bureau, un jour où la morosité envahit chaque pore de l’organisme indépendantiste. À ce moment, il serait exagéré de dire que ceux qui veulent qu’on tienne ce référendum en 1995 sont tous dans la pièce, avec le premier ministre.  Ce serait exagéré, mais à peine.

Les choses et le bruit des choses

J’en étais.  Parce que je suis de ceux qui pensent qu’il faut distinguer les choses du bruit des choses.  Qu’il faut reconnaître les moments où la conjoncture reflète correctement les tendances lourdes et les moments où elle trahit momentanément le réel.

Et comme le dira un jour Jean Charest dans un moment de lucidité: « Les gens ont beau dire qu’ils ne veulent pas de référendum, lorsqu’il s’en tient un, ils sont tous au rendez-vous. »

Reprenons les chiffres.

Au début de 1995, on pouvait affirmer que :

* Presque sans discontinuer, depuis cinq ans, la majorité des Québécois prédisaient et désiraient que la souveraineté se réalise « un jour ».

*Presque sans discontinuer, depuis cinq ans, les Québécois tenaient majoritairement la souveraineté pour « inévitable ».

*Presque sans discontinuer, depuis cinq ans, les Québécois francophones se disaient majoritairement prêts à voter Oui à une question sur la souveraineté;

*Presque sans discontinuer,  depuis cinq ans, les Québécois dans leur ensemble se disaient majoritairement disposés à voter Oui à une question portant à la fois sur la souveraineté et sur une association économique avec le Canada.

*Presque sans discontinuer, depuis cinq ans, ils se prononçaient massivement  en faveur du « changement ».

*Presque sans discontinuer, depuis cinq ans, les francophones étaient 60% à se dire « Québécois d’abord ».

*Et ils étaient au total plus de 70% à penser que le Québec devait lever tous ses impôts, signer tous ses traités, voter toutes ses lois – la définition même de la souveraineté.

La majorité souverainiste était là, immergée mais visible, fuyante mais mesurable, hésitante mais sensible aux stimuli, diffuse mais capable de concentration. La majorité des Québécois n’avaient certes pas acheté leur ticket pour la souveraineté. Mais ils avaient leur boussole bien en main. Elle pointait dans la bonne direction.

Sous la pluie et contre le vent

Dans ces conditions, lorsque le Conseil pour l’unité canadienne avait publié en janvier 1995 un super-sondage CREATEC-SOM-CROP de 10 000 répondants établissant l’intention de vote souverainiste à 46% (sur une question ne portant que sur la « souveraineté » sans mention d’association ou de partenariat), proche de nos propres coups de sonde au camp du Oui. Cela constituait pour nous une bonne nouvelle.

Nous n’avions pas, au début de 1995, atteint le but, loin de là.  Mais nous étions sur une base solide, et les chances de succès assez bonnes, si au moins il pouvait arrêter de pleuvoir, le temps de mettre les munitions souverainistes au sec et de les utiliser dans de bonnes conditions pendant les mois qui nous séparaient du rendez-vous de l’automne.

La pluie n’allait pas cesser, mais croître. Et l’effet combiné du sondage CROP/Radio-Canada et des déclarations de Lucien Bouchard (publiques, mais aussi privées auprès de quelques journalistes) allaient rendre la bourrasque insurmontable.

Pour la petite histoire, notons que la maison CROP avait réussi le tour de force de produire en trois mois autant d’intentions de vote souverainiste: 49%, 46% et 40%.  Le 49% était publié en décembre 1994 dans le magazine L’actualité, tel que mentionné; le 46% fut dévoilé en janvier 1995 conjointement avec CREATEC et SOM pour le Conseil de l’unité canadienne et fut assez bien couvert; puis le 40% en février à Radio-Canada eut, compte tenu de sa tribune télévisuelle et de son caractère symbolique, une publicité maximale et eut plus d’impact que tout autre événement de début d’année pour déprimer le travail du camp du Oui.

Au moment de la sortie de ce curieux sondage, le président fédéraliste de CREATEC, Grégoire Golin, fit à La Presse un commentaire dubitatif sur la quasi disparition des indécis relevés par le CROP (5% seulement) un mois après leur forte présence (20%)  dans le CREATEC-SOM-CROP. Golin défendait ainsi à mots couverts son propre résultat de 46%.

De notre côté, le matin de la publication du sondage CROP-40%, le sondeur du Parti Québécois Michel Lepage, d’habitude le plus pessimiste des sondeurs québécois, nous livrait les fruits de son tout dernier coup de sonde : 47%.Vous avez bien lu: 47% avant même de réintroduire la notion d’association/partenariat, ce qui était l’intention de plusieurs d’entre nous, sachant que cela allait nous donner la majorité espérée.

Bernard Landry fit état de ce résultat de 47% lors de l’émission spéciale de Radio-Canada présentant les résultats de CROP, mais le mal était fait. D’autant que l’expert indépendant invité pour concevoir puis analyser le résultat était Richard Nadeau, son futur conseiller politique.

Le virage: péril et sauvetage

Notre projet, du moins le mien et celui de Jean Royer, donc les deux principaux conseillers sur cette question du Premier ministre, était de réintroduire la notion d’association via une Commission parlementaire. L’ADQ en serait membre. De là, viendrait l’ajout essentiel, l’offre faite au Canada. Le Bloc en était informé.

Mais la pré-campagne référendaire était en arrêt cardiaque. Cette voie aurait-elle suffi pour lui donner l’électrochoc adéquat ? Nous ne le saurons jamais, car Lucien Bouchard allait prendre sur lui de le donner au Congrès du Bloc en parlant, un peu vaguement sur le fond, mais avec vigueur sur la forme, du « virage' » qu’il fallait donner à la stratégie, puis en menaçant en entrevue radiophonique de quitter la barque référendaire s’il n’était pas satisfait de la stratégie.

Bouchard impose un virage périlleux, mais en définitive salutaire
Bouchard impose un virage périlleux, mais en définitive salutaire

Ces déclarations provoquèrent au sein du leadership souverainiste une crise qui aurait pu mal tourner. Il a fallu beaucoup d’abnégation pour que, de part et d’autre, un terrain d’entente soit élaboré. Comme c’est souvent le cas en politique, la question des égos pesait plus lourd que les démonstrations factuelles. Mais la volonté d’atteindre l’objectif souverainiste fut, en dernière analyse, plus forte encore que les égos, ce qui n’est pas peu dire.

Les Commissions sur l’avenir du Québec avaient concentré notre attention sur l’attente de beaucoup de gens sur les liens qui subsisteraient entre le Québec souverain et le Canada.  Paradoxalement, le rapport final des Commissions, abordant ce thème dans son rapport remis après les sorties de M. Bouchard, permit à Jacques Parizeau de s’y appuyer pour répondre au virage réclamé et tendre la main encore plus loin, à l’ADQ.

Il était essentiel que chacun s’y retrouve sans que personne ne perde la face. J’ai proposé à M Parizeau d’articuler la position commune comme suit: dans la volonté des souverainistes d’aborder les liens entre le futur Québec souverain et le Canada, il y a, comme sur un escalier, trois marches. La première est celle de l’association incontournable — monnaie commune, espace commercial, la position de M. Parizeau. La seconde est celle de l’association souhaitable — traité commun  avec le Canada, secrétariat de l’association, forum parlementaire — celle du Bloc Québécois. La troisième était celle de l’association envisageable — partage de pouvoirs sur les transports et autres — celle envisagée surtout par l’ADQ.

Ce fut à la fois notre porte de sortie et notre tremplin vers l’union du PQ, du Bloc et de l’ADQ. Cela nous permettait de réinsérer l’association — rebaptisée Partenariat — dans la proposition. S’ensuivrait la négociation tripartite pour un document commun entre les trois partis, document signé en juin.

Le triumvirat... majoritaire pendant l'été 1995
Le triumvirat... majoritaire pendant l'été 1995

Cette séquence d’événement — la crise, le danger, suivie d’une résolution heureuse et plus rassembleuse — offrait au camp du Oui une trame dramatique qui lui a permis de retrouver une majorité dans l’opinion, encore mesuré par CROP à l’été 1995 à 55%. C’est d’ailleurs sur la foi des sondages internes positifs et concordants que les trois leaders — Parizeau, Bouchard, Dumont — ont donné en août le feu vert pour le déclenchement de la campagne référendaire de l’automne.

Avec le recul, on peut estimer que la crise provoquée par le virage, le rétablissement effectué ensuite, sont un scénario plus porteur pour la souveraineté que celui de la ligne droite commission/négociation de la coalition/ campagne, envisagé par plusieurs d’entre nous à l’origine. Comme quoi le psychodrame peut-être payant, si on n’en meurt pas !

(Demain: Un automne ahurissant.)

Ce texte est adapté de deux sources:

1. Mon livre Sortie de secours — comment échapper au déclin du Québec (Boréal, 2000)
2. Mon chapitre dans le livre, Alain G. Gagnon (dir.), D’un référendum à l’autre – Le Québec face à son destin,(PUL, 2008).

J’ajoute que je donnerai la conférence d’ouverture: Comment gagner le dernier et le prochain référendum, à 9h30 ce samedi, au colloque de l’IREQ : 15 ans plus tard, à l’hôtel Delta Centre-Ville à Montréal

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Bonsoir à tous,
Et pour résumer, l’attachement envers le Canada est plus fort que toute la stratégite aiguë fomentée en coulisses par les tenants dépités du Camp du Oui. Et maintenant sans la charge émotive des échecs de Meech et de Charlottown, avec la sécurité relative qu’incarnait Monsieur Robert Bourassa en tant que fédéraliste qui poussa la game de poker le plus loin possible, où les nationalistes québécois en rogne pourront-ils trouver les raisins de la colère suffisants alors que le Canada a surtout compris qu’un de ces jours, les nationalistes québécois au lieu de planer et de surfer sur la victimisation séculaire de petit peuple malmené par le méchant Canada, sauront enfin retrouver la raison perdue suite au coulis de bave de leur cher Général de Gaulle qui leur en a passé une petite vie dans l’émotion qui couvait le long du Chemin du Roi…. Pauvres péquistes en manque d’un rendez-vous manqué de A à Z et pourquoi en 2010 se séparer afin de se remarier dans le Partenariat, ce qui est la relation présente d’un Canada FORT plus que jamais face à un Québec victime de sa PÉTARADE…. Au plaisir, John Bull.

En publiant cette tranche aujourd’hui, votre timing est intéressant.

Votre récit colle assez à ce qu’on observe cette semaine avec les attaques contre le leadership de Mme Marois, qui sortent au lendemain d’un autre de ces sondages CROP, dont l’intégralité des tableaux n’est pas rendue publique (contrairement aux études de Léger mise-en-marché ou aux autres maisons canadiennes et américaines).

Vous avez bien remarqué la présence du dollar canadien, qui remplace le O du oui sur l’affiche des indépendantistes. Demandez-vous à quel degré d’indépendance sont arrivés les pays de l’Union européenne qui ont adopté l’euro comme leur monnaie. Pas besoin de faire un long exposé. La gouvernance économique de l’Union européenne impose, à ses pays membres, toute une série de mesures financières, économiques et budgétaires. La dernière, qui serait certainement très difficile à faire accepter aux Québécois (éventuellement indépendants) exige des pays membres qu’ils présentent leurs budgets nationaux à la Commission européenne, et à leurs 26 partenaires, avant de le présenter à leur Assemblée nationale.

Plus que jamais, il faut savoir ce que l’on souhaite…

Cher coulis de bave,

le général De Gaulle est un personnage qui fait maintenant et pour toujours partie de l’Histoire avec un grand H.

Cher coulis de bave, « Vive le Québec libre » est un formidable et authentique cri du coeur de la part d’un visionnaire comme il n’en existe pas beaucoup de mémoire d’humain.

La liberté n’est pas un mal, une tare. La liberté c’est voler de nos propres ailes, en assumant toutes nos responsabilités et pour ce faire, récupérer nos pleins pouvoirs.

Ce n’est pas normal d’envoyer notre argent à Ottawa pour ensuite devoir se mettre à genoux pour le quémander et attendre…. Ce n’est pas normal de ne pas pouvoir exploiter, selon notre volonté collective, nos ressources naturelles. Ce n’est pas normal de ne pas pouvoir vivre, travailler, promouvoir, chérir et protéger notre si précieuse langue française chez nous.

Le référendum volé de 1995 s’inscrira comme une bavure parmi tant d’autres, dans la marche patiente et résolue, vers la libération du peuple souverain du Québec.

Bonjour,
Quoi dire ! Afin de ratisser plus large, les tenants du OUI après avoir flirté avec le dollar américain pendant longtemps se sont senti obligés par racolage évident de placarder les affiches du dollar canadien partout au Québec et en plus ceux qui le voudront pourront garder le passeport canadien car tous les moyens étaient bons et la fin justifiait les moyens de cette fraude intellectuelle dont la Communauté Internationale fut témoin.
Finalement, sur le tard, cette nouvelle campagne choc de publicité accrocheuse se fit au même moment que Monsieur Lucien Bouchard prit les guides en tassant Monsieur Jacques Parizeau. Et dire qu’en Septembre 1995, à la Chambre des Communes d’Ottawa, Monsieur Jean Chrétien avec l’unanimité sans équivoque de tous les députés à la Chambres des Communes EXCEPTÉ bien sûr le Bloc Québécois vota une MOTION DE BLÂME à l’endroit de la France pour ses nombreux essais nucléaires dans le Pacifique. Peu après, à l’Assemblée Législative du Québec, Monsieur Daniel Johnson demanda à Monsieur Jacques Parizeau de condamner lui aussi en tant que premier ministre du Québec de condamner la France pour ses nombreux essais nucléaires dans le Pacifique appuyés par toute la députation libérale ! Monsieur Jacques Parizeau répliqua d’un ton déterminé et sec : NOUS, on ne se mêle pas de ce que fait un PAYS AMI comme la France…..Ne s’enfargeant pas dans les fleurs du tapis dans les deux semaines suivantes afin de récupérer le vote des jeunes plutôt tiède, les tenants du OUI osèrent placarder le Québec entier des affiches du OUI avec le PEACE AND LOVE….. Et oui, après avoir refusé carrément à l’instar d’à peu près tous les pays dont la ferme condamnation Canadienne de ces ESSAIS NUCLÉAIRES de la France dans le Pacifique…. Odieux d’afficher partout le PEACE AND LOVE en refusant de condamner le cynisme de la France mais que voulez-vous, tous les moyens étaient bons quitte à se tourner au ridicule ! Et tous ceux qui étaient possédés par leur nationalisme n’y ont vu que du Feu…..Au plaisir, John Bull.

Comme le disait Loraine King, il est absolument hilarant de voir le huard CANADIEN sur le poster du OUI. Voir ce huard prendre la place du O dans le NON, ce serait normal, car on votant NON, on est SÛR de garder et contrôler le huard.

Non seulement le camp du OUI avait peur de mettre les mots « indépendance » ou « pays » dans la question référendaire, mais il mettait des dollars canadiens sur ses posters. Ineffable…

L’attachement au Canada…

Ma perception de cet attachement des Québécois envers le Canada est qu’elle n’a jamais été aussi faible.Je ne percois aucun enthousiasme pour cette fédération au Québec.De plus, ceux qui parlent le plus de souveraineté sont les fédéralistes de manière à l’exorciser à tenter de nous faire croire que la solution pour le Québec est le Canada. Alors que c’est faux ,la preuve,le dernier jugement de la cour suprème invalidant la loi 103.

Si les fédéralistes ne réussissent notre anglicisation nous réussirons notre indépendance donc notre francisation

Pour le prochain grand rendez-vous ça va prendre un grand leader comme celui que nous avions en 95. Ce chef se doit d’être charismatique et d`être doué d’une intelligence exceptionelle.

Existe-il?Est-il tapit quelque part attendant le moment venu? Peut être …En tout cas je me pose souvent ces questions.

Mais je suis absolument convaincu qu’il ne se trouvait pas à la réunion de la x droite à l’auberge des gouverneurs de Ste-Foy en fin de semaine.

Jean-François,
« Les choses et le bruit des choses » : Si les énoncés anecdotiques (plus bas) de ton texte sont vrais (présumons que c’est le cas), son cumul ne génère qu’un argument qui cherche sa parade.
« * Presque sans discontinuer, depuis cinq ans:
– la majorité des Québécois prédisaient et désiraient …;
– les Québécois tenaient majoritairement …;
– les Québécois francophones se disaient …;
– les Québécois dans leur ensemble se disaient …..
– ils se prononçaient massivement ….
– les francophones étaient 60% à …».
– Et ils (qui sont « ils »? Est-ce qu' »ils » sont le « nous » de ton texte et si c’est le cas, qui sont « nous »(*)?) étaient au total plus de 70% à penser que … »

Cette liste n’est que du paralogisme informel. La simple application de la notion arithmétique de d’ensembles et de sous-ensembles, (à titre d’exemple, « Tous les hommes sont mortels. Socrate est un homme. Donc, Socrate est mortel » sera toujours absolument vrai) démonte l’argument proposé. Ta proposition inespérée ressemble plutôt à ‘Tous les hommes sont mortels, mon chien est mortel, donc mon chien est un homme’. Constatons que ces « fragments de cette période » sont aussi utiles à l’argument proposé qu’une cornemuse à la chasse au chevreuil. Il faut faire beaucoup mieux pour gagner.
« De tout temps on a pris les « beaux sentiments » pour des arguments. » (Friedrich Nietzsche)

Re: « Sous la pluie et contre le vent » : Argumenter est un art et une technique. Son succès se démontre par le « Oui! » fort du cœur ET de la tête, qui ensemble n’est pas un modèle de démocratie.
« Le seul argument contre le vent de l’Est, c’est de mettre son manteau » (James Lowell)

*- Je propose deux analyses :
2) Préambule : Si un enfant cri et pleure pour ‘son’ dessert avant de terminer son repas, le parent bien informé sait parfaitement bien que c’est au sucre et non au dessert auquel l’enfant est devenu accro. Question : Quelle est le sucre du Québécois?
1) Question : Qu’est qu’un Québécois ?
Post ambule : La question est fondamentale, non? Ça prend un courage téméraire pour finalement proposer d’en débattre en public. Imagine donc la popularité de la ‘Commission Lisée sur la définition rigoureuse et transparente de « Québécois » »

Le Québec souverain est tout-à-fait viable économiquement. Le dollar serait avantageux pour tout le monde. Je crois que ça irait dans le sens des lois internationales, aussi bien que dans le sens des affaires, entre deux États voisins qui traitent d’égal à égal.

Je ne vois pas ce qu’il y a de risible là-dedans.

Je me souviens,

quand il fut question d’une monaie québécoise, on s’est grossièrement moqué de « la piasse à Lévesque ». Quand nous mettons un dollar à la place du « O » dans le mot oui, on se fait ridiculiser.

Se pourrait-il que les fédéralistes, n’ayant strictement rien de constructif à proposer, hormis le statu-quo majoritairement rejeté, en soient réduits à dénigrer pour dénigrer?

@John Bull (#1)

Vous êtes tellement drôle! Hier c’était votre tentative de révisionnisme sur la le « love-in » et aujourd’hui vous informez les Québécois que leur « l’attachement envers le Canada est plus fort ». Franchement, sur quelle planète vivez-vous?

Je ne peux pas vous empêcher de croire ce que vous voulez, mais la réalité des choses est fort différente. Quelque 70% de l’ensemble des Québécois se considèrent « Québécois » d’abord et avant tout. Comme l’a démontré M. Lisée à plusieurs reprises (au mois de mai notamment), ce phénomène augmente constamment depuis 40 ans.

En fait, si on se fie aux 15 dernières années Le Québec semble plutôt imperméable aux tentatives de vendre les valeurs dites « canadiennes », à grands renforts de propagande. Les Québécois ont plutôt tendance à limiter leur implication dans les débats de société canadiens. Suffit de consulter les versions anglaise et française de Google News pour s’en convaincre.

@Xmy556a

Qu’est-ce qu’un Québécois? Certainement pas quelqu’un qui vit au Québec puisque Céline, René, René-Charles et les deux jumeaux vivent tous en Floride

Bonsoir,
N’est ce pas vous, Monsieur Jean François Lisée qui dans votre brique : Dans L’oeil de l’Aigle, édition Le Boréal 1991 qui citait Monsieur René Lévesque dans la 1ère phrase du Chapitre 1 : J’étais donc en passe de devenir un « Yankee-bécois » Le Sud de la frontière m’attirait si fort….René Lévesque.
Et cette autre perle en page 427 en citant Monsieur Bernard Landry : « le lendemain de ( l’indépendance) nous commencerions à explorer les possibilités d’association avec le SUD ». Loin de le condamner, Lévesque enchaînait : « Si les Canada dit NON, jew connais des Américains qui ne demanderont pas mieux QUE D’OCCUPER LE TERRAIN. ILS ONT RAREMENT REFUSÉ DES CLIENTS. »
En effet, dès 1978, Monsieur Jacques Parizeau commencait à parler de la en étant appuyé par les bonzes du Parti Québécois. Un petit dollar américain en prime, n’est ce pas ? L’Histoire en fait foi car les principaux artisans du libre échange avec les États Unis furent nos amis les PÉQUISTES en mettant leur grosse machine bleue au service des Conservateurs d’Ottawa pour les élections fédérales de 1984. En gueulant contre les traîtres d’Ottawa et en encensant et glorifiant leurs amis les Yankees…..Les nationalistes québécois dès 1978 étaient pour la plupart pro-américains et anti-canadiens. Voyant ce vent de droite pro-américain qui soufflait sur le Québec nationaliste, Monsieur Robert Bourassa prit le taureau par les cornes en s’affichant lui aussi nationaliste afin de revenir sur la scène politique provinciale. Et la brisure survint avec les grands frères d’Ottawa dont les libéraux étaient carrément anti- américains….. Alors, dans un coup de gueule, Monsieur Pierre Elliot Trudeau traita Monsieur Robert Bourassa de : Ti-Pit mangeux de Hots Dogs, lui disant dans une métaphore de son cru : Tu deviens nationaliste québécois, alors tu te comportes en pro-américain mangeurs de Hots Dogs comme eux…. Plat National américain dans la perception populaire
Par ailleurs, en faisant ce détour par des évidences dont les nationalistes québécois dans leur confusion légendaire ignorent ou feignent d’ignorer selon leurs tristes habitudes, quel était cet intérêt soudain en 1995 de placarder les affiches du OUI avec un dollar Canadien bien en évidence tout en ayant roulé le Canada dans la boue dans les années antérieures et en voulant même prendre le billet vert avec son IN GOD WE TRUST non FRANCISÉ ? A tout le moins, le dollar Canadien avait plus d’atouts car il était déjà francisé……
Finalement, suite à la défaite référendaire de 1995 avec une question dont la sémantique disait un chose et son contraire avec les vertus de l’oxymoron, les nationalistes québécois avec le sang de coureurs des bois coulant dans leurs veines ont décidés de FAIRE FLÈCHE DE TOUT BOIS en s’indignant, en hurlant sur tous les toits et déchirant leurs dernières chemises oser s’indigner contre la LOI SUR LA CLARTÉ en la qualifiant d’atteinte à la démocratie et un assaut sans précédents contre les Québécois…… Et dire qu’ici, c’est la société dite distincte, je commence à le croire…. Avec plaisir, John Bull.

La prochaine question référendaire devra être simple et directe. Je suis persuadé que tout le monde appréciera la simplicité et l’absence de contorsions sémantiques.

Les québécois/ses sont des gens directs, ils aiment la simplicité, aller droit au but, sans détours. Si vous commencez à patiner, tourner autour du pot, d’instinct, ils se méfient. Nous devons faire confiance au jugement de nos compatriotes.

Après avoir bien pris le temps de leur exposer les faits et aussi de répondre à leurs questions, rien ne sert de passer par quatre chemins, allons-y franchement, posément, simplement, directement. Surtout, éviter de dénigrer celles et ceux qui semblent hésiter ou tout simplement rejettent notre option. Les gens ont le droit de ne pas penser comme nous. Il nous incombe de démontrer la justesse de nos arguments.

La question pourrait ressembler à quelque chose comme: « Voulez-vous, oui ou non, que nous fassions du Québec, notre pays? ». Ou toute autre formule brève qui pourrait être choisie.

Les québécois, en général, ont tendance à se dire « non » plus facilement que « oui » je crois que c’est culturel. Peut-être à cause de la religion qui interdisait beaucoup plus qu’elle ne permettait. La quête de liberté pouvait être suspecte, alors que la soumission, l’obéissance, étaient des comportements assez fortement encouragés et méritoires. Il faudrait peut-être tenir davantage compte du fait que nous nous culpabilisons plutôt facilement. Dans notre inconscient collectif, toute pulsion de liberté devrait être réprimée. D’où le réflexe instinctif, voire conditionné du « non ». Nous croyons que c’est possible, préférable et souhaitable, mais nous nous l’interdisons. Nous fermant nous-mêmes les portes du possible.

Combien de fois un enfant se fait-il dire NON! comparativement à OUI? Oui tu peux si tu veux.Dès notre plus tendre enfance le « non » nous est inculqué.

Peut-être faudrait-il plutôt donner le choix de placer le « oui » à côté de « Le Québec notre pays » où « oui » à côté de « Le Québec une province canadienne »? Ce serait peut-être assez clair.

Quoiqu’il en soit, touts nos efforts doivent être consacrés à la préparation du prochain reférendum, dès maintenant. Je crois que le parti de madame Marois s’y emploie déjà. Nous devons tout mettre en oeuvre, rien ne doit être négligé, aucun aspect de notre démarche vers l’affranchissement.

Si un autre parti surgit au Québec, le Parti Québécois devra sonner la charge de façon ordonnée et résolue, plus que jamais. Je crois que Pauline Marois, son équipe, nous toutes et tous, en sommes capables.

Vive le Québec libre!

@ Daniel Charette :

« La prochaine question référendaire devra être simple et directe. Je suis persuadé que tout le monde appréciera la simplicité et l’absence de contorsions sémantiques. »

Bravo! D’ailleurs, voici un exemple de question simple et limpide:

Voulez-vous devenir un pays pauvre et malade ou demeurer riche et en santé à l’intérieur du Canada?

Eh bien, je lis avec attention toute cette information, je ris un peu et j’attends d’autres interventions.

C’est réellement bien

Bonne journée

Les détracteurs du Québec libre, prennent un malsain plaisir à accuser les méchants souverainistes de détestation de l’autre, de fermeture et de repli sur soi.

En même temps, ils nous reprochent d’avoir favorisé le libre-échange.

Au fond, ils nous envient d’avoir des idées, de les diffuser en vue de leur réalisation.

Il est vrai que nous devrions être déjà écrasés alors que nous sommes toujours là, bien vivants, debouts, toujours en marche, tels une joyeuse bande de vertébrés éveillés, citoyens engagés, laborieux.

@rod et @ Daniel Charette

(Note à Jean-François Lisée: si jamais tu redeviens actif à un prochain référendum, il serait probablement préférable d’éviter de recruter rod et Daniel Charette pour rédiger la question sinon chaque bulletin de vote aura des milliards de pages de réponses qui débutent par « Ce n’est pas … » plutôt qu’un simple Non ou Oui et le dossier n’avancera pas.)

rod et Daniel Charette, Vous êtes surexcités par le sujet au point de ne plus savoir comment lire une question de moins de 10 mots. (Comment oser croire que vous avez bien interprété la question de 1 500 mots du référendum de 1995?) Ma question était « Qu’est-ce qu’un Québécois? ». Je souhaite vivement pour la bande passante de site Web de blogue de Jean-François Lisée que vous serez peu nombreux à l’avoir mal lu. Les réponses à « Qu’est-ce qui n’est pas un Québécois? », il y en a certainement des milliers de milliards et 99,9999999999% de ces réponses s’appliquent aussi « Qu’est-ce qui n’est pas une table », « Qu »est-ce qui n’est pas un nuage? » etc…
Vous savez, il n’y a rien de mal à répondre « Bonne question » ou « Je suis pas tout à fait certain » ou « Allons-y par élimination (mais de gràce évitez de nommer les 7 milliards hommes et femmes de la planête qui ne sont pas Québécois; je vous fais une autre suggestion: en vous relisant, supprimez le mot ‘pas’.

Ceci étant, j’aime votre fougue. Concentrez-vous et vous pourrez accomplir de grandes choses.
Respectueusement,
Xmy556a

Le gouvernement d’Ottawa est en train de perpétrer un ethnocide au Québec.

Je crois que nous avons le droit de manifester notre désaccord avec cette entreprise insidieuse et criminelle. Comme nous manifestons contre le génocide perpétré à l’endroit des palestiniens et de trop nombreux autres peuples, de par le monde.

Au fond de mon coeur, le Québec a toujours été mon seul et unique pays. Et j’ai toujours été fasciné, émerveillé, par les autres peuples de la terre, les langues, les cultures, quelles richesses!

Je me sens près des nations autochtones. Leur spiritualité me touche. Puis, eux aussi doivent s’accrocher pour survivre…

Bonne nuit!

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