À chacun son bouc émissaire

Le président turc accuse Fethullah Gülen et ses supporters d’être à l’origine de multiples conspirations.

Fethullah Gülen. (Photo: EPA/S. Sevi/Zaman Daily News)
Fethullah Gülen. (Photo: EPA/S. Sevi/Zaman Daily News)

À peine le coup d’État militaire du 15 juillet avait-il échoué que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, désignait un coupable : son ancien allié devenu ennemi juré, l’imam Fethullah Gülen, 75 ans, exilé aux États-Unis depuis 1999. Erdogan réclame son extradition, mais Washington demande des preuves solides avant d’entamer une telle procédure.

La naissance du réseau

Gülen est le chef spirituel d’Hizmet, un mouvement fondé à la fin des années 1970 pour promouvoir un islam pro-démocratique, ouvert à la science et au dialogue interreligieux. Il regrouperait de 200 000 à quatre millions de supporters en Turquie, notamment au sein de la police et la magistrature.

Un objectif commun

Erdogan s’est appuyé sur le réseau tentaculaire d’Hizmet dans les années 2000 pour prendre le pouvoir. Gülen et lui partageaient alors un objectif commun : affaiblir l’armée pour restaurer un État musulman.

La rupture

En 2013, un scandale de corruption impliquant l’entourage d’Erdogan, à l’époque premier ministre, a plongé celui-ci dans l’embarras. Qui d’autre que Gülen, a-t-il accusé, aurait pu faire jouer son influence au sein de la police pour amasser des preuves sans qu’il n’en soit averti?

Les commentaires sont fermés.

Il est dommage de noter que cet article soit si court et qu’il ne soit pas un peu plus documenté. Pour les profanes que nous sommes, il est difficile de se faire une idée, quant à savoir si ce « coup d’État » a pour origine Gülen ou bien pas.

Une chose semble certaine, c’est que la encore puissante armée turc, n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était, quand l’islamisation de la Turquie progresse à grands pas. Paradoxalement Erdogan réalise le rêve de Gülen qui était d’affaiblir le pouvoir militaire au profit de l’Islam. Et à toute fin pratique ce qu’accomplit Erogan, c’est le rêve de Gülen : « (…) un islam pro-démocratique, ouvert à la science et au dialogue interreligieux ».

Nonobstant le fait que les États-Unis aient choisi de recevoir Gülen depuis près de 17 ans et de le protéger, cela envoie un message clair quant au fait que les partisans de Gülen qui sont en très grand nombre — comme cet article l’indique -, lesquels sont également présents dans de multiples pays et non pas seulement qu’en Turquie….

… Qu’ils représentent une manne intéressante pour les États-Unis en matière de services d’intelligence, car il serait improbable que ces partisans ne collaborent pas d’une manière ou d’une autre aux agences de renseignement.

— L’intelligence étant le nerf de la guerre.

Quand Edward Snowden trouve refuge en Russie notamment, ce n’est pas un hasard non plus.

Bien que nous soyons très loin des pratiques de guerre reposant sur de vastes champs de batailles plus ou moins circonscrits, comme dans les guerres précédentes. Nous vivons une « guerre totale » actuellement dont le but final est de savoir quel(s) pays auront le contrôle de tout d’ici la fin de ce siècle lorsque pour assurer la survie de l’humanité et sécuriser l’exploitation des ressources, il y aura peut-être nécessité de prendre des mesures drastiques afin de limiter la population. Si ce n’est pas un seul pays qui prendra en main la situation, ce seront des alliances de pays qui veilleront au grain.

Depuis la dislocation de l’Empire ottoman, ce pays assez fascinant et encore très grand n’est pas simple à gérer. Actuellement Erdogan est un héros aux yeux de ses encore très nombreux fidèles, il a le pouvoir d’arbitrer les débats internationaux comme bon lui semble et il ne fait aucun doute qu’il entrera dans les livres d’histoire. Cela sera-t-il pour de bonnes raisons ? C’est ce que nous verrons !