La charte des valeurs et le New York Times : a beau médire qui vient de loin

Comment peut-on affirmer qu’un gouvernement est anti-immigration, alors qu’il vient d’annoncer que les portes sont grandes ouvertes pour l’accueil de plus de 50 000 immigrants au cours des deux prochaines années?

Dans une charge contre le projet de charte des valeurs du gouvernement québécois publiée dans le New York Times, Martin Patriquin fait une démonstration magistrale du célèbre axiome médiatique : ne jamais laisser les faits se mettre au travers d’une bonne histoire. Dans ce cas-ci, une histoire pour médire sur le Québec à l’étranger.

Mettant la table, il commence par affirmer que les garderies n’auront plus le droit de servir de nourriture halal ou cachère.

C’est faux. D’abord, parce que les garderies privées non subventionnées ne sont pas visées par la loi et ensuite, parce que l’interdiction ne porte pas sur tel ou tel type de nourriture, mais sur les demandes d’accommodement. D’ailleurs, comme le sait très bien Patriquin, la grande majorité des produits alimentaires industriels est cachère.

Un peu plus loin, il affirme grossièrement que cet enjeu a accentué la division entre l’île de Montréal, chaotique et multiculturelle, et le Québec profond «mostly white».

C’est faux. Comme l’expliquait ici Don Macpherson dans une chronique, la division n’a rien à voir avec le prétendu Québec profond contre l’île de Montréal. En fait, c’est bel et bien sur l’île de Montréal, au sein de la population francophone, que l’appui à la charte est le plus fort :
Capture d’écran 2013-11-18 à 10.13.18Il affirme ensuite que le projet du gouvernement s’inspire de la loi française de 2004 qui interdit le port de signes religieux aux écoliers.

C’est faux. Le projet de loi du gouvernement Marois ne vise absolument pas les écoliers. Quant aux lois françaises sur la laïcité, elles remontent au début du XXe siècle.

Poussant toujours plus loin, l’auteur affirme que si les classes françaises sont maintenant exemptes de voiles islamiques, c’est que les élèves pratiquants ont fui l’école publique pour se réfugier dans le privé, ce qui les éloigne encore plus d’une éventuelle intégration.

C’est faux. J’ai eu beau chercher, aucun article de journal, aucune analyse gouvernementale, aucun fait ne permettent de soutenir pareille affirmation.

Arrivé aux confins de l’absurde, Patriquin évoque le délai de cinq ans pour permettre aux employés de certaines institutions de changer de vêtements ou de changer leur croyance religieuse. Moi qui connais le sens de l’humour du bonhomme, je souris, mais la plupart des lecteurs du New York Times ont dû avaler leur café de travers.

C’est faux, évidemment. Personne ne demande à qui que ce soit de renoncer à sa religion ou à ses vêtements. Tout ce qu’exige la loi, c’est de ne pas porter de signes religieux ostentatoires sur les heures de travail. Qui plus est, il passe sous silence la disposition du projet de loi qui exempterait certaines institutions de santé sur des bases historiques, comme l’Hôpital général juif de Montréal. On comprend que s’il avait mentionné ce dernier fait, son histoire aurait été moins convaincante.

Pour mettre la table à son argument suivant, voulant que les souverainistes soient désespérés, Martin Patriquin affirme que depuis dix ans les appuis à la souveraineté se situent de façon constante autour de 35 % («mid-30s»).

C’est faux. L’appui à la souveraineté oscille depuis dix ans entre 35 % et 54 %, un sommet atteint en 2005, au moment du scandale des commandites.

L’auteur de la missive erronée affirme ensuite que le ministre Drainville n’a jamais été capable de pointer un seul incident d’accommodement qui aurait nui au bon fonctionnement de l’État.

C’est faux. Bernard Drainville mentionne régulièrement, par exemple, les 900 demandes d’accommodement dans les écoles de Montréal recensées par la CSDM.

Patriquin réfère ensuite à un sondage qui montrerait selon lui que la charte est plus populaire auprès des hommes francophones blancs des régions éloignées de Montréal, tout en illustrant son propos par la citation de Janette Bertrand, une femme montréalaise (!). Il s’appuie là-dessus pour affirmer qu’en voulant rejoindre cette population «rurale sensible au populisme», le PQ, un parti de centre-gauche, s’aventure dans le même type de territoire que le Tea Partry.

C’est faux, insultant et absurde. Outre que l’auteur a sans doute piqué cette idée provocante à Jérome Lussier, les faits indiquent tout le contraire. Comme je l’ai mentionné plus tôt, c’est sur le territoire le plus urbanisé du Québec, sur l’île de Montréal, que l’appui à la charte est le plus fort. C’est aussi trompeur quand on sait, ce qui est le cas de Patriquin, que de nombreuses femmes, y compris des intellectuelles (urbaines au possible), appuient haut et fort le projet de charte.

Il termine sa missive en prétendant que si les sentiments anti-immigration sont présents partout au Canada, le PQ serait le seul à vouloir l’exploiter.

C’est du libelle diffamatoire. Comment peut-on affirmer qu’un gouvernement est anti-immigration, alors qu’il vient d’annoncer que les portes sont grandes ouvertes pour l’accueil de plus de 50 000 immigrants au cours des deux prochaines années, un niveau très élevé par rapport aux autres pays industrialisés? Comment peut-on prétendre qu’un ministre comme Maka Kotto, issu de l’immigration, ou qu’une militante comme Djemila Benhabib, venue d’Algérie, sont anti-immigration? Comment peut-on accuser tous ces Québécois de toutes origines en faveur de la charte d’appuyer une politique qui serait de nature xénophobe, comme le prétend avec une mauvaise foi ostentatoire Martin Patriquin?

S’il avait véritablement voulu informer les lecteurs du NYT, il aurait pu exposer des faits objectifs, par exemple les statistiques qui montrent que c’est au Québec qu’il se commet le moins de crimes haineux au Canada.
Taux de crimes haineux
Qu’un journaliste activiste aimant provoquer publie un tel papier dans le New York Times, ce n’est pas étonnant. Mais qu’une députée du Parti libéral comme Christine St-Pierre en fasse la promotion sur Twitter, c’est lamentable.
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Les libéraux sont les premiers à crier au loup, s’apeurant que le débat sur la charte n’offre une image négative du Québec à l’étranger. Ils sont aussi les premiers à applaudir quand on médit sur nous.

Ils devraient pourtant se garder une petite gêne, car en matière de mauvaise réputation, rien n’a été plus délétère pour l’image du Québec que cette corruption, cette gangrène qui s’est installée sous la gouverne libérale pendant neuf longues années.

C’est d’ailleurs le même Martin Patriquin qui l’avait souligné avec le plus de fracas…Vous vous souvenez, Madame St-Pierre?
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Concernant la certification casher des produits et aliments, c’est maintenant aux alentours de 75% de tous ces produits et aliments qui ont reçu cette certification. Le lait, la crème sont tous casher. Jusqu’aux savons à vaisselle, savons de lavage sont casher. Nous payons des frais cachés que les rabbins nous soutirent sous forme de redevances dont nous ne connaissons pas les montants. À la grandeur du Québec se sont des millions de dollars que les consommateurs payent en frais cachés.
Et personne n’y fait rien sauf que nos commandes d’épiceries augmentent de semaine en semaine.

Faite attention à vos propos car un autre monsieur, qui avait fait cette affirmation à la Commission Bouchard-Taylor, a été violemment rabroué et a même été accusé d’antisémitisme par nul autre que Gérard Bouchard, ce qui m’avait révolté et déçu de cet intellectuel.

Avec les révélations de la commission Charbonneau, difficile d’accuser M. Patriquin de diffamer le Québec comme l’avaient fait tous les bien pensants lors de la parutuion de l’article sur la corruption. En fait, en rétrospective, il avait frappé dans le mille.

Les partisans de la charte ne sont pas tous xénophobes, mais curieux de constater que tous les xénophobes sont de grands partisans de la charte . Ils répètent continuellement dans les tribunes populaires qu’il »faut mettre ses culottes » et stopper l’islamisation gallopante au Québec !

Un peu de perspective M. Gobeil, même si parfois Patriquin en manque.

« Avec les révélations de la commission Charbonneau, difficile d’accuser M. Patriquin de diffamer le Québec comme l’avaient fait tous les bien pensants lors de la parutuion de l’article sur la corruption. En fait, en rétrospective, il avait frappé dans le mille. » (sic)

Exact; d’ailleurs, on attend toujours les excuses publiques de Monsieur 13 mois, J.-F. Lisée, qui avait ostentatoirement humilié le journaliste en question lors de l’un de ses sinistres passages à TLMEP!

Donc, en suivant votre logique, malgré que les partisans du PCC ne soient évidemment pas tous néo-nazis, si tous les néo-nazis devaient supporter les politiques du PCC, il faudrait considérer que ce parti et ses politiques comme étant néo-nazis, est-ce bien cela?

Je crains que vos perspectives de qui supporte quoi est plutôt défaillante.

Nicolas B.

Monsiuer Ladak, l’article du MacLean’s est toujours aussi diffamatoire. Oui, le Québec est corrompu mais où sont les preuves que nous soyons la PLUS corrompue? Il n’y en a aucune. Selon un ancien de la GRC, les tentacules de la mafia étoufferaient encore plus Toronto que Montréal. De plus, un hommes d’affaires québécois qui s’est établi en Alberta a déclaré que la collusion y régnait aussi. Quand il n’y a pas de preuves pour affirmer quelque chose d’aussi grave, on se la ferme. Deuxièmement, ce que Patriquin insinuait, c’est que la corruption était une affaire culturelle, une espèce de tare génétique. Cette partie de son texte n’était pas diffamatoire, elle était haineuse. Et votre conclusion est qu’il avait visé juste? Il serait temps que les Québécois cessent de se planter des couteaux dans le dos simplement parce qu’ils ne sont pas de la même allégeance politique.

Je crois que vous avez la couenne un peu trop sensible. Vous voyez de la haine et de la diffamation partout, de mon vivant nous avons eu deux commissions sur le crime et la corruption, il en faudrait une à intervale fixe. C’est un peu culturel , non ?

Bonjour,

Bien sûr que notre bande de nationalistes du Québec vont encore jouer les vierges offensées en poussant de petits cris d’indignation. Quoi que nos nationalistes disent et quoi qu’ils fasse, cette bande de nombreux xénophobes ne peuvent toujours pas réhabiliter les tristes histoires de leurs errances depuis la Nuit des Temps, soit depuis que ces envahisseurs venant de cette France profonde et colonialiste de l’époque ont pris ces Terres qui dans les faits furent arrachées aux Premières Nations.

Le passé est toujours garant de l’avenir. Tout comme affirmait le grand sociologue Feu Marcel Rioux qui un de ses nombreux bouquins, ce brillant sociologue était pourtant un nationaliste lorsqu’il écrivit dans une charge époustouflante et mémorable que : « La première chose que l’on enseignait aux jeunes québécois était de détester les Autres, ce qui continue avec cette pseudo charte des valeurs à la québécoise. Un vrai show de boucane dans la foulée de la fumée secondaire du Fondateur du Parti Québécois. C’est bien à se demander si le Fondateur du parti et héros de notre gang de nationalistes fumait vraiment la cigarette en constatant les séquelles qui sévissent encore. Car en aparté, combien de fois ai-je demandé au Ministère de la Santé d’Ottawa de mettre la photo de Ti Poil sur les paquets de cigarettes tout en à côté des coeurs fendus en deux ainsi que des poumons noircis ? Afin d’avertir que les dangers de la cigarette et du nationalisme par ses effets secondaires et ses dommages collatéraux.

En terminant, Monsieur Martin Patriquin saura très bien défendre sa théorie comme cet excellent journaliste démontra avec cette pauvre province Canadienne corrompue « ben plusse que les autres ». Oublions jamais que depuis toujours, les » étrangers » ne furent jamais accueillis » icitte » à bras ouverts. Souvenons nous de l’accueil réservé dans le siècle derniers aux Chinois, aux Polonais ainsi qu’aux Italiens qui pourtant étaient aussi catholiques que nos Pure Laine ? Souvenons nous des problèmes qu’eurent à subir la diaspora Haïtienne en arrivant ici au début des années 1960 afin de pallier au flagrant manque de main d’oeuvre « in Montreal » ?

En conclusion, comparons la devise Canadienne soit d’avoir les bras ouverts d’UN OCÉAN À L’AUTRE envers tous les habitants de la Terre et même ouvert à nos nationalistes québécois qui veulent enfin mettre du beurre sur leur Pain au lieu de manger de la margarine, cette imitation folichonne du beurre en la colorant jaune. Ces centaines de milliers de travailleurs québécois qui à l’exemple des centaines et des centaines de députés du défunt Bloc Québécois qui pendant 20 ans allaient gagner leur vie dans la province voisine de l’Ontario. Quel bel exemple que ces nationalistes du Québec montrait aux jeunes québécois en prouvant avec des salaires de plus de $ 200,000.00 et de 300,000.00 par année en incluant le faramineux compte de dépenses de ces « dépités » ! En démontrant qu’un nationaliste québécois peut réussir lui aussi dans sa VIE en sortant de la province de Québec à l’exemple du défunt Bluff Québécois…… Et que dire de cette malheureuse devise du Québec qui accueille les nouveaux arrivants avec un semblant d’un GROS INDEX ACCUSATEUR qui semble dire : Je m’en Souviens LÀ, tabar…….. Au plaisir, John Bull.

Une chance que le ridicule ne tue pas car vous seriez enterré ou incinéré depuis longtemps. Sur ce blogue vous êtes John Bull et ailleurs Yves Rioux. Mais le style des signataires est exactement le même: la haine, le fiel et les insultes. Rien de positif. Aucun argument logique et intelligent.

Alors Yves Rioux, souffrez-vous d’un trouble de personnalités multiples ?

Vous finissez en nous assommant avec de la margarine. Demain ce sera quoi ? Des cretons ou du vin de pissenlit ?

«Les bourgeois, c’est comme les cochons Plus ça devient vieux, plus ça devient con.»
[Jacques Brel]

Bravo M.Gobeil…..En espérant que ce Monsieur Patriquin le lise mais je doute qu’il va le comprendre….Plus bouché que cela tu meurs!

Vous avez raison, Monsieur Patriquin est submergé par le mépris. Il a tout faux à propos des québécois. Ils ne sont pas xénophobes, mais ils sont submergés par la peur. Ils sont tellement obsédés, tourmentés, accaparés par l’idée d’une menace islamique dont l’avant garde serait constituée de quelques centaines de femmes voilées, qu’ils oublient de se gouverner. L’absence de véritable concurrence dans les contrats publics (ouverture des marchés), la fluoration de l’eau, le bilinguisme, une politique énergétique conséquente, la dette publique, le numérique dans le secteur commercial (le livre en particulier), l’évaluation des enseignants et des écoles sont des sujets que l’islamisme appréhendé leur permet d’escamoter.

Jacques Saint-Cyr

Pourquoi tout ce tapage contre un journaliste qui ,comme tous les journalistes, écrit ce qu’il pense être juste .
Vous même, Mr Stephane, vous écrivez bien ce que vous ordonnent vos patrons qui reçoivent eux même les ordres de leurs patrons.
Ne parlons surtout pas des sondages qui ne veulent jamais rien dire puisqu’on choisit très soigneusement a qui poser des questions et comment sont posées ces mêmes questions.
On nous raconte a chaque fois que sur 1000 personnes questionnées il y a tel pourcentage qui dit oui ,tel pourcentage qui dit non,tel pourcentage qui s’abstient de répondre.
1000 personnes sur une population de plus de 8 millions d’habitants ( c’est à dire 1 sur 8000 personnes comme si l’opinion de 7999 personnes n’avait aucune valeur).
Et si nous allions au fond du problème: comme nous sommes un pays démocratique ( c’est ce que tout le monde prétend en tout cas mais je commence à me poser des questions sur ce sujet) je suggère que le gouvernement fasse un vrai référendum auprès de la population du Quebec les 5 919 778 inscrits donneront leur réponses.
Cette procédure aura au moins la possibilité de savoir réellement ou nous allons.
Si la majorité vote oui au refus du foulard islamique alors ce sera oui et nous laisserons l’histoire juger.
Si la majorité vote non contre cette loi , alors nous devrons tous accepter le jugement du peuple et tout sera dit.

Il existe des principes fondamentaux qui sont protégés dans de nombreux pays justement pour protéger les minorités de la dictature de la majorité. La liberté de religion est protégée par les chartes québécoises et canadiennes. Si on veut exempter certaines libertés de ces chartes il faut démontrer qu’il existe un motif urgent et imminent pour le faire. Visiblement M. Drainville est incapable de démontrer un motif , il se limite a nous dire qu’il existe un malaise au sein du peuple québécois. On enlève pas des droits fondamentaux d’une minorité pour répondre à un malaise au sein de la majorité.

Christine St-Pierre continue d’agir comme la poule pas de tête qui a ridiculisé sa fonction de Ministre de la Culture dans l’affaire Fred Pellerin. J’ai peine à croire que cette femme a eu un jour assez de jugement pour exercer le métier de journaliste.